lundi, novembre 08, 2004

Érotisme Surréaliste

Encore sous le choc du film que j’ai vu hier (L’année dernière à Marienbad), expérience aussi merveilleuse qu’enivrante. Pourquoi ne fait-on plus de films comme cela de nos jours! Ah! Peut-être à cause de l’effort, subtil comme celui d’ouvrir un livre, qui offre à l’intellect l’occasion de voyager. Comment décrire cet instant d’Art visuel? Quelques mots ne peuvent suffire pour décrire le bonheur hypnotique de ces émotions qui m’envahirent en ces deux heures magiques. Tant de thèmes et de symboles qui se mélangent dans l’énorme marmite de mes pensées et font cette soupe étrange que je mange avec délice, mijotée de culture à l’état pur.. L’abandon, l’oubli, l’angoisse, le faste, la chasse, la biche et ce désir…

Ce désir, intense, brutal qui me foudroya littéralement sur place. Saturée du sexe exhibé sous toutes formes de notre société, je me rends compte être, avec cette trentaine qui se dessine à mes jours, immunisée devant ces flots d’images, ces délires de cul sous tous angles qui font mousser tant de personnes si l’on en croit les courants populaires de notre époque moderne. Tout cela est bien beau pour ceux à qui cela plait, mais je l’avoue, plus les années passent et plus j’en ai plein mon casque de ce sexe à toutes les sauces. Ainsi le désir flottant entre les images de ce drôle de film me percuta violemment l'esprit. Petit à petit, à mesure que je me plongeais dans les entrailles sans couleur de ce fil sans histoire, une merveilleuse sensation commença à me réchauffer subtilement le bas-ventre. Voilà un état de fait qui me surprit beaucoup! J’essayai d’analyser la source de cette soudaine humidité, lorsque je pris conscience de ce désir intense qui enrobait chaque scène que je regardais, je me laissai parcourir par cette sensation nouvelle, les neurones surchauffés, je glissai silencieusement une main vers l’homme à mes cotés…

Dans la déstructuration de ces pensées en noir en blanc, je bouillonnai de plaisir, dans cet étrange chaos d’images et de sons, tout était clair comme de l’eau…

En sortant de la salle, alors que j’étais encore subjuguée par cette expérience, Juan, quand même plus modéré dans son interprétation de la chose, n’en revenait pas de tout ce que j’avais pu ressortir de ce film si différent de la norme. Je lui parlai de ce désir incroyable alors que nous reprenions le chemin du retour. Interloquée, je m’exclamai

- Man! T’as pas senti ce désir intense!
- Heu, ben pas vraiment…
- Ben moi, j’en suis encore soufflée!
- Come on Étol! Y’avait tellement rien de sexuel, c’était tellement cérébral!
- Ben n’empêche que je crois bien avoir mouillée!
- Non!


Il lâche son volant, manque de freiner subitement et se tourne vers moi.

- Vraiment?
- Ben oui, c’était trop fort! Trop de désir en boite, on est plus habitué! J’ai trouvé cela complétement fou! Érotique à mort! Vraiment rafraîchissant! De nos jours, dès que le désir se pointe, boum bang, il est consommé! C’est toujours pareil! C’est comme les films de c…, t’en a vu un, tu les as tous vus, pis plus tu en vois, plus tu as l’impression de toujours voir le même! Alors que ça, ben j’avais jamais vu!!! Dans le fond c’est le désir qui est excitant, pis là, ce foutu désir qui n’en pouvait plus de rejaillir dans le non-dit de cette put… d’histoire, je n’en pouvais plus! Heureusement qu’il lui a effleuré un sein le bonhomme! Parce-que sinon c’était trop dur, cela devenait une vraie torture!
- Come on! J’y crois pas! Pour vrai? Ce film t’a excitée! Non, mais vraiment, tu m’hallucines! Ça veut dire que toutes tes pulsions sexuelles sont mentales! C'était tellement refléchi comme film, t'es mortelle quand tu t'y met!
- Ben quoi! Je vois pas ce qu'il y a de si bizarre! T’as pas vu quand je t’ai touché!


Il manque de s’étouffer une autre fois. Dieu merci un feu rouge!

- Comment!!! C’était là, c’était ça!
- Ben oui, j’ai pas pu m’empêcher, c’était trop fort….


Il me regarde, sidéré, éclate de rire. Je ris avec lui, quelques paillettes dans les yeux, il y lit ces messages qui lui font pétiller le regard. Le feu devient vert et l’on reprend la route alors qu’il continue de creuser un peu plus ces idées jaillissantes de mes émotions à fleur de peau qui me retournent gentiment le cerveau en ce dimanche nuit…

dimanche, novembre 07, 2004

Back to 1961

Chaque lundi, mon prof de socio distribue à ceux qui le désirent des places pour un quelconque évènement culturel, cette fois-ci c'était pour les classiques de la cinémathèque du Musée du Québec. Inspiration vague, cette semaine, j’ai levé la main et recolté deux places pour « L’année dernière à Marienbad ». L'homme en rit pour ne pas pleurer, j'en ris de ne pas le voir pleurer! Et les flocons continuent de tomber…

Et la farine du ciel continua de tomber…

Une tasse de thé à mes cotés, je médite sur le chemin de ces mots à venir, quels chemins suivre? J’ai plus d’idées dans la tête que de temps dans ma journée, alors souvent je simplifie et prends le premier chemin dont je peux en voir le bout pas trop loin, histoire de ne pas me perdre en route…

L’homme scie dans son atelier, anciennement balcon, devenu fumoir, maison à chats, serre pour l’hiver et finalement atelier de menuiserie! Qui eut cru que cette petite construction nous serait si utile et polyvalente! Le salon rajeunit mais la scie électrique, à moyennes doses, c’est un peu déconcentrant lorsque l’on s’applique à choisir un chemin où s’avancer les idées…

Ne pas perdre trop de temps à se décider même si l’humeur matinale est brouillonne. Un peu de musique peut-être? Je change de fenêtre pour accéder à ma libraire musicale et encourage Bebel Gilberto à se faufiler entre deux flocons, allez on se décide ma fille…

Je commence à être tannée de ma mise en page, mais les maudites contraintes informatiques me poussent à croire qu’il me faudra encore quelques semaines avant de donner à ce jardin de mots épars une nouvelle forme hivernale. Ces temps ci, je réfléchis sur la consistance de ce blog, je réalise que j’ai pu trouver en ce média ce que je recherchais à ses débuts : Une certaine discipline d’écriture qui me ravit! Je me rends compte, après 17 mois de blog, que je puis avoir cette discipline sans trop de problèmes (les lecteurs sont évidemment la cerise sur le gâteau)…

Cependant, je sens au fond de moi que cela n’est pas tout, car après la discipline imposée d’autres concepts se dégagent subtilement de l’expérience. Des envies de structures floues, un besoin d’approfondissement qui se dessine à l’horizon, des abstractions qui s’accrochent à cette virtualité et me déroutent un peu…

Mais quelle est l’essence de cette virtualité qui s’affiche au monde entier? Pour moi, en cet endroit, c’est avant tout une sorte de journal de bord, une évolution du journal intime habituel, une nouvelle forme de l’intime qui se sait publique ou un truc dans le genre. Bref, ceci combiné à un brouillon de création où quelques histoires se forment en pure fiction pour se ranger docilement comme des cailloux posés dans le ruisseau de ces mots qui coulent jours aprés jours. Sans oublier l'espèce de babillard d’humeur et de goûts, partagés aux vents du temps, en gros, c'est quand même tout un fouillis! Mais ais-je vraiment envie de faire le ménage? Pour tout bien structurer en un ordre qui m’étoufferait certainement! Je n’en ai pas l’impression présentement.

Comment apprivoiser ma liberté sans me contraindre l'esprit, peut-être est-ce la vraie question? Peut-être que derrière la réponse à cette question se cache la solution à ces méandres qui m’énervent le bout du nez glacé…

samedi, novembre 06, 2004

L'hiver prend quartier…

Matin blanc comme neige, une fine poudre continue de tomber, farine du ciel qui soupoudre mon jardin endormi! J’avoue ne pas être vraiment prête! Y’a des années comme ça, où l’on a pas encore oublié la dernière hibernation, que déjà l'on doit se préparer à la prochaine…

C’est vrai que c’est joli la neige, surtout pour l’œil non blasé, mais c’est que l’hiver est si long! À part pour les amoureux de l’hiver, ces passionnés qui s’éclatent dans la glace et la neige, je pencherais pour croire que la majorité des gens ne voit pas tant arriver la neige et ses beautés que le rude hiver et sa longueur (inimaginable pour celui qui n'y a jamais goûté). Mais bon! Comme j’habite au Québec, et que ce n’est pas comme si je ne me doutais pas que je reverrais bientôt ce paysage de neige. Je me force le cerveau à accepter cette réalité familière, de toute façon, il y aura bien assez de temps pour se lamenter d’ici mai prochain, si ce n’est juin! Moment béni où je pourrais retrouver le vert calme de mon jardin…

Je chausse mes bottes de Yeti couleur d'hiver, j’allume ma main digitale et je pars, en jupe et sans collants (un zeste de rébellion dans le sang), jouer avec les flocons de plus en plus gros qui me mouillent le visage et me gèle le bout des doigts…

Mon-coté-yeti

vendredi, novembre 05, 2004

Assassinats de mouche sans défenses

Givre-d'atomne-IReflets-noyés

Avec l’automne venu, les mouches ont pris quartier dans la maison. P’tit Jay, déconcentré par une simple mouche qui vole, s’en plaint amèrement. Au bout de quelques jours, il me dit entre deux équations « infaisables » :

- Dis Etol?
- Mmmm….
- Pourquoi tu mets pas des rubans à mouches?
- Hummm, je sais pas trop, j’en ai parlé à l’homme et il est pas d’accord, il trouve cela trop laid!
- N’empêche que ça te débarrasse des mouches tannantes!
- Humm, c’est un fait, je vais y penser! Allez, concentre-toi un peu, tu es capable!

Quelques jours plus tard, alors que je ne l’attends point, P’tit Jay frappe à ma porte.

- Salut Etol, regarde j’ai pensé à toi ! Surprise! Je t’amène un ruban à mouches! Même si Juan est pas d’accord, tant pis, mets le quand même, elles sont trop chiantes!
- Ok! Comme il y a prés de dix mouches, on va le mettre quelques jours et on verra! Mais c’est vraiment dégeu ton truc! Yerk! Merci Jay!
- Pas de quoi! Salut!

Je déroule la mort à mouches et l’installe prés de leur coin de vol préféré! Quelques heures plus tard, une mouche s’est en effet engluée les pattes dans le piège mortel! Je lui souffle sur les ailes et constate qu’elle est vivante mais prisonnière à vie. Bon, ça prend combien de temps à crever une mouche?!? Bah! Je me dis qu’en quelques heures, cela sera fini. J’oublie les mouches…

Le lendemain matin, je montre la chose à l'homme. Il fait la grimace, une seule mouche est attrapée, je lui souffle dessus, elle bouge encore, on n’est pas vraiment heureux de la chose, mais bon, c’est qu’une mouche après tout!!!

Deux jours plus tard, trois mouches se meurent sur la colle brune, je les observe un instant et oh! Horreur! Je réalise que la première mouche, la même qui se fit prendre trois jours auparavant, bouge toujours! Trois jours qu’elle est stochée sur le truc et elle bouge encore son unique patte libre! Je suis dégoûtée! P’tit Jay se pointe le nez, je lui montre l’objet de mes grimaces et n’en pouvant plus décroche l’affaire pour aller la piétiner dans le jardin! P’tit Jay se fend tellement la poire qu’il est plié en deux alors que je saute sur le maudit ruban qui me colle aux baskets! Bon! C’en est fini du calvaire des mouches stochées! P’tit Jay trouve le tout très drôle tandis que je m’ évertue à lui expliquer que son objet de la mort est anti-bouddhiste est que franchement je ne suis pas convaincue du tout!!!

Il reste cependant une demi-douzaine de mouches et devant l’efficacité de la chose, malgré ma conscience écœurée, je me résigne et recommence le manége du ruban gluant Deux autres victimes se font prendre et là c’en est trop! Je suis plus capable de voir ces tortures de mouches dans ma face! Dépitée, j’enlève ce truc de ma vue! J’oublie les mouches rescapées et même Jay ne semble plus dérangé par ce problème saisonnier!

Les jours passent lorsque l’homme me traîne à Home Dépôt. Il fait des meubles pour le salon et doit acheter du bois pour ses projets. Comme chaque fois que je me retrouve à errer dans ce qui est, à mon sens, un immense « no woman’s land ». Je me réfugie au rayon des plantes vertes où il y a toujours des merveilles à découvrir! Je tombe sous le charme d’une améthyste servant de jardin aérien. Et, surprise! Je m’arrête net devant cette plante : « Attrape-mouches de Vénus ». Mon esprit ne fait qu’un tour, justement j’avais le goût d’ adopter une plante carnivore! Une attrape mouche végétale, c’est l’idéal! Un piège tout à fait naturel et divinement légal! Pas de taches inutiles pour mon karma éprouvé, que demander de plus!!! J’achète sur-le-champ cette petite plante étrange. Juan s’amuse de me voir toute énervée alors que je lui explique passionnément comment je rêve de voir une mouche se faire croquer par cette petite chose verte et vivante, je fantasme toute seule à l’idée d’observer comment cette plante minuscule peut digérer un tel repas!

De retour à la maison, je cherche des yeux une mouche qui viendrait me tanner les nerfs, évidemment il ne reste pas une aile sur le front! Juan finit par en apercevoir une qui se cache dans un coin. Je me délecte l’imagination et promène ma plante d’un endroit à un autre de la maison. Entre deux reflets de cristaux, j’attends, patiemment, le moment fatal…

Étranges-cristaux

Première bordée (léger abus de terme)...

Ce matin, levée avant le jour, je regarde par ma fenêtre cette première neige de l'Hiver à souffrir...


First-Snow-2004First-snow-bis
Entre 5.30 et 7.15 ce matin...

L'on prend le chemin de la ville, plus on descend vers la plaine, plus la neige s'éclaircit, arrivés en vue de Québec, il ne reste plus qu'un monde mouillé à la moelle. J'arrive, dans ma salle d'examen "avec les poules", assez tôt pour emprunter à une copine un document qui manquait à ma science. Tandis que je revois mes choses une dernière fois, un brouhaha s'installe avec l'arrivée des étudiants mal reveillés, un grand garçon s'approche de moi:

- Je peux m'asseoir à coté de toi?
- Heu oui...


D'habitude c'est plutôt la place à Quentin mais comme celui-ci n'est pas encore là, maladivement curieuse, je souris à ce garçon que j'ai déja vu au fil de quelques cours. Il me demande:

- Tu es en traduction n'est-ce pas?
- Yep, je t'ai déjà vu dans des cours me semble...
- Oui, tu finis cette année?
- Oui, toi aussi?
- Oui...

La prof arrive les bras chargés, l'examen au creux de l'aisselle, je sens la salle qui se pose, Quentin arrive et trouve une place à deux pas. Les feuilles se passent, l'on se concentre collectivement.

Deux heures plus tard, aprés une pause bien méritée et une conversation "Blog 101" avec Quentin qui a attrapé le virus en deux temps trois mouvements lorsque je lui en ai parlé à la rentrée, l'on retrouve nos places dans le bruit du papotage ambiant. Le garçon attend souriant et embarque "drette" la conversation. Sympathique, il me parle de tout et de rien, aussi charmant qu'un soleil couchant...

Il me demande mon prénom et j'oublie de lui demander le sien, impolie de moi! Ainsi ce garçon sans nom me dira certainement "Bonjour" les prochaines fois que je le croiserai et je finirais certainement par connaître son identité d'ici le printemps prochain...

On abrége le cours et je retrouve Miss Lou au sortir de la salle. L'on papote Datura, tatoo, essence spirituelle et confessions torrides de chambre! Ah! Miss Lou et sa vingtaine toute fraîche, ma pomme et sa trentaine blasée, tout un coktail pour se dérider les idées!

J'ai rencontré P'tite Lou en début du programme, je l'ai vu vieillir en trois ans, passer de gamine intéressante à femme florissante, mon affection pour sa petite poire a grandi avec le temps. Désormais une amitié réelle disperse ses graines d'espoir entre deux instants volés...

L'homme nous retrouve en plein échange humain et l'on "vrom-vrom" tous ensemble casser la graine mexicaine au centre d'achat du coin. Douce camaraderie qui réchauffe l'humeur lasse, rien que le soulagement d'une autre semaine digérée...

(Source) BORDÉE : nom fém.
Définition : Forte chute de neige.

Catégorie : Archaïsme (avec une extension de sens) et dialectalisme.
Bordée, « chute de neige plutôt abondante », est signalé en français québécois depuis 1727 : « Baliser les chemins et les battre à chaque bordée de neige... à chaque bordée de neige qui tombera [faire] aller et venir leurs bestiaux et battre le chemin par lesdits bestiaux » (Archives nationales, Ordonnance de l'Intendant Dupuy, 27 nov. 1727). Le père Potier le relève également en 1743 : « Après les grands froids il vient ordinairement une bordee (sic) de neige ».

« Le spectacle de notre ville sous une "bordée", sous un blizzard comme, paraît-il, on devrait dire, ce spectacle était beau ; mais infiniment triste. » (RINGUET. Confidences , Montréal, éd. Fides, 1965, 198 p.)

jeudi, novembre 04, 2004

Première neige…

J’ai la tête pleine de données linguistiques. Est-ce que les premiers colons parlaient patois ou français? Comment est-ce que le Français a évolué en Amérique du Nord ? etc.…

Cette journée a avalé, entre deux chansons de la Bolduc, les quelques timides rayons de soleil en un gouffre blanchâtre d'étranges horizons. J’ai regardé le ciel entre deux révisions sans vouloir y voir les signes précurseurs de l’hiver qui s’installe. Mais avec la nuit tombée, l’air se glace subtilement et comme l’annonce la météo prévenante, d’ici minuit tomberont les premiers flocons sur notre maisonnée…

Cinq à dix centimètres pour demain matin! J’ose à peine y croire. L’homme en a profité pour installer nos pneus d’hiver, voilà! Ça y est, le "char" est prêt! C’est reparti pour un tour de neiges. Je n’ai plus qu’à retourner me plonger une dernière fois le nez dans mes cahiers avant de relever la tête pour affronter un vendredi parsemé de petites misères sans mystères…

Mais voilà que brillent les phares de M'zelle Joe dans la nuit, c’est l’heure du français qui se pratique et s'articule au présent. C’est le temps de disperser quelques graines de savoir dans le frais terreau de l’adolescence…


Gentle Event (on special paper) ~ Wassily Kandinsky


Mercredi matin,
J’ai rêvé d’un autre monde…


Une vieille chanson de Téléphone dans la tête depuis que je me suis levée, je regarde défiler les nouvelles plus mauvaises que bonnes. J’ai rêvé des élections cette nuit, c’était bien la première fois que je rêvais à de telles choses! Au réveil, l’on allume le petit écran et je retrouve doucement ma réalité. Cela semble bien parti pour Bush, dire que cela me dépite est bien maigre devant la grosseur de cette émotion qui m’effleure…

On ne saura sans doute pas avant des jours le résultat de ces dernières élections, mais je crains et me résigne au pire. Résignation obligée parce-que bon, c’est pas comme si je pouvais changer quoi que ce soit à ce monde. Enfin je peux toujours continuer de rêver à un monde meilleur…

Un autre monde

Je rêvais d'un autre monde
Où la terre serait ronde
Où la lune serait blonde
Et la vie serait féconde

Je dormais à poings fermés
Je ne voyais plus en pieds
Je rêvais réalité
Ma réalité...

Thursday Update: Voilà c'est reparti pour quatre ans et je serre des dents! Heureusement que la fontière nous sépare car j'en verserais presque quelques larmes...

mardi, novembre 02, 2004

Coalition conte le comité contre le chat…



Résistance à un monde sans chaleur féline. Je dis :" Non à l'intolérance!". Cet été, un maniaque a fait disparaître mes six chats, j’ai une petite idée sur sa personne, et ma colère est sans bornes. Elle est noire, visqueuse, mauvaise, meurtrière, et cela me prend toute la bonne volonté du monde pour l’apprivoiser et l'étouffer. Celui qui a poussé l’intolérance jusqu'à me blesser si intimement reste bien ancré au fond de mes pensées (sans parler du sort de mes pauvres chats disparus par méchanceté humaine)…

Ce qui ne fera pas de ma maison un foyer sans chats! Non monsieur! Tout comme ce carnet virtuel ne sera jamais un lieu sans traces de chats! Déjà sur le front, je me joins à Hoedic pour proclamer ma petite liberté d’expression (et d'existence) en ces quelques mots soufflés aux quatre vents de nulle part…

Mardi Élection.

C’est le grand jour chez nos voisins, d’ici ce soir, les dés seront lancés pour Bush et Kerry. L’Amérique est divisée en deux, c’est à mon avis ce qui est le plus effrayant. J’ai regardé les nouvelles hier, américaines, canadiennes, personne ne sait sur quel pied danser, c’est assez effrayant. De mon coté, je croise les doigts pour que passe Kerry et que Bush retourne aux oubliettes de l’Histoire. Celui qui gagnera héritera d’un pays disloqué et de cette maudite guerre qui ne me dit rien qui vaille.

L’autre abruti d’Oussama a trouvé moyen de faire parler de lui, l’imbécile est sorti de sa tanière pour encourager le peuple américain à se méfier de Bush, à ne pas voter pour lui mais franchement celui-là, je suis pas mal sure qu’il n'a pas inventé l’eau chaude! Comme si le peuple américain allait faire ce qu’il désirait! Je ne sais pas sur quelle planète il vit mais c’est certainement pas la même que celle de nos voisins! Tout ce qu’il peut faire c’est donner des munitions à Bush le guerrier, empreint de toute la fierté d’un peuple, qui en a profité pour faire son petit coq et accentuer cette peur qu’il entretient savamment. Pendant que ses « seniors » débarquent par hordes chez nous pour se faire administrer le vaccin de la grippe (en rupture de stock chez ce cher George)! Celui-ci voudrait administrer la planète et il n’est même pas capable d’offrir à son peuple un système de santé digne de ce nom et surtout accessible à tous! Cela fait un peu pitié! Manquerait plus qu’il se mette dans la tête de nous annexer! Une fois parties les folies guerrières de ces hommes assoiffés de pouvoir, les pires scénarios deviennent envisageables et j’ai l’imagination fertile…

Aujourd’hui se joue une manche dans le grand jeu de l'Histoire, une poussière dans le cycle du temps, mais une brique dans le cycle humain qui rythme nos vies présentes. Pendant que fluctuent les courants humains, je me plonge, frissonnante, dans l’Histoire de la langue et cette Histoire du français qui perdure et s’accroche en ce petit coin d'Amérique du Nord…

Extrait de l'article de C. Poirier, le lexique québécois: son évolution, ses composantes, paru dans le Stanford French Review.

Garrocher, v. tr "lancer" (Nord-Ouest et Ouest de la France, voir bibl 29, p.71) :

"Toujours qu'elle s'en va sus le bord de la coulée, pis elle poigne l'oeuf et pis elle le garroche haut en bas de la coulée" (2 août 1934, Chicoutimi, AF, Laforte, 92)

"Jeux d'enfants. Un. Garrocher des roches au chien excité de Monsieur Germain parce qu'y court aprés les vaches à mononcle, t'y casser une patte d'un coup sec, hourrah! y coupera pus de queues." (J-M Poupart, C'est pas donné à tout le monde d'avoir une belle mort (roman) (Montréal: Ed du jour, p. 18.)

lundi, novembre 01, 2004

Le courage vient aisément à certains parce qu'ils ont peu fréquenté la peur.
Penelope Williamson

On ne peut vivre qu'en dominant ses peurs, pas en refusant le risque d'avoir peur.
Nicolas Hulot

Je n'ai plus peur de la mort depuis que j'ai appris que je ne serai pas le premier à passer par là.
Michel Serrault

Lundi pluie

Journée grise et maussade, retour sur le campus, un gros examen vendredi prochain…

Hier nous avons amené Petite Clo, de retour de San-Francisco, au cinéma voir The Grudge, film d’épouvante se déroulant au Japon. La petite a eu la trouille de sa vie, sensations parfaites pour une soirée d’Halloween réussie. J’ai trouvé l’atmosphère japonaise délicieuse, et le déroulement de la trame relativement original, un fil de temps non linéaire intéressant, une certaine profondeur palpable derrière les frissons programmés, sensations plaisantes qui accentuent la peur recherchée…

La peur comme exutoire des délires du quotidien, cela peut aussi faire du bien, étrangement cela peut détendre l’esprit grognon qui s’amuse de ces frayeurs qu’il sait imaginaires. C’est ce qui me plait dans cette célébration d’Halloween, se moquer des monstres et de nos petites terreurs, déchaîner l’imagination, faire la fête pour oublier la mort de l’été et la naissance de l’interminable hiver…

Nuit-et-pluiePolice-frémissante