mardi, mai 13, 2014

L'être mère et l'inconfort d'être étiquetée...

5 comments
Être mère. Je me pose rarement la question à savoir quel type de mère je suis. Je suis mère. Cela me suffit. N'est-ce pas assez?

Je n'aime pas accrocher une étiquette à ma condition maternelle. À mes sens, être mère est une aventure  pas une catégorie...

Souvent je me dis que je ne dois pas être normale à ne ressentir aucune pression ou angoisse à être mère parfaite. Sachant que la perfection n'existe pas sur Terre, croire que je doive être parfaite ne me vient pas à l'esprit. Call me crazy!

Je suis obligatoirement une mère imparfaite puisque je suis humaine et que je vis sur Terre. Cela va de soi non?

Détachée de ces règles de l'art maternel qui semblent peser sur beaucoup, je conçois mes propres règles sans trop me soucier des autres. Je me soucie juste d'elle.

Je sais que je vis une expérience unique avec ma fille. Tout comme je sais qu'être mère, c'est universel.

Mères de ce monde, on vit les mêmes émotions en différents contextes selon le spectre de nos différentes personnalités. Doit-on obligatoirement s'identifier à une certaine catégorie?

Être mère s'inscrit au cœur de mon humanité. Je ne me pose guère de questions sur comment je suis. Mais je me pose plein de question sur comment elle est. Sur ce que nous sommes...

Je pense à elle d'abord. À moi ensuite. Il paraît que c'est mal. Je m'en fous. Plus elle grandit et plus je peux penser à moi. J'ai conscience qu'il me faut trouver un équilibre entre mère et femme. Et je sais qu'un jour, elle sera adulte et je pourrai ne penser qu'à moi. Je retrouverai cette entière liberté que j'ai pu sacrifier aux diktats de l'enfance.

Quand on met un enfant au monde, on gagne le droit de l'élever. C'est ce que me frappe le plus de mon état de mère, cette responsabilité que j'ai d'élever un être humain. Et, en élevant l'enfant on s'élève soi-même...

Depuis qu'elle est née, je ressens cette sensation diffuse que l'on a aucune prise sur le futur si ce n'est celui d'élever nos enfants. Ils sont le futur. Élever un enfant, c'est façonner un brin de futur.

Le pouvoir d'un parent est grand. Il peut détruire autant qu'il peut soutenir, saboter autant qu'il peut encourager. Et quoi qu'il fasse, sa présence marquera à vie l'enfant qui deviendra grand. Être mère, être père, c'est la même galère, ou la même victoire...

J'ai vu de trop près la mort trois jours après sa naissance. Cette expérience imprègne mes émotions maternelles. Quoi qu'il arrive, je suis reconnaissance de pouvoir la voir grandir. Ceci fait que je n'arrive pas à me plaindre de mon état de mère. Je me trouve plutôt chanceuse de pouvoir vivre toutes ces étapes d'enfance...

Même quand c'est difficile, même quand je suis à bout de nerfs, à bout de souffle, même quand la fatigue me noie, je suis reconnaissante d'être là, avec elle. Contente de la connaître et de la voir grandir. Contente de partager des moments présents avec elle.

Lorsque ma santé me fait la vie dure, c'est grâce à elle que j'ai envie de vivre et de vieillir. Être mère me donne la force d'avancer, le courage de ne pas lâcher. Ce devoir d'accompagnement d'enfance que je ressens est puissant, il m'entraîne.

L'aventure maternelle est pleine d'épreuves et d'obstacles, elle est aussi remplie d'apprentissages, de compréhensions et de réalisations. Elle élève l'âme en d'autres dimensions. Elle bouleverse le cœur de multiples façons.

Je ne sais pas quel type de mère que je suis. Je sais qu'elle est ma fille et que c'est tout ce qui compte. Je sais que je peux contribuer ou nuire à sa vie. Je sais qu'elle peut m’exploser le cœur de joie ou me le briser en mille morceaux. Je sais qu'elle compte sur moi pour bien grandir. Je sais qu'elle a confiance en moi.

Je sais que je veux utiliser mon pouvoir de mère pour l'aider à atteindre son plein potentiel. Je sais que pour y arriver je ne dois pas tant parler qu'agir. Je dois être plutôt que prêcher. Je dois garder l'esprit ouvert et les neurones aiguisés tout en l'aimant sans condition. Ainsi je sais que je suis maman...

Et comme je suis maman, me voilà concernée par cette troisième édition du concours Maman de l’année par Walmart Canada!

Même si je n'aime pas les concours, les votes et tout le tralala, je ne peux qu'être touchée par l'initiative de vouloir célébrer et récompenser les mamans qui nous entourent.

Ce concours rendra hommage à six mamans qui se verront offrir 10 000 $ pour elle-même et 10 000 $ pour l’organisme de bienfaisance ou la cause de son choix. Les finalistes qui ne seront pas gagnantes d’un prix Maman de l’année recevront 500 $ pour elles-mêmes et 500 $ pour l’organisme de bienfaisance de leur choix.

Ce concours commence avec un système de nominations. Si vous connaissez une maman qui vous inspire vous pouvez la nominer ici. 

Les nominations se poursuivront jusqu'au 23 mai. Toute maman, quelque type qu'elle soit (ou pas) sera certainement émue d'être nominée et si gagnante, bienheureuse de renflouer son compte en banque tout en donnant au suivant!

5 commentaires:

Isabelle Bouthillier a dit…

Un tel concours « d'étiquetage » n'est-il pas contraire à tes propos? Mais bon, les étiquettes sont parfois des baumes nécessaires.

Etolane a dit…

C'est en effet un petit paradoxe auquel j'ai en effet pensé. ;) Mais comme tu le dis, ici c'est plus un baume pour mettre en valeur le mérite maternel et il y a toujours exceptions aux règles :lol:

En fait c'est en recevant le communiqué de presse de ce concours après avoir lu l'article des mères branchées de La Presse que l'inspiration de ce texte est venue...

Et comme avec le printems qui m'aide le moral malmené par ma douleur chronique faciale, je me donne le devoir de ne pas étouffer les inspirations que je capte, j'ai laissê couler! ;)

Nicole a dit…

J'ai eu la même réflexion qu'Isabelle concernant le concours.

Ce que je disais en commentaire dans ton Facebook, nous vivons dans une société où la méritocratie et à son plus haut. On veut faire l'éloge de tout le monde et même des mamans en leur créant un concours où elles recevront une quantité x de votes. Que les mères soient admirées, c'est un fait. Chaque maman à son lot d'admirateurs et en avoir moins que d'autres ne signifie pas qu'elle soit moins compétente, aimante, importante ou inspirante.

Mais nos réflexions peuvent être paradoxales parfois pourvu que l'on s'en rende compte et que l'on soit à l'aise avec non propres incohérences. C'est ça aussi l'imperfection dont il faut être fière de notre nature humaine.

Etolane a dit…

Nicole, je suis pas à l'aise avec les concours en général. À la base je ne pensais pas en parler et puis j'ai fait fi de mes préjugés pour rester ouverte d'esprit! ;)

Je n'aime pas l'idée de votes, car en effet, c'est toujours plus ou moins subjectif. Rendu aux votes, c'est plus la popularité qui compte que le mérite. Mais je trouve sympathique le principe de nominer les mères inspirantes...

J'aime l'idée d'une mère récompensée. Et tant mieux pour celle qui gagnera! C'est quand même un petit pactole!

Ce qui ne pourrait être moi car même si j'étais nominée je n'embarquerai pas dans une campagne de votes, alors ce serait perdu d'avance! Y'a toujours bien des limites à mes paradoxes! :lol:

J'avoue ne pas m'être beaucoup penchée sur ce concept de méritocratie que tu abordes. Un concept qui est en effet présent en notre société moderne...

Venise a dit…

"Élever un enfant, c'est façonner un brin de futur"
"Et en élevant l'enfant, on s'élève soi-même"

Je compte te citer un moment donné dans un de mes nombreux statuts citation. La seule chose, sorti du contexte, je changerai "l'enfant" pour un enfant. Si tu permets....

Qu'elle chance elle a ta fille de t'avoir comme mère.