jeudi, septembre 30, 2004

La jeunesse est une ivresse continuelle ; c'est la fièvre de la santé ; c'est la folie de la raison.
La Rochefoucauld

Le sentiment amoureux se mesure à l'ampleur du manque, à l'état fiévreux dans lequel l'absence de l'autre nous plonge.
Francine Noël

Comme il y a des fièvres qui viennent et partent au rythme du voyage, il y a des paroles et des pensées qui jugent et condamnent au rythme de la vie.
Marie-Claire Blais
You give me fever...

La fièvre grimpe doucement le long de mon épine dorsale. Par vagues, elle me submerge le sang. Inexorablement, elle diffuse sa chaleur fébrile, par frissons succins, elle m’hérisse le poil. Un virus d’automne a dû prendre quartier quelque part en ma chair. C’est la période, la lumière change, les humeurs s'étiolent, plusieurs sont atteints, il n’y a qu’à passser au travers, chacun son lot de quotidien. Variation de saison, métamorphose spectaculaire de la nature, chaud, froid, froid, chaud, le corps peine à suivre, les muscles grincent douloureusement et les virus font la fête…

rosée-d'automne tournesol-d'automne

mercredi, septembre 29, 2004

Entre deux notions de franchisage...

Business- format franchising
Franchisage de l’image commerciale:
Système spécial de distribution dans lequel le propriétaire (franchiseur) d’un produit, d’une méthode ou d’un service portant une marque de commerce ou de fabrique, autorise des distributeurs qui lui sont affiliés (franchisés) à vendre le produit etc. de la manière et(ou) selon les normes arrêtées par le franchiseur. Source: Grand dictionnaire terminologique (1986). Administration publique

Entre deux rayons de soleil, mes mots se reposent et mes photos s'exposent...
L'automne de ses couleurs nous enrobe d'une douce féerie, les feuilles tombent.

Au petit matin, dans une lumière timide, sur une pétale flamboyante,
entre deux gouttes de rosée, j'ai croisé le destin d'une minuscule coccinelle...


Franchise agreement. Franchising
Contrat de franchisage. Franchisage: Contrat par lequel une entreprise concède è des entreprises indépendantes, en contrepartie de redevances ou d’autres compensations habituellement financières, le droit d’exploiter, de façon intégrée et sous son contrôle, sa marque et le savoir-faire qu’elle a développé et expérimenté. Source: Grand dictionnaire terminologique (1999). Commerce

mardi, septembre 28, 2004

Blond comme les blés, un ange passe…

Silencieuse sur la plage, je médite en solitaire, un petit garçon s’approche de moi. Blond comme les blés, il m’offre un sourire étincelant, je craque devant la pureté de son regard turquoise.

Je ne résiste point de le croquer sur le champs. Il me parle de soleil, de plume et de sable. Le temps d'un souffle, il caresse subtilement mes idées, doux comme de la soie, il pénètre ma bulle. Il m’explose le cœur et s’envole en riant dans l’air du temps…

Mardi ponctuation, trois petits points à la rescousse…


Je retouche au clavier avec le départ de l’homme au bureau. Depuis soixante-douze heures (dont une nuit blanche), l’ordi est sous sa dominance de mâle, normal c’est pour le travail! Alors j’étudie en silence, j’écris sur papier, et je rêve du jour où nous n’aurons plus à nous battre pour la maudite machine! Ce qui semblerait être bientôt si le gouvernement accepte de nous dépanner dans notre malheur. Pour se procurer ce gadget très utile il allongera certainement notre dette envers lui. Ah! Le régime des prêts et bourses à l’université, je ne souhaite à personne d’entrer dans ce cercle infernal qui m’avale… Anyway…

J’ai un travail à rendre pour demain soir dont deux traductions commerciales et un dossier de terminologie sur le franchisage! Mon p’tit Jay et ses turbulences, mes p’tites filles et leurs distractions, un examen en socio lundi prochain, un corpus à préparer avec Miss Lou, le petit train-train quotidien qui roule ses mécaniques…

J’écoute Led-Zep, malgré moi, sans que j’y fasse attention, arrive Stairway to Heaven version Live qui se glisse entre deux chansons de mon audiothéque perso. Revoilà mes dix-huit ans qui m’emportent, en une chanson, je retrouve ces sensations lointaines que je reconnais si bien. Voilà bien longtemps que je n’avais pas écouté cette "toune"! Mêmes émotions diffuses qui reviennent, le temps se contorsionne pour disparaître en cette bulle d’être familière. Where have you gone my ancient love from another time and place? Une pensée pour Kitty, qui nous quitta à l’aube de nos dix neuf ans, foudroyée par une leucémie fulgurante qui l’emporta en six mois, Kitty adorait cette chanson….

Et Dieu que j’aimais Led-Zep moi aussi, même si mes favoris se situaient plus du coté de Tangerine, No Quarter ou encore Dazed and Confused. Pour ne grignoter que la croute de ce gâteau musical, début des années 90, Montréal et ses charmes... Dazed and Confused avec Rico... Fumée du passé, que d’émotions envolées dans l’air du temps oublié. D’ailleurs dans ce temps-là toute notre petite gang vivait au rythme de Led-Zep. Que de jeunesse et de découvertes citadines, toujours accompagnées par la guitare enivrante de Jimmy. C’était le départ de cette aventure obligée que l’on nomme la vie adulte… "To be a rock and not to roll" Vas-y Robert, lâche nous les neurones encore un coup…

dimanche, septembre 26, 2004

L'instant d'un regard

L'on dépasse une "van" sur l'autoroute, je remarque le sigle des premières nations à l'arrière, curieuse, je tourne la tête pour examiner le conducteur. Celui-ci, comme mû par un aimant, se tourne en même temps. Nos yeux se croisent. Je lui souris. Il me répond du visage et me fait un signe de la main, je fais de même, la route s'efface et le moment se passe....
Mots d’antan

Court extrait de : Voyage de Perlh Kalm au Canada en 1749, p 315

"Les femmes au Canada sont de deux sortes : celles qui sont nées en France et celles qui sont nées ici. Les premières ont ordinairement bien plus que de savoir-vivre que les autres. On peut encore distinguer deux groupes parmi celles qui sont nées au Canada : les femmes nées à Québec et qui y demeurent et celles nées à Montréal. Les premières sont assez proches, en matière de savoir-vivre, des femmes venues de la vieille France; mais on trouve chez les femmes de Montréal une sorte de fierté sauvage."

Saviez-vous que Québec fut principalement fondé et nourri par des parisiens? Les gens des régions se retrouvèrent quant à eux, en grand nombre, à Montréal, ce qui donna dés le départ, deux goûts bien distincts à ces deux premières villes américano-québécoises…

Extrait de : G. Demanche, Au Canada et chez les Peaux Rouges, année 1890, pp15-17

"Quelques voyageurs et écrivains français visitant le Canada ont jugé assez sévèrement le pays au point de vue du langage. Ils ont eu tort, car ils n’ont pas tenu suffisamment compte de l’abandon dans lequel avait été laissé le peuple canadien et du contact permanent d’une autre langue qu’on cherchait à lui imposer. Le Canadien traîne les mots en parlant et se sert de certaines expressions et de quelques tournures de phrases qui découlent évidemment de la langue anglaise. Le paysan, l’habitant, pour employer l’expression canadienne, a parfois un langage un peu altéré. Mais au lieu de constater et d’enregistrer le fait purement et brutalement, que ne compare-t-on avec la mère patrie, que ne met-on en parallèle et les efforts faits et les résultats obtenus? On verra alors de quel coté se trouve la supériorité.

Si le Canadien a souvent un langage traînard et monotone, quelle surprise n’éprouvera-t-on pas en France en entendant parler successivement un Normand, un Gascon et un Provençal? Si l’habitant canadien se sert parfois d’expressions surannées ou de mauvais français, que ne dira-t-on pas alors des paysans français, car il faut comparer les classes entre elles, et ne pas conclure, en entendant parler les gens du peuple, que c’est là le langage de la société? Dans tous les pays du globe, le langage du peuple est défectueux, et ce n’est pas uniquement sur ce langage qu’un voyageur doit baser ses observations.

Si un étranger parcourait nos campagnes et jugeait la langue française sur le langage des paysans, à quelles conclusions surprenantes n’arriverait-il pas? Laissant de coté les anciennes provinces où un patois est, trop souvent encore, la langue la plus usitée, que de défaillances de langage ne trouve-t-on pas dans les régions qui ont, bien à tort, il est vrai, la réputation d’être celles où la langue française se parle le mieux! Dans le Blésois, le Vendômois, par exemple, c’est à dire en plein cœur de la France et de la vieille monarchie française, que de fois n’ai-je pas entendu prononcer par des paysans des phrases dans le genre de celles-ci : « Quéque tu ieu (leur) za dit? – J’êtions bein allé à la rivière mener les vaches buve » et autres barbarismes à faire dresser les cheveux sur la tête d’un linguiste. Avec quelques comparaisons de ce genre-là on sera vite amené à reconnaître que, non seulement le langage de l’habitant canadien n’a rien de si défectueux, mais encore, comme dit M. Chauveau, qu’il est bien supérieur à celui de la masse des paysans français."

Et vlan! Il y va pas avec le dos de la cuillère ce monsieur Demanche. J’ai pas bien compris où ont disparu les Peaux-Rouges mais dans le contexte de l’époque, j’imagine que c’est normal! Cependant j’ai appris dernièrement que la France ne s’était unifiée sur le plan linguistique qu’après la première guerre. Paraît que la multitude de gens qui ne parlaient que patois dans les tranchées causa d’énormes maux de têtes aux officiers instruits! Paraît aussi que le français de France est en fait le dialecte de Paris qui a tout avalé des parlers régionaux. Conditionnée depuis des lustres par des grammairiens et de parisiens, la langue française évolue sous conditions. Au Québec cependant, le Français, libéré, s’est développé tout naturellement, au fil des patois enchaînés les uns aux autres, et d'une connaissance d'un parler commun, la langue forte et tenace s’est installée en cette province d'Amérique. Les colons ont eu la vie dure, mais ce sont les premiers francophones qui ont respiré une liberté d'exister, jusque là inconnue sur le vieux continent.

samedi, septembre 25, 2004


"On a aussi peu de liberté maintenant qu'il y a vingt ans : faire l'amour était alors interdit aux jeunes filles ; maintenant c'est presque devenu obligatoire. Les tabous sont les mêmes." Françoise Sagan
Phrases volées de la bouche de l’homme…

- WHHOOÔ! Ben non les morfales ça suffit là! Ça c’est l’assiette à Hyperion!

Deux minutes plus tard, il me montre (en riant à pleine dents) un dessin "du Soleil" qui montre le Bonhomme du Carnaval d'Hiver qui se sauve avec le Queen Mary 2. Il me dit alors la chose la plus politiquement incorrecte de la journée:

- Regarde, on dirait qu'il se dit: "Ouais, j'crisse mon camp d'icitte, j'suis tanné de faire le clown dans ce pays de c...!"
Je blablate, tu blablates, il blablate, nous blablatons

Les deux derniers jours, ensoleillés et chauds, furent "de toute beauté"! Hier, je me suis même baignée! Paraît que l’eau est à 10 degrés, ça pince en « titi » comme on dit par ici! Mais lorsque le soleil tape haut dans le ciel, quel bonheur que de s’y mouiller la peau…

Contente je suis d’avoir passée mes examens de la semaine. Celui de vendredi en particulier, après avoir étudié fort sur la plage, je pense avoir bien accroché la matière. Si ce n’est de mes dysfonctions d’orientations, j’ai toujours de la difficulté avec la gauche et la droite mais j’avais oublié que mon problème incluait aussi l’Est et l’Ouest! Ainsi ce n’est qu’après avoir pensé à l'envers, donné mon examen, et regardé une autre carte, que j’ai fini par percuter ma connerie et que j’ai réalisé que j’avais perdu un point en mélangeant l’est et l’ouest! Dans ces temps, je ne me demande si je ne suis pas légèrement dyslexique!

P’tite femelle toujours sans nom est remise sur pieds. Littéralement. Après avoir supporté une journée durant une attelle. Sage comme une image, petit bout de chat qui faisait trop pitié, elle s’est mise à remarcher doucement. 48 heures plus tard, là voilà guérie! C’est presque magique! Comme le mentionnait Sori dans les derniers commentaires, apparemment les fractures se réparent seules et vu qu’elle est en pleine croissance, le processus doit être ultra rapide! C’est inconcevable en notre monde humain! Elle ne pouvait réellement plus marcher, elle sautillait sur trois pattes et la partie de son "avant-patte" pendait misérablement! Au moins, c’est certain, P’tit mâle aura eu des vacances de « suçure »!

Comme d’habitude, il est désormais possible de voir des photos se cacher derrière certains liens, Ce sont des "mots-photos" ou "des photos-mots"! C’est surtout une façon de ne pas submerger l’écran d’une ribambelle de photos éparses. Parfois j’ai l’impression que ce site n’est pas assez user-friendly. (Une prof a traduit cette notion par convivial. Je reste sceptique sur cette traduction. A user-friendly environment, un environnement convivial! Je sais pas mais cela sonne bizarre à mon cerveau! Anyway…) Cependant, dans le fond, tant que moi je m’y retrouve, cela me suffit, je n’ai pas envie de tomber dans la dictature du public. Didine m’a parlé l’autre jour de la dictature du lectorat, voilà une autre chose qui ne me sied pas. De toute façon dès que le mot dictature entre un jeu, il en faut peu pour que mes rebellions se réveillent…

Cette semaine durant notre cours de traduction commerciale, nous avons eu un petit exposé sur une nouvelle option du Bacc, le profil entrepreneurial. C’était des plus intéressants et le prof qui a mis sur pied cette option universitaire et qui nous en a longuement parlé était des plus sympathiques. Il nous a brossé des profils psychologiques pour s’expliquer, c’était des plus surprenant! En ce qui me concerne, j’ai trop de crédits pour pouvoir envisager l’option, mais son discours m’aura, au moins, sur un point éclairée! Pourquoi je suis allergique à la notion du "bureau"...

Ainsi d’après ses explications, il n’y aurait que 4 à 5 % de la population qui posséderait les personnalités nécessaires pour devenir entrepreneur. Pour les reconnaître, l’on peut distinguer 5 traits de personnalité. Le voilà qui les énumère, et me voilà qui réalise point après point que je les connais tous particulièrement bien! Et nous voilà partis sur des terrains psychologiques des plus familiers! Cependant en élaborant les facteurs favorables ou défavorables qui accompagnent chaque parcours personnel, je me retrouve évidement avec deux grosses tares qui font d’une facilité première, un réel combat!

Un besoin de sécurité extrêmement présent et une frustration parentale bien développée me retarderont inexorablement! Ainsi même si je possède toutes les caractéristiques (et d’autres que je suis seule à connaître) qui me rendent impossible la vie de bureau, je ne suis pas plus avancée pour devenir un bon entrepeneur! Je fais un peu trop partie de cette catégorie d’enfants frustrés, de ceux qui pleuraient leur maman qui travaillaient tout le temps, pour mieux détester ce contexte de travail qui leur perçaient leur petit cocon pour y laisser entrer toutes sortes de monstruosités. Paraît qu'il y a de l’espoir. Avec le temps, va tout s’en va, et je suis partie pour m’en remettre. D’ici mes 50 ans, j’aurais peut-être un cabinet de traduction. Ou alors, je resterais travailleur autonome, artiste sauvage sans attaches commerciales, qui sait de quoi demain sera fait…

D’après le bonhomme, plus on vieillit, plus on se modère, paraît que c’est un processus inévitable, son exemple fut un truc dans le genre: « Si t’étais super tannant à 20 ans, genre pas vivable pentoute pour ton entourage!, À 40 ans, tu te seras posé et tu seras plus en contrôle de tes émotivités! Cependant ta personnalité est formée dés la fin de l’adolescence, c’est une chose auquel on ne peut échapper, tu resteras pareil, juste plus facile à vivre à l’âge…» Ouais, j’suis pas sure d’aimer ce processus là moé! En tout cas, je m’égare… L’homme va avoir besoin de la machine. « Abrége ton blabla ma fille! ». Pop, apparaît Schni le génie du ménage, tout fier, qui me regarde d’un air dubitatif. Je l’entends me chuchoter en mes pensées égarées : « Ne m’oublie pas petite dame! i’m still watching you girl! »

jeudi, septembre 23, 2004

Grmphmmmmfffff

Un ciel pervenche accompagné d’un grand soleil, un temps merveilleux et du travail sur la planche. Après plus de douze heures sur le campus hier, plus de 300 photos volés au temps. Un instant de calme en ma maison. Qui a dit que je ne pouvais pas aller étudier à la plage? Certainement pas moi! En faire le maximum sur la sable. Travailler dans le désert, voilà qui me plait énormément! Malheureusement mon bureau d’été n’est plus, la municipalité à démonté la petite marina locale. La plupart des bateaux ont disparus. Jour aprés jour, le lac redevient sauvage, oublié par l’humanité retournée travailler pour gagner toujours plus d’argent. C’est d’ailleurs quelque chose que je comprends peu, si l’on en veut toujours plus, plus de consommation, plus de voitures, plus d’ordinateurs, plus de trucs et de bidules, ne va-t-on pas finir par faire exploser la planète? M'enfin, je m'égare du plancher des vaches...

Coté chats, c’est la cata! Hypérion vit ses premières chaleurs en solitaire, il part dans des délires à grimper aux rideaux, je ne le laisse plus sortir que s’il fait jour et que je suis dans les parages. L'inquiétude rôde. Une autre disparition s’est produite, pour des raisons de possible lectorat sensible, silence pour l’instant sur ce fait. P’tit mâle a les fesses en chou-fleur et lorsque nous sommes rentrés hier nuit, P’tite femelle avait la patte cassée! Là je n'y comprends plus rien! J’ai eu des dizaines et des dizaines de chatons! Et jamais personne ne s’est cassé la patte! Vivi, infirmière de métier, me dit : « C’est parce-qu’ils ont perdu leur mère trop jeunes, ils doivent manquer de quelque chose dans leur nutrition! » De ce fait, je n’en doute pas mais quand même! Juan dit : « C’est peut-être pour le mieux, au moins elle va lui lâcher la bit..! Moi j'ai trop mal pour lui! » Et il me mime de façon trés convaincante la douleur masculine qu'il imagine! Je ne peux m'empêcher de rire aux éclats! P’tit mâle a, en effet, des effroyables problèmes de pénis vu que sa sœur prend l’objet pour un mamelon et cherche ainsi le réconfort maternel! Difficile cependant de les séparer! Pourtant durant notre absence quelque chose s’est produit, un mystère qui ne sera jamais résolu, p’tite femelle s’est cassée l’avant patte et le p’tit mâle peut enfin faire reposer ses bijoux de famille! Je lui ai posé une attelle rudimentaire faite de gaz. Ce soir, Vivi, de retour de l’hôpital viendra m’aider pour essayer de lui arranger quelque chose de mieux! Notre budget vétérinaire est des plus limités, un dilemme se pose.

Back to human reality, le « Français en Amérique du Nord » m’appelle, priorité sur examen oblige, je file vers d’autres cieux…

mardi, septembre 21, 2004

Garden bits.

Une image peut en cacher une autre. Une étrange coccinelle commence la
ronde des merveilles, pour entrer au royaume des abeilles, suivez les soleils...

Whatever…

Toutes sortes de chemin mènent à ce petit coin de mots, Google et les autres forment ces carrefours invisibles qui peuvent faire atterrir l’esprit égaré en ces lieux. La plupart du temps, les recherches Google me passent au dessus de la tête, j’ai la chance d’en avoir très peu de révoltantes, peu de cochonneries, peu de requêtes vraiment "dégeu" arrivent là, c'est souvent soft. Ce qui n’est pas plus mal! J’ai pas vraiment le goût de voir débarquer dans mon jardin un excité le gourdin dans la main! Mais je ne suis pas contre des baisers salés à l'ombre du cerisier!

Je suis toujours contente lorsque les recherches aboutissent, celle qui me fascine et me plait le plus est celle qui mène à l’uchronie. Ce billet fut l’un de mes premiers, j’ai toujours cette attirance vers ce genre et je suis heureuse si je peux aider d’autres à le découvrir. Il semble d’ailleurs, si j’en crois Google, que ce soit souvent le cas…

Il y a aussi des recherches cutes, d'autres toutes simples, rigolotes ou intrigantes et évidemment il y a l’envers de la médaille, celles qui font sérieusement grincer des dents! Comme celle-ci qui franchement m’horripile! Oh! Minute Papillon! Je suis peut-être nue, et je suis aussi canadienne sur les bords mais si l’on ajoute vieille au mélange, là le tout devient carrément indigeste! Je ne dis pas que je ne serais pas ce malheureux tout de mots un jour, mais pitié, laissez moi donc encore quelques années … (Tabar…) (Aprés avoir écrit ce billet, ironie des mots, un illustre inconnu passe ici avec cela, j'vous jure, y'a pas d'sens à matin, ou plutôt ça part vraiment dans tous les sens...)

Chez Benoit je souris devant les routes du Québec dévoilées, et en passant par chez Isabelle, je tombe dans toutes sortes de panneaux. Via Dali, un site trés cool, d'où je dérobe cette image, piraterie innocente, avant de m'éclipser sous des tonnes de lectures (relativement platounettes) en compagnie d'Ariane...

English flow

I miss my cats, what can i say, it’s just a shadow of darkness roaming through my heart and soul, just a gothic melody soaring between thoughts, just a fountain of hidden tears drowning my nights. Nothing to see here, just a little darkness flickering away in the light of my days.

Still got Hyperion on my lap, heating my flesh again, healing my brain and telling me that life will always go on. He’s youthful, playful and affectionate, he’s so much like his mother, it’s uncanny, makes my heart race a bit faster. I can feel the genes of all my lost cats surviving through him. He’s quite precious to my equilibrium. May the feline angels protect him in this time of cat trouble…

lundi, septembre 20, 2004

Un mot en l’air…

Ceux qui ont un espace personnel ancré en ma bulle connaissent bien mes excentricités de langue et de cervelle et n’en font plus guère de cas. Petite Clo, rodée dès la naissance à mes petits jeux, n’en est plus à un délire prés. Ainsi lorsque je me retourne vers elle pour, d’un coup, lui demander trés sérieusement:

- Clo, si je te dis équilibre, tu me dis quoi?

Elle lève sa petite tête, me contemple de son regard lavande et fronce un sourcil. J’approfondis :

- Si je te dis le mot équilibre, c’est quoi qui te vient tout de suite en tête. Je te dis équilibre et sur le champs, tu me réponds?

Elle réfléchit à peine et rétorque :

- Nature!

Je souris et attrape l’homme qui passe par-là.

- Et toi, si je te dis équilibre, tu dis quoi?

Il rit et me répond en déposant un baiser amusé sur ma joue enchantée:

- Balance!

Je continue sur la lancée de mon idée soufflée et je conclus :

- Hum, et moi je dis couple!

Tout le monde reprend ses occupations et je réalise, en silence, que Petite Clo associe le mot équilibre à la nature (ce que je trouve trés beau). Juan visualise l’outil de mesure et j’y dépose l’espoir d’une vie. Un tout petit mot comme tison d’autant de concepts différents. Un mot sans cerveau pour le penser est aussi vide qu’un corps sans âme. Un mot n’est que très peu de chose sans la langue de l’autre pour le savourer. C’est dans le partage humain que les mots acquièrent leur puissance. Jeu de mots, jeu de langues, jeux d’esprits, rien d'autre que des gouttes de vie qui s’envolent au fil du temps

La petite morale de cette histoire s’il en est une est que pour chaque mot une nuance personnelle, comme un arc en ciel, la langue se colore de nos essences et des notions diverses s’accrochent entre les lettres qui s’attachent. Dans les multiples dialectes qui forment la masse humaine voguent des milliards de mots qui recoupent des idées parallèles entre deux coups de langue échangés. C’est dans ces étranges plaisirs que si souvent je me perds la tête…

Mais vous qui passez par là, si je vous dis "équilibre", vous me dites quoi?

dimanche, septembre 19, 2004

Le même sang dans d'autres veines...

Une petite sœur qui fait pétiller ma maison. Des paillettes d’affection qui scintillent dans mon cœur. Et la vie qui se passe tandis que la petite fille, doucement, se fait femme…
En transparence,

Derrière la distance virtuelle, je reste moi-même. Parfois la fiction se mélange à la réalité avouée, toujours en transparence, j’ose m’exposer en toute liberté. Comme l’eau claire d’un ruisseau sauvage, mes mots s’écoulent sous d’autres regards. Sans se cacher, mes phrases se trémoussent au fil de mes idées, qui se nuancent au rythme de mes humeurs saisonnières. Ainsi vit ce carnet sans feuilles qui s'étend mois après mois dans cette mondiale virtualité…
Parce qu'une langue est semblable au vent, elle poursuit sa fin mêlée de toutes les saveurs du monde et meurt vidée d'elle-même jusqu'à son renouvellement.
Hafid Aggoune

Quand on parvient, par la poésie, par la langue, à transgresser la durée pour faire lien avec le temps, l'existence est enrichie.
Chawki Abdelamir

La langue de l'homme sage gît derrière son coeur.
Hazrat Ali

vendredi, septembre 17, 2004

Lectures, devoirs, travaux et "cat-soap"…

Avec cette semaine qui s’achève, commence le véritable cirque universitaire, deux examens la semaine prochaine, travaux pesants à l’horizon et des centaines de pages à ingurgiter jusqu'à Noël. Mon cours d’histoire du français en Amérique du Nord me « fait tripper au bout’ » tandis que les traductions commerciales m’usent la cervelle. Se taper le « guide et savoir » des entreprises ainsi que toute la terminologie attenante, dans les deux langues, n’est pas des plus palpitants, mais Dieu que je me cultive les neurones! Mon cours de socio est, à date, excellent et j’adore l’idée de devoir regarder Citizen Kane et autres petits bijoux du même genre dans ma charge de travail! J’ai déjà vu Kane, mais il ne me déplaira pas de le revoir une autre fois. Je ne mentionnerais pas ce cours qui faillit bien me faire exploser les nerfs durant la première séance, comme me le dit Natou après coup: « Ah! Ben, Etol, tu fulminais tellement que je pensais que d’la fumée allait te sortir des oreilles! » Nous en rirent même si je crus quand même attraper une petite jaunisse! Nath avait mis le doigt dans le mille car c’est en effet l’impression que j’ai eue sur le moment! Sans que je n’y puisse rien, mon sang se transformait doucement en fumée liquide, une heure de plus et je m’atomisais sur place! M’enfin je n’aborderais pas ce sujet brûlant sur la place publique…


Revenons-en plutôt à mon enquête sur le tueur en série de la rue

Voilà une semaine qu’Obsidien a disparu et je sais très bien qu’il ne reviendra plus. Écœurée je suis, révoltée je me sens, déterminée je resterai…

La venue de la police aura, comme de prévu, remuer les consciences. Mon voisin le plus proche, que j’aime bien, mais qui était malgré tout en bonne place sur ma liste, est venu me trouver sans que j’ai à retourner l’interroger. Sur la pelouse mitoyenne de nos bulles d’existences, nous avons discuté sous un ciel sombre et menaçant. En me regardant droit dans les yeux, il m’a certifié son innocence, sans assurer que ce n’était pas lui le coupable, même s’il était reconnu qu’il n’aimait pas les chats. Il m’a expliqué être un existentialiste et non un exterminateur, comment ne pas croire et succomber à cette sincérité dégoulinante entre deux brins d’herbe? D’ailleurs si c’était lui, comme je lui ai expliqué, j’en aurais le cœur brisé. C’est que je l’aime bien ce p’tit monsieur, cela me ferait vraiment beaucoup de peine de le savoir aussi barbare et malhonnête en son cœur, c'est un vieux hippie recyclé, l’hypocrisie de cette situation me semble un peu trop surréaliste. Je l’ai donc effacé de ma liste noire. Je suis retournée le voir, plus tard dans la journée, pour lui montrer ma Datura qu’il désirait examiner de prés depuis le début de l’été et lui prêter un livre sur le sujet, enterrant avec ces gestes la hache du doute de ce coté ci de mes soupçons.

Cette fin de semaine, j’attaque le plus gros poisson, ceux d’en face! Suspect numéro un sur ma liste, le gros bonhomme pas sympathique qui ne parle à personne sur la rue serait le coupable idéal, pour cette raison, je n’ose y croire trop. J’ai déjà en place un informateur, j’espère qu’il aura réussi à tâter un peu le terrain avant que je n’arrive avec mes gros sabots! Affaire en cours de développement…


Ma rue si paisible, rue du crime inavoué...

Dans la même dimension, je n’ai pas encore parlé de ces deux petites créatures que j’ai recueilli dimanche dernier. N’en pouvant plus du vide félin de la maison, il se trouva que nous rencontrâmes au tournoi de tennis local, un p’tit monsieur qui me raconta une drôle d’histoire…

Je vais essayer de la restituer le plus prés possible de la réalité en cet endroit de mots variés. Attention francophonie mondiale, on plonge "icitte" dans les couleurs locales. Donc il me dit :

« Ben, l’aut’ jour, j’rentrais chez nous, pis tsé là, chez nous, c’est la forêt pire qu’icitte! Toué, c’est l’downtown où tu restes, c’est pour ça qu’t’as du trouble de même! Ben par chez nous, le souér, y fait nouér! C’était le jour où y’avait tant mouillé à cause de l’ouragan! Pis là, y’a juste un stop pour aller jusque chez nous, pis j’vois au loin, deux p’tites choses sur la ligne jaune! Tsé lâ, la ligne jaune qu’est dans l’milieu d’la route! Qui fait que là, j’sors de mon char, pis j’vas voir…

Pis j’me rends compte qu’c’est deux p’tits mines, tout p’tits là, genre trois semaines à peine, imagine don’, y marchait sur la ligne jaune! J’en attrape un, pis l’autre se sauve derrière mes "tires", j’fais l’tour du char, j’finis par l’avoir lui avec. Pov' p’tits, z’étaient pas beau à voir! J’ai montré ça à ma femme en rentrant. Y z’étaient crottés, ça avait pas d’sens! Elle les a lavés, ça lui a pris trois fois pour arriver à les décrotter! Y sont mieux, mais c’était vraiment pas fort! Pis en parlant avec du monde par chez nous, j’me suis rappelé qu’y’avait une minoune qui s’était faite frapper quet’ jours plus tôt. Ça d’vait ête leu' mère, ça fait ben du bon sens! Regarde lâ, si t’as pu d’chats, t’as qu’a prendre eux, ils ont besoin d’un foyer, nous on a déjà cinq!»

Voilà une histoire qui n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde! Comment résister à l’appel de la nature lorsqu’un barbare a détruit, sans vergogne, ma famille féline! Nous voilà donc en route, dimanche nuit, pour aller voir ces fameuses p’tites choses, rescapées de la ligne jaune…

Il nous donne rendez-vous sur le parking du IGA abandonné, vroom,vroom, nous voilà partis pour la brousse. En effet, ce coin là de bois, on connaissait pas! Je reconnais le stop, y’en a un seul sur les quelques kilomètres de forêt, qui nous sépare de ce gros village qui borde la rivière (voisin de notre village), en dessous du grand lac. Juan s’exclame en rigolant, « Tu m’étonnes qu’il trouve que ce soit le centre ville par chez nous, là on est perdu dans le trou de nulle part! » Dans le noir, on longe un étang avant d’arriver à quelques maisons isolées au milieu de rien, si ce n’est des arbres, des arbres et des arbres…

Les minous sont dans le cabanon, le p’tit couple sans enfants aura adapté l’espace à leur mesure d’orphelins, c’est tout mignon. Évidemment, je reste touchée par le destin de ces deux p’tites choses toutes minuscules qui s’accrochent si désespérément à la vie! Vroom, vroom, on repart avec deux p’tits minous dans la poche…


Depuis c’est toute une autre histoire, il y a un mâle et une femelle, la femelle semble bien s’en tirer mais le mâle a bien de la difficulté, il a des problémes de digestion et le pénis tout irrité! Sa sœur passe son temps à le têter! Cela pourrait être très comique si cela n’était pas si pathétique. Elle veut tellement téter qu’elle est en train d’émasculer son frère! P'tit Jay trouve cela "crampant" (trés drôle). Moi je trouve cela plus problématique! Ils doivent avoir à peu près un mois et des poussières . C’est évident qu’il devraient être encore à la tétée même le destin en a décidé autrement. En tout cas, je les soigne, les nourris au lait pour chatons spécialisé et doit parfois materner étrangement, c’est l’aventure animale qui se poursuit. Je les nommerais lorsque je serais certaine de leurs chances de survie. Mais là c’est encore d’autres histoires! Je commence à me tanner la peau! C’est bien assez d’histoires pour aujourd’hui, bien assez de mots évaporés pour une seule journée...

jeudi, septembre 16, 2004

Dans mon jardin...

Il y des soleils de toutes sortes qui se chauffent la tête en chœur, des abeilles boulottes qui butinent passionnément, des roses trémières qui s'ouvrent en toute innocence, de minuscules tomates toutes rouges, un chou mauve qui se prend pour une fleur, d'énormes haricots blancs, une mystérieuse Datura pourpre, des araignées tatouées qui tissent d'invisibles toiles et ma pomme, toute petite, à coté des échinacées géantes qui se trémoussent dans l'air du temps...

Café Méliès Contest…

Votez pour Keisuke Yoshino

Pour ceux qui viennent régulièrement picorer quelques mots de ce carnet, Ves my best friend from Montreal, est une connaissance virtuelle. Ves vit en concubinage avec Keisuke qu’elle a attrapé au Japon, tout comme j’ai attrapé mon Juan de passage dans le Jura, depuis plus de quatre ans. Grâce à Ves, Keisuke est devenu mon premier ami japonais, toute une expérience, super enrichissante. Un jour, je rêve de les voir faire des bébés….

Ves et K. nous hébergent à chacun de nos passages dans la grande ville. Keisuke s’est aménagé un petit studio « for his music », et souvent lorsque l’on squatte chez eux, je regarde Ves et dit:

- Mais, il a disparu où Keisuke ???

Et elle, de me répondre immanquablement :

- Hum, il doit être en train de faire sa musique…

Car il faut bien le dire haut et fort, Keisuke est un passionné de sons. Intergalactic soul. Il est régulièrement DJ, lors de soirées montréalaises, et il passe des heures à « masteriser » son art. D'ailleurs, il va bientôt rentrer faire un p'tit tour de manège en sa patrie. J'irais bien me cacher dans sa valise...

Mais, sans jokes, j’aime beaucoup ce qu’il fait. J’adore écouter ce style de musique plutôt lounge (avec un bon beat et sans véritables paroles), particulièrement lorsque je travaille… Et aujourd’hui, c'est la fête, tout le monde peut écouter un échantillon du son ‘Keisuke’ en passant par ici! K. est en lice pour avoir l’une de ses « tunes » sur la prochaine compil du Café Méliès à Montréal. Allez donc lui donner un p’tit vote par là, même pour simple écoute (concours pour les résidents du Québec), il le mérite bien…

mercredi, septembre 15, 2004

Consommation d’actualités…

L’autre jour, lors d’un passage au IGA local, je parcoure le dernier Paris-Match, je tombe sur les photos des enfants massacrés à Belsan. Je n’ai pu réprimer ces larmes qui m'ont mouillées les joues alors que je regardais, hypnotisée, cette horreur en images sous mes yeux. Mais quel est ce monde qui est le nôtre!?!

Aujourd’hui au détour d’un carrefour virtuel, je tombe sur ce post d’Impasse Sud, et encore une fois mon cœur s’emballe, l'air se fait plus rare et mon sang se glace. Évidemment, lorsque l’on pousse les gens dans les limites imaginables de l’enfer terrestre, lorsque l’on détruit toute trace d’espoir et qu’ensuite l'on utilise la religion à des fins destructives, tout devient possible. Et c’est bien là le pire…

mardi, septembre 14, 2004

Français variés...

Lorsque j’aurai fini mon Bacc, je n’ai guère envie de faire une maîtrise pour pousser ma science mais plutôt suivre cette attirance de la linguistique qui m'enivre. La francophonie me fascine aussi. Je vais certainement voir si je ne peux pas creuser mes connaissances de ce coté ci de la langue. Cela ne peut pas faire de mal à mes écritures. Ainsi aprés mes "traductions libres" estivales, changement de cap, pour faire patienter mes envies de cervelle, je vais faire un p’tit tour de Bdlp gratuit…

Du coté de la Louisiane:

1.agréyement 01. (n. m.) [agr°mŠ~]Équipement ménager, agricole, automobile. [Household, agricultural, automotive equipment.]
2.agréyement 02. (n. m.) [agr°mŠ~]Vêtements, garde-robe. [Clothes, wardrobe (collective sense).]
3.agréyement 03. (n. m.) [agr°mŠ~]Ensemble (au sujet de vêtements). [Outfit.]

En passant par l'Acadie:

1. souvenance 01. (n. f.) [suvn9s] Souvenir.
2. souvenance (avoir ~) 02. (loc. verb.) Se souvenir de, se rappeler de. [suvn9s] (Hapax). Mémoire.

Pour atterrir à la Réunion:

1. battant des lames 01. (loc. nom.) Arch. Partie du rivage soumise à l'action des vagues.
Clin d’œil…

Merci Ebb. Le facteur a bien fait son travail…

Lundi chagrin

Je trimballe au coin de mon cœur une subtile envie de pleurer. Les larmes aux rives du regard, je m’isole pour ne point sombrer. La foule qui gravite sur le campus m’étouffe. En attendant l’heure de mon cours de sociologie, je me cache, je fuis cette suffocation humaine en un petit coin de nature ignoré. Adossée contre un arbre les yeux dans un champ de fleurs, je frissonne avec ces feuilles qui m’abrite. À l’orée de ce jardin communautaire, baigné de lumière, je respire un peu mieux.

D’énormes tournesols tournent leur large tête vers le soleil. Je fais de même. J’avale mes larmes avec mes quatre sushis. Je suçote mes « car en sac » les pieds dans l’herbe. Je ferme ma bulle. Je plonge mon cerveau dans un livre pour essayer de moins penser. Les minutes passent et la tension se relâche. Seule, je repose mes émotions tourmentées par la perte de ma famille féline. Je pense à Hypérion que j’ai enfermé dans la maison avant de partir. Le pauvre doit regarder passer la journée derrière les vitres mal lavées. Mon cœur se reserre. Je déteste brimer la liberté féline en campagne. Mais ce matin, l’angoisse de le voir lui aussi disparaître dans la brume, fut plus forte que ma raison habituelle.

Cette douleur qui m’habite, et qui en réveille multiples autres, est aussi intime qu’invisible. Elle accompagne mes gestes et pose un voile de tristesse même lorsque le soleil, haut dans un ciel d’azur, illumine le grand jour. Plus que jamais, je me rends compte de l’importance des chats à ma vie. Excentricité vitale à mon équilibre mental. Un jour, j'espère que j'aurais de enfants, un mari aimant, que le tout évoluera avec la construction d'une famille plus humaine. Mon gouffre intérieur se comblera peut-être et les plaies sanguinolentes, profondément ancrées dans le lac de mon existence, se seront enfin refermées. Je n'aurais plus besoin de béquilles félines pour subsister. Même si je sais trés bien que quoi qu'il arrive, il y aura toujours, au moins un chat en mon cocon...

Lutter pour ne pas s’écrouler. Respirer intelligemment. Penser logiquement. Tout ce qui nous ne détruit pas nous rend plus fort. C’est vrai. Mais tout ce qui nous détruit pas peut aussi nous rendre plus dur. Je ne veux pas voir s’effacer cette douceur intérieure qui me caresse le cœur. Dilemmes, paradoxes, ironies, je me perds le sang en des labyrinthes sans fins. Si les émotions tissent l’étoffe de la vie alors présentement, perdue entre deux arbres, je me raccommode en silence…
Croyances…

Je ne plie guère devant le Dieu Argent. Je me prosterne peu devant l’autel de la banque. Sans désirer manger les pissenlits par la racine à perpétuité, je souhaite (comme tous) un confort à mes jours. Mais mon obéissance à cette puissance divine devant laquelle je me plie, si difficile à discerner, tant impossible à matérialiser, semble fondée sur des principes étrangers au culte de l’Argent et se relie tout simplement au culte de l’Amour et de ses dérivés…


dimanche, septembre 12, 2004

Dimanche soleil-pluie,

Hypérion pleure, c’est aussi triste qu’inhabituel. Enfin je ne le comprends que trop bien! Je vais reprendre des petits d’ici lundi. Même si je ne désire pas d’autres chats que le mien, pour le bien d’Hypérion, la vie féline doit continuer! Étrange bulle de raison. Aux fins de mon enquête, j’ai appelé hier, après mûres réflexions et discutions de rue, la police…

Il faisait un temps de paradis, un soleil brûlant dans un ciel marine. Lorsque la voiture de police se gara devant ma porte, tous les voisins étaient dehors! Allez, tueur en série de mes deux, serre les fesses dans tes culottes! Une montagne de muscles sort de la voiture de patrouille et traverse tranquillement mon jardin en fleurs. J’attends sur le perron, aux aguets, je sens la rue qui nous regarde! Regardez moi bien curieux de passage, et toi le « câlice » qui est derrière le mystère félin qui me mine, regarde moi bien, parce-que je viendrais à bout de ta connerie!You want war, well, you’ll notice pretty soon that i’m a fighter too!

J’accueille tout sourire le policier en ma maison. Je réalise, avec l’âge, que j’ai vraiment un petit « quetchose » pour les uniformes! Et que celui-ci est gentil! Étonnement doux sous sa carrure de molosse, il m’écoute avec attention, prend au sérieux ma requête d’informations, me donne des trucs d’interrogation. Once more, ma réalité devient fiction. Même si je dois le faire à 80 ans, je ne veux pas mourir sans avoir jamais écrit d’histoires policières. Mais bon, je m’égare! Après concertations, il confirme qu’il se passe en effet quelque-chose sur la rue, et après concertations, je conclus que ce qui se passe est en effet (et pas seulement à mes yeux ) criminel!

J’apprend que j'ai tout à fait le droit de mener l’enquête. De toute façon, soyons réaliste, à moins que je n’amène le pain tout cuit au poste de police, il n’auront évidemment pas les moyens de mettre un détective sur l’affaire! Cependant, il m’encourage à lui donner les suites de mes investigations et me propose même d’aller interroger mes suspects si cela devient nécessaire! Sans oublier que j'ai toujours la possibilité de porter plainte! Alors là, je dis chapeau! Ça c’est du service! Ainsi sans en dévoiler davantage, l’affaire suit sa route vers cette lueur de vérité que j’ai besoin de trouver en mon âme et mon cœur! Cela me prendra peut-être des mois, mais je ne lâcherais point mon bout! Cette nuit, vers 4 heures du matin, l’on s’est retrouvé avec la voisine, qui a elle aussi perdu sa minette, à chuchoter entre deux arbres après être sortis pour avoir entendu des bruits étranges. Je ne suis pas la seule sur le qui vive! Et comme ils disent dans tous les films du genre, le coupable fait toujours une erreur…

Sur une autre note, hier le tournoi de tennis du village voisin s’est déroulé sous le soleil et dans une ambiance chaleureuse. Mon homme, champion en titre, a défendu sa place avec brio. Comme dirait André : « Lui, lâ, il est pas croyable! Il joue une fois par année, pendant le tournoi, et il gagne tous ses matchs » Juan, plus modeste, estime qu’il ne fait qu’exploiter ses années de tennis où il joua durant son adolescence en "semi-pro" sans jamais avoir le désir de gagner! Moi, rien que le regarder jouer me fait frissonner de partout. Je reste bouche bée avec lui lorsqu’un petit bonhomme d’une quinzaine d’années s’approche et lui déclare publiquement : « Juan, tu es mon idole, enfin tu es mon idole de tennis... » L’homme rougit, il essaye de se faire tout petit, je souris dans mon coin. Plus tard, il m’explique comment l’été prochain il aimerait donner des cours à la petite ligue du village, à ces gamins qui le regardent des étoiles plein les yeux. L'offre lui est offerte et il l'envisage sérieusement pour ses samedis ou dimanches matin. Il me dit : « Ben qu’est-ce que tu fais quand t’es l’idole d’un jeune, c’est toute une responsabilité quand même? » Je lui réponds en riant : « Ben, tu lui donnes un bon exemple à suivre, i guess! » Le match de la finale est reporté à la semaine prochaine, l’on saura alors si Juan gardera son titre de champion local, son adversaire semble avoir assez de niveau pour que le match soit bon (et le résultat incertain), mais je croise les doigts pour mon champion! ;)

Grâce à ma main digitale, j’ai pris en charge le coté photos de la chose et 700 photos plus tard, je suis devenue la photographe en titre du petit tournoi perdu entre la rivière et les arbres. Dire que je me suis amusée comme une folle est léger pour décrire la sensation de bonheur que j’ai eu à mitrailler l’événement de 2 heures de l’après midi à dix heures du soir! La photo est mon loisir et mon sport favori, les chasses aux images m’inondent de plaisirs aussi inexplicables que foudroyants…

samedi, septembre 11, 2004

Les nouvelles sont comme les feuilles d'automne. Le vent qui les porte les malmène.
Christian Bobin

L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver.
George Sand

Ne pensez pas à l'automne.
Il viendra bien à temps, tout comme l'hiver.
Profitez au contraire du bonheur que vous donnent
Les vrais beaux jours sous les grands arbres verts.
Charles Trenet

vendredi, septembre 10, 2004

Entre deux eaux…


Il aura fallu plus de 24 heures à Frances pour se mourir sur nos têtes. Aujourd'hui, le lac déborde et avale la plage saucée, les quais perdent pieds et j’en reste bouche bée. Obsidien n’est pas rentré. Septième victime féline de l’été en ma maisonnée, numéro douze dans la liste des chats disparus de la rue. Cela bouille dans plusieurs maisons et la rue se scinde devant la cruauté de l'action inavouée. Les maillons se resserrent, le tueur en série qui sévit depuis deux mois sera démasqué! Ma colère et mon écœurement ont semé cet aprés-midi plusieurs graines de révolte. Je bâillonne ici mes mots pour ne point déborder tout comme le lac que je contemple à la nuit tombée

jeudi, septembre 09, 2004

Chroniques de chats

L’étrange absence d’Obsidien…

Il pleut à verse. Hypérion tourne en rond dans la maison. Je l’envoie chercher son frère qui manque à l’appel. Il revient, tout fier, avec un petit Suisse qui lui couine dans la gueule. Je libère l’écureuil qui se cache prestement dans un petit coin de la cuisine. J’enferme Hypérion dans la salle de bain. Le petit Suisse est tout mignon, effrayé, terrifié, il reste terré dans son coin de poussière. Je l’encourage à sortir par la grande porte. Hypérion chiale dans le bain.

Au bout de dix minutes, enfin l’écureuil se décide à sortir. Je libère le félin grognon de sa prison. Je le gronde gentiment. Une sourde angoisse, pour son frère que je n’ai pas vu de la journée, se forme en mes émotions. Je lui demande de retourner voir dehors s'il ne peut pas le trouver. Il en revient, une heure plus tard, sans Obsidien, et il me raconte en miaulinant plein de choses que je ne comprends point. Le jour s’obscurcit à mesure que tombe la pluie et mon inquiétude grandit…
Journée de pluie,

Après avoir dévasté la Floride, Frances se meurt sur nos têtes. Cet été, l’on ne compte plus les rivières de pleurs tropicaux qui se sont abattues sur nous. Dans le Sud, les cieux s’enragent, ici, ils pleurent à chaudes larmes! Nick Cave à mes oreilles, mélancolies d'automne dans mes idées. D’après les météorologues, un autre ouragan encore plus puissant, Ivan serait en chemin vers la Jamaique. Cela n’arrête pas, el Niña fait des ravages cette année. Paraît que c’était prévu, j'écoute Meteomédia avec attention. Aujourd'hui s'annonce mouillé, de faible pluie à forte pluie, l'on est supposé en connaitre toutes les nuances dans la journée! La planète se réchauffe, les hommes s’en contrebalancent et la Terre nous fait danser une étrange ronde. Le Japon en prend aussi pour son grade avec des typhons à répétition. D’une année à l’autre, le temps se dérègle subtilement. Lorsque j’y pense, je ne me sens guère plus grosse qu’une fourmi. Sentiments d’impuissances qui m’empêtrent les fils de mes pensées…

L’automne s’affirme au quotidien, j’absorbe chaque petit morceau d’été qui traîne dans mes parages. Tristement, je regarde tomber les premières feuilles mortes…

Transition, je te sens et t’entends. Dehors, en moi, ailleurs, ici, il se passe de quoi! Ailleurs c’est facile à voir, facile à suivre, aisé à comprendre. Mais cette transition qui s’effectue présentement à l’intérieur de mon corps et esprit est autrement plus complexe à analyser. Hypérion cherche Obsidien. Je prie en mon cœur. S’il arrive un autre malheur à l'un de mes deux chats rescapés, je ne puis imaginer ma peine et colère. Halloween approche à grand pas, i need my black cat for fall.

En parcourant cet ailleurs, je découvre ce générateur de pierres tombales. Depuis quelques temps, j’envisage en silence, de créer un petit cimetière virtuel pour mes chats perdus. Une façon comme une autre de gérer cette douleur si intime qui, goutte à goutte, crée cette flaque de sang qui habite mes rêves les plus troublants. Ainsi avec cet outil relativement morbide, je dépose un premier geste, j’avale une autre larme et j’accepte, avec une certaine difficulté, cette image qui se cache ici bas

Pour tout oublier, je me transforme en chasseuse d’images, j’observe et honore la Terre de mille et une photos volées au temps. La nature exhale tant de beauté pure que je désire parfois m'y fondre et disparaître avec elle. Mon petit jardin fleurit pour mon plus grand plaisir. Je me fais amie des abeilles, je discute avec une araignée (voisine de perron), comme un drôle d'écureuil, je fais mes réserves pour l'hiver…

mardi, septembre 07, 2004

"Friday Femmes"

Live at Miss Didine. L’on jase de nos quotidiens et souvenirs d'été. L’on rigole comme des patates. L’on s'échange nos échasses. L’on papote en vrac. L'homme, oublié parmi nous, s'enrobe en souriant de nos vibrations féminines. Les chats roulent et déboulent sous nos regards amusés. L'on popote à l'heure où sortent les sorcières...

Quelques crêpes de minuit entre deux fous rires. L'orage s'éclate sur Québec-ville. Aprés des semaines en Nouvelle France, Jolie Claire repart le lendemain en direction du vieux continent, des images plein la tête, des espoirs plein le coeur, elle s'éclipse avec charme. Mister Phil rentre au bercail. L'on finit la soirée tard dans la nuit, avec un p'tit documentaire underground, empli de pathétisme et soufflant d'étranges brises poétiques. En bref, rien qu'un autre vendredi soir sur la Terre...

Jeu de mains et de langue…

Avec le soleil qui se cache, les routines universitaires reprennent. Je suis contente de retrouver mes ami(e)s de « pâturage », ma vie sociale reprend avec l’été qui s’efface. Les activités s’organisent, travaux et examens à l’horizon, des papiers en vues, des idées en vrac, les moues des enfants, le train-train quotidien qui se dérouille sur ses rails d’automne. Chaque nuit fraîche colore un peu plus les feuilles qui transforment le paysage estival. Je n’ose penser à l’hiver qui se rapproche dangereusement de notre éphémère paradis végétal…

Aujourd'hui, j'ai participé au Jeu de mains de Tgtg avec cette photo et ces quelques mots éparpillés: Un soir couchant, entre deux grains de sable, une minuscule surprise. Petite chenille qui se tortille dans la paume d'une amie. Palpitations de Terre et de coeur, instants fascinants volés au temps...

Ensuite, dans le désordre, des mots divers pour me changer les idées. Histoire de retrouver quelques bonnes habitudes scoaires, j’explore le TLFQ. Je prends un cours des plus intéressants cette session, un cours qui traite de la question du Français en Amérique du Nord. Le prof semble excellent, inspirant, il incite à l’attention. Travaillant sur le fabuleux projet du Trésor de la langue française, je l’écoute béate. Je m’afflige moi-même! Je me fais éponge et les yeux grands ouverts, je me concentre sur ce savoir de la langue qu’il nous déballe en direct. C’est l’extase, je suis aux anges et je m'envole au treizième ciel…

En attendant le prochain cours, je me promène par ici ou encore par ( lien à suivre pour entendre et comprendre du "vrai parlé français d'icitte ou d'ailleurs"). Je récolte, au hasard de mes pérégrinations, de minuscules perles échouées sur le sable tiède de mes idées…

Youtzer 01. (v. intrans.)
[jutse] Pousser de longs cris modulés; chanter en poussant de tels cris.


Berrani 01. (n. m.)
[berani] Salle la plus tiède d'un hammam.

Écrapouti, ie 01. (adj.)
[ék+aputi] Écrasé. (Acadie)

Taoueille 02. (n. f.)
[tawEj] (Par extension, du sens 01.). Femme acariâtre.

Acoquinant, ante 01 (adj.)
Dont l'usage devient une habitude, qu'on ne peut s'arrêter de manger, de boire. (usage de la Réunion)

Abiye 01. (interj.)
[abij] Fam. Interjection utilisée pour inviter qqn à se dépêcher, à agir sans délai.

Cocodinde 01. (n. m.)
[kokod°~d] Tache de rousseur. [Freckle.] (Louisiane)

Caniques (perdre ses ~) 03. (loc. verb.)
[p°rdseka~nik] Fig. Devenir fou. [To go crazy.]

Bardasser 03. (v. intrans.)
[baRdasé] (Par extension, du sens 02.). Travailler.

accord (être en ~ avec qqn) 02. (loc. verb.)
(Emploi critiqué). Avoir le même avis que qqn d'autre, partager son opinion.


Naskapi, ie 01. (n. pr.)
[naskapi] Vieux Amérindien du nord du Québec et du Labrador, appartenant à l'un ou l'autre des divers groupes algonquiens qui vivaient en nomades à l'intérieur des terres, principalement de la chasse aux caribous, et avec lesquels les contacts étaient moins fréquents, moins directs qu'avec les Montagnais de la Côte-Nord. Mod. Amérindien appartenant à une petite nation algonquienne du nord-est du Québec et du Labrador, étroitement apparentée à la nation montagnaise.

Orignal, aux 01. [ORiNal, o] (n. m.)
Employé parfois au féminin dans certaines régions (notam. la Côte-Nord). Cervidé de grande taille, à pelage brun, pourvu de pattes longues et robustes, de hautes épaules surmontées d'une bosse et (chez le mâle) de larges bois plats et palmés à l'arrière, commun dans les régions nordiques de l'Amérique et de l'Eurasie (Alces alces). L'orignal est souvent considéré comme le roi des forêts canadiennes. Un orignal mâle. Un orignal femelle ou (souvent) une orignale. Pistes d'orignaux. Mocassins en cuir, en peau d'orignal.
Matin en sucre (d'orge)

Je recherche sur le Net des blogs de personnes diabétiques. Tout en parcourant les réponses que Google me donne, je me rends compte à quel point les mots « diabète » et « diabétique » sont parfois employés de manière bien péjorative. Ils semblent se faufiler souvent dans des plaisanteries plates qui me hérissent le poil subtilement. Je mentionne le tout à l’homme qui opine piteusement. Il semblerait que sur le vieux continent l’on n’a pas le même respect pour les junkies à l’insuline qu’ici. J’avoue être étonnée de voir ces mots ainsi utilisés. Je partage avec Juan celle de « la blonde » qui revient le plus souvent. Mon p’tit macho en sucre rigole à pleines dents tandis que je grimace dans mon coin. Je finis par trouver un blog d’une mère de 41 ans. Je dévore avec appétit ses impressions et sensations…

Régulièrement, en tant qu’épouse de diabétique, je rêve de connaître d’autres couples vivant aussi avec le diabéte, afin de partager des expériences que comprennent peu, ceux qui n’ont pas accès aux réalités quotidiennes du diabète. Je continue de creuser virtuellement le sujet, en fait, je recherche un diabète en particulier. Le diabète de type I insulinodépendant, souvent appelé, diabète de jeune. Mon homme va fêter cette année ses dix ans de diabéte, il n'est ni obése, ni grabataire, et j’avoue qu’en me mariant avec lui, je n’avais pas vraiment réalisé que je mariais aussi, en quelque sorte, le diabète...

Depuis, plus je réalise l’ampleur du contrat, plus j’ai le désir de connaître des gens qui vivent les mêmes choses que nous. Idéalement j’imagine une autre épouse de diabétique avec qui je pourrais comparer mes émotions. Mais là, je pense que je rêve un peu en couleurs! Je découvre quelques carnets ou sites au fil de ma recherche qui mentionnent des diabètes personnels, trop peu pour que cela m'avance. Je continue de flotter dans ces étranges limbes, errant des mots de l'un aux mots de l'autre, gardant espoir d’y trouver des lueurs de compréhensions humaines. Je déniche un conjoint qui semble avoir dû accepter, tout comme moi, le destin de son aimée. Je lis ces mots qui, mine de rien, me font un bien fou! D’un coup, comme ça, je me sens, l’espace de deux secondes et demie, un peu moins seule dans ma petite galère…

lundi, septembre 06, 2004

dimanche, septembre 05, 2004

Regards sur le vide…

Je regarde en spectatrice plusieurs courants « bloggesques » qui défilent et s’emballent derrière mon écran. Le problème, c’est que plus je lis de tergiversations sur le blog (et ses variantes), plus je suis saoulée, entraînée dans une drôle de spirale à saveur de masturbation mentale. Je fuis alors le sujet plus vite que mon ombre…

Il semble cependant y avoir un léger phénomène qui se passe, ces temps ci, dans la blogosphère. Est-ce que celle-ci remonterait à la surface du réel? D’un mode (ou outil) de communication plutôt obscur, les blogs atteignent un degré de (re)connaissance qui fait basculer la sphère subtilement hors de ses univers virtuels…
Il y a plus de larmes versées sur la terre qu'il n'y a d'eau dans l'océan.
Bouddha

- Qu'est-ce que la femme ?
- C'est une étoile dans l'eau.
André Breton et Marcelle Ferry

Un animal, c'est de la vie enveloppée de fourrure ou d'écailles, habitée par l'inquiétude, capable oh combien capable de tendresse, de force, de courage et de peur.
Jean-Paul Lebourhis
Écailles de présent

Le soleil se couche derrière les collines. En ce début septembre, la plage est désertée et d’une paix sans nom. Le lac est aussi bleu que le ciel, le ciel est aussi pur que l’air qui inonde mes poumons. Le clapotis des vagues est une mélodie zen à mes oreilles. Les rayons du soleil caressent mon corps fatigué par la rentrée. Gouttes de paradis sur ma peau ambrée.

Après avoir soufflé comme un fou et fait la fête avec un fracassant orage nocturne, le vent est aujourd’hui aussi doux qu’un agneau. Sage comme une image, il donne à peine quelques frissons aux feuilles qui se dorent de soir couchant. Odeurs fraîches, saveurs de bois, courants d’eau.

La Terre exulte sa beauté à mes pieds. Je m’harmonise à sa douceur. Je regarde les rides de lac sur le sable. Je médite jusqu’aux genoux dans l’eau fraîche. J'observe la lumière changeante, elle blanchit subtilement avec l’automne en chemin. Juan lit « Sciences et Vie » tandis que je me perds les idées dans les écailles d’eau qui dansent en transparence de mes émotions…

samedi, septembre 04, 2004

Conscience pirate


Hier, j’ai sorti pour la première fois « mes seins Albator », mon p’tit délire s’est promené à l’université, faisant sourire les copines retrouvées. L’ours se déguise en clown. J’ai toujours eu un petit faible pour les pirates. Cela date de mon plus jeune âge. Petite fille, Albator fut mon premier « real crush », j’y peux rien les balafres, cela me renverse!!!

Cela dit, avec la maturité de ce début de trentaine, j’ai aujourd’hui une assez bonne perception de la vie, qui me sert de gouvernail, lorsque je laisse glisser mes pensées en ces océans d’humanités, parfois dangereusement hantés. J’aime bien le code d’honneur de certains bandits, je n’en respecte que certains et parfois, je le confesse, je me transforme en ombre pour voguer certains flots interdits. C’est l’amour de la musique qui me porte, que le ciel me pardonne mon romantisme déviant…

Dans ma bulle (de vent)…


Hypérion vient d’attraper sa première souris, derrière le léger écœurement de ma pomme, une petite fierté de mère je ressens subtilement. Quel beau chasseur que ce petit minou qui devient grand! Rescapé d’une colonie décimée par une main mystérieuse, il porte en lui tout le poids de ma peine féline. Obsidien le soutient dans sa tâche. Fils de Petite Crevette, il garde en lui la timide fragilité de sa mère. Bébé maladif, il se transforme en un petit matou tout doux. Hypérion et bien évidemment le fils de Gaia, il possède sa grâce féline et une très forte affection pour ses maîtres, un grand besoin d’attention lui est nécessaire et c’est tant mieux pour sa triste maîtresse….

Il nous reste deux maisons à interroger avant que je compile toutes les informations recueillies et décide de la suite de mes actions. Les enfants ont repris le chemin de mes cours du soir et n’en reviennent pas de la nouvelle morbide de l’été. La vie est injuste mes petits, que voulez-vous y faire? Jay, petit gars plein de feux et de passions, me chuchote au coin de l’oreille : « Tu sais Etol, si tu trouves celui qui a fait cela, tu devrais… (mouvement de couteau dans le vide)… ses pneus! » Je le regarde du coin de l’œil, semi sévére, semi amusée et ne peut m’empêcher d’acquiescer du regard tout en modérant mes paroles : « Hum, c’est quand même radical! Et pas très légal! Pourtant, je me demande si pour Halloween on pourrait pas en profiter pour jeter plein d’œufs sur sa maison! » Le petit coquin essaie quand même de me convaincre que le coup des pneus est une belle punition pour le crime commis. Je réalise que c’est une idée à laquelle je n’avais même pas pensé! J’en ai eu quelques autres, mais le coup des pneus, m’avait complètement échappé! Sacré Jay va! C’est un vrai garçon, passionné de « chars » et de trips de « gârs ». Il enrichit ma vie depuis plus de quatre ans de son étrange personnalité, à laquelle je me suis bien attachée au fil du temps passé. Il me retourne parfois le cerveau, pour mieux le disséquer en quatre, mais il me donne aussi cette affection d’enfant si douce à l’âme. Je le regarde grandir, je bataille depuis tant de soirs pour arriver à lui transmettre quelques notions d’Amour pour le Savoir…

Sara a retrouvé aussi retrouvé le chemin de mes soirées pour la deuxième année. Petite fille espiègle qui trouve ici un soutien d’études impossible en sa maison. Aussi bavarde qu’une petite pie, elle peut exploser la patience de Juan en trois minutes. Hier, sur le chemin du retour de l’université, alors que je discute avec Juan des aberrations de la vie, je réponds dans la discussion: « … c’est comme mes gamins, je n’ai pas à avoir de préjugés envers eux. Je suis là pour les aider pas pour les juger! C’est la première étape, me semble! » Il rigole et rétorque: «C’est vrai, tu es très tolérante avec leurs défauts, je crois que le pire c’est Sara, je ne sais pas comment tu fais, parfois je la trouve si chiante que je me pendrais! Je suis pas capable! » Je souris en silence. C’est vrai que mon homme a une patience d’ange, et pourtant Sara peut lui hérisser le poil comme peu savent le faire. Évidemment dans ces temps là, s’il arrive qu’il soit sur l’ordinateur alors que nous travaillons à la table familiale avec la p’tite Miss, je peux parfois voir dans son regard toute l’irritation qui le submerge. Je l'observe bouillonner en silence dans son coin et je souris, toute seule, dans ma tête. Mon homme a quelques préjugés sur les petites filles trop richement gâtées. Sa simplicité intérieure de "moine déchu" semble, dans ces moments là, se rebeller et vouloir trouver une place dans sa réalité renversée! il est vrai que Sara est une petite fille avec des parents, (sans grande éducation scolaire) possédant un fort capital bancaire, l’une des plus jolies maisons du village voisin, pourvus de tous les accessoires possibles et imaginables, depuis la piscine creusée jusqu'au terrain de tennis! Ce qui n’empêche pas que sous le vernis du privilège matériel, se cache une petite fille comme les autres, qui en arrache avec son parcours scolaire, mais qui sait travailler lorsqu'on la guide vers un but précis, de façon douce et déterminée.

Cette année, je ne garde que trois petits, c’est assez pour meubler mes soirs de libre et me permettre de manger autre chose que des racines de pissenlits. Ma petite perle, c’est Jess qui revient pour la troisième année. Jess, je l’ai récupéré sur le bord du redoublement aux environs d'un Noël. Elle était simplement bloquée et il n’en fallut pas beaucoup pour la remettre sur pieds, elle reussi à passer son année sans troubles. Sa maman, très douce et attentive, ne possède cependant pas les outils nécessaires à son épanouissement scolaire, ainsi devant les progrès de Jess, elle décida de continuer à me l’envoyer même si son bulletin allait trés bien. Pour la première fois, je me retrouvai donc avec une « enfant éponge ». C’est la seule que je ne vois qu’une fois par semaine, mais c’est aussi la seule avec qui je peux travailler hors-circuit des devoirs journaliers. Alors je me plais à lui transmettre mes connaissances générales ou ciblées. Je fais parfois dans ma tête le parallèle entre le Savoir et la Foi. Comme la Foi n’a pas obligatoirement besoin de religions pour exister, le Savoir peut se vivre hors de l’école, et n’est pas obligatoirement dépendant d’un système ou de quatre murs placés à cet effet!

Enfin, là je m’égare, revenons à ma petite perle du soir. Jess vient d’un milieu moins aisé que les autres. Je sais que pour ses parents, l’envoyer chez moi constitue un petit sacrifice qu’ils doivent budgétiser, sans pour autant y perdre de leur qualité de vie moyenne. D’ailleurs ils semblent le faire avec plaisir et le respect que me donne sa mère est sans failles. Il faut dire que la petite s’est démarquée du troupeau de ses pairs l’année dernière et a été choisie (à mon plus grand plaisir) pour un programme bilingue en une école plus prés de la grande ville. Sa mère ne savait pas quoi faire même si elle était très fière, et m’a appelé, bien embêtée, pour me demander mon avis. Ses deux parents doivent à peine posséder leur secondaire (brevet), ce qui ne les empêche pas d’être des gens très bien sur mon échelle des valeurs existentielles. Je sens que la maman serait très heureuse de voir sa fille unique accomplir un plus long chemin scolaire que le sien. Elle se tourne régulièrement vers moi avec espoir, elle est toujours la première à acheter une revue avec l’une de mes nouvelles à l’intérieur. Elle m'écoute avec attention, j’apprécie beaucoup sa confiance et je me sens chargée d’une responsabilité envers l’avenir de cette petite fille aussi passionnée de chats que moi. Après une longue discussion avant la rentrée où je lui expliquai mon bilinguisme et mon plaisir à voir Jess bien travailler, je l’encourageai à pousser la petite vers ses plus hautes possibilités et à exploiter au maximun son potentiel intellectuel. Ainsi si sa maîtresse d’école l’a trouvé capable de changer de programme pour des études générales plus poussées, il fallait faire notre possible pour l’encourager et la soutenir. Plus de portes lui seraient ouvertes dans son futur, le plus de choix, elle aurait pour décider de son destin. Je m’engageai donc pour une autre année avec cette petite fille ouverte et studieuse.

Mais voilà que je regarde l’heure et me rappelle qu’il est temps que je décroche et m’habille pour cette superbe journée ensoleillée! C’est assez de blabla sur ma vie tout cela! De plus, la gentille «factrice» vient de me déposer, en personne, mes cassettes de Pilates que j’attendais depuis des lustres! C’était ma première commande sur Internet et je me sens comme une petite fille un matin de Noël! Je crois que je suis en train d’attraper la mouche d’Hubertus! J’ai assez de routine (work-Out) pour passer l’hiver sans me rouiller la "couenne"et je vais, sans tarder, vaquer à ma journée…

mercredi, septembre 01, 2004

En coup de vent

J'attrape un petit moment informatique, entre l'homme et la vie qui reprend ses cascades, pour poster ce petit texte, sorti tout seul, hier soir durant la convention des républicains sur Fox. Pas eu le temps de répondre aux commentaires comme j'aime tant le faire. Ce sera pour demain, merci pour vos petits mots qui égaient ce petit matin chagrin...

Sur le vif

Convention des Républicains "live". Arnold dans son meilleur rôle? Légèrement hypnotisée, je ne peux m’empêcher de l’écouter. Juan rentre de ses cours, il perce ma bulle et reste coi comme moi devant ce qui se passe à l'écran! Il me dit :

- Whaou, je l’ai jamais vu aussi articulé, c’est mortel!
- Oui,
je lui réponds, c’est assez hallucinant, il est presque meilleur politicien qu’acteur! Il entraîne la foule, et en plus je l’ai jamais vu autant parler, c’est vraiment weird!

Juan s’assoit, l’on regarde le petit écran, éberlués. Il me dit :

- Mais, c’est comme un film, avec lui au milieu de la foule qui l'acclame, c’est pareil comme je l’ai déjà vu en films, mais là c’est la réalité!

J’avoue que l’effet est prenant, évidemment si je l’écoute pour de vrai, je rigole et tremble en une seule émotion. C’est fou ce que l’on peut entendre comme conneries dès que l’on écoute parler politique! Tout un show pour les foules, il me semble avoir un petit coté 'nazi' sur les bord ce cher Arnold, c’est assez perturbant. Le petit malin, mélange fiction et présent en un discours tout en sentiments. En se référant par ci, par là, en quelques jeux de mots à ces films, il touche l’imaginaire collectif et l’utilise à son escient, il chauffe la foule consciemment et exulte de joie. C’est particulièrement décevant. Il me faisait moins peur en gros dur sur grand écran, que juste là, à déblatérer ses conneries en direct et à entraîner la foule en cette sorte de transe sur petit écran! Mais où s’en va donc le monde?

C’est aussi absurde que « badtrippant » Il entraîne la foule à scander « four more years » pour Bush, Oh my god! Il semble savoir comment utiliser sa notoriété à son avantage ce cher Arnold. J’en frissonne, c’est le meilleur de ses films! Il n’a jamais réussi à me faire ressentir autant de choses, je suis surprise. À chaque fois que je me fais attraper par le wagon de la politique, je me rappelle pourquoi cet aspect de la vie m’irrite d’une façon générale. Tiens, voilà les « Bush twins » qui continuent le show avec légèreté et sourires, le tout pour présenter ce cher homme, abruti public, initiale de guerre sur pattes, n’est-ce pas étrange que cela? George W(ar) Bush! Les « twins », c’est relativement supportable, mais je crains de vomir quelque bile mentale, lorsque leur géniteur ouvrira la bouche! Ses vibrations sont horribles, je ne le sens pas, c’est affreux. Cela m’angoisse un peu car lorsqu’il est question de vibrations, j’en connais un bon rayon! Mon rayon politique est bien plus poussiéreux et je l’oublie la plupart du temps. Là, je fais un tour de cave gratuit! J’ouvre la vieille armoire entourée d’ombres, un sac en papier prés de la main, j’ouvre les battants pour y découvrir ce petit écran. Je me laisse aspirer par ce spectacle qui dans le fond m’effraie profondément. Trop de mensonges, de faux-semblants et d’ambitions tordues, trop de fierté dans les yeux de la chose qui ouvre sa bouche tandis que je vais essayer de fermer la mienne. Je prie en silence, et avec cœur, pour la défaite de cette marionnette vivante.

Le show continue, entourée de sa femme et sa famille, le coq en pâte se pavane, c’est la reproduction des gens bien comme il faut sous tous égards. Et comme tout le monde sait combien l’humain est parfait, l’on sait très bien que si l’on éclate cette façade soigneusement façonnée, c’est souvent là derrière que peuvent se cacher les pires immondices. Ces gens sont trop parfait pour être vrais, juste très bien pour la télé mais pas assez croyable pour ma réalité! J’écoute Madame et ses bonnes paroles, rengaine du bonheur à venir avec son mari en tête du pays. Je soupire et réalise à quel point je désire les voir s’effacer dans le soir couchant. Le peuple américain ne peut être si naïf deux fois de suite! Cela a beau être une jeune nation, c’est peut-être le temps de grandir un peu! Je reste perplexe à savoir le lien que tous ces gens peuvent bien connaître des souffrances du peuple et des « petites gens ». J’ai l’impression de me prendre de la poudre plein les yeux, et à part le fait que cela gratte énormément, je n’y retrouve aucune magie! C’est peut-être le marchand de sable qui essaie subtilement de propager le cauchemar? Please God, faites que l’on se réveille vite!