vendredi, août 26, 2011

Inspirer pour mieux vivre

Jour après jour je remonte la pente, presque un mois après la chirurgie, je revis. J'apprécie la simplicité des petites choses du quotidien. Faire l'épicerie est cool. Redevenir autonome après avoir été grandement diminuée est un processus agréable. J'en reconnais les valeurs. Je regarde de l'avant.

Pouvoir diminuer la médication qui enrobe les douleurs et réaliser que les douleurs s'affaiblissent à mesure que l'on se renforce est cool. Ne pas regarder en arrière mais se concentrer sur ce qu'il y a devant. Devant, il y a la vie qui se déroule. Devant il y a ma puce qui grandit, mon homme qui murit et ma pomme qui vit. Devant il y a des projets inspirants. Reprendre le gouvernail des jours. Recommencer à travailler, à écrire, à exister.

Accepter d'apprendre de cette vie qui me passe sur le corps dans les bonheurs comme dans les douleurs. Apprendre à vivre avec ce corps qui véhicule la vie que je suis. La vie est un apprentissage sans fin. Peut-être est-ce même ce qui fait la beauté de l'humain: pouvoir apprendre sans fin.

Mais encore faut-il accepter d'apprendre. Apprendre quand cela fait mal. Transformer le mal en bien. Un défi d'une ou plusieurs vies? À voir les problèmes de l'humanité, je ne suis pas sure qu'il soit si facile d'apprendre. Et puis il ne suffit pas d'apprendre, encore faut-il comprendre...

Je veux toujours comprendre de ce que j'apprend pour mieux avancer sur le fil de la vie qui coule en mon sang. Combattre les mauvais sentiments, les pensées négatives, l'obscurité. Chercher la lumière, cultiver les bons sentiments, s'accorder avec l'univers.

Inspirer pour mieux vivre

jeudi, août 25, 2011

Une semaine en Sienna...

Voici le mois d'aout qui s'achève. Dieu merci, il s'achève sur une note pas mal plus joyeuse qu'il a commencé. La semaine prochaine s'annonce tropicale!  Et cette semaine, par la magie de Disney Junior, nous avons eu le privilège de pouvoir essayer la Toyota Sienna...

Il faut avouer que cette fourgonnette de sept places était un peu trop grande pour notre famille de trois mais oh combien spacieuse! M'zelle Soleil a adoré l'expérience de s'y promener durant une semaine. Juan a aussi apprécié d'avaler les kilomètres avec elle et je n'ai pu que profiter de son confort pour retrouver un peu plus cette santé qui m'a fait défaut en début de mois.

En fait, je ne m'attendais pas à tomber sous le charme, l'homme non plus! Et je ne m'attendais pas à ce que notre Miss trippe autant! La famille, qui après participé au concours de Disney Junior, la gagnera serait bien chanceuse...


Nous faisons beaucoup de route entre le lac et Québec mais cette semaine faire les voyages étaient presque des vacances en soi. En fait, avec la Toyota Sienna l'on a flotté plus que l'on a roulé. On a pris la route avec délice et certains soirs on l'a même laissé nous guider...

C'est comme cela que l'on a croisé la maison de la schtroumphette. Malheureusement la schtroumphette était allée faire des courses mais cela n'a pas empêché M'zelle Soleil de sauter de joie devant sa maison champignon! Et puis l'on a atterri à Sainte-Anne de Beaupré. Sans même s'en rendre compte l'on avait fait une centaine de kilomètres depuis chez nous!

Ensuite l'on décidé de voir comment c'était lorsque la fourgonnette était pleine de vie. Alors, avec un couple d'amis et leurs deux fillettes en bas-âge, l'on a pris la route, sans but précis, juste avec le gout de rouler. Comme l'on longe souvent le Saint-Laurent sur la rive Nord, l'on a pris la rive Sud en direction de Kamouraska...


À 4 adultes et 3 enfants en dessous de 6 ans, c'est une petite tribu que l'on trimballe! L'on profite du soleil qui brille de plein feux pour avaler les kilomètres. L'on regarde défiler les paysages magnifiques qui longent le fleuve Saint-Laurent. L'on inspire l'air du temps.

L'on traverse des jolis villages aux maisons coquettes et l'on arrête au plus beau parc que l'on rencontre sur la route. L'occasion de goûter et de laisser les enfants jouer...


Puis l'on a reprend la route tandis que les plus jeunes font la sieste. M'zelle moins assoupie que les autres ouvre parfois un œil curieux. Alors que les hommes font les louanges du char. D'une oreille distraite, je les écoute discuter du voyant économique qui indique la consommation d'essence, du "cruise control" qui les amuse et des petits détails qui font le luxe de la Toyota Sienna. Un luxe étonnement abordable. Pour la qualité de l'engin, le prix est tout à fait raisonnable.

En fait, c'est une super voiture pour une famille nombreuse! Une voiture qui inspire la sécurité. Il est bien rare que j'arrive à dormir en voiture, et là, je m'y sentais si en sécurité que j'ai fait des siestes roulantes comme cela ne m'était pas arrivé depuis mon enfance!

Bref, pendant que les hommes cherchent en vain un défaut à cette voiture qui nous ravit, je profite avec bonheur de cet espace climatisé. Je réalise à quel point l'on ne se sent pas entassés comme des sardines. L'on papote avec Julie, les filles sont heureuses, le confort est royal, les paysages sont magnifiques et la compagnie est bonne. Que demander de plus?

L'on fait demi-tour à Kamouraska, l'on a dans l'idée d'aller faire un tour d'une activité qui se déroule à Montmagny. Nous arrivons dans le jour qui se dore la pilule d'été. Les filles en profitent pour courir dans l'herbe fraiche. C'est beau de les voir se dégourdir les jambes en riant. Les papas se joignent aux jeux et les rires cascadent encore plus fort...


Non loin de là, sous un grand chapiteau, se déroule les 20 jours de laboratoire de cirque... 

Nous arrivons à l'heure des enfants. L'activité première consiste à peindre des poneys. C'est une activité qui fait la joie de nos puces!

Puis l'on découvre sous le chapiteau une acrobate qui fait pétiller les yeux de ma puce et un voltigeur qui pratique un bel exercice de cirque. Le cheval avec lequel il le pratique est magnifique. Les enfants adorent. On reprend la route vers Québec alors que le soleil se couche...


Comme je travaille principalement à la maison, c'est Juan qui utilise la fourgonette durant les jours de semaines. Il ne s'en plaint pas!

Au contraire il me dit :"Ouais, c'est un plaisir que de la conduire. Confort exceptionnel, puissance remarquable, espace inspirant!" J'écarquille les yeux de surprise. Il ne lui trouve que bien peu de défaut! Même si elle ne correspond aucunement à nos besoins familiaux (ni à nos moyens présents), il faut avouer que c'est un beau véhicule. La famille qui la gagnera sera surement très contente!

À chaque fois que je prends le volant, je m'étonne de son rapport taille/maniabilité! Comment un tel mastodonte peut-il être aussi facile à conduire? Et je remarque aussi qu'au volant de cette voiture, je ne serre plus les fesses lorsque je dépasse un camion sur l'autoroute! Avec ma petite auto économique, j'haïs dépasser des gros camions sur l’autoroute, mais avec la Sienna, c'est à peine si j'y fais attention...

Bon, rêvons un peu, si je la gagnais (ce qui ne sera pas mon cas), je crois bien que j'en profiterais pour aller faire un road-trip jusqu'à Key-West au bout de la Floride, ou pourquoi pas aller faire un tour à Los-Angeles? Avec une voiture à la conduite si confortable, tout ce que je voudrais serait partir au loin...

D'ailleurs, pendant qu'on l'essaie, la moindre occasion est bonne pour faire de la route ou encore inviter des amis à une promenade. Tout est bon pour rouler un peu!

Du coup, la semaine se révèle plus vivante que l'on aurait pu l'espérer. Cette voiture met un peu de velours dans les épreuves que je traverse au quotidien...

Puis vient le temps de la rendre. C'est avec un petit serrement de coeur que l'on se sépare de ses roues.

Miss Soleil a du mal à la quitter. Elle qui a chantonné toute la semaine aux quatre vents "Toyota, Toyota, Toyota, Toyooootttaaaa!" trouve ça bien plate de la laisser. C'est que la Miss, qui rêve d'une famille nombreuse, apprécie les grosses voitures...

L'on en gardera certainement le plaisir d'avoir roulé avec une semaine durant. L'on en gardera un cher souvenir. Un souvenir tout en confort et tenue de route...

J'en garderai aussi les sourires de ma puce qui s'amuse à courir dedans, son bonheur à y installer ses bébés pour agrandir la famille et puis l'on rangera les souvenirs Sienna dans un tiroir gravé à l'image de Mickey!

*Cette expérience a été rendue possible de par mon partenariat de maman avec la chaine Disney Junior...

Une semaine en Sienna

jeudi, août 18, 2011

S'accrocher au futur...

Cela sent la fin de l'été au lac. Un lac qui me manque car j'en suis privée depuis la chirurgie du début de mois. Les dernières semaines auront été éprouvantes...

Une chirurgie qui est un mal pour un bien et dont je me remets doucement. Doucement car mon corps traumatisé par l'expérience a répondu avec un abcès dentaire (dixit la dentiste) qui n'est pas sans m'affaiblir.

Le dicton dit: "Jamais deux sans trois" alors pour empêcher que ne sombre mon moral, je me dis que c'est l'ennui de santé qui boucle la série noire (paralysie faciale/ovaire/dent). En ce qui concerne la paralysie faciale même si j'ai la chance qu'elle ne soit plus visible, il me reste des douleurs qui ne sont pas des plus agréables. Mais à force de les supporter, j'apprends à vivre avec en espérant que le futur les estompent. Toujours mieux ça que d'avoir la face croche! Pour la chirurgie, je cicatrice. Pour la dent, sous antibiotiques, je suis en traitement...

Un jour à la fois, mettre un pas devant l'autre. Tomber. Se relever. Avancer. Au fil des jours qui s'effacent, je découvre une certaine tristesse à ne pas pouvoir être la maman que j'aime être. Trop faible, trop fatiguée, trop maganée.  En mode résilience, je vois au futur pour ne pas m'apitoyer sur le présent. Mes émotions virevoltent alors que je m'applique à les maîtriser.

Inutile de dire que j'ai pris un bon retard dans mes piges. Un retard que je dois rattraper jour après jour, au fur et à mesure que je remonte cette pente dont le sommet est la santé. Ce mois dernier, le principe de savourer le présent n'était pas dans mon actualité. J'ai plutôt pratiqué le concept de s'accrocher au futur. Un futur que je souhaite en forme. J'ai enduré tellement de douleurs physiques depuis le mois de février que je risque de me rappeler longtemps de l'année 2011!

Alors que l'été s'achève, cela sent la rentrée pour Miss Soleil. Une rentrée qui se fera normalement après un voyage bien attendu. Un voyage particulier qui aura fait partie de ce futur auquel s'accrocher pour traverser les douleurs quotidiennes. Un voyage, qui je l'espère, marquera une nouvelle saison où je pourrai vivre en santé et profiter du présent.

S'accrocher au futur

jeudi, août 11, 2011

Sur la route... (Avec la complicité de Mickey!)

Pour mieux tourner la page des derniers jours pas terribles, je me plonge les idées dans l'univers Disney. Guidée par Miss Soleil, je vais là où s'alléger les idées est un jeu d'enfant...

Dans le cadre de mon partenariat avec la chaine Disney Junior, j'accepte d'essayer, pendant une semaine, la Toyota Sienna afin de faire un petit road-trip. Et comment refuser l'opportunité d'offrir de l'argent aux visiteurs de mon laboratoire virtuel?!? Y'a rien comme donner pour se remonter le moral. Recevoir c'est bien mais donner c'est encore mieux...

Il se déroule donc un concours sur la chaine Disney Junior où il est possible de gagner une Sienna Toyota. Dans le cadre de ce concours, durant tout le mois d'aout, les familles qui regardent les émissions de Disney Junior courent la chance de gagner cette fourgonnette. Pour en savoir plus, c'est par là!

En tant que maman blogueuse Disney, j'aurai l'occasion de tester la fameuse fourgonnette dans quelques jours. En compagnie de nos amis Gabriel, Julie et leurs deux petites filles, nous prendrons la route pour faire défiler les paysages (en espérant que les enfants trouvent l'idée sympa!). Et, en tant que maman blogueuse, j'ai aussi la chance de pouvoir offrir 50$ à celle (ou celui) qui répondra à la question du jour (et on en profite pour faire une grimace moqueuse à Picsou)!

Question du jour: "Quel est le road-trip que vous aimeriez faire en famille?". En ce qui me concerne, je garde en mémoire de bons souvenirs de notre dernier road-trip en famille pour découvrir les nuances acadiennes...

Vous avez quelques jours pour me répondre dans les commentaires et je remettrai ensuite vos réponses entre les mains de la secrétaire de Mickey! Celle-ci se chargera de choisir un gagnant et d'acheminer une carte de crédit d'une valeur de 50$...

Personnellement, si j'étais en pleine forme, je serais bien partie deux-trois jours faire un tour de Gaspésie. À moins que je ne me sois laissée tenter par la couverture estivale de Marie-Julie pour aller faire un tour de sa région natale! Mais comme je prévois un autre voyage dans peu de temps, l'on se contentera d'explorer le Québec une seule journée à la fois...

Alors, dites-moi, que j'aie le plaisir de vous offrir 50$, quel est le road-trip qui vous fait rêver en couleurs?

Avec la complicité de Mickey!

C'est souvent l'amitié qui fait naître et qui nourrit et entretient les plus beaux sentiments de générosité dont le coeur humain est capable.
Jean Boccace

Il y a une communication plus intense dans l'échange immédiat à base de générosité que dans la jouissance immédiate.
Georges Bataille

La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.
Albert Camus

...

mercredi, août 10, 2011

Reprendre des forces...

Les ennuis de santé font dérailler le train-train quotidien. La santé est précieuse. Trop souvent lorsqu'on la possède on la prend pour acquise.

Si je ne ressens jamais aucune envie pour les biens matériel d'autrui, j'avoue qu'il m'arrive de ressentir de l'envie pour ceux qui possèdent une santé de fer. La mienne est de verre...

En ce qui me concerne, j'ai toujours eu une certaine fragilité corporelle. Je casse. Puis je bataille pour ramasser mes morceaux que je recolle avec volonté. Plus je vieillis et plus je médite sur les bienfaits d'être en santé.

Ces dernières semaines ma santé a déraillé en direction du bloc opératoire. Une expérience dont je me serais bien passée mais qui, comme le dit le fameux dicton, ne pourra que me rendre plus forte puisqu'elle ne m'aura pas tuée...

Jour après jour je reprends des forces. À mesure que je recommence à me sentir moi-même, je remets mes wagons sur les rails de mon quotidien. J'ai plusieurs projets intéressants sur ma planche de travail. Je ne tiens pas à les échapper. Alors que je lis les ennuis du Monde (Somalie, Norvège, Londres) sur ma tablette numérique, je sais que je dois faire du pire le meilleur car je reste privilégiée de pouvoir vivre ici, en mon coin de lac choyé.

Je n'ai pas le droit de flancher, juste celui d'aller mieux, juste celui de remonter la pente. Alors que j'en bave des ronds de chapeau et que je serre des dents, je cherche la lumière. Le chirurgien qui m'a opérée m'explique, avec le sourire, que cela m'aurait couté environ 100 000$ aux USA pour me remettre sur pieds. Cela remet pas mal de choses en perspectives. Il me dit aussi que tout est allé pour le mieux, il est content et confiant. C'est déjà ça de gagné!

Dans la vie, tout est relatif, en fait, tout semble dépendre de l'image globale que l'on choisi de regarder. Et comment ne pas être reconnaissante de cette chance que j'ai de vivre en un pays qui respecte l'humanité et qui la soigne gratuitement? Le système de santé n'est pas parfait mais il a un sacré mérite d'exister...


EXPRESSION via Expressio.fr
« En baver (des ronds de chapeau / de citron) »

SIGNIFICATION
Être dans une situation (très) pénible. Souffrir, supporter des mauvais traitements.

ORIGINE / ETYMOLOGIE
À l'origine, vers la fin du XIXe siècle, "en baver" (tout court) s'appliquait à quelqu'un qui était béat d'admiration, avec l'image de celui qui reste longuement la bouche ouverte au point que la salive finit par en couler. C'est au début du XXe que le sens bascule, peut-être par mélange et volonté d'en adoucir la vulgarité avec la version "en chier".

À peine plus tard, viennent se greffer les ronds de chapeau ou ceux de citron. Mais pourquoi donc ? Claude Duneton propose une explication pour ceux de chapeau, ceux de citron n'en étant probablement qu'une simple variante plaisante.

Le "rond de chapeau", d'abord appelé "rond de plomb" était un morceau de plomb circulaire qui servait à maintenir leur forme aux chapeaux. À l'époque où les chapeaux et leurs ronds étaient des objets communs, ces objets ont dû inspirer ceux qui ont inventé le complément à l'expression, car ils devaient facilement imaginer que celui qui chiait des ronds de chapeau devait en baver un maximum.

EXEMPLE
« Prenons le cas de Mozart, mort à trente-cinq ans après en avoir bavé de toutes les façons : jamais je n'ai pu arriver à le plaindre, cet animal-là (…) » Jean Dutourd - Pluche

« Je vous aurai sous ma coupe... Avec moi, vous en baverez des ronds de chapeau. » Yves Gibeau - Allons-z-enfants

Reprendre des forces...

Au cœur du bloc opératoire...

C'est la peur au ventre que je me retrouve poussée en direction du bloc opératoire.

Le matin précédent, j'ai une prise de bec avec la résidente qui me tape sur le système depuis douze heures que je sèche.

La semaine précédente, une autre résidente avait été si compétente que celle sur qui je tombe en retournant à l'hôpital  me déçoit, énormément...

Celle-ci est plus froide que chaleureuse, elle m'explique en long et en large toutes les complications de la chirurgie qui se dessine à mon horizon. Elle m'apeure beaucoup plus qu'elle ne me met en confiance.

Je dois la forcer à m'expliquer comment cela peut bien se passer. Cela ne me semble pas correct. Plus je lui parle et plus je la trouve incompétente (coté relationnel avec le patient). À moins que cela ne soit nos deux personnalités qui clachent en un difficile contexte...

Je sais que je la fais chi... et je ne me gêne pas pour dire que c'est réciproque! Je la vois pincer des lèvres tandis que mes émotions prennent feu et que les larmes inondent mes joues. Elle est de celle qui est déjà noyée dans son ego médical. Sans compter qu'elle me prend pour une folle lorsque je lui explique ce que je pense avoir et qu'elle me peint un scénario pas mal plus sombre que ce que je crois avoir. D'après elle, ce n'est pas possible, c'est trop rare! D'après elle, les chances que cela se passe mal sont plus probables. Elle m'énerve!

Je finis par m'exclamer: "Je veux voir le docteur!" et elle de me répondre sèchement "Je suis le docteur!" et moi de lever les yeux au ciel avec un soupir exaspéré! Ceci n'aide pas à la zénitude pré-opératoire. Arrive finalement le docteur. Sa chaleur humaine enrobée d'humour fait toute la différence. Il m'aide à me faire une raison et j'accepte de passer sur le billard.

La dernière fois que j'ai été opérée, j'avais 7 ou 8 ans, une appendicite en France. Je ne garde pas de bons souvenirs de mon réveil. Au fond de moi, j'ai la sensation que l'anesthésie n'est pas ma tasse de thé...

Poussée sur un lit par une jolie brancardière, je pénètre les portes "bloc opératoire". Je retiens mes larmes, j'ai l'angoisse à fleur de peau et je porte en mon coeur l'image de ma puce qui me fait bye-bye. Mon amie Dee viendra la chercher pendant que le bistouri me charcutera (et que mon homme restera à attendre).

J'ai la peur au ventre et la curiosité qui s'éveille en pénétrant dans cette zone à part de l'hôpital. Il y a des bureaux, des salles d'opération, une salle d'accueil et une salle de réveil. C'est un microcosme. Il y règne une atmosphère particulière. L'anesthésiste est sympa, il a une bonne "vibe", j'aime bien ses cheveux longs et son sourire lumineux. Il est rassurant au possible. Un petit enfant en pleurs attend aussi son tour. Cela remet mon cas en perspective. J'essaie de retenir ces larmes qui ne cessent de monter. En bon québécois, j'ai "la chienne"...

Me voilà dans la salle opératoire. C'est comme dans ces séries télés que je n'aime pas regarder. L'équipe est sympathique. Je retiens mon souffle. Une piqure dans mon soluté et boom! I'm down!

L'anesthésiste m'avait dit que beaucoup rêvaient sous l'effet de l'anesthésie générale, j'étais sceptique de ce fait. Je n'aurais pas dû. Je me retrouve en un univers vaporeux, serein, bucolique. Une sorte d'univers parallèle où Miss Soleil m'a rejoint et où l'on cueille des fleurs dans des champs colorés aux allures de paradis. Lorsque je me réveille, c'est tout comme passer du rêve au cauchemar sauf que le cauchemar est bien réel.

Il me faut plusieurs minutes pour m'extirper de cette dimension onctueuse, durant plusieurs minutes les images de ce monde idyllique et la présence de ma puce semblent si réelles que je ne comprends pas où je suis, où j'en suis. Je la cherche. Étonnement, à coté de moi une enfant d'une dizaine d'année encore anesthésiée. Alors que je me fais reshooter le soluté de je ne sais quel médicament, la douleur qui me scie le ventre me déchire l'âme. Ai-je jamais eu aussi mal de ma vie? Peut-être quand j'avais 8 ans...

D'ailleurs, je suis si perdue que j'ai l'impression d'avoir 8 ans! À mesure que je me réveille, le réel est si souffrant que je perds un peu les pédales. Mais où est ma maman? Je regarde l'infirmière à coté de moi. Elle me fait une piqure sous cutanée de morphine. Je sens monter la nausée. Et c'est parti pour un tour de dégueulis. Elle me dit: "Ma pauvre, c'est que cela a été pas facile de vous réveiller on vient de vous donner beaucoup de médicaments!" Tu m'étonnes Simone...

C'est définitivement le plus mauvais trip de ma vie. J'ai mal. La douleur me scie en deux. J'ai 8 ans. Je ne comprends plus trop comment tourne ma tête et mon corps est en bouillie­. Je lui demande:

- Vous pourriez pas me donner la main?

Elle hausse un sourcil irrité :

- Mais je n'ai pas le temps!

Bon okay, j'ai pas l'air d'avoir 8 ans! Mais bon à 38 ans, 20 secondes auraient suffit pour aider mon cas! Une autre idée loufoque me vient à l'esprit troublé :

- Vous auriez pas une blague alors? Une blague ce serait vraiment bien présentement!

Elle hausse les deux sourcils en même temps. Okay, je suis une extraterrestre! Arrive l'anesthésiste qui semble content de me voir réveillée. Il n'a pas de blague sous la main mais il a des sourires qui font la job. La souffrance est un calvaire. Je flotte entre deux dimensions. Je veux voir Juan. Enfin me voilà de retour dans ma chambre! Il est là. Je suis perdue. C'est trop dur. Il me serre la main et durant plus de deux heures, je flotte dans une froide obscurité où le seul lien que je ressens avec la vie est la chaleur de sa main dans la mienne. Comme un fil qui me retient...

Plus tard il me dira combien j'avais le regard mort, combien il ne me reconnaissait plus. C'est vrai, je n'étais pas là. J'avais 8 ans, j'étais perdue et je cherchais ma maman. Il me faudra une douzaine d'heures pour sortir ma tête de mon "funk". Pour retrouver mes 20 ans et l'idée folle de penser que si j'ai pu garder mon utérus, pourquoi ne pas refaire un autre bébé?" Juan sourit.

Durant une minute on a envie d'y croire. Mais c'est une minute où je dois avoir 22 ans à tout casser! Il me faudra trois jours pour retrouver mes 38 ans et quatre autres jours pour me sentir revenir à moi-même. Je pense que je suis pas mal sensible à l'anesthésie générale. Pas sure de jamais vouloir passer sous le bistouri pour des raisons esthétiques!!!

La bonne nouvelle c'est que l'opération s'est bien passée. Comme je l'avais dit à l'antipathique résidente, c'était bien mon ovaire le coupable. J'avais raison. Mon utérus est sauvé! C'est un soulagement. J'ai perdu une trompe, un ovaire et une masse de la taille d'un pamplemousse dans l'aventure mais c'est pour le mieux. Les fibromes ovariens sont rares mais ils existent. Le chirurgien me dit que je suis surement née avec. Il ne pense pas que cela puisse être malin. On en sera certain le mois prochain. J'ai mal à cet ovaire depuis bien longtemps. Est venu le temps de soigner mon cas vu les douleurs des jours qui ont précédé l'opération. Je suis heureuse d'avoir pu être soignée. J'ai reçu des soins compétents et modernes. C'est tout simple dans le fond, du féminin presque banal.

Au final, mon histoire en est une de chirurgie de routine pour le corps médical. C'est une désagréable expérience pour mon propre corps mais ce n'est pas la fin du monde. Dans mon malheur, j'ai de la chance. Durant cette nuit horrible où j'ai erré en un tunnel de souffrances, mon voisin de chambre s'égarait aussi. C'était un homme de 72 ans qui lâchait prise avec la vie. Gavé depuis plus d'un mois, il n'en pouvait plus de batailler et je le comprends. Encore je me demande comment il va, s'il remonte ou dégringole? Alors que je reprends des forces, je regarde vers l'avant. Cela va de mieux en mieux et c'est tout ce qui compte. Aller bien...

Au coeur du bloc opératoire...

samedi, juillet 30, 2011

Brève inspirée par ce texte de mon amie Marie-Pierre

L’inspiration me fait penser à l’amour. C'est aussi une énergie abstraite, magique, invisible, douloureuse, sensible, dangereuse. Une sensation étrange qui nourrit l'âme pour l'épanouir mais qui a aussi le pouvoir de la détruire.

C'est parfois une anguille qui glisse entre les doigts, parfois une graine que l'on plante dans le terreau de ses créativités. D'autres fois c'est une fleur que l’on cultive avec attention. Souvent c'est le vent qui caresse la peau et emporte les pensées qui s'envolent au firmament.

Incontrôlable inspiration! Incroyable sensation. J'aime tant son coté sauvage qui la rend si précieuse à apprivoiser. Toujours je serai aux aguets pour mieux la capter, la comprendre et l'assimiler...

En inspirant...

En vrac de jours...

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Certaines sont des caresses sur la peau, d'autres piquent comme des moustiques au printemps et il y a celles qui forgent le caractère...

N'est-ce pas ce que disent les ancêtres: "Les épreuves forgent le caractère"? Alors la semaine dernière encore une fois je me suis transformée en forgeronne alors qu'un ennui de santé m'est tombé sur le bout du nez (ou plutôt de l'aine)...

Pas vraiment envie d'en conter l'histoire en détails aujourd'hui. Disons que c'est un souci typiquement féminin. Une boule mystère dont je me serais bien passée! En soi ce n'est pas grave disent les médecins. La bonne nouvelle est qu'il n'y a pas de cancer donc je suis en santé (dixit le doc). Enfin, vu comment cela fait mal, c'est relatif comme concept...

Ainsi c'est bien tannant. Trois jours d'hosto et la possibilité de passer sous le bistouri. Je profite de ce temps hors de la norme pour libérer quelques créativités sur ma tablette numérique, inspirer Verlaine et lire George Sand. Surtout prendre mon mal en patience. Comme il parait que ce n'est pas grave, juste douloureux, je dois garder la tête hors de l'eau. Et si opération il y a, cela en sera une de routine. Encore une autre occasion de grandir. Surtout ne pas dépérir. Ne pas se laisser abattre malgré le moral qui tangue sur la houle des jours.

Je passe une résonance magnétique qui me fait penser autant à Charlotte Gainsbourg qu'au film 2001 Odyssée de l'espace! Mes veines fuient sous les doigts des infirmières qui me piquent. Je redeviens une pharmacie sur pattes tandis que le cours des choses avance. Dieu merci pour les pharmaciennes du village qui m'accompagnent depuis des mois dans mes pérégrinations! Elles sont aussi gentilles que connaisseuses de leur domaine. C'est tellement rassurant de pouvoir parler de ses maux à quelqu'un qui a le savoir pour les comprendre et le temps pour conseiller...

En un monde idéal, je devrais être en congé maladie mais c'est un concept inconnu à l'état de pigiste.  Je cours après les mots. Je travaille entre deux maux. J'imagine que cela fait partie du prix de la liberté. Et puis je ne peux me plaindre d'avoir des piges qui s'accrochent à ma ceinture! J'espère au mieux. Comme il me reste des douleurs faciales, séquelles de ma paralysie hivernale, disons que j'essaie de prendre le tout avec une certaine philosophie. Je peine et je m'accroche à cette vie qui est mienne.

Le soutien de mes amis m'est précieux. J'en ressens beaucoup de gratitude. Dieu merci pour l'amitié! Après tout, ce n'est qu'un autre obstacle à passer. Je compte le traverser pour ne pas perdre mes piges et surtout pour embarquer en un projet bien trippant à la fin du mois d’août. Je croise les doigts pour que tout aille bien. Au combat, je bataille...

Je m'accroche à l'espoir, à l'amour et aux petits bonheurs des jours. Mais je m'inquiète pour ma pucette. Je sens le souci grignoter son insouciance naturelle. Elle grandit, elle change. Elle comprend, elle analyse. Mes ennuis de santé depuis février ne sont pas faciles à sa vie. J'en ai tristement conscience.

Même si je fais de mon mieux, je sens qu'elle commence à être affectée. Elle nous fait une subtile régression. Elle n'aime plus être une grande fille. Elle m'explique en détails qu'elle est tannée qu'on lui dise comment elle est grande, comment elle a grandit, etc. Elle me dit qu'elle se sent encore une petite fille, enfin moyenne, plus trop petite mais pas encore grande. Elle veut retrouver la belle vie, elle rêve de reculer le temps...

Je l'écoute, je la comprends, je l'entends. Je sais qu'elle est grande et vive pour son âge, du coup, l'on oublie parfois qu'elle n'a que 5 ans! À la rentrée, l'école... Elle est prête. Elle veut apprendre à lire et écrire. Elle apprend un peu seule. Elle m'étonne si souvent. Comme tout le monde dit qu'il n'est pas bon qu'elle en sache trop avant d'aller en classe, je modère mes leçons. Ma santé bancale fait aussi que je n'ai pas autant d'énergie que je le voudrais...

Alors que je lui explique qu'il se puisse que je retourne à l’hôpital, je la sens se recroqueviller sur elle-même. Elle me dit d'une petite voix chevrotante: "Maman, je veux pas te dire encore au-revoir!" Mon coeur se serre alors que je la prends dans mes bras. Je lui cache mes inquiétudes pour mieux la rassurer. Je lui cache mon stress pour moins l'inquiéter.

Cette fin de semaine, l'on décide avec son père de penser à elle d'abord. Il est possible que la semaine prochaine ne soit pas encore facile alors on profite de cette fin de semaine pour l'entourer de notre affection parentale. L'on tisse le cocon. L'on décide que dimanche sera une journée "Oui Lily" (son prénom composé permet bien des variations). Une journée où elle n'aura pas à subir les affres de la vie adulte mais où elle pourra profiter de cette innocence enfantine qui est sienne (et de ses deux parents qui l'aiment tant).

Du coup, elle retrouve sa bonne humeur, je vois réapparaître sa joie de vivre. Elle sourit et chantonne de nouveau. Mon être s'allège. Je respire ces petits bonheurs qui comblent tout coeur de maman...

En vrac de jours...

jeudi, juillet 21, 2011

Retour de Festival


Avec la fin du festival d'été de Québec, l'on quitte cette étrange dimension dans laquelle l'on était entré. L'on reprend le cours de sa vie des souvenirs plein la tête...

D'abord dormir un peu pour rattraper la fatigue accumulée, puis retrouver le fil des jours normaux. En mon coin de "cyberpigiste", cela veut dire pas mal de correspondance à traiter et quelques feux à éteindre en priorité. Se remettre les idées au rythme du quotidien...

Mais juste avant de repartir en la normalité de mes jours, un petit retour en arrière sur la soirée de samedi dernier. Un retour sur la messe métallique qui a transporté Québec samedi nuit.

Devenir sardine au soleil

Sachant le monde dans les rues, je dois dire que je n'étais pas mécontente de pouvoir entrer facilement dans la zone VIP.

Mais encore là, l'on avait été prévenu; pour avoir une place correcte dans cette zone, il fallait ne pas arriver trop tard. Le concert commençait à 9:30, je suis arrivée à 6:30.

Déjà les Plaines semblent pleines. La fébrilité ambiante électrise l'atmosphère. Je trouve un coin de trottoir où m'assoir. Le brouhaha ambiant se fait plus bruyant.

D'où je suis placée tout est calme, dense mais calme. J'essaie le Wifi mais comme bien d'autres autour de moi, tout est "jammé" même les téléphones ne marchent plus. J'arrive à avoir une connexion une quinzaine de minutes avant de la perdre pour la soirée.

Durant l'heure qui a suit, je fais un peu de jasette. Je pense à mon homme et la "gang", je leur souhaite d'être entrés sur le site. En une heure la zone VIP se remplie de façon assez dense! Je me rends compte que mon spot est précieux. Si je veux le garder, je ne peux bouger. Mais c'est correct, j'ai deux bouteilles d'eau et aucune envie d'aller aux toilettes!

Durant ce temps j'en profite pour papoter un peu avec mes voisins. J'aperçois Régis Lebeaume dans la tente corporative qui nous surplombe. En fait c'est grâce à mes voisins que je le remarque. Tant de regards se tournent dans la même direction que ma curiosité est piquée...

La zone VIP où je suis est prise d'assaut. Un jet d'eau arrose la foule au loin. Il fait chaud. Il est temps que la soirée commence. Au dessus de nos têtes, un hélicoptère fait des tours. J'espère qu'il prend des images que je pourrais voir au futur.

Arrive Dance Laury Dance. Je ne suis pas emballée et l'humour à second degré avec lequel le chanteur commence la soirée me refroidit. Je dois être top vieille pour ce genre de niaiseries.

Lorsque le chanteur interpelle la foule pour demander: "Est-ce qu'il y en a qui aiment fumer du crack en faisant l'amour à une prostituée?". Je décroche. Si je suis rendue matante qu'il en soit ainsi!

Je me rassois pour taponner le Wifi pendant que le groupe sue sur scène. À part une certaine ressemblance du chanteur avec Mel Gibson, je ne trouve rien pour m'intéresser au groupe. C'est con des fois comment une seule connerie peut tout foutre à l'eau...

J'en profite pour observer la foule en attente. Il commence à faire très chaud. La foule se meut en une seule chaleur humaine. Je vois passer deux ados en courant! Je remarque leur macaron. Mon voisin me dit: "Il parait qu'il y a une clôture de défoncée. Des jeunes entrent par là!" Manifestement c'est deux là ont gagné la course, je les vois se perdre dans la densité de la foule. Je n'en vois pas d'autre passer...

Arrive Joe Satriani. Il me semble que l'on est encore plus serré les uns contre les autres, j'imagine que c'est encore pire dans la foule qui nous entoure. Le guitariste est bon mais j'avoue que je commence à être tannée d'attendre debout dans la chaleur humaine. Je finis une première bouteille d'eau...

Messe et communion

À 9h45 arrive enfin Metallica! L'on est tous là pour ça. La foule devient une entité vivante qui ne fait plus qu'une.

Dès les premières chansons, l’atmosphère vibre.  C'est parti pour une soirée mémorable. J'espère les classiques. J'espère "Sanatarium, One, Master of Puppets, Seek and Destroy". J'espère et je ne serai pas déçue!

Le son décape. Il est amplifié mais il est aussi clair, net, pur. Je retrouve cette qualité de Metallica que j'ai toujours appréciée. La foule embarque dès les premières minutes. Le pouvoir de la foule à un show de Metallica a toujours eu le don de me fasciner. J'ai des flashs de concerts passés. Des flashs de ma vingtaine révoltée. Contrairement à certains préjugés Metallica ne rend pas méchant, Metallica fait sortir le méchant. C'est un métal thérapeutique. Il fait sortir les toxines...

James est aussi sympathique que dans mes souvenirs. Il ne jure pas, il n'insulte pas. Il s'enquiert plutôt du bien-être de la foule. Il est présent, presque aimant. Il parle de la famille Metallica avec affection. Il est heureux et le partage. En musique mais aussi en sourires et paroles. Dès le début du show, il dit qu'il a la foi que la famille Metallica de Québec fera beaucoup de bruit! Et Québec fera tellement de bruit que sa foi ne pourra qu'en être accentuée!

Il explique qu'il a entendu parler de ce Festival depuis très longtemps. Il dit qu'être enfin ici est d'une émotion indescriptible. Son émotion est tangible. Il ajoute que c'est si beau de voir les gens de Québec. Des gens qui ont besoin de musique dans leur vie. Il est heureux d'être là et il ne manque pas de le partager avec le public en liesse. L'on baigne dans la magie festivalière...

Il plaisante: "Faites attention à votre voix, nous avons encore beaucoup de chansons!Naaa, faites pas attention à votre voix, donnez la moi!". Il demande: " Do you like your music heavy, do you like heavy? Tell me if you like your music heavy baby!" La foule en transe scande avec rythme des "heys-heys" électriques dans la nuit. "Sad but True" déchire la nuit en même temps que chante la foule.

Il est toujours incroyable d'écouter plus de 100 000 personnes chanter d'un même coeur. Baudelaire a écrit: "Le plaisir d'être dans les foules est une expression mystérieuse de la jouissance de la multiplication du nombre. Tout est un nombre. Le nombre est dans tout. Le nombre est dans l'individu. L’ivresse est un nombre". La jouissance qui régne sur les Plaines samedi soir aurait surement fait sourire Baudelaire. L'ivresse du nombre est une sensation quasi indescriptible, primitive. Je suis ivre.

Je me fonds dans l'entité humaine qui fait la nuit. James fait rejaillir la vie en mon sang. Les paroles des chansons me reviennent en mémoire et j'ajoute ma voix à la foule. Les bras dans les airs, les boucles qui virevoltent de haut en bas et le sourire aux lèvres...

Metallica est une énergie dont l'on se gave. La messe est métallique et l'on communie avec la même foi. La musique est grasse, lourde mais aussi propre et nuancée. Les mélodies sont excellentes et les envolées oh combien intense. La répartition du son est exceptionnelle. J'ai des flashs de James dans les années 90, plus félin avec les cheveux longs. J'ai des flashs de jeunesse survoltée.

À l'époque, le son était aussi bon et le métal encore plus rapide. Je retrouve ce même magnétisme du chanteur qui me faisant tant d'effet il y a 20 ans! Je ressens la même extase que j'ai connu il y de cela bien des années. Je me souviens. Je laisse le métal me traverser le corps. Mes toxines se libèrent à mesure que je vibre de bonheur. Un bonheur partagé par des dizaines de milliers de personnes.

James est heureux comme un gamin. D'ailleurs il explique à la foule qu'il vit là un vrai rêve de gamin. Il remercie Québec de lui offrir cet instant magique. Le rappel va de soi. Il lance à la foule: "You make us feel good Québec!". C'est réciproque James!

Un rappel puis un autre. La foule est un tout qui vibre d'une même énergie.  Le show finit à minuit et quart avec "Seek and Destroy". La nuit est en feu. Le groupe ne semble plus vouloir partir, il s'éternise sur scène en lançant des pics de guitare. Il ramasse un drapeau du Québec que leur offre un fan. C'est tout un moment de Festival que Québec vient de vivre! Un moment qui passera à l'histoire et restera longtemps gravé dans les mémoires...

Metallica aussi risque de d'en souvenir longtemps. L'on peut être fier de Québec. Le groupe qui en a vu d'autres coté foule était enchanté. Il a même écrit sur le plancher backstage:"Here everything is awesome!" Je ne serais pas étonnée de les revoir à Québec dans les années prochaines...




Foule calme et comblée

Alors que je suis un courant d'humanité pour redescendre vers St-Jean, je ne peux qu'être fascinée par la tranquillité de la foule. Même les zombies imbibés d'alcool sont inoffensifs. Metallica a libéré des millions de toxines humaines...

Toujours, j'apprécie le paradoxe historique. La beauté de ces moments de communion humaine à travers la musique sur un site où les batailles font l'histoire. Samedi soir, je suis pas mal sure que même les fantômes des soldats sacrifiés aux combats ont fait la fête avec nous!


Il me faudra bien deux jours pour arriver à me sortir cette soirée du corps! Les jours suivants j'ai l'occasion de discuter avec plusieurs personnes qui ont assisté au show à des endroits différents du site. La majorité de ceux à qui j'ai parlé ont adoré leur expérience.

Mon homme qui ne connaissait pas vraiment Metallica et pour qui c'était une première expérience a trippé comme jamais. Il n'en revenait pas lui même! Il a bien parcouru le site et même si parfois la foule était intense, il n'a vu aucun grabuge...

Mon compère blogueur Mario a lui ressenti une certaine démesure mais comme il se trouvait non loin de la tente des ambulanciers, c'est surement contextuel. Il est évident qu'il y a eu plusieurs personnes bien maganées, des malaises, des malades. Mais sur une telle foule, vraiment pas de quoi en faire un plat. Il y a aussi eu quelques bourdes dans la gestion de foule. Ma compère blogueuse Marie-Ève en a vécu l’amère expérience. Pour ma part, je me suis sentie privilégiée de pouvoir vivre le tout en VIP. L'émotion y était aussi crue que dans le reste de la foule et les malaises plus rares...

L'idée du Festival d'été de Québec est de rendre de tels spectacles accessibles au plus grand nombre. Si l'on y pense bien, c'est un sacré défi! Et chaque année, le Festival remplit sa mission. Même si la perfection n'existe pas, le Festival d'été de Québec analyse et améliore chaque année son fonctionnement pour mieux faire la fois prochaine.

Cela dit, il faut admettre que lorsque l'on voit se dérouler de tels évènements au coeur de la ville, l'on ne peut que dire chapeau et merci!

Retour de Festival

samedi, juillet 16, 2011

En préparation du grand soir (version métal)...


 Ce soir c'est le grand soir M. Québec se met à l'heure métal. Pour savoir ce qui se passe en temps réel, je vous conseille de faire un tour sur Twitter par le hashtag #FEQ.

En suivant ce fil Twitter très actif, il est facile de prendre le pouls de ce qui se passe en temps réel. Durant tout le Festival j'ai eu beaucoup de plaisir à lire les commentaires et les impressions des festivaliers sur Twitter. Mais c'est aussi un bon moyen pour récolter toutes sortes d'informations en lien avec le Festival d'été de Québec.

Je dois aussi avouer que la fatigue commence à se faire ressentir et que j'ai pris du retard dans la publication de mon contenu. À venir sous peu, mes deux entrevues avec Daran et Marco Calliari. Quelques sensations de Buddy Guy et des photos à gogo! Hier, j'ai pris le temps de reprendre mon souffle car la soirée de ce soir s'annonce intense! Mais il me reste encore quelques billets à écrire avant de ranger ma plume de Festival d'été de Québec.

Je n'ai pas vu Metallica depuis les années 90 et je me demande si je vais trouver qu'ils ont pris un coup de vieux. Tout comme je sais que j'en ai pris un depuis la dernière fois que je l'ai ai vus! Après les avoir vu 3 fois au Forum de Montréal, une fois au stade (la fameuse fois de l'accident de James sur scène et de l'émeute) et une fois en plein air à Québec (où j'ai réussi à me faufiler assez près pour attraper un pic de guitare), j'espère ressentir la même fièvre à les revoir ce soir...

De mes concerts Metallica du siècle passé, je n'en garde de très bons souvenirs. Je n'ai jamais trouvé la foule menaçante. Intense mais pas menaçante! Même lors de l'épisode de l'émeute au Stade. C'était une émeute tranquille, la foule était énervée, frustrée mais les gens ne se tournaient pas les un contre les autres. Les plus frustrés se contentaient de mettre le feu aux poubelles pas à la place ou de casser la voiture en démonstration. Enfin tout cela, c'était surtout la faute à Axl Rose...

D'ailleurs, ce soir là, Metallica avait été tout à fait correct, il s'était excusé, avait promis de revenir (ce qu'il a fait). Le groupe avait partagé l'information et considéré ses fans. Ce qui ne fut pas du tout le cas d Axl Rose! Mais de Metallica, j'ai toujours le souvenir d'un groupe généreux et respectueux de ces fans. Je m'attends donc à retrouver la même générosité de scène ce soir. C'est aussi ce qui fait la grande qualité du show...

Aujourd'hui l'on parle beaucoup de la foule, combien arriverons à rentrer dans le site, combien seront frustrés d'être refoulés aux portes? Il est certain que les retardataires risquent beaucoup à ne pas arriver tôt. Et les fans prévoyants risquent d'attendre pas mal longtemps pour avoir une bonne place sur le site! Cela fait partie de la "game".

Un seul conseil, soyeux patients. Le jeu en vaut la chandelle! Et soyeux cool, l'on est là pour avoir du fun pas pour se prendre la tête! Comme le dit ma compère blogueuse Marie-Ève: "Emmenez des images de petits chats avec vous pour calmer les colères qui pourraient germer". C'est vrai que se projeter une image de chaton dans la cervelle a le don de faire retomber la pression...  Et si jamais vous arrivez trop tard, ne soyez frustré qu'envers vous-même. Au pire, il y aura toujours de la pace avec les enfants de moins de onze ans vers l'écran derrière la scène...

Pour ma part, ma puce se fera garder ce soir. Mon homme ira avec sa gang de chums au petit bonheur la chance et je profiterai avec plaisir de ma passe de presse pour éviter la foule.Même si soupçonne que le zone VIP sera aussi en fête!

Et puis, demain matin, j'essaierai de ne pas avoir les yeux trop dans le beurre de peanut pour l'émission radio "la Capitale Blogue" en compagnie de mes compères blogueurs de Festival sur les ondes de CKRL. Dimanche dernier, j'étais pas mal "poquée" à onze heures sur les ondes de CKRL...

Enfin vu la soirée à venir, je doute d'être très fraiche mais je suis certaine que je serais contente et triste à la fois. Contente d'avoir vécu un autre Festival qui m'aura fait voyagé musicalement et triste que cela se termine déjà.

Demain, l'on achèvera l'aventure Place de la Famille avec "La luna Caballera". Ensuite l'on ira faire un tour des diverses scènes pour saluer une dernière fois l'effervescence de la ville. Encore une fois le Festival d'été de Québec nous aura fait tourner la tête! Bonne fin de Festival et  bon Metallica!

En préparation du grand soir (version métal)...

jeudi, juillet 14, 2011

Hypnotique, espiègle, Gaëtan Roussel embrase Place d'Youville

Au bout de ma trentaine, je commence à sentir peser le poids des années sur ma peau.

Au rythme du Festival, c'est flagrant! Et en même temps, cela rappelle au sang combien l'on peut être vivant.

J'attendais Gaëtan Roussel avec plaisir. Et mercredi soir, je pense qu'il était l'un des rares à pouvoir me pousser à sortir.

Alors on se décarcasse la carcasse et l'on repart pour un tour.

Hier soir, j'avais un "bad hair day" et c'était même pas grave! J'étais prête pour une bouffée nocturne de Festival.

De retour Place d'Youville pour Gaëtan. La dernière fois que je l'ai vu c'était en 2006 au pigeonnier. C'était l'été "séquelles d'accouchement" qui m'a bien fait passer le Festival sous le nez. Mais même à moitié morte, je suis allée voir un show, un seul, celui de Louise Attaque.

Et à moitié vivante, j'avais ce soir  là respiré un air qui avait renforcé mon moral abattu! Le temps d'un concert, Gaëtan m'avait requinqué les idées. Je me suis sentie bien malgré l'effort et les douleurs physiques. Pendant un temps, je me suis rappelée à moi. J'en garde un souvenir précieux.

Et cette année, par la grâce des anges, j'ai Gaëtan sous le nez. Alors que je le mitraille de si près, sa présence vite me transporte. Sa voix possède des tonalités qui me caressent l'âme. Je ne cherche même plus à comprendre. Je ressens et j'absorbe. Magnétisée...

Pour la première fois cette année, je réalise que j'ai beaucoup de mal à ne pas danser. Prendre des photos devient un défi lorsque l'on sent monter le diable au corps et qu'il faut se figer pour mieux cliquer! Faut pas croire, il y a aussi des moments où il est difficile de bloguer le Festival!

Mais qu'est-ce qui fait tant le charme de Roussel? Peut-être est-ce son espièglerie qui transperce ses gestes et paroles. Sa guitare affûtée ou son énergie qui déborde?

Je ne sais pas, c'est un tout je suppose. Je ne résiste pas à sa bouille de clown.

En quelques chansons à peine Gaëtan met au creux de sa musique la foule emballée. Une foule dense qui remplit Place d'Youville à plein.

Une foule vivante qui transcende la nuit et semble transformer la place en un pigeonnier. De celui que l'on nomme aussi Parc de la Francophonie.

De mémoire de femme, je ne pense pas avoir vu un show aussi électrique place d'Youville! Il n'y a donc pas que moi que Gaëtan vivifie!

La foule en prend plein les sens. Gaëtan se fait psychédélique, hypnotique, il joue avec le public qui se nourrit de son essence. Il se soucie de son bien-être et sa chaleur humaine est palpable.

Espiègle, il fait "clapper" le public avec une incroyable énergie et lorsque c'est tout le quartier qui semble vibrer, il s'exclame:

- Alors il ne vous reste plus que quarante deux minutes à faire ça!

Il stimule et fait durer le plaisir: "Encore quarante une minutes!" Puis il encourage un joyeux bordel populaire avant de relâcher la foule à la musique. Et de la musique, l'on en prend plein la face!


L'ambiance devient électrique. Parfois même électro-électrique! Gaëtan s'amuse à figer le temps. Seul bémol, un trop long trip de son "weird" qui a failli me mettre la cervelle en bouillie!  Mais je lui pardonne aisément pour le bonheur de "Trouble" qui m'a complètement enivrée. Hier soir, Gaëtan m'a presque fait oublier Louise pour ne penser qu'à Ginger...

Gaétan décape la nuit de son rock écorché. Sur scène, il saute encore comme un gamin et entraine le public en son sillon. Je m'évade en un étrange voyage, un voyage musical au pays de Roussel. Je ne veux plus repartir. J'ai un petit fantasme de nuit parisienne mais cette nuit québécoise est tout simplement jouissive! La place d'Youville orgasme. Gaëtanisée!

Mais l'on ne peut s'arrêter là, il faut recommencer, ne pas se rhabiller! Le rappel est une évidence. Le chanteur revient sur scène, il remercie le public en feu de son accueil et il enchaîne avec une mélodie qui adoucit l'atmosphère électrifiée. "Les belles choses" font le bien d'une caresse. Mutin, il demande:

- Ca va toujours comme vous voulez Québec ou quoi?

Il harangue la foule d'un air de gouaille. Il la pousse à lui répondre encore plus fort. Il présente ses musiciens et dit:

- Na mais si vous arrêtez de crier on s'en va! On est là pour ça nous! Alors on en refait une même si c'est une que l'on a déjà faite même si ça fait super longtemps qu'on a pas fait ça. Mais pour vous on le fait!


Et c'est reparti pour un tour d'Inside/Outside qui vient refaire vibrer Place d'Youville (transformée en pigeonnier)! Il aime le Québec qui lui rend bien. Il prend la peine de remercier le public d'avoir si bien joué avec lui. Sous la pleine lune, Gaëtan Roussel est maitre de son art. La maturité lui va bien. Il excelle.

Et comme personne ne veut vraiment que cela finisse, il ajoute:

- Mais quand ça se passe bien on fait encore un autre morceau, comme quand on était petit! Celle-là c'est vraiment pour le plaisir!

Ainsi la soirée se finit sur une deuxième version de Help Myself car toute bonne chose a une fin et il fallait bien que cela finisse! Une seule question me revient Gaëtan mais où est passée ma chanson préférée de Ginger? Cela dit, l'on se rappellera longtemps de ce show. Merci Gaëtan! Je m'attendais à beaucoup mais pas à tant! Tu reviens quand tu veux, comme tu veux , où tu veux...

Hypnotique, espiègle, Gaëtan Roussel embrase Place d'Youville