samedi, octobre 08, 2005

Sur le vif,

Cet après midi alors que je surélève avec ennui mes jambes enflées, je reçois l’appel d’une inconnue fébrile :

- Allo Etolane ?
- Heu oui…
- Salut mon nom est M., je travaille pour l’UNICEF et V. m’a donnée ton numéro, nous sommes en période de crise avec un besoin urgent d’une traductrice.
- Ah ! Oui, V, bien sur…
- Je t’appelle de Toronto. Nous travaillons sur le tremblement de terre au Pakistan.
- Ah oui, j’ai vu ça aux nouvelles…
- Tu serais disponible pour me traduire un communiqué de presse…
- Heu, okay, est-ce que c’est long ?
- Non pas trop ! Ma boss devrait t’appeler, si tu es disponible, je lui passe tes coordonnées.


J'accepte et je raccroche et continue de me reposer le corps engourdi. Dix minutes plus tard, elle me rappelle pour savoir si j’ai eu des nouvelles. Mais non, pas de nouvelles. Je lui dis que je vais vérifier mes mails d’ici une heure. Le temps passe mais rien ne bouge. Deux heures plus tard, elle me rappelle, toujours sur le pied de guerre. Elle décide de prendre les choses en main et se prépare à m’envoyer le document. J’aime bien l’idée de travailler pour l’Unicef, l’urgence de la situation est motivant et puis collaborer avec une organisation qui soutient le sort des enfants dans le monde, en voilà une cause qui me botte les neurones!!!

Finalement je finis par recevoir un courriel de la Boss et le document en question. Prés de 600 mots que je m’apprête à traduire sur le champ puisque au moment où je le reçois, cela devrait déjà être fini ! 80 minutes plus tard, c’est fait ! Je suis pas mal fière de ma pomme engrossée!

Entre temps, je remarque en tournant la tête vers la fenêtre que je suis en train de rater un splendide coucher de soleil. Le ciel enflammé me nargue au loin, je n’ai pas l’habitude de résister à la tentation de ses magnifiques couleurs ! C’est certainement l’un des plus beaux de la saison ! Juan en profite pour doucement niaiser cette passion que je refoule à cet instant. Je me dis que le sort des enfants est plus important que mes délires de lumières. C’est avec une légère grimace que je reprends le fil de mes mots.

Mon homme bricole et son fond de scie et de perceuse a le don de m’irriter légèrement. Je finis par lui demander gentiment de me laisser réfléchir tranquillement ! Je rêve du jour où j’aurai mon propre bureau fermé où je pourrais travailler sans être dérangée. Je finis au quart de tour, la dame me rappelle alors que la nuit est tombée et que j'effectue une ultime relecture, je lui dis que je viens tout juste de finir, je sens son soulagement au bout du fil. Elle a l’air d’avoir eu une sacré journée ! Cela me touche intérieurement. Je suis bien heureuse de l’avoir dépanné en cette fin de semaine de l’Action de Grâce…

vendredi, octobre 07, 2005

Des souris et un homme

J’ai eu dernièrement l’occasion de lire le livre de Nick, enfin je l'avoue humblement, je ne l’ai pas fini, il manque les 50 dernières pages à ma science! Le buzz coté masculin semble positif, cela dit en tant que femme de mentalité québécoise, sûrement trop féministe (malgré mes penchants anachroniques) pour ce genre de niaiseries, je n’ai pas eu autant de plaisir à passer au travers les 150 pages que je me suis avalée par curiosité agacée…

Je n'en avais jamais entendu parler. J’ai reçu ce roman et ce fut une surprise. Sûrement parce-que j’étais un peu flattée de ne pas être complètement oubliée au fond de mon bois aux accents mordorés, j’ai décidé de le consommer entre deux jours de grippe (la chair est faible!) il faut aussi dire qu’un gros 3 heures a suffit pour mâchouiller cette centaine de pages…

Bien vite j’ai l’impression d’être en plein fast-food intellectuel, on ne peut pas dire que l’on vogue dans de la grande littérature! Cela s’avale mais je n’y trouve aucun délice, j’oserai même dire que j’ai un petit arrière goût peu avenant qui me reste en bouche (cervelle). Mais comme je suis un peu butée de nature, je poursuis cependant ma lecture. Douce envie de vomir. Je fais rigoler l’homme avec mes remarques acerbes que j’exprime entre 4 pages. Cela me détend les neurones et cela a au moins le mérite de l’amuser!

Impression confuse de suivre les débats animal d’un homme en rut, plus en phase avec sa queue qu’avec sa tête. Plus de boucherie que de poésie, on nage en pleine chasse humaine. La femelle comme proie de choix! Un coté consommation sexuelle qui ne me revient guère. L’animal en question est père de deux filles. Seigneur Dieu! Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il en penserait si celles-ci se retrouvaient « Sous la couette » avec un énergumène dans son genre! Je me tapote le ventre en espérant que la petite fille qui pousse en ma chair ne se fasse pas mettre par des mâles aussi peu sensibles que celui-ci…

Passer au travers le fil de ses 27 plans cu..., c’est un peu comme boire un coke sans bulle! Alors pourquoi le boire me direz-vous? Voilà sûrement la question à 100 $! Sans vouloir sombrer dans la méchanceté, je me sens m’acidifier au fil des mots que je trouve sous mon regard énervé! Sans compter le fait qu’il ne semble que rarement se protéger (J’imagine que les capotes ne sont pas de son goût averti) ce qui achève de me dégoûter le palais! Vive l'enfilage de foufs à la chaine!!! Ma fibre romantique en prend pour son grade au fil des pages qui s'effacent. Il y a un certain angle glauque que j’avais oublié, perdue comme je le suis au fond de ma brousse. Yerk! Je ne suis vraiment pas fan du pinceau qui se trempe dans tous les pots à sa disposition…

Ses plans sexy finissent souvent par s’éteindre rapidement, comme quoi la queue sans sentiments cela ne tient guère la route et surtout cela ne réchauffe pas les cœurs en fuite! Qu’elles soient moches ou jolies, tant qu’elles jouissent, quelle importance? D’après ce que j’en lis, mieux vaut se taper un thon chaud qu’une beauté froide. C’est fou ce que j’en apprends! Lorsque cela ne marche pas au rythme de son membre, Monsieur a l’impression de perdre son temps, et évidemment c’est toujours la faute de l’autre! Pathétiquement typique! Je me demande combien de ces gazelles qui sont passées par son pieu ont, elles aussi, eut l’impression de perdre leur temps avec un zigoto pareil? Et puis peut-être que jouir un bon coup, c’est pas mal, mais encore faut-il que la jouissance soit franche! Je ne suis pas si sure que le loubard en question puisse déceler le mensonge qui peut se cacher derrière certains gémissements féminins, parfois certaines préfèrent en rajouter pour en finir au plus vite…

C’est si technique, sans autre émotion que les sensations corporelles que cela ne nourrit rien à l’esprit en manque. C’est creux comme un ravin aride. Je me sens un peu maso une fois que je suis rendue à la 20ième du tableau de chasse. Cela me fait penser à une suite porno sans piment. Plat comme les plaines de l’Ouest! C’est toujours le même schéma : Je la mange, elle me suce, je la prends, elle m’empale. Description du minou en question, c’est chaud ou c'est tiède et généralement cela ne dure qu’une fois. Ouais, je me demande pourquoi!?! La femme en tant que chair pas toujours fraîche, objet de consommation, cela m'horripile les nerfs. Le respect de la femme qui passe par la chatte, on repassera merci!

Enfin, ce livre a le mérite de me faire poser quelques questions! Je médite sur mes instants pornos! Avec Juan parfois, aux petites heures de la nuit, je zappe et tombe sur le film cochon de la fin de semaine. Comme je ne suis ni particulièrement coincée, prude ou pudique, à l’aise avec mon homme sous nos draps chauds, je regarde la chose. Lui adore ça, il se réveille et m'observe. Souvent l’on en rit, parfois l'on s’en inspire, mais toujours l’on potine sur l’engin du mâle, les seins de la fille (vrais ou faux?), le décor, la lumière, le dialogue mortel et c’est toujours pas mal drôle, puis on passe rapidement à autre chose parce-que bon, on est toujours capable de se trouver de meilleurs scénarios…

Monsieur Nick frustre lorsqu’on le prend et le jette comme un homme Klennex. Là je me marre un peu! Hum! Goûter à sa propre médecine a un petit goût amer on dirait! Enfin je me rends bien compte que je dois être trop féministe pour digérer un tel tas d’âneries masculines! Pour comprendre quoi que ce soit à ce genre de bestiole humaine! Macho en voie de disparitions dans ma belle contrée! J’avoue que les 50 dernières pages semblent être les meilleures du lot pour le peu que je parcoure mais le courage me manque pour en manger davantage, plus la force de continuer le massacre! Et puis après tout, les quadras, c'est pas tout à fait mon genre! J'aime bien les p'tits jeunes, c'est un état de fait reconnu! Un jour peut-être j'écrirais sur ce jour d'hiver 1999 où mon beau Juan sortit de sa douche dans toute la splendeur de ses 19 ans, simplement vêtu d'une minuscule serviette qui ne cachait rien de ses attraits, alors qu'il essayait de faire en sorte que je le regarde de plus près. Mais ceci est une autre histoire...

Ainsi donc, la morale de l’histoire est que le c… est certainement un élément bien important de nos sociétés modernes, enfin qui ne le savait pas déjà?!? Vu comment cela peut faire marcher un certain public, c'est facile à suivre. Cela se publie vite, c’est contemporain, la sex-reality, prochaine tendance? Quelle sera la prochaine mode occidentale? D'un coté de la planète, c'est le sexe à toutes les sauces et de l'autre c'est la burka! Super équilibre mondial!

Personnellement ce bouquin m’inspire une certaine réflexion sur le sexe de couple. J’en ai un peu ma claque de l’arrogance du célibataire en manque qui saute sur tout ce qui libre (ou pas!). On baise aussi très bien en couple! Pourquoi ne pas parler davantage de ce coté là de la chose qui s’enrobe d’Amour, de respect, d'émotions conjuguées et de sentiments partagés? Me semble que l’on en entend pas assez parler, je veux lire des histoires de c… entre personnes qui s'aiment, s'harmonisent et se respectent!

Du coup, c’est vrai, l'autre jour, je me suis laissée aller à une certaine liberté qui m’a fait avouer quelques ébats de plein air. Moments d’automne et d’homme rougissant qui accepte mes mots même si cela le traumatise un peu à chaque fois que j’aborde le sujet de notre intimité au grand jour de ce jardin virtuel. Je le fais parfois au fil d'une envie, d'une pulsion qui se passe dans ma p'tite tête de linotte. Ceci n’était pas le premier texte coquin de ce que notre vie de couple peut comploter au coin des jours ou des nuits. Ce n'était ni le premier, ni le dernier, mais peut-être que celui-ci était une sorte de réaction allergique à ce genre de lecture que je laisse à d’autres âmes moins romantiques que la mienne. Parce-que comme le disent si bien les dictons: "Il faut de tout pour faire un monde" et "Il en faut aussi pour tous les goûts"...

Taima (douce Élisapie)

Hier soir, au théâtre du petit Champlain, je me plonge une fois de plus dans la magie de Taima. Dernière sortie, dernier concert, dernier article, plein de derniers instants avant que je ne ponde cet œuf qui se cache en mon ventre gonflé! Une douce mélancolie m'envahit. Une étrange nostalgie qui se mélange bien avec le coté intimiste du spectacle. J'y découvre une ambiance plus acoustique que d’habitude qui me ravit. Élisapie, toujours aussi belle et humaine, enchante mes sens en éveil. Elle s’harmonise entièrement avec le public, s’ouvre l'âme et le coeur, interagit gentiment, fait rire la salle bondée, charme cet espace qui l’accueille.

DSC07206

Dans cette chaleur toute musicale, je me recentre. Je me retrouve en accord avec ma pomme renversée, me rappelle qui je suis, me rappelle que j’existe malgré les hormones, la grossesse, les transformations de ma chair. En ce dernier mois de gestation, j’ai parfois bien du mal à me reconnaître lorsque je croise un miroir, mais là dans la pénombre de la salle comble, de l’intérieur, je me suis reconnue. Un bien immense j’ai ressenti en mon âme survoltée.Cela m’a redonné de l’espoir, de l’énergie, de la volonté, cela m’a donné une force nécessaire pour cette fin d’aventure qui me perturbe subtilement l’existence en de douces frayeurs.

Flying-Taima

Ma fonction de "journaliste-photographe" me donne la permission de prendre quelques clichés (dont plusieurs viennent s'ajouter à ma collection), je flotte en mon paradis…

Taima-(Petit-Champlain)-VI

Après le spectacle je papote quelques minutes avec Élisapie qui frotte doucement mon ventre de sa douceur sauvage. Je la croquerais toute entière tellement elle dégage une saveur qui alimente ma gourmandise spirituelle. Je lui pose quelques questions en rapport avec mon article, lui parle un peu du concert. Excellent en passant, superbement adaptée à cette salle, une réussite sous tous les plans. Élisapie essaie d’exprimer ce bonheur qu’elle ressent à chaque fois qu’ils se produisent à Québec, cette impression rafraîchissante d’intimité avec le public, cette chaleur qui semble la faire fondre et la combler tout à la fois. Les mots lui manquent mais je ressens bien cette émotion intense qu’elle désire partager.

Puis l’on discute un peu bébés, difficile de faire autrement avec ma bedondaine si présente! Elle m’explique que plusieurs des musiciens du groupe sont dans le même bateau que moi, voguant sur cet océan qui mène à l’île d’être parents! J’apprends avec délice secret qu’elle aime beaucoup le prénom Lily, à ma grande surprise, c’est aussi ce qu’elle a choisi pour le jour où elle aura une fille. L'on se sourit, moment de féminité conjuguée, je m’émeus toute seule! Elle pose sa main sur ma bedaine. Revoilà mes put… d’hormones qui font la fête! Je m’éclipse avant de m’évaporer sur place et de faire une folle de moi…

La première fois que j'ai découvert ce groupe, j’étais enceinte sans le savoir. Je suis rapidement tombée sous le charme. J'y ai regoûté au Festival d’été, puis à Wendake. Sur le point d’accoucher, j’ai le sentiment de boucler une boucle avec ces derniers instants de musique. Musique planante qui me promène entre Salluit et Montréal…

jeudi, octobre 06, 2005

Juillet en Octobre

Zestes-de-couleursCabane-d'automneAutomne-VibesAutumn-PathJournée-d'automneCouleurs-de-lacOctobre-d'eau

En cette splendide journée, j’ai posé ma bedondaine sur ma chaise d’eau. Le lac gorgé de ciel bleu repose mes hormones en feu. Telles des tapisseries anciennes les collines s’exposent à mes yeux. Atmosphère magique de saison unique.

La marina démontée laisse respirer le paysage. L’horizon libéré de ses bateaux dété explose de beauté. J’en reste éberluée de bonheur. L’air est brumeux d’humidité. Cette chaleur exceptionnelle en arrive à dessécher les arbres mordorés. Les feuilles tombent et se noient.

La forêt jaunie aux touches rousses ponctuées de pourpre m’hypnotise. J’en oublie presque ce poids qui me terrorise, ces kilos qui m’immobilisent, ces maux qui me fragilisent. Ma peau se parfume de soleil. Mon ventre s’agite de vagues vivantes qui époustouflent mes sens. Je chavire.

Chanelle, aux anges, se dore la panse sur un morceau de quai. Elle se roule dans le sable et s’exfolie gaiement le poil! Ma chair se dégonfle, les orteils au frais, j’écris ces quelques mots. Bientôt les couleurs incandescentes ne seront plus qu'un charmant souvenir. L’automne est aussi court qu’il est superbe...

Ambiance sereine. Ce ventre rempli de Lily m’ensoleille les idées. J’oscille entre la peur et le rire. Je tangue entre gémir et sourire. Plus que quelques semaines avant que ne changent nos vies! Étonnante symbiose. Mon ventre abrite une existence qui deviendra individuelle, une petite fille qui sera femme lorsque je serai vieille. Futur féminin d’une planète tourmentée aux saisons bouleversées…

mercredi, octobre 05, 2005

Au cœur de l’automne,

La nature s’embrase, une étonnante chaleur vient réchauffer les arbres qui se pâment, ils se déclinent en différentes couleurs, toutes plus vives les unes que les autres. C’est un enchantement des sens, une suite de visions féeriques. Les coccinelles volètent, les oiseaux s'attardent, les chats se prélassent. La lumière se transforme subtilement, elle enflamme cet incroyable spectacle de mille feux savoureux. Les feuilles font leur festival avant de s’envoler délicatement pour laisser place à la prochaine saison monochrome…

Il fait si chaud que c’est à y perdre la tête, presque 30 hier sous les nuages! Aujourd’hui, sous le soleil, une température dans la même veine. On bat tous les records! La madame enceinte et grippée sue un peu et a bien du mal à suivre cet étrange rythme du temps. La fatigue enrobe chacun de ses mouvements de plus en plus laborieux. Il lui est bien difficile de profiter de ces splendides journées. L’homme téméraire s’est baigné hier, la dame n’y a fait que tremper ses petons enflés. L’eau glacée contraste avec l’air humide qui entourne l'esprit et échauffe la peau. Expérience divine au cœur de cet automne rempli de surprises….

Dans le soir couchant, sur une plage déserte, l’homme et la femme se câlinent. Tendresse partagée. La femme glisse une main coquine vers l’intimité rigide de l’homme qu’elle libére d’une geste assuré. Il gémit, se laisse faire sans rien dire. Entre chien et loup, la lumière se perd dans l’horizon bleuté. Un petit sourire au coin des lèvres, elle le caresse doucement puis de plus en plus vigoureusement. Il souffle de bonheur, son membre dressé palpite entre les doigts de sa femme taquine. Il la regarde amoureusement avant de se perdre le regard dans l’horizon paisible qui les entoure. Elle accélère sa prise ainsi que ses mouvements jusqu’à ce qu’elle le sente au bord de l’extase. Le soleil s’est couché. La nuit s’apprête à tomber. Elle s’arrête un instant avant de rependre de plus belle son petit jeu sexuel. Comblé, il se lâche dans un cri étouffé et ensemence le sable doux en quelques jets puissants. Étonné de plaisir, il la contemple en souriant, quelque peu interloqué, elle en rit de bon cœur. Il l’embrasse avec douceur. Elle se love contre son torse viril. Ils laissent s'écouler les minutes au fil du clapotis de l'eau. Douceur de coeur. Main dans la main, sous les étoiles scintillantes, en un silence onctueux, ils reprennent le chemin de leur destin…

Zeste-de-lac

Sous le feu de l'automne

Coeur-d'automne

lundi, octobre 03, 2005

Sous les couleurs

Une nouvelle semaine prend forme. Des jours aux allures d’été indien. Un soleil magnifique qui donne tout son éclat à l’automne merveilleux que nous dessine la nature. Paysage féerique de couleurs et de lumière translucides. Je vais essayer de prendre mon courage à deux pattes pour aller en profiter un peu. J’ai des envies de photos prononcées et une forme minimale pour ce faire. Une mauvaise grippe dans les talons qui me fatigue la peau, me brûle les yeux, me fait tousser, cracher (yerk!) et me moucher à n’en plus finir ! Le doux soleil devrait faire du bien à mon physique en berne sans compter mon moral…

J’ai cependant bien du pain linguistique sur la planche, maintenant que j’ai réussi à m’extirper du lit, c’est le temps de reprendre le fil de ma traduction en attente. J’ai toujours un peu de mal à trouver les motivations matérialistes qui font la base de la vie d’aujourd’hui. Je préférerais utiliser mon petit peu d’énergie à écrire ce qui me passe par la tête sans autres soucis que des délires artistiques pour enivrer mes neurones en peine. Sans compter ces idées d'articles à finir qui ne me rapportent guère mais me divertissent la chair...

J’ai pris pas mal de retard à répondre à mes mails, voilà que je me sens un peu submergée, et pourtant ce n’est pas l’envie d’échanger qui me manque ! Juan fait de son mieux pour s’occuper de ma pomme, mais je le vois peu car depuis la rentrée il est très occupé. Il se concentre à devenir le meilleur de lui-même pour pouvoir s’occuper de ses responsabilités familiales à venir sans faillir. Il est vaillant et courageux et le voir trimer ainsi me touche énormément. J’ai d’ailleurs en attente un petit texte qui devrait venir égayer sous peu ce jardin pas aussi coquin que nos réalités conjuguées. L'Amour qui innove et se déroule malgré les contraintes du quotidien. À suivre…

dimanche, octobre 02, 2005

Quelques paroles du Dalai-Lama pour une journée dédiée à un monde de non-violence

Un blog qui couvre une initiative qui me touche particulièrement en ces temps troubles, encore plus lorsque l'on a vu ce qui s'est passé à Bali...

Je parcoure ces temps-ci un petit livre intitulé "Le pouvoir de la bonté". En cette matinée teintée d'amour nuptial et de soleil naissant, j'ai envie d'en partager quelques phrases choisies. Je pense souvent au Tibet qui se fait manger l'essence intérieure par des chinois insouciants. J'aime beaucoup sa Sainteté, chacun de ces mots est comme du miel sur mon âme en feu...

Extraits: " Le désarmement intérieur passe par le désarmement extérieur dit le Dalaï-lama. Si l'individu ne devient pas pacifique, une société qui est la somme de ces individus ne le deviendra jamais. "

" Les raisons pour lesquelles je m'en tiens résolument à une position de non-violence, alors que même certains Tibétains préconisent une forme plus violente de résistance contre la Chine sont d'ordre spirituel mais aussi pratique, Du point de vue conceptuel, je pense que l'amour fait partie intégrante de la véritable nature humaine. Résoudre un conflit par la raison plutôt que par la force donne le sentiment d'agir de façon juste et procure une profonde satisfaction. L'usage de la violence fait nécessairement naître chez l'autre ( sauf s'il est d'une sagesse exceptionnelle) un ressentiment durable qui sera source de nouveaux conflits. Il est difficile d'imposer un changement à quiconque sans d'abord changer son état d'esprit. (...)"

Humeurs d'eau

Humeurs-d'automne-II

Zeste de saison sur fond de lumière fondante

samedi, octobre 01, 2005

Au cœur de l’obscurité nocturne,

Humeurs-de-lac

Des instants de lumière m’éclairent l’âme alors que mon corps traîne ses lourdeurs de plus en plus pesantes. J’ai les boyaux qui m’écrasent les côtes lorsque j’écris ces mots, pas assez de repos, c’est assez pénible, mais bon, on va pas commencer à faire l’énumération de mes petits maux, on serait encore là demain! Entre ma grippe, qui selon le docteur est assez méchante cette année pour se passer en 15 jours, et ma mega bedondaine qui n’en finit plus de grossir, autant aller tout de suite se coucher! Plutôt se concentrer sur les chaleurs de l’esprit qui se berce des humeurs du lac baigné de soleil et de couleurs d’automne…

Plutôt s’extasier sur les mouvements de ce petit être niché au creux de mes maux qui fait se mouvoir ma chair en d’étranges danses. Et que dire des bêtises de Chanelle qui a trouvé le moyen de se faire « skunker » la nuit dernière!

Pour en revenir au dernier épisode sauvage qui me fit prendre un raton au vol, hier soir, celui-ci avait ramené ses copains. Il n’était plus seul à roder sur le balcon! Trois gros ratons, certes mignons, trimballaient leurs faces de bandit autour de la maison à la recherche des croquettes de Chanelle!

Du coup, Chanelle tellement tannée de ne pouvoir se mettre un raton sous la dent s’est défoulée sur la mouffette du coin pour finir par se faire arroser et venir empester toute la maison! Car il faut le dire bien fort Chanelle ne supporte pas les mouffettes! Il ne se passe pas une année sans qu’elle se fasse arroser, la nuit dernière était la bonne pour 2005!

La dernière expérience du genre remonte à Petite-Crevette, chère minette qui faisait le bonheur de nos cœurs. Heureusement, je suis tellement congestionnée que cette fois-ci l’odeur insupportable m’a quelque peu été épargnée par mes déplorables circonstances nasales. La pauvre a quand même du passer la nuit sur le perron et c’est avec une petite mine et de gros cernes au dessus des babines que je l'ai retrouvée ce matin! Vivi, maîtresse en chef de la chienne l’a traitée en soirée et après un bon shampoing adapté à la situation, il ne lui reste plus qu’une légère odeur de fond qui fait grogner l’homme que je caresse du bout des doigts pour qu’il en oublie son désarroi…

J’aurais bien d’autres choses à raconter en cette douce soirée! Le clavier aimerait bien se faire pianoter davantage pour égrener d’autres mots malheureusement le bébé en mon ventre me pèse tant sur les côtes que si je continue à taponner, je vais bientôt devoir hurler cette douleur qui me transperce la peau! De plus, il faisait si beau aujourd’hui que je n’ai pu résister à prendre des dizaines de photos que je voudrais avoir le courage de ranger avant qu’elles ne disparaissent dans le fouillis de mes dossiers qui n’en finissent pas de s’amonceler au fil des saisons qui dispersent ces images que j’aime tant attraper au détour d’un présent aussi fugace que l’air du temps qui s’efface entre deux phrases…

Couleurs-de-saison-IIZeste-d'automne

« Skunker » et mouffette, pour plus d'infos sur ce sujet revoir l'expérience de Petite Crevette...

jeudi, septembre 29, 2005

Under the weather

La traductrice en moi cogite depuis des heures sur cette expression qui s’adapte parfaitement à ses circonstances présentes sans pour autant trouver la force de faire les recherches nécessaires afin de trouver l’expression francophone adéquate.

Une nouvelle dépression climatique s’abat sur le Québec tandis que je reprends peu à peu du poil de la bête. Le maudit virus m’agresse. Je perds ma voix. Congestionne, crache et râle. La toux réveille le bébé en mon ventre. Un bébé miellé qui gigote alors que j’essaie d’apaiser ma gorge en feu.


Mon ventre, devenu une montagne, tressaille sous les coups de la vie qui se cache en lui. Je sensdes bouts de Lily-Soleil sous ma peau, elle me fait vibrer de l’intérieur. Je vois passer des vagues qui me secouent la chair. Plus je me repose, plus la petite se démène. Elle fait naître en mon corps toutes sortes de sensations. Sensations nouvelles qui m’animent l’esprit sans que je ne sache bien quoi en faire. Je ne suis plus sure d’être propriétaire de mon être. Impression de me transformer en baleine (clin d’œil à Moukmouk que je salue au passage et remercie de son petit mot imagé en coulisse d'ici.) Mon homme ému et pas décontenancé pour un sou me dit :

- Ben c’est normal t’es comme une "deux en une"!
- Hum…
- Non c’est vrai en fait, t’es comme une bonne occasion!
- Mouais, en attendant je me sens pas mal épaisse et maganée! Mais t’es gentil pareil!


Les rafales déplument les arbres et l’été s’envole en souffles d’automne énervé. Le temps se déchaîne sur nos têtes. Après les pluies diluviennes qui ont tant fait gonfler le grand lac à deux pas de ma cabane (que celui-ci en a avalé la plage), c'est le vent qui vient faire des siennes dans la belle province. D'après les nouvelles, Montréal en prend pour son grade!

Plus près de chez nous, ces derniers jours le lac a assez débordé pour que les locaux viennent constater la fureur des eaux. Époustouflés, ils n’en reviennent pas de le voir monter si haut. Puis deux jours de soleil que je n’ai pas vu passer tant je suis sous la tourmente ont chassé les nuages. Mais voilà qu'aujourd'hui le retour du ciel en colère emporte le courant électrique des heures durant. Un calme plat s’installe dans ma maisonnée. Je suis si fatiguée que j’attends que cela passe en priant seulement pour qu’aucun arbre ne défonce le toit. Le jour s’éteint dans une atmosphère primaire.

Heureusement l’électricité revient avant que ne tombe la nuit. Avec l'obscurité revient la modernité! Je pense à tous ces pauvres gens victimes des ouragans. Les nouvelles n’arrêtent pas de parler de ces changements climatiques qui bousculent nos habitudes. C’est maintenant une réalité, et pourtant il me semble bien qu’il n’y a pas si longtemps tout le monde s’en moquait plus ou moins! J’imagine que l’humanité évolue malgré elle. Le (mauvais) temps se charge de la mater. Espérons que mon bébé ne naîtra pas dans un monde trop déboussolé…

L’homme s’en inquiète. Je me dis que l’important c’est de mettre au monde des enfants qui seront plus responsables que leurs ancêtres. Peut-être pourront-ils réparer les erreurs de leurs aînés pour que continue de progresser nos sociétés. Nous devons trouver de nouveaux équilibres pour survivre. Cela ne se fera sûrement pas sans heurts. Mais sans espoirs, n’est-ce pas le monde entier qui se meurt?

Débordements-IIFin-septembre

Un intrus dans la remise (sur le balcon)

Alors que je suis debout pour attendre mon homme qui revient tard de son cours, Chanelle devient comme folle dans le salon et crée une véritable commotion. Les chats semblent sur le qui vive. Je me lève pour voir de plus près ce qui se trame dans le noir. Je m’approche de la porte qui donne sur la remise (que Juan vient de remettre à neuf pour l’hiver), un doute m’assaille…

Un doute qui me trotte dans la tête depuis que Juan a disputé les chats pour avoir fait un trou dans son plastique tout neuf. Je n’ai rien dit sur le coup, mais une nuit où le sommeil m’échappait, j’ai soudain eu un doute sur la culpabilité des chatons à détruire le travail de mon homme. Et puis n'y-a-t-il pas cette bestiole, (mouffette ou raton) qui vient grignoter les croquettes du chien entreposées dans la fameuse remise…

Je m’approche donc mais avant d’ouvrir grand la porte j’hésite un instant et regarde par la fenêtre… Pour y découvrir un énorme raton perché! Je manque de sursauter, j’en profite plutôt pour attraper mon appareil et surprendre de mon flash le coupable qui tremblote de frousse.

Pris sur le vif, il ne sait plus où donner de la queue! Chanelle râle, grogne, gémit, tourne en rond, elle voudrait bien se mettre sous la dent ce chenapan qui lui pique ses rations! Le raton en profite pour s’agripper au plafond! Chanelle le regarde par la fenêtre et s’énerve doucement, elle lui donnerait bien une leçon à ce voleur nocturne! On ne peut pas dire qu’elle soit une fan de la bête sauvage. Le téléphone sonne, c’est Juan qui s’en vient. Je lui explique la situation, il se dépêche de rentrer mais que pourra-t-il bien faire ???

Avant que l’homme n’arrive à la maison, j’entends encore du bruit, Chanelle pleurniche, je me dépêche de prendre l’appareil et dans mon agitation, glisse sur l’un des os de la chienne. Vlan, je m’étale de tout mon long sur le plancher! Pas fière, je me relève en retenant mon énorme bidon! Maudit raton! Je crois avoir eu plus de peur que de mal! Pourtant je ne suis pas satisfaite de ma connerie. J'espère ne pas avoir à regretter cette malheureuse action! Pendant ce temps un chaton enervé en profite pour faire tomber quelques plantes sur lesquelles il était monté! Bordel de ... !!!

Pendant ce temps, le malin raton en profite pour s’enfuir tranquillement par le trou qu’il a savamment dessiné dans la toile destiné à nous protéger de l’hiver en chemin…

Raton-IIRaton