mercredi, mars 17, 2004

En coup de vent...

Avec la reprise des cours, la vie m’a rattrapée et sortie de ma réclusion volontaire. Entre les travaux et diverses activités, le temps file et du coup, je perds le fil de la blogosphère. Mais bon c’est ainsi, la vie a des droits que le blog n’a pas...

Hier soir c’était le party de mi-session du Journal, l’ambiance était cool et dansante. J’ai dansé comme je ne l’avais pas fait depuis des lustres. Talons et danse ne font pas bon ménage. Résultat, ce matin je suis courbaturée comme une petite vieille! C’est avec grimaces et fatigue que je me suis péniblement rendue à mon cours. Ouais, y’a pas! J’ai plus vingt ans...

Mais j’aime ces contrastes de la vie, passer de l’état d’ermite grognon à celui d’un bon party est toujours exutoire pour l’esprit. Il reste qu’un party par mois est amplement suffisant pour ma pomme, juste assez pour pouvoir récupérer sans trop ramer...

Et j’aime bien mon cours du mercredi matin, ces traductions vers l’anglais qui aiguisent la langue que nous pratiquons si peu en cette vieille capitale francophone d’Amérique du Nord...

La prof a une sensibilité de linguistique qui rend ce cours très intéressant, c’est presque un moment de détente en comparaison à certain cours plus rébarbatifs comme peuvent l’être ceux de traduction technique...

Mais la semaine n’est pas encore finie, et j’ai encore bien du travail à mettre sous la dent! Alexandre m’attend et je dois une autre fois m’effacer dans cette vie qui est la mienne...

lundi, mars 15, 2004

Fin de grève, reprise des cours et jour de neige...

De retour au pays de la traduction, c’est reparti pour un tour de mixage de «brain». Les enfants grommellent, le ciel est gris et c’est encore l’hiver...

Une bonne dizaine de centimètres sur l’auto à matin! De la bonne neige épaisse et collante, de la bonne neige de printemps...

L'autre jour, au hasard d'un carrefour, je suis tombée sur ce drôle de petit lexique...

J’y ai trouvé des fadets et quelques fantômes. Une saveur de fenouil et Vénus en quelques lignes, j'ai vu passer Mary-Morgan et Mélusine. J’ai même croisé une milloraine mais elle a filé plus vite que le vent...

Bien étonnée d’y découvrir un Herlequin, je suis partie me promener en sa compagnie...

dimanche, mars 14, 2004

Warm Week-End...

Petite sœur sur le chemin du retour, toujours ce petit serrement au cœur quand elle repart vivre sa vie loin de mes jours...

20 ans de différence, cela fait tout un chemin à parcourir avant de pouvoir se retrouver pour des instants de fraternité consummés. Mon petit soleil s'épanouit, elle rayonna toute la journée sur mes talons aiguilles jouant à la femme qu'elle sera bientôt, mon petit soleil grandit...

Jeux de société et naissance de mini chats, une fin de semaine toute en innocents rebondissements! Un air de famille qui flotte dans l'air. Une chaleur qui enrobe le cœur. Des moments malheureusement trop rares. La vie n’est pas tous les jours bien faite....

Est-ce que la grève des chargés de cours continuera demain? L’on en sait rien. L’on danse sur un pied puis sur l’autre. L'on gigote et l’on attend patiemment tandis que les Grands délibèrent de notre sort...


Patiently Waiting ~ Jim Hansel

samedi, mars 13, 2004


Vue du lac au début de l'hiver...

Petite Clo en visite. Je vais être heureuse de passer du temps avec mon p’tit bout de sœur. Voilà des semaines qu'elle grandit loin de moi....

Il fait beau, cela sent le printemps un peu plus chaque jour. Encore un peu de patience et le lac se libérera de sa prison de glace. Le printemps a bien du pain sur la planche avant que ne reviennent les beaux jours...

Guillou m’a ramené, dans une petite boite de bois, du sable du Sahara. J’y ai plongé mes doigts, petite jouissance intérieure. Du sable si fin qu’on dirait de la poudre, mes doigts ont caressé ce sable venu de si loin, sable mythique d’un désert immense. Une poignée de doux sable roux, une sensation fugace d’ailleurs qui me glisse entre les doigts...

vendredi, mars 12, 2004

Madrid Folie

Un bel exemple de folie humaine...
Laisser couler les larmes...
S'enrober de silence...
Essayer de comprendre...
Peut-on jamais comprendre ces tueries d'innocents?
Pourquoi ces pulsions humaines de se détruire pour un oui, pour un non?
Pas sûre de pouvoir (ou vouloir) un jour le comprendre...

L'homme est cet animal fou dont la folie a inventé la raison.
Cornelius Castoriadis

La démesure en fleurissant produit l'épi de la folie, et la récolte est une moisson de larmes.
Eschyle

Folie : Kidnapper un mannequin et la gaver de crèmes glacées et de beignets jusqu'à l'explosion finale !
Isabelle Sorente

Untitled

L’écriture m’a depuis toujours semblé être un jeu dangereux pour l’esprit. Et toujours je me suis demandée comment faisaient ceux qui écrivaient des romans tout en travaillant à temps plein. Comment arrivent-ils à conjuguer les deux mondes!?! Cela reste pour moi un profond mystère...

Je n’écris pas pour l’argent mais pour le plaisir. J’ai naïvement cru dans l'enthousiaste de mes 20 ans que si j'y prennais autant de plaisir, à long terme cela ne pouvait qu’être payant, avec la trentaine je suis passée au travers de cette illusion. Je sais que je vais devoir penser "carrière monétaire". Je n’aime pas être pauvre et je me doute que si je continue à vouloir écrire à tout prix, je dois avoir une carrière "sociale". J’ai été longue à la détente. Encore aujourd’hui alors que j’y suis presque, nez à nez avec cette future carrière, je rechigne parfois et me rebelle toute seule. Dans le silence de ma bulle, je fulmine tandis que Juan rigole. Il a le don de me trouver marrante à toutes les deux minutes, mais ça doit être un effet secondaire de l’Amour...

En tout cas, pour moi est-ce qu'écrire de la fiction est un travail? J’ai souvent l’impression que c’est un jeu, un sport, un danger ou encore une drogue, mais un travail? À moins que l’on considère que l’on peut travailler en prenant son pied (Où se place donc la nuance entre travail et emploi?)!?! ...

L'écriture reste, à mes yeux, un jeu qui me remplit d'étranges frayeurs. Dans mon cas, j’ai besoin d’énormes plages de solitudes. C’est mon esclavage mental, l’écriture est mon maître, je suis son disciple. Si elle me demande de la solitude à gogo, j’essaie de la satisfaire de mon mieux...

Cependant si ce n’était que cela, ce serait presque simple. C’est plutôt ce qui se passe durant ces plages de solitudes qui reste un défi pour ma vie. Vu que j’adore inventer des mondes, tordre les réalités, je m’amuse à traire mon cerveau comme si c’était une vache à lait, mais quand il en a assez, il grogne, trépigne et cale...

J’aime m’isoler à l’intérieur de moi-même pour y creuser des histoires, j’aime aller à l’intérieur pour m’évader vers l’extérieur. Ce faisant, je me fais souvent bien peur...

Dans ces instants d’angoisses, je me demande jusqu'à quel point l’écriture est une drogue, ma drogue! Il y a ces moments de toute puissance et de clarté incroyable suivit de « downs » vertigineux. Ces moments de fuite et de douce évasion, ces voyages de l’esprit qui font halluciner d'autres réalités...

N’ayant jamais touché à la coke, j’ai souvent cuisiné des amis sur les effets qu’ils en ressentaient. Les écouter en parler m’a toujours ramené à l’écriture, cela me permettait de mieux comprendre, en parallèle, certaines sensations que je pouvais ressentir en écrivant seule dans mon coin...

Ma plus grande peur serait de commencer à écrire, intérioriser, m’isoler et partir en voyage au pays de l’écriture pour ne plus jamais en revenir. Rester prise comme avec un acid trop puissant sur un trip qui n’en finirait jamais de me marginaliser...

À l’adolescence, j’ai abdiqué ma volonté à cette dépendance des mots, qui s'est révélée un vrai chemin de croix pour mes jours. Je n’ai pourtant jamais abandonné l’espoir d’avoir une vie normale au quotidien! Mais ma dépendance est aujourd’hui si grande que je me demande si je ne suis pas comme un opiomane grave. Si je devais arrêter, j’en mourrais sûrement...

Cependant, ce n’est pas la mort que je crains le plus, c’est la folie. Avec les années, j’ai développé ma propre théorie sur le sujet. En me cassant la gueule quelques fois j’ai trouvé et posé mes propres repères. Ainsi lorsque je commence à trop ressentir les symptômes de ce que je nomme le syndrome Camille Claudel, je me force à regarder le danger en face. Ce qui a souvent pour effet de me faire paniquer et stopper net ce que j’ai en plan! Je suis vraiment trop peureuse mais avec l’age je prends du courage. Avoir une relation émotionnelle saine est vital, le danger de la folie artistique trop réel pour ne pas en tenir compte. Combien de ceux qui se sont plongés dans des solitudes artistiques n’en sont pas revenus? Combien ont succombé, sûrement trop pour pouvoir les compter...

Chaque fois que l’on quitte ce réel qui nous héberge pour partir à la recherche de l’inspiration, de la perfection, l’esprit est mis à rude épreuve. Il a parfois bien du mal à retrouver le chemin du corps et du quotidien. Cette gymnastique de cerveau est comme tout sport extrême, il peut causer d’énormes dégâts à la personne. Ou alors donner de la forme et de la force, tout dépend de comment on le pratique, i guess...

Est-ce qu’écrire est un sport, une drogue ou un travail, c’est une question qui prend plaisir à me tourmenter les idées. Une question sans réponse, c’est les pires de leur race!!! Celles qui sont le plus coriaces, elles ne lâchent jamais le morceau! Comme toute question cherche une réponse. Celles qui n’en trouvent pas deviennent des fantômes colériques qui flottent en silence dans les limbes des pensées cachées de tous...


L'âge mûr ~ Camille Claudel

jeudi, mars 11, 2004

Une histoire abracadabrante qui se dessine entre deux phrases. Une histoire qui me plait et m’amuse. Je la laisse couler en souriant, fruit de plusieurs jours de réclusion... Si les chargés font la grève jusqu’à vendredi, elle devrait arriver vite à maturité...

Atelier d’écriture entouré d’Art, du fun et une histoire de série B digne d’un mauvais film d’horreur comme résultat. Je me fais mourir toute seule avec mes histoires qui naissent des ateliers d’écriture, y’a du sang, y’a du sexe et c’est généralement vraiment n’importe quoi! J’ai trop de mal à prendre au sérieux l’exercice collectif et je pars toujours en vrille, m’enfin...

Nous sommes allés récupérer des pellicules et en poser d’autres...
Nous sommes à l’ancienne, avec appareil photo manuel et pellicules à envoyer au magasin! Lorsque l’on a gouté au digital, c'est tout un fossé à traverser pour revenir à l'ancienne! Cette façon de voler les images au temps s’effacera sûrement...

J’aime toujours entendre le déclic de la photo emballée, je regrette toujours de ne pas voir ce qui vient de se prendre... Il faut se rappeler la patience. Puis vient la surprise de la photo développée, les plaisirs ou déceptions des photos retrouvées. Ces souvenirs qui traversent les années et entretiennent la mémoire...

mercredi, mars 10, 2004

Sacré Hiver, Maudit Hiver!
Sic itur ad astra...

Le vert touffu des arbres me manque. Le bruissement des feuilles, l’exubérance de la nature en pleine jouissance, tout cela me manque...

Sentir un brin d’herbe glisser entre deux orteils, poser le regard sur des couleurs...
Écrire dehors, écrire à la main, dévierger des pages au soleil brûlant...
Se sentir cuire, se sentir ivre au soleil, se sentir au chaud...

L’hiver nordique est une expérience à part. Il est souvent très beau, celui-ci est superbe...

L'hiver arrive derrière les beautés de l'automne. Il est puissant et dangereux. Il nous concocte des ambiances quasi magiques, en quelques flocons il cuisine de la féerie. Il pimente certains jours d’aventures mémorables...

L’hiver est beau mais c’est de chaleur que je rêve ces temps-ci...

L’Autre me répétait : « Etol, si y’avait pas l’hiver, si c’était toujours l’été, c’est pas 30 millions que l’on serait ici mais au moins 150! Pis cela serait plus pareil! » J’opinais lamentablement me doutant bien que cette atmosphère sociale tant appréciée est le résultat de notre petit nombre en un si grand espace...

L’on est trop peu pour se marcher tant sur les pieds que l’on en arriverait à ressentir le besoin de se mordre...

Les grands espaces apportent une liberté intense qui envahit chaque pore humain, même les plus réticents sont atteints, et les grands centres urbains sont aussi touchés....

Il est vrai que dès que l’on dépasse les frontières urbaines, l’on plonge en pleine nature. L’espace omniprésent absorbe l’être sans pitié. Je me souviens des premières fois où je m’aventurai hors Montréal...

Ce fut un coup de foudre immédiat. De la nature à perte de vue, de l’espace vierge à volonté, des heures de route sans rencontrer âme qui vive...

Une bouffée de liberté me bouleversa l’âme et depuis je ne suis plus sure d’être tout à fait pareille. Tout ce que je veux c’est en respirer encore! Mais l’hiver est là pour contrôler mes excès, il m’enchante et me rappelle à la raison...

mardi, mars 09, 2004

Enfantillage...

Retour de la semaine de relâche pour les enfants du soir. À l’université, les chargés de cours toujours en grève retardent la rentrée des cours...

Jay, petit garçon de 12 ans, que je vois trois soirs/semaine n’était pas du tout satisfait d’être de retour en classe...

Il est arrivé pour travailler ce soir l'esprit rebelle et son sac d’école vide de tout matériel scolaire. J’étais on ne peut plus heureuse!

- Ben quoi, c’est le premier jour d’école!! C'est déjà assez dur! Tu veux pas qu’en plus j’ai toutes mes choses!!! Pis je retrouve plus rien, c’est pas juste, je retrouve rien! Pourquoi t’es jamais contente! Pis c’est toujours ma faute! J’ai jamais le droit de rien faire comme je veux!!!

Et c’est parti pour une séance de pleurnichage extrême, larmes à l'appui...

L’on travaille quand même dans la colère enfantine. Avec autorité et regards sévères l’heure se passe à la vitesse d’un escargot...

Moment de calme après la tempête. D’ici 20 minutes, c’est le tour de Sarah puis Jess, espérons qu’elles seront de meilleur humeur que mon petit monstre de quatre heures!

L'ours en cage ne peut que satisfaire l'ambition aventureuse des faibles, tandis que le cerf sauvage évoque une liberté et une vigueur pénétrantes.
Yu Dafu

Mieux vaut être dans le ventre de l'ours qu'entre ses crocs.
Aleksis Kivi

La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles.
Gustave Flaubert

Ours!?! Vous avez dit: "ours"???

Dans la forêt de cristal, nous avons skié parmi les arbres. La piste givrée à souhait, propice à la vitesse, étonnement divertissante, le soleil brillait, mon homme souriait...

Nous nous arrêtons à cette petite cabane perdue au milieu de la forêt. Je m’amuse à nourrir les dizaines d’oiseaux qui nous volent entre les jambes. Je rentre dans la cabane, la "truie" chauffe doucement. Je m’attarde sur les "infos nature" aux murs, je regarde les photos qui expliquent comment lire une trace animale dans la neige. Lorsque soudain, je tombe sur l’ours !!! Cela fait beaucoup rire Juan qui n’y croit pas vraiment. Cela me fait délicieusement frissonner...

J'apprends que les ours dorment tout l'hiver sous la neige! Tiens! Je n'y avais même jamais pensé! Il y a trois jours, l’on me parlait de ces randonnées estivales organisées par des spécialistes de la faune, ces randonnées pour voir les ours...

Un certaine réalisation commence à se faire en ma conscience. Des ours!?! Dans ma forêt!?! Évidement il y a bien le cas de cette jeune sportive qui s’est faite croquer par un ours alors qu’elle s’entraînait à l'été 2000....

Aprés tout, ce n’était à vol d’oiseaux, qu’à une poignée de kilomètres de ma cabane! Je comprends un peu mieux le jeu des enfants qui consite à se cacher des ours ou à croire avoir vu un ours les poursuivre dans le bois! Cela m'a toujours semblé bien imaginatif, mais pas tant que cela finalement...

Voilà! Cela m’aura pris 4 ans à percuter que c’était une réalité: il y a des ours dans la forêt! Voilà qui risque de faire courir un peu plus vite mon imagination lors des mes escapades solitaires... J’ai quand même une certaine difficulté à assimiler que je vis sur le même territoire que des ours. Mais si j’imagine, cela peut devenir terriblement excitant...

Je sais bien que je n’ai absolument aucune chance de rencontrer un ours, à moins de me perdre dans la forêt plus loin, plus profondément que je n’ai jamais songé me rendre...

Rien que pour cela, je crains que ces randonnées estivales qui partent à la rencontre des ours noirs libres, ne commencent à sauvagement me tenter...


Truie: appareil rudimentaire de chauffage, poêle à bois...