samedi, février 03, 2007

Cinq minutes dans le noir (ou presque)

Inspirée par le questionnement de Samantdi sur ce sujet, je lève le voile sur notre petite expérience contestataire d'entre 19hres55 et 20hres…

Sur le coup, nous sommes plus ou moins sceptiques, mais bien décidés à participer au mouvement, (cela me fait un peu penser au principe des flashmobs). Juan donne le bain à la petite qui roucoule. Je l'interpelle:

- Juan, plus que 3 minutes!!!
- Je la sors, on va être prêt…

Je vois arriver ma petite lutine en pyjama. Elle gambade dans le salon. Je regarde par les fenêtres, la rue est tranquille, quasi désertée, les maisons sombres exultent le silence, les lumières de Noël du chalet d'en face qui se cache derrière les sapins glacés colore la nuit froide. Plus qu’une minute. 19h55. J’éteins la lumière dans la cuisine et le salon. La maison plonge dans la pénombre. Sur le sapin qui orne l’entrée de notre terrain brillent les couleurs de notre guirlande équipée d’un minuteur. L’on se regarde d’un air dubitatif. Je dis :

- Mmm, il reste le sapin, mais c’est dehors! Pis il fait au moins -20, j’suis en pyjama, je sors pas triturer le truc dans la neige!!!

Je l’observe du coin de l’œil, il est juste vêtu d'un caleçon, j’enchaîne :

- Est-ce que tu vas te rhabiller pour y aller?!?
- Heu, tu crois que c’est grave si on le laisse?
- Heu, ben, vu comment y fait frette je pense pas tant que cela, de toute façon, c’est un peu bizarre comme manifestation, non? Pis, on a tout éteind le reste…
- Mais, et si ils prennent des photos satellites?
- Hein?
- Ben oui, ils en ont parlé à la tv, p’têt qu’ils vont prendre des images satellites.

J’éclate de rire, Juan est un passionné de Google Earth. Amusée, je rétorque :

- Mais qui ça Ils??? J’crois pas que les satellites vont être de la partie sur ce coup là! Ou alors ce serait pour les grosses villes parce-que le village dans la brousse, j’penserais pas!!!

Lily-Soleil, imperturbable, se ballade de la cuisine au salon tout en bavardant à qui mieux mieux, pas déstabilisée pour deux sous, elle se repère facilement dans la noirceur ambiante. Les cinq minutes sont presque terminées. Le sapin coloré illumine la neige qui scintille. Sous le lampadaire qui éclaire la blancheur nocturne, la nuit expire. À huit heures pile, je rallume la cuisine. Juan s’exclame :

- Déjà?

Cela passe bien vite cinq minutes dans une vie! Voilà, nous l’avons fait (enfin plus ou moins bien si on oublie le sapin)! Personnellement j’apprécie toujours les ambiances sans électricité même si je ne peux m’en passer. Cette expérience aura été plutôt amusante. Et puis, j’aime bien l’idée de solidarité, l'idée que l’humanité se rallie autour des problèmes qui entourent le climat. En ce qui me concerne, le point était là! Exprimer à travers un petit geste anodin une inquiétude commune. C’est aussi un peu l’idée de méditer sur un sujet, de faire une prière à la raison, de se donner un temps de réflexion, d'engendrer cinq minutes de conscience avertie...

Le monde se réveille de cette douce léthargie générée par nos excès industriels. Les scientifiques se rassemblent pour sonner l'alarme. Leur diagnostic est inquiétant. Pourrons-nous limiter les dégâts à temps? Les générations futures ne devront-elles pas s'adapter à un monde de plus en plus éloigné de celui que l'on consomme présentement? Et si, d'ici une quarantaine d'années, les villes côtières disparaissaient sous une montée des eaux en même temps que quelques îles tropicales? Lorsque nous serons tous en danger serons nous plus prudents? Le fossé entre les populations du Nord et du Sud continuera-t-il de se creuser? À quoi ressemblera la planète au siècle prochain?

Souvent je me demande sérieusement dans quel monde vivra ce tout petit bout de fille qui fait le pitre sous mes yeux. Ce matin Mijo commente qu’une différence de 1% de la consommation habituelle aurait été observée et qu'à Paris, la Tour Eiffel s'est éteinte durant ces petites cinq minutes. Je trouve cela relativement fascinant, comme un éclair de conscience dans l'obscure ignorance.

Cela me donne une goutte d’espoir, l’espoir que les gens commencent (à grande échelle), à se demander sérieusement ce que l’on peut faire pour arriver à changer nos habitudes trop bien ancrées qui minent la planète et menacent le futur de nos enfants…

Winter-Smile-II

Cinq minutes dans le noir

vendredi, février 02, 2007

Humeur video du jour


Extrait de la chanson "Géométrie d'une erreur" du CD d'Erik Mongrain qui participe à la bande sonore du documentaire "Everest: A Climb for Peace".
Pour en savoir plus sur ce film suivez ce lien...

Humeur video du jour

Cette semaine, j’ai bataillé une vilaine infection dentaire traitée à doses massives d’antibiotiques et de codéine. Ma Mère-Grand disait souvent « Il n’y a pas pire douleur que le mal de dents! ». Et lorsque la douleur qui pulse dans la gencive, pour se glisser dans les sinus, irradie la joue et traverse la région oculaire, cela fait un mal de chien en même temps que cela enfle! Aplatie sur le divan, je me lamente auprès de Juan d’avoir l’esprit en effervescence et le cerveau en bouillie.

- La journée où Lily est allée chez ma mère, j’ai même pas pu écrire ou travailler j’ai dormi toute la journée!!! Pas capable de bouger! J'ai fait des rêves étranges...
- Mais ma chérie, tu étais malade comme un chien!!!

Les antibiotiques agissent et la douleur se désiste. La facture finale du dentiste va être salée! Un petit contrat de traduction me fait chauffer les neurones et fait passer la pilule. L’expression de cette semaine va de soi…

EXPRESSION
« Avoir une dent contre quelqu'un »

SIGNIFICATION
Avoir de la rancune, du ressentiment, des griefs envers quelqu'un. En vouloir à quelqu'un.

ORIGINE

Le rancunier est souvent quelqu'un d'amer. On peut donc légitimement se poser la question de savoir s'il ne s'agirait pas ici des dents de l'amer ? Il faut remonter au XIVe siècle pour trouver les premiers usages de cette expression où on disait plutôt "avoir la dent (les dents) à (sur) quelqu'un". Nul doute qu'à l'époque, les individus devaient facilement avoir une dent contre les arracheurs de chicots qui sévissaient sans vergogne, à la tenaille et sans anesthésie. Lorsque, dans cette ancienne forme de l'expression, on remplaçait la personne par une chose, la locution signifiait alors "être passionné par", "convoiter ardemment" ou "s'acharner sur".

Mais pourquoi une dent ? Pour le comprendre, il suffit de savoir qu'à partir du XIVe siècle, le mot 'dent', au sens figuré, exprimait l'agressivité ou la malveillance. On en imagine aisément la raison : non seulement la dent est à la fois un symbole de dureté et de morsure, mais l'animal qui "montre ses dents" a un comportement agressif. Ne disait-on point, d'ailleurs "ne faire apparaître aucune dent" pour "ne montrer aucune agressivité" ? A la même époque, "une dent de lait" était une rancune, une animosité de longue date. C'est pourquoi, un peu plus tard, on retrouve chez Molière, dans "Le bourgeois gentilhomme", l'expression "avoir une dent de lait contre quelqu'un". Toutefois, rien ne dit pourquoi on a glissé de la ou les dent(s), articles définis, à une dent, article indéfini.

Avoir une dent contre quelqu'un

jeudi, février 01, 2007

Comme beaucoup, j'ai reçu ce courriel qui encourage à faire aujourd'hui un petit geste pour l'environnement afin de montrer que l'on s'en préoccupe. Après en avoir discuté avec Juan, il ne nous a pas fallu longtemps pour nous décider, nous serons de ceux qui éteindront leur lumière! C'est bébé qui va être étonné! On allumera des bougies...

Je ne sais pas si de notre petite rue perdue dans la brousse, notre action aura une quelconque portée mais lorsque la cause est juste, l'important c'est de participer. L'unité fait la force dit le dicton...

"Le 1er février 2007: Participez à la plus grande mobilisation des citoyens contre le
Changement Climatique ! L'Alliance pour la Planète (groupement d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00 à votre heure locale. Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats aux élections législatives de juin 2007 que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique. Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts climatiques des Nations Unies. Cet événement aura lieu chez nos voisins : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale. Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, quelques mois avant les élections en France et assez longtemps avant les élections au Québec et au Canada pour qu'on influence les débats entre les politiciens. Pour chaque fuseau horaire à travers le monde, les lumières s'éteindront entre 19h55 et 20h... l'heure où cette manifestation pourra être observée par les médias locaux. On pourra en faire le suivi à travers le monde à toutes les heures selon les fuseaux horaires différents. Quelque soit votre pays, nos gouvernements seront interpellés par notre force commune."


Du coq à l'âne, un "minuscule" film (trouvé chez Brem), une toute petite histoire de coccinnelle qui ne se laisse pas faire...

5 minutes dans le noir

mardi, janvier 30, 2007

Petit bilan

Ce carnet de bord virtuel existe depuis avril 2003. Il a été visité plus de 200 000 fois depuis sa création. Ce billet en est le 2265ième.

Ce petit coin de blogosphère qui se déroule au fil des années passées aura vu, entre autres choses, l’extinction de ma colonie de chats, l’achèvement de mes études de traduction, la venue de mon premier enfant. Il aura vu défiler les saisons et les émotions. Il aura absorbé des morceaux de quotidiens au vol de ma vie pour s’en faire des cartes postales humaines. Il se fait le témoin de mon essence personnelle.

Une demi douzaine de ses brouillons de fictions, devenues nouvelles littéraires achevées, aura été publié dans différents recueils de papier. L’une de ces nouvelles terminées aura été nominée pour le Prix Aurora 2005. Goom, mon ogre préféré (inachevé) s'est joliment animé (sur grand écran) en quelques images envolées sous les doigts d'une artiste blogueuse. Plusieurs billets de ce blogue relatent de mes articles ou entrevues publiés dans la presse locale. L'extrait d'un billet choisi à saveur poétique s’est retrouvé imprimé entre les pages du magazine français Netizen. "Vol de mots" sera passé trois fois à la radio (Maldeblog, L’écrit du blog, 6ième sens)

Ma ligne éditoriale la plus claire se situe dans la liberté ultime du brouillon travaillé. Malgré quelques routines plus ou moins bien huilées comme le concept de trois citations autour d’un même mot, l’expression choisie de la semaine, les humeurs vidéos, les photos de mes natures ou les traductions libres, je cultive consciemment mon coté brouillon. Je crois que c’est un peu par rébellion. En fait, je ne désire pas voir ce blogue évoluer de manière à se spécialiser sur un thème en particulier. Je ne désire pas écrire pour plaire (même si cela fait toujours plaisir d'être lue), je veux juste écrire pour mon propre bien-être. J’ai besoin d’écrire pour vivre et le blogue est l'outil parfait pour héberger les zestes de cette passion qui fait circuler mon sang.

Ce carnet de bord est né d’une envie prononcée de discipline d’écriture. Il est une vitrine ouverte sur mes cuisines. Je le nourris de mes idées éparpillées et de goûts variés. J’y aiguise mes plumes. J'aime y retrouver ses génies fantasques. Fidèle, ce carnet de Toile se fait le compagnon de mes humeurs selon le cours de mes jours. Il est le reflet de mon humanité. Ce n’est pas un blogue de maman ou d’épouse, de traductrice ou de romancière, d’écologiste ou d’éducatrice, de journaliste ou de linguiste. C’est tout simplement le blogue d’Etolane qui s’élance au fil des saisons.

Souvent j’ai cette impression diffuse que c’est un jardin public pour passants anonymes. Pourtant parfois la magie de l’inconnu s’opère en des partages qui jaillissent au fil des commentaires. Les commentaires sont un peu à l'image des bancs où s’asseoir et placoter un instant. C’est une façon comme une autre de faire connaissance et j’y fais souvent de belles rencontres. Il s'en suit parfois d'étonnantes amitiés de blogosphère. Certaines de ces rencontres peuvent même déchirer le voile virtuel pour s’apprivoiser au réel. Je profite d’ailleurs de ce rare bilan pour remercier de leur fidélité ceux qui me suivent depuis plusieurs années. Je remercie aussi de leur passage tout ceux qui apprécient ce petit jardin de mes inspirations diverses et qui viennent régulièrement le visiter. N'hésitez pas à me laisser un signe de vie de temps à autres...

Ici, les mots se font manger par les regards d’autrui et c’est alors que les écrits s’envolent…

Petit bilan

lundi, janvier 29, 2007

Vibrations hivernales...

Gazebo-sur-lac-gelé

Vibrations hivernales...

Balade-hivernale Abandonné

D’après ce cher Robert, hiberner exprime l'idée de : « Passer l’hiver dans un état d’engourdissement ». C’est exactement mon état présent…

Hibernation : n.f. – 1829 ; bas lat. hibernatio. Ensemble de modifications de toute nature que subissent les êtres vivants sous l’action du froid hivernal. Synonyme : dormance.

J’ai les sens engourdis, privés de stimulations extérieures, ils ne se nourrissent que de lumière vive, de ciel pur, d'espace et de blancheur qui se déroule à l'infini. J’ai le corps engourdi par l’entraînement intensif que je lui fais subir semaine après semaine afin de lui redonner une taille digne de ce nom à l'arrivée des beaux jours. J’ai la cervelle engourdie par mes instincts maternels.

S’occuper d’un bébé relève essentiellement du domaine de l’émotionnel. Il n’y a absolument rien d’intellectuel dans les tâches quotidiennes d’une jeune mère. Tant est si bien que j’en arrive parfois à la conclusion qu’il n’est vraiment pas nécessaire d’être un "prix nobel" pour être (à cet étape de développement), un bon parent, il suffit plutôt d’être en phase avec son cœur! Mon cœur est en pleine expansion. Il n’en finit pas de s’ébattre. Comblé par ces multiples petits moments de l’intime, il m’ébranle de ses bonheurs sereins. Il savoure ses réussites en silence. Il écrase ma raison de ses passions qu'il consomme avec joie. Petite ombre au tableau, mon cœur et ma cervelle se chamaillent sans cesse tandis que mes neurones engourdis hibernent…

La routine de l’enfant entraîne ma saison hivernale en un rythme de vie monacal. J’apprivoise ma bulle de silence. Je l'équilibre. Je bataille les feuilles blanches et mes pensées sombres. Je me dévoue à ma tâche. Entre deux rayons de lumière limpide, je perçois un ancien fantasme rejaillir d'entre les limbes, un vieux fantasme qui vient titiller mes instants solitaires. Un désir connu qui se dessine dans les songes de mes sens endormis. Une envie, de plus en plus forte, qui m’emporte. De nouveau, je veux caresser Robert. L'absorber pages après pages, au hasard de ses lettres, studieuse, entre deux palpitations émotionnelles, m'enivrer la cervelle de ses mots épars…

Monade n.f. - 1547 ; bas lat. monas, adis "unité", mot gr. Philos. Chez les pythagoriciens, Unité parfaite qui est le principe des choses matérielles et spirituelles. - (fin XVIIe) Chez Leibniz, Substance simple, inétendue, indivisible, active, qui constitue l'élément dernier des choses et qui est douée de désir, de volonté et de perception.

Hibernation

vendredi, janvier 26, 2007

Froidure nocturne

Frigorifiée, je marche sous les étoiles au coté de Juan. Bien emmitouflée, je me recroqueville sous ma capuche. Mes narines se givrent avec chaque respiration. L’air est cruel. J’ai oublié mes gants. Je ferme les poings à l’intérieur de mes manches. Je remonte mon écharpe par dessus mon nez. Ma peau se durcit sous la morsure de la nuit glaciale. Les pieds bien chaussés dans mes épaisses bottes de Yéti, je foule la neige qui bruisse sous mes pas.

Entre mes bottes et mon manteau mi-long, mes jambes simplement recouvertes d’un jean souffrent le martyr avec chaque seconde qui s’écoule. Le moindre courant d’air leur est fatal. Mes cuisses brûlent de froid! Une sensation unique qui pince la chair mais qui, étrangement, ressemble à une brûlure. Un feu arctique m’attaque le corps. Déjà que j’ai failli perdre deux doigts en prenant des photos de froid!J’accélère mon pas.

Juan qui a oublié sa "tuque" est une cheminée humaine qui se fait absorber la cervelle par l’hiver revenu. Il s’en plaint en quelques remarques comiques. L’on court pour traverser les derniers cinquante mètres qui nous séparent de la voiture. L’habitacle est congelé mais l’absence de tout vent est déjà un soulagement! L’on démarre en trombe pour aller chercher notre petit astre bambin, bien au chaud, non loin de là. Il fait -25 sans facteur vent, ce qui doit donner une température ressentie d’à peu près -35 (ce matin -41! Le froid fait onduler le jour lumineux en une danse polaire, j'hiberne sous le soleil).

Hall-IIStatue-de-glace

Dans les chambres de l’hôtel de glace la température se situe autour de -5. Lorsque l’on arrive de l’extérieur, engourdi par le froid extrême, la différence est flagrante, il y fait doux, l’on y est bien. Ce qui me rappelle que chacune de nos perceptions est bel et bien influencée par le contexte qui la génère…

Froidure nocturne

jeudi, janvier 25, 2007

Vu qu'aujourd'hui il fait -30 avec le facteur vent, l'expression de la semaine s'accorde avec la sensation du jour. Ce soir, c'est la grande soirée d'inauguration de l'Hotel de glace. La température intérieure ne descend pas en dessous de -5 mais les feux d'artifices à l'extérieur risquent d'être pas mal givrés! Cette nuit, je pars en safari photo, accrocher des inspirations de saisons à ma collection glacée...

EXPRESSION
« Un froid de canard »

SIGNIFICATION
Un très grand froid, un froid très vif.

ORIGINE
Cette expression viendrait de la chasse au canard, qui se pratique en automne, mais aussi en hiver où le chasseur doit rester immobile, aux aguêts, et laisser le froid lui pénétrer jusqu'à l'os en attendant qu'une de ses pauvres victimes veuille bien s'approcher suffisamment pour qu'elle ait des chances de finir en confit ou autre préparation culinaire.

Le canard se chassant pendant une période assez longue sur une partie de laquelle il ne fait forcément froid, il est nécessaire de préciser à quoi correspond ce 'froid de canard'. Comme chacun sait, Le canard vit volontiers sur les lacs et étangs où il a ses habitudes une grande partie de l'année. L'étendue d'eau le protège en partie de ses prédateurs terrestres dont les humains font partie. Lorsque la température devient très froide et que les étangs gèlent, le canard est obligé de se déplacer et rejoint des eaux vives, ruisseaux et rivières, moins sujets au gel, ce qui accentue sa mobilité et donc sa visibilité. Et ce serait en effet ces jours de froid très vif que le chasseur aurait le plus de chance de rencontrer ce pauvre palmipède.

Un froid de canard

Une heure avec Fernando Botero

Écouter le Maître parler de son Art fut une expérience mémorable. Absorber l'ambiance particulière qui se dégage de cette visite en sa compagnie. Oublier mon quotidien maternel pour me reconnecter avec la femme d'antan. Faire travailler mon intellect qui se languit en silence. Reprendre confiance en soi. Mais surtout, s'en mettre plein la tête, se régaler les yeux et savourer l'instant...

Volupté-HDR

L’univers baroque de Fernando Botero s’expose au Musée des Beaux-Arts du 25 janvier au 22 avril. Cette rétrospective unique éclaire toutes les étapes qui jalonnent la carrière de ce prolifique artiste. Mondialement reconnu pour son talent Fernando Botero donne du volume à ses réalités et construit son propre baroque sous forme de sculptures, dessins et gigantesques toiles. Son univers est aussi vaste qu’éclectique. C’est un artiste heureux qui se préoccupe de la violence et qui se permet de la dénoncer dans certaines de ses toiles. Ses œuvres incitent au bonheur et à la réflexion. Fernando Botero est un artiste en évolution qui se contemple pour la première fois au Canada avec cette exposition de 100 œuvres variées...

À suivre dans un prochain billet...

Une heure avec Botero

mardi, janvier 23, 2007

Mardi citadin et petit nez mutin,

Lily-SoleilP'tit-clown

Réveillés de bon matin par notre petit réveil humain, je râle et je grogne. Le jour n’est pas encore levé, ah non! Cinq heures c’est trop tôt!!! Je traîne des pieds. Comme c’est une journée "pédiatre et vaccins", nous partons tous les trois en ville. Je laisse Juan devant son bureau et je prends la route de cette clinique qui ne reçoit que des petits bouts de choux. Lily-Soleil ouvre grand ses yeux et fait des sourires à la ronde...

L’enfant se porte comme un charme. 80 cm pour 11 kilos, elle se situe dans le 90ième percentile de la courbe de croissance canadienne. Elle a presque toutes ses dents. Il ne lui manque que les canines. Elle ne montre aucun retard, en fait elle pousse comme un champignon! Dans la salle je discute de la grande taille de ma fille qui fait presque deux ans avec une maman d’une petite fille d’un an . La sienne a plus d’une tête de moins que la mienne! Ce n’est pas la première fois que je remarque qu’elle est bien grande pour son âge et ce n’est pas la première fois qu’on me le fait remarquer. Du haut de mon mètre 60, je me demande quelle géante j’ai pondu! En discutant avec la pédiatre de quelques points qui me chicotent, je me rends compte qu’elle valide plusieurs de mes instincts maternels, c’est une bonne sensation…

Lily-Soleil est courageuse devant les quatre aiguilles qui piquent sa chair tendre. Elle pleure un peu sur le coup et pense rapidement à autre chose! Elle passe tout droit sur sa sieste matinale. Nous filons rejoindre une amie en ville pour un repas entre filles dans un petit restau bohème. Je la retrouve sur son lieu de travail et par l’un de ces hasards comme je les aime tant, je me retrouve avec une assignation de presse pour couvrir une expo le lendemain. L’on va garder l’expo mystérieuse pour l’instant. Disons que cela se passera dans un grand musée et que ce sera l’occasion de rencontrer un artiste mondialement reconnu. Un artiste que j’apprécie énormément. Impossible de résister à la tentation! Première assignation de presse depuis que j’ai accouché, rien qu'un petit article bonus pour un magazine littéraire en ligne, pas de pression, juste une bonne dose de stimulation pour mes neurones en manque de culture. Je suis ravie…

L’on prend le chemin de notre estomac avec une petite Lily-Soleil aux anges. Je suis toujours étonnée de voir comment le courant passe bien entre mon amie et ma fille. C’est une belle émotion. J’espère qu’un jour, elle deviendra maman et que nos enfants joueront de temps en temps dans la même cour. Le temps de rentrer dans les pénates de ma mère et la sieste d’après-midi de Lily nous est passée droit sous le nez! Tandis que l’enfant s’éclate avec sa grand-mère. Je manque de m’endormir dans mon fauteuil! L’enfant est sur des ressorts et je suis à moitié morte! Je la regarde s'amuser avec le coeur débordant d'amour. Mais décidément cinq heures du matin c’est trop tôt! Même le chien n'ouvre pas un oeil à cette heure là!!! Je me secoue les puces et l’on file chercher Juan au bureau.

La petite s’endort à peine déposée dans son siège d’auto. Elle ouvre les yeux lorsque nous nous arrêtons en route pour manger et repart pour un tour de manége bambin. La fatigue pèse lourd sur son humeur mais elle combat le sommeil pour profiter au maximum de sa vie. Une autre fois je constate le fait que moins Lily-Soleil dort et moins elle a envie de dormir! C’est son seul coté difficile, sans routine, elle brûle sa petite chandelle par les deux bouts, sa curiosité et son appétit de vivre la mène par le bout du nez. Cela m’a fait du bien d’en discuter avec la pédiatre ce matin et d’avoir la confirmation qu’en effet son sommeil est bon pour sa santé! Plus elle dort et mieux elle dort. C’est un point qui n’en finit pas de m’étonner. Cependant pour arriver à cet équilibre qui l’épanouit, c’est tout un travail de patience et de routine pour la jeune mère que je suis! Malgré tout, je refuse de me plaindre de mon sort car avoir une petite fille qui pète la vie est une chance que je conçois pleinement et j'en remercie souvent le ciel! J’espère qu’elle continuera à bien grandir, à souffrir le moins possible et à croquer à pleines dents dans la texture de ses jours…

Demain, j’irai croquer avec coeur et esprit dans cette matinée enrobée de culture qui m’attend la pomme!

P'tite-Pomme

Mardi citadin,

lundi, janvier 22, 2007

Inspirations de saisons, écriture libre sur image choisie...
(une minute érotique)

Dans la nuit qui sévit à moins 20, l’étalon de glace s'éveille de son sommeil gelé. Son puissant membre s'étire devant la dame de givre qui se déshabille. Impudique, elle s'offre à sa vue. Des frissons d'appréhensions hérissent sa peau nue et la laissent transie de désir sur les fourrures rêches. Il s'approche. Elle se couche. Il la caresse. Elle s'ouvre. Il s'échauffe. Elle gémit.

Il s'enfonce en elle. Au rythme de ses élans nerveux, elle arc-boute son corps devenu brûlant. Elle soupire une sensuelle mélodie qui enivre le mâle déchaîné. La chambre s’embue de passion torride. Ils fondent de plaisir. Liquéfiés, ils se confondent et se dissipent dans le petit matin qui les oublie…

Bed-of-Ice

Gelée fictive