mercredi, décembre 24, 2008

Paix et bonheur...

Joy collage

Avec une petite fille de trois ans en notre maison, Noël prend une toute autre dimension. Il est si facile de se laisser plonger en sa magie. Cela allège le coeur. S'effacent alors d'elles-même les sensations désabusées et cyniques qui empoisonnent les pensées...

Je dois cependant avouer que depuis quelques jours, "Papa Noël" est un peu ma carotte d'obéissance! C'est plus fort que moi et cela marche si bien que je n'y résiste point. Depuis qu'elle a vu le petit vidéo où il explique comment les lutins sont ses yeux et ses oreilles (et de comment il faut écouter ses parents), il suffit que je feinte d'en apercevoir un par la fenêtre pour que la demoiselle avale son caprice en une seule bouchée. Je reste parfois bouche bée de la vitesse à laquelle elle se retourne l'humeur. Comme quoi un caprice, cela se contrôle à volonté! Encore faut-il attraper la volonté qui le maitrise...

Cette année, c'est avec grand bonheur que je me laisse enchanter l'esprit par l'infini pureté de l'enfance à mes cotés. Je m'applique à nous construire un cocon de douceur. Je me laisse guider par M'zelle Soleil qui nous fait entrer en un royaume merveilleux où l'amour coule à flot (et règnent les princesses). Elle est le fruit de notre amour et nous nous aimons toujours. De cela, je sens ma chance.

Cette année plus que jamais, je ressens l'esprit de Noël dans les élans de générosité. L'acte de donner est tellement plus riche que celui de recevoir. En vieillissant, je trouve que l'idée de Noël se résume de plus en plus à cette richesse humaine. Sans oublier que chez nous, le décor est digne d'un conte de fée. La blancheur immaculée du paysage, les arbres meringuées d'hiver, les bancs de neige qui réverbèrent les lumières des maisons et des sapins, les flocons qui virevoltent dans l'air et même un gros -8 degrés des plus sympathiques...

Avec une douce joie dans le cœur, je souhaite un Joyeux Noël à vous qui lisez ces mots éparpillés en ce coin de Toile virtuelle. Tous mes vœux de santé et d'équilibre en ce monde qui semble vaciller sous le poids de nos excès passés. Des vœux de tolérance et de respect envers ces différences qui nous séparent, qu'elles soient physiques, intellectuelles ou spirituelles...

Joyeux Noël

mardi, décembre 23, 2008

Quelques nuagesConditions actuelles

Émis le : Mardi 23 décembre 2008, 8:00 HNE - Aéroport de Québec: Quelques nuages -23°C

  • T. ressentie: -34
  • Vents: O 19km/h
  • Lever: 7:28
  • Coucher soleil: 16:01
Froid sibérien et aventures glacées...

Ce matin, un petit -34 dans le vent pour débuter la journée. À ce stade-ci, il ne fait plus froid, il fait frette en masse! Le soleil brille de plein feux et se réverbère sur le paysage givré. Tout est blanc, immaculé, reposé, comme dans les chansons de Noël.

Même si les rayons du soleil m’attirent, je résiste au congélateur extérieur. J’ouvre la porte à Chanelle, une vague sibérienne pénètre la maison. Je demande à M’zelle Soleil :

- Est-ce que l’on sort aujourd’hui
- Non fait froid!
- Mais je sais pas, on pourrait peut-être aller dehors…
- Non, on va pas aller, y fait froid, c’est zelé deyors maman!

Pas vraiment envie de m’obstiner. J’efface mon idée de promenade au Pôle Nord. Mon petit moulin à paroles réchauffe la maison, le sapin embaume le salon. J’écoute M’Zelle Soleil raconter à ses bébés qu’ils n’étaient pas nés lors de je ne sais quelle occasion. C’est son nouveau truc, accepter que nous avons eu une vie avant qu’elle ne naisse. Elle est présentement un peu vexée de savoir que l’on a pu vivre sans elle! S’en suit à ce sujet des conversations mi comiques, mi surréalistes…

Alors que je monte le chauffage, j’estompe les derniers traumatismes de notre expérience des derniers jours. Vingt quatre heures sans électricité par -30, c’est toute une aventure à digérer. Nous avons eu une fin de semaine étrangement palpitante et relativement fatigante!

Samedi après-midi, alors que nous fêtions l’anniversaire d’une petite copine de Liloo chez des amis au village, l’électricité sauta juste avant quatre heures, (la nuit noire tombe autour de 16:3o hres). La fête achevait et un coucher de soleil aux tons pastels laissait glisser ses dernières lumières. Il n’y avait pas l’once d’une tempête en vue, le temps était calme et glacé. Juste avant de défaillir, le courant avait tressauté trois fois, signe que c’était le fruit d’un accident selon le grand-père sur place. Pas véritablement inquiets, nous décidâmes de rentrer chez nous.

La maison était encore chaude, confiants, l’on décide d'aller manger au village voisin en se disant que cela reviendrait bien d’ici que l’on rentre. Le restaurant familial est situé en bas de la côte qui mène à notre village. De là, l’on peut voir la colline plongée dans l’obscurité. Nous sommes plusieurs dans le même cas, à la table voisine, nous rencontrons deux dames qui vivent non loin de chez nous. L’on en profite pour converser. La fille avec qui je discute est une grande gazelle bien sympathique. Mère célibataire d’un enfant métis ramené d’une aventure de jeunesse en Californie, elle me permet d'oublier le temps qui passe. Sa mère est d’origine allemande est habite en un même coin de boisé. Elle discute avec Juan. M’zelle Soleil joue tranquillement et le grand garçon de la fille s’ennuie royalement. M'zelle Soleil se fait des petits amis. Lorsque passe neuf heures, durant un instant la colline s’illumine, l’on prend cela comme un signe. L’on se sépare avec espoir et chacun rentre chez soi.

Une fois dépassée notre première joie, l’on se rend vite compte que c’est une fausse alerte. L’on retrouve notre maison coincée au creux d'une noirceur glaciale. Cela fait cinq heures que le courant a sauté et la maison commence à se refroidir perceptiblement. Yolande, notre voisine vigile nous apprend qu’Hydro prévoit une remise en état du système pour 11 heures. Yolande qui possède un poêle et une ligne téléphonique effective appelle sur une base régulière la centrale d’Hydro Québec pour se tenir au courant la situation. De notre coté, la maison est maintenant fraîche, l’on allume les bougies et l’on croise les doigts. L’on met la petite en pyjama. Elle se couche dans son lit sous un amas de couvertures.

À moitié habillés, l’on se glisse dans la fraîcheur de nos draps. L’on se colle l’un contre l’autre. C’est quand même romantique, l'on en profite. La lueur des bougies vacille sous de légers courants d’airs. Le silence est si profond qu’il ressemble à un bruit sourd. L’on bavarde mi joyeux, mi inquiets. L’on fantasme sur un système d'électricité hybride qui nous permettrait de conserver la chaleur et d’éviter une totale dépendance au système gouvernemental en place. Je rêve toujours un peu d'une génératrice. Les bougies dessinent des ombres sur le plafond que l’on contemple tout en discutant gaiement. L’on élabore de nouveaux plans pour le premier étage que l’on commence à rénover. Virer le sofa-lit pour un poêle (ou plutôt une petite truie comme on dit par ici) serait peut-être pas con! Le froid commence à sérieusement pénétrer la maison. Le temps coule tout doucement. Je parle des vaches qui réchauffaient les chaumières au Moyen Âge. Juan se fout un peu de ma tronche. J'insiste :

- N’empêche je me demande bien la différence que cela ferait si l’on avait une vache dans la cuisine, parce que là je commence à avoir le bout du nez gelé…

Juan a conservé son écharpe. Il regarde sa montre :

- Juste 10 :20! Ah, j’aimerai bien que cela revienne…
- Oui, je serais pas contre une petite truie…
- Ah! Oui, une petite truie pour se réchauffer!
- … rires sous cape.

Juan se rapproche subtilement et poursuit :

- Moi, je suis plus chaud que la maison…
- Et moi j’suis saignante…
- Pourtant vu comment je chauffe, tu devrais être cuite!

Oh! Doucement cowboy! Si ce n’était de ce temps mensuel dont se passerait bien en nos univers féminin, les heures seraient peut-être moins longues à tuer! Onze heures arrive enfin mais toujours pas d’électricité à la maison. La petite se réveille et pleure. Juan va la chercher et la ramène en la chaleur de notre couche. Minuit se passe dans un froid glacial. Je sens la maison qui capitule, le froid nous envahit. Bien au chaud sous nos couvertures, bien serrés en une masse cohérente, nous ne craignons rien tant que nous ne bougeons point. M’zelle Soleil se love entre nous deux et dort paisiblement, l’homme ronflote de son coté et j’oscille entre le sommeil léger et un état alerte qui me réveille toutes les deux-trois heures.

La maison est désormais frigorifiée. Je me sens soudainement vulnérable. Je pense à l’hôtel de glace où la température ne descend jamais en dessous de moins cinq, ceci sans l’aide d’aucun chauffage. Il est donc évident que c’est aussi la limite que nous pouvons atteindre entre nos quatre murs bien fermés. Cette pensée me rassure. Plus de douze heures sans électricité et l’aube enfin se pointe. Je finis par sombrer en un sommeil sans rêve. Nous émergeons tous en même temps, il est passé neuf heures et pas l’ombre d’une lumière ou du fonctionnement d’un appareil de chauffage. La maison a perdu toute sa chaleur, c'est maintenant un congélateur.

Nous nous habillons en triple vitesse. Dans l’évier, de l’eau oubliée au fond d’un bol a gelé! La petite garde son pyjama de polar et l’on file en une place où il fait chaud. L’on décide de laisser Chanelle qui se gèle les pattes dans la relative chaleur du foyer de Yolande. En ouvrant la porte pour sortir de chez nous Juan dit :

- Ouais, ben y’a plus grande différence entre l’extérieur et l’intérieur! À part le vent…

En lisant le journal, devant ma tasse fumante de café, je parcoure les actualités du jour pour apprendre que nous venons de vivre une nuit de grand froid. – 30 sous les étoiles.

Cette nuit là, la lune se joua même le conte de la petite fille aux allumettes version adulte. Un homme bien imbibé essaya de rentrer chez lui. En son quartier où toutes les maisons se ressemblent, il se trompa de maison. Manque de chance, en cherchant ses clés, il glissa sur un publisac oublié sur le perron et se fracassa le nez sur le béton. Surement sonné, la face en sang, il n’arriva plus à se relever. Les griffes de la nuit glaciale choisirent alors de l'enlacer et la lune le croqua! On le retrouva le lendemain matin les bras, en forme de croix, serrés contre son corps gelé mort.

À Montréal, un sans abri fut aussi emporté par les rigueurs de la lune glacée. Raide comme du bois, il finit par attirer les regards et l’on constata son décès au petit jour. Lorsque le vent souffle par moins trente dans la nuit noire, le danger de mort est omniprésent…

Vers midi, l’on revient prendre des nouvelles chez Yolande qui grogne. Maintenant Hydro dit que cela reviendra d’ici une heure! L’on décide d’aller vadrouiller en voiture. L'on visite une amie qui se réjouit de nous voir arriver car sa batterie est morte. Juan lui "booste son char" et c'est reparti pour un tour. En son secteur de lac, le courant est revenu durant quelques heures avant de sauter de nouveau, sa maison est bien moins froide que la nôtre! Une heure plus tard, l'on revient prendre le pouls de la situation. Toujours rien. L’on va goûter aux nouvelles dans le petit restaurant en bas de la côte. L’on y croise plusieurs voisins, les réfugiés du village sont partout en cet endroit. L’on attend tous la même chose avec la même impatience grandissante.

Un voisin avec qui l’on a l’habitude de jaser en conversations de quartier nous demande si nous avons pensé à baisser nos chauffages? Nope, cela ne nous avait même pas traversé l’esprit! Il nous explique alors que cela fait des dizaines de fois qu’Hydro essaie de faire repartir notre réseau mais que la demande est trop forte et qu’à chaque fois cela resaute. La cause initiale de la panne est due à un accident. Une voiture a défoncé deux poteaux. Les poteaux furent vite réparés mais depuis impossible de nous rebrancher! Juan décide d’aller couper nos chauffages et de faire passer le mot aux voisins. Il nous laisse dans la chaleur du restaurant grouillant.

Huguette, vieille dame seule qui habite au bout de notre rue s’invite à dîner avec nous. Alors que l’on bavarde en chemin depuis des années, c’est la première fois que l’on s’assoit ensemble à une table. Juan revient. La maison est congelée. Il a baissé tous les chauffages. Huguette qui y avait pensé toute seule est furax, elle me fait cramper lorsqu’elle nous explique comment elle veut étriper le premier employé d’Hydro qu’elle trouve sur sa route. L’humeur générale est lasse, toute le monde a bien hâte de retrouver le confort de sa maison. J’appelle régulièrement Yolande pour me tenir au courant des nouvelles. L’on sait que l’on ne pourra pas passer une autre nuit givrée. Notre confiance commence à s'effriter. Si l’électricité n’est pas revenue avant la nuit, il nous faudra aller nous réfugier ailleurs. Finalement juste avant quatre heures, j’appelle Yolande qui m’annonce enfin la bonne nouvelle. Depuis douze minutes le courant est de retour. Un immense soulagement se fait ressentir. La vie peut reprendre son cours normal…

Une fois rentrés chez nous, alors que le courant est effectif depuis plus d’une demi heure, l’on remonte le chauffage. La maison est plus que frigorifiée, en fait, il fait plus chaud dans le frigo que dans la cuisine! Tous les meubles sont congelés. Les assiettes sont glacées. L'atmosphère est assez froide pour pincer la peau nue. Dans le lave vaisselle, une nappe d’eau s’est transformée en plaque de glace. L’aloès, déjà fragile, a péri, il semble être la seule victime de cette aventure hivernale. Le bamboo fait la gueule. J’ouvre grand le four que je pousse à fond pour essayer de réchauffer plus vite la maison givrée. Je fais une lessive avec de l'eau chaude et je remplis la sécheuse qui ronronne. Malgré tout, il faudra plus de six heures à notre intérieur pour retrouver le confort thermique auquel nous nous sommes habitués…

Froid sibérien et aventures glacées

lundi, décembre 22, 2008

M’zelle Soleil rencontre le “vrai” Père Noël...

M'zelle Soleil rencontre le Père Noël

Comme nous habitons tout proche du Pôle Nord nous avons la chance d’avoir à Québec quelques furtives visites du Père Noël. Oui, oui, je parle bien du vrai Père Noël. Pas d’un clown quadra, semi-maigrichon avec une fausse barbe, le tout déguisé en un drôle de truc rouge, non, non, à Québec, on peut vraiment rencontrer « Papa Noël » comme s’obstine à l’appeler M’zelle Soleil.

Le Père Noël est un vieux monsieur magique, un gentil monsieur avec une barbe blanche qui lui couvre la poitrine, de petites lunettes dorées et un habit digne des contes de fées. Ce Père Noël ci ne fait pas de magasinage d’enfant à la chaîne. En son petit coin de paradis enfantin, il a bien avec lui un ou deux lutins mais pas de cirque commercial à sa traine. Pas d’appareil photo sur trépied qui attrape la photo anonyme en attendant la suivante. Non, non, là où se trouve le vrai Père Noël, il n’y a qu’une vieille table en bois, quelques jouets pour amuser les petits et son grand livre de commandes. À l’aide d’une superbe plume rouge, il écrit les vœux des enfants en son grimoire magique et ceux-ci peuvent même signer de leur main la commande spéciale.

Ce Père-Noël là se cache bien sur en un grand magasin de jouets...

Dans l’un de ses rares magasins situés sur une rue passante, pas dans la jungle d'un grand centre commercial, non, le Père Noël s'installe en un petit recoin d'un si merveilleux magasin qu'il ne peut que faire rêver tous les enfants (et désespérer les parents avec les prix affriolants des produits de qualité certes mais pas à la portée de tous les portefeuilles!).

Heureusement que pour l'occasion c'est le Père-Noël qui paye la traite! De plus, celui-ci reçoit aussi durant quelques heures nocturnes avant de disparaitre sur son traineau qu'il fait glisser le long des rues enneigées avant de décoller vers les étoiles.

Durant ses courtes visites, il prend la peine d’apprivoiser les petits et de discuter avec les plus grands. Il passe du temps en compagnie des enfants et il donne à chacun une attention tout à fait émouvante…

D’ailleurs mon ado de sœur qui nous a accompagné pour accentuer la magie de sa petite nièce a aussi été conquise par le charmant monsieur. Alors qu’elle arrivait blasée comme il se doit lorsque l'on a seize ans, il lui suffit de jeter un œil sur le monsieur pour être aspirée par sa magie et s’exclamer : « Oh! moi aussi je veux m’asseoir sur les genoux du Père-Noël! » Avant de pousser un petit soupir et de continuer: « Mais je dois être trop grande maintenant! Tu crois que je pourrais lui demander de m’asseoir sur ses genoux quand même? » Je souris dans mon chignon et j'ai un flash de la petite Clo de mes vingt ans. Un zeste d'innocence pure transperce la carapace adolescente. La grande soeur que je suis se réjouit. Lorsque l'on garde quelques parcelles d'enfance dans le coeur, rencontrer ce Père-Noël là ne peut que les faire pétiller d'étincelles. Moi-même, une fois que ma puce eut passée son tour me retrouva toute troublée. Les larmes aux yeux, l’émotion dans la gorge, il me fallut quelques secondes pour retrouver mes esprits! Absorber des souffles d'antan, voir tout le bonheur de ma fille enchantée, j’en étais toute retournée. En ma mamamitude gourmande, je me délectai les papilles!

Cet incroyable Père-Noël apprivoise les enfants, il ne se contente pas de les voir défiler à la chaîne, il les entraîne dans son univers imaginaire. En complète harmonie avec son personnage, il remplit son rôle de faiseur de rêve avec une grâce indéniable. Il réveille l'espoir en un monde meilleur.

Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que l'avantage d'habiter si près du Pôle Nord est la proximité du Père-Noël qui peut venir se balader en traîneau sans même bousculer le décor!

Nous l'avions rencontré pour la première fois en cet endroit un soir d'avant Noël de l'année 2006, alors que le magasin était presque désert et que notre bébé venait de passer sa première année. La petite n'avait pas voulu de lui, sûrement épouvantée par sa magnifique barbe blanche mais la maman présente se serait volontiers assise sur ses genoux. Nous n'avions pas forcé l'enfant, nous avions plutôt discuté entre adultes. Ce vieux monsieur s'était révélé si charmant que je n'ai pu l'oublier. Son salaire était les yeux pétillants des enfants et la douceur qu'il dégageait était tout simplement irrésistible.

L'année dernière nous l'avions raté. Entre deux manèges, nous l'avions croisé en un centre commercial. Nous avions assisté à une chaîne d'enfants en colonie de Noël. Nous avions regardé de loin, ma puce ne désirant pas vraiment s'approcher, je l'avais laissé étudier la scène de son coin. Elle en fut complètement satisfaite et je trouvai que c'était suffisant. Cependant, cette année où elle saisit tout le concept de la chose, je savais que j'irai retrouver le vrai Père Noël avant qu'il ne s'envole sur son traîneau. J'espérais qu'il serait encore là, au même endroit comme il nous avait dit qu'il y serait tant qu'il le pourrait, vaillant et en santé.

Devant nous, une toute petite fille d'à peu prés un an. Sur le coup, elle ne semble pas rassurée mais elle finit pas se laisser si bien charmer qu’elle en rit aux éclats, bien installée sur les genoux du vieux bonhomme. M’zelle Soleil est tout aussi impressionnée que transportée. Elle est presque clouée sur place, les yeux écarquillés, je la sens prendre son courage à deux mains pour avancer vers lui. La présence de sa jeune tante l'aide à ne pas flancher. Je sais qu'elle va passer au travers sa peur. Il y a de cela quelques mois, elle m’avait confié sa grande frayeur de la barbe blanche. Je connaissais donc le fond de son angoisse sans compter que le Père Noël possède aussi cette étrange autorité, doucement inquiétante, de ne pas récompenser les enfants désobéissants. L'enfant est tellement intimidée que l’idée de s’asseoir sur ses genoux la paralyse sur place. Mais comment résister au vrai Père Noël?

M’zelle Soleil est rapidement subjuguée par la douceur et la gentillesse de ce Papa Noël si crédible. Il sent sa crainte et s’applique à la dissiper en lui posant des questions simples, il connecte avec l'enfant en écrivant son nom dans son grand livre enchanté et enclenche une conversation. Je la vois étudier en coin la fameuse barbe si effrayante.


Elle finit malgré tout par accepter de monter sur ses genoux pour dessiner avec lui. Tandis qu'ils dessinent, le vieux monsieur chantonne des comptines de saisons. Sage comme une image, toute concentrée sur l'instant, ma fille m’émeut tant que je sens ma gorge se nouer et mon regard se trouble d'émotions. Mon amour pour cet enfant est si fort que parfois il me coupe le souffle. Lui faire plaisir est si bon. La voir rayonnante est mon plus beau cadeau de Noël. Je suis une mère comblée. Juste avant de partir, le Père-Noël nous lance d’un air presque taquin:

- Joyeux Noël les amis, n’oubliez pas mon verre de lait 3%, mes biscuits et aussi des whippets au chocolat

Picnik collage

À tous les parents des alentours de Québec qui cherchent encore l’adresse urbaine du vrai Père-Noël, il se trouve chez Benjo en basse ville, mais chuuuut, faut pas le dire trop fort, trop d'achalandage serait nuisible à sa santé…

M’zelle Soleil rencontre le “vrai” Père Noël

jeudi, décembre 18, 2008

Fonte instantanée:

Lorsque je croise le regard empli d'amour et de confiance que m'offre l'enfant au bord du sommeil...

Fonte du jour

December Atmosphere

M'zelle Soleil vient de terminer son premier trimestre de trois jours de garderie par semaine. Je suis contente de la retrouver à temps plein et je cultive des sentiments mitigés quant à cette routine de garderie. Des sentiments qui macèrent en bouillons de méditations parentales...

Cette garderie familiale accréditée en banlieue de Québec se situe sur cette rue ci-dessus. Lyne sa gardienne offre un service éducatif intéressant (selon la méthode Montessori) mais manque un peu de douceur maternelle.Mais est-ce vraiment à la gardienne de materner ma fille? Je n'en suis pas sure. À trois ans, M'zelle Soleil peut commencer à en apprendre davantage sur les choses de la vie. Et puis je la materne et l'ai tant materné que cela ne peut lui faire de mal de se retrouver au même rang que les autres dans le coeur de la dame. Une fois qu'elle sera à l'école, elle devra composer avec une réalité beaucoup plus sévère que celle que je lui construis à la maison. Et pour l'instant elle semble s'être adaptée à ce nouveau milieu, c'est ce qui compte...

Juan trouve l'éducatrice un peu trop revêche à son goût, il ne connecte pas vraiment. Enfin vu comment sa propre mère peut être revêche, je suis loin d'être choquée à ce sujet! Mais c'est vrai que la dame possède une certaine rigidité, elle ne se remet pas vraiment en question, persuadée d'être une crème et de connaitre son métier sur le bout des doigts. Ce qui en soi n'est pas une mauvaise chose, elle est simplement plus professionnelle que maternelle en son approche. D'un certain coté, peut-être que je préfère cela à une femme qui se prendrait pour une deuxième mère! Sentimentalement, je trouve cela plus facile à gérer. Je suis certaine que ma fille n'est pas maltraitée en sa maison et je sais qu'elle apprend toutes sortes de petites choses. Mais je me rends compte que ma fille y va toujours un peu à reculons....

Avec moi, cela ne se passe pas mal mais avec Juan c'est une autre histoire. Il est vrai que j'ai remarqué le petit coté "je t'apprends la vie" de la dame mais bon, je le vois plus comme une déformation professionnelle. En ce qui me concerne, je suis totalement en phase avec ma position maternelle et elle semble l'avoir bien compris. Cela dit lorsque ma fille rentre un soir avec un dessin tout bleu (et oui M'zelle Soleil est fascinée par le bleu et elle s'y attache avec passion) où Lyne a écrit à l'endos cette petite remarque: "Il faudrait encourager la petite à utiliser plus de couleurs". Je laisse glisser l'énervement qui me parcoure l'échine. Si ma fille a décidé de crayonner sa vie en bleu, cela ne me dérange point. C'est sa liberté d'expression, son sens de création, et ce n'est pas moi qui viendrai la réprimander! D'un autre coté je ne peux empêcher cette dame (à qui je confie ma fille) d'encourager M'zelle Soleil à se conformer à certaines consignes éducatives, mais qu'elle ne compte pas sur moi pour faire entrer mon enfant en un moule préfabriqué! Je laisse donc de coté sa consigne et ne prend même pas la peine d'en discuter avec elle. Dans la vie il faut savoir choisir ses batailles...

C'est vrai que c'est tout un changement d'environnement pour M'zelle Soleil couvée au creux de mes jupons. Je sais que ce n'est pas facile pour sa petite pomme mais j'ai confiance en ses capacités. Elle revient de sa dernière journée là-bas, le sac rempli des bricolages et dessins sur lesquels elle aura planché le mois dernier. Je trouve qu'elle a bien travaillé et je la félicite. Son père est aussi fier de ses accomplissements d'enfance. Il y a aussi quelques photos des principales activités. La visite chez les pompiers, Hallloween, l'enfant au coin du sapin avec le chapeau de lutin confectionné sur place. Je remarque que sur ces photos les sourires de ma fille sont furtifs, ses grands yeux plein d'émotions me transpercent le coeur. Je me tourne vers Juan, l'on échange un regard de compréhension commune. Une même responsabilité nous lie. Unis par son sang. Notre parentitude s'écoule en cette fillette que l'on a fécondé. C'est un sacré processus que de devenir parent...

Chocolate Mouth

Premier trismestre de garde enfantine

mercredi, décembre 17, 2008

Blogotrucs...

En manque d'inspiration au sujet du "header" (bannière de haut de page), j'ai partagé mes déboires avec Vanou qui a gentiment offert de m'aider à dépasser l'obstacle. Je lui ai tendue images et idées et sur un plateau d'argent, elle m'a rendue cette composition que je m'empresse d'implanter en ce jardin virtuel. Merci Vanou, c'est mon premier cadeau de Noël, bien apprécié, aussi virtuel soit-il...

Du coup, mes pulsions de vierge effarouchée se sont envolées. Il ne me reste plus qu'à en comprendre la pratique pour pouvoir en changer à ma guise. L'idée de fond étant d'en changer au fil des saisons (si la taille est trop grande par chez vous, merci de m'en aviser).

Nouvelle journée de neige pour nos pommes glacées. Noël sera bientôt arrivé, le tourbillon des fêtes est sur le point de tous nous aspirer! Sauf peut-être les esprits tristes et mélancoliques, les cyniques et les désabusés, les coeurs solitaires et malaimés, ceux-là traverseront surement cette période lumineuse comme l'on traverse un gouffre noir. Noël pour les âmes en peine est bien douloureux...

Blogotrucs...

mardi, décembre 16, 2008

School Bus

Il y a de ces images qui font la texture des jours. Celle du bus jaune qui traverse le village en est une qui me fait toujours sourire, sans trop comprendre pourquoi. Peut-être tout simplement pour le rythme qu'elle m'inspire. L'hiver, le bus jaune est l'une des rares couleurs qui vienne égayer mes blanches perspectives...

Le bus jaune est aussi la représentation du fantasme de M'z'elle Soleil qui rêve d'y monter un jour pour enfin aller "à l'école". À chaque fois qu'elle le voit, elle s'enthousiasme. Je n'ose encore lui dire qu'elle ira peut-être à l'école en ville et que si c'est le cas, elle ne le prendra pas pour se rendre en classe. M'zelle Soleil remplit mes jours de multiples bavardises. Souvent elle m'hypnotise. Je me secoue les neurones glacés. Je me givre. Les jours défilent et le bus jaune est toujours fidèle à ses routines enfantines...

Rythme de village

lundi, décembre 15, 2008

J-10

À dix jours de Noël, il pleut comme vache qui pisse. Un contexte idéal pour transformer nos quotidiens en d'immenses patinoires! Car il ne faut pas s'y fier, le grand froid reviendra aussi vite qu'il est parti. Enfin, la chaleur revenue, de ces quelques degrés au dessus de zéro, a quand même quelque chose de plaisant. Brume fantomatique. Atmosphère humide. Soupe d'hiver. D'ici au printemps, promis, je ne me plaindrai plus des tempêtes de neige! La neige amène avec elle des atmosphères duveteuses que la pluie ne possède décidément pas!

À dix jours de Noël, la pluie fait rapetisser les bancs de neige sans pour autant les faire disparaitre. La couverture blanche qui recouvrait les arbres de la forêt dégouline et s'écrase sur le sol. Le temps n'est pas là où on l'attend. Est-ce le monde à l'envers?

Hier alors que Juan demande à M'zelle Soleil d'enfiler un tablier pour l'aider à cuisiner, l'enfant ronchonne, résiste à obéir et s'exprime:

- Moi, ze veux pas faire la cuisine, c'est zuste les garçons qui font la cuisine!!!!

Je m'esclaffe en mon giron sous le regard sombre de mon homme qui s'exclame:

- Ben voyons c'est le monde à l'envers! T'as bien de la chance d'être née au Québec toi!

Il est vrai qu'en notre maisonnée l'homme se met régulièrement à la cuisine. Il est pas mal plus doué que moi et puis il y trouve plus son compte que ma pomme qui est loin d'être la reine des fourneaux! Le pire est peut-être que je n'en ai même pas honte...

Depuis que je suis mère et que je dois nourrir mon petit, je me force davantage mais d'une façon générale, ce n'est pas vraiment mon domaine. Même si j'ai quelques minuscules talents de pâtissière, j'ai tendance à laisser les commandes à l'homme qui se charge bravement de cette tâche. Ainsi avec cette remarque de l'enfant qui nous cloue un peu le bec, je me mets à réfléchir. M'zelle Soleil apprend et assimile son environnement. Elle est source d'avenir. Je ne peux m'empêcher de méditer sur cette différence de pensée qui nous sort de l'âge de pierre et qui met désormais l'homme et la femme sur un même piédestal. Des différences subsistent mais de nouvelles dynamiques se créent. Le masculin et le féminin se redéfinissent. Le respect est la clé de l'entente. L'on cherche et construit ce nouvel équilibre des sexes qui existerait sur une base égalitaire...

En tant que femmes, en cette époque que nous vivons (ici au Canada), nous possédons une liberté d'existence dont peu de nos consœurs bénéficient au niveau planétaire. Combien de femmes brimées pour une femme libre dans le monde? Je ne peux m'empêcher de penser au fossé culturel qui sépare ma fille choyée et la fillette née en Afghanistan, en Inde ou en Chine. La mondialisation nous permet désormais d'avoir de plus en plus conscience des autres cultures mais des gouffres d'incompréhensions demeurent entre nos différentes civilisations. Construire des ponts ferait-il partie de notre évolution? Lorsque je vois grandir ma fille, je me demande à quoi ressemblera le futur qui composera sa vie adulte. Je ne peux qu'espérer le meilleur. À travers elle, j'envisage le futur tout en me détachant de ma petite personne...

Mais pour l'instant, savourer le présent qui nous donne un toit sur nos têtes, de l'Amour entre nos murs et l'enfance qui résonne d'innocence...

Christmas collage

J-10

Une expression que ma Mère-Grand utilisait à gogo et que j'ai définitivement intégrée à ma langue. Une expression de circonstance avec l'ambiance du jour...

EXPRESSION via Expressio.fr

« Pleuvoir comme vache qui pisse »

SIGNIFICATION
Pleuvoir en abondance, à verse.

ORIGINE
Que l'homme est parfois petit face aux 'merveilles' de la nature ! Il suffit de comparer un jet d'urine humaine à celui produit par un bovin en pleine miction (pas du tout impossible) pour le comprendre. Si vous êtes déjà allé batifoler dans les prés du côté de Marly-Gomont ou du Monteil-au-Vicomte, vous n'avez pas pu échapper à ce spectacle étonnant. Alors en partant d'une petite pluie qui aurait été comparée à une miction humaine, on comprend très bien qu'une très grosse pluie ait pu donner lieu, de la part d'un très fin observateur de la deuxième moitié du XIXe siècle (période d'apparition de l'expression), à une comparaison avec un tel déversement de liquide d'origine bovine. Quelques esprits chagrins diront que l'éléphant bat la vache à plate couture dans ce domaine. Certes ! Mais, à cette époque, il était quand même nettement plus rare de rencontrer des éléphants broutant les prés autour de Roupéroux-le-Coquet. Et, en général, on n'ose des comparaisons qu'avec ce qu'on connaît bien.


EXEMPLE
« Les bons amis ne venaient pas.Car il pleuvait comme vache qui pisse et l'on n'aurait pas mis un chien dehors. » Henri Calet - La belle lurette

Pleuvoir comme vache qui pisse

dimanche, décembre 14, 2008

...

Storm and Sun

La semaine commença par un grand froid (-33 de température ressentie), alors que le soleil se pointa pour une rapide incursion, il me permit d'attraper quelques clichés d'Audrey qui s'est fait mettre en portrait pour la quatrième de couverture de son roman à paraître. Et puis à mesure que la température a remonté ( jusqu'à frôler le zéro), la neige s'est remise à tomber. Trois tempêtes plus tard, la température semble s'être stabilisée entre -15 et -20, (même si la nuit dernière effleura davantage les -30). Prés de 60 centimètres de précipitations sont venus épaissir la couverture de neige qui nous offre une fraiche ambiance de Noël. Au village, les bancs de neige font un petit mètre de hauteur. Je vis dans un monde meringué. Lorsque quelques rayons de soleil, aussi furtifs que glacials, viennent éclairer les heures, ils font scintiller le paysage emmitouflé d'hiver...

Les cadeaux de l'enfant sont tous empaquetés et cachés au fond du placard. Enfin, nous avons réussi à mettre un sapin en notre salon (aussi naturel qu'odorant) et j'ai attrapé une méchante gastro plus douloureuse que dégeu. Trois jours hors service et une perte de quelques livres pour alléger ma peine. Du coté de l'enfance, M'zelle Soleil a tellement apprécié l'expérience décoration de sapin qu'elle nous a entrainé en son royaume enchanté. Une fois l'énorme sapin illuminé (et à chaque fois qu'elle le voit depuis), l'enfant s'écrie d'un air joyeux:

- Whooo comment il est bô le sapin maman!!!

Dimanche matin se pointe et me voit doucement sortir des affres de la cochonnerie qui me cloua sur place. Puis l'on entame un autre jour de neige...

Emmitouflé d'hiver Meringue d'hiver

M'zelle Soleil me remémore combien la neige est magique durant l'enfance. D'ailleurs cette semaine, il me sembla que le langage de la demoiselle fit un autre bond vers l'avant. Ses discours, désormais de plus en plus construits et articulés, nous font découvrir le fond de ses pensées...

- Maman, tu me fais un tatoo comme toi?

Elle me tend une feuille de tatoos temporaires en thème de cœur, que je lui ai achetée à force de la voir s'extasier sur mes images de fleurs, tournesols et coccinelles tatouées sur le pied. Depuis son plus jeune âge, elle adore mes tatoos...

- Maman c'est pas des vrais, mais ze peux en mettre hein? Quand ze serai grande z'aurai des tatoos comme toi...
- Hummm, hummm...

En mes pensées silencieuses j'espère quand même qu'elle n'en sera pas trop bariolée. Quelques uns savamment gravés ne me dérangent point, mais d'un coup, l'imaginer recouverte de tatoos de la tête aux pieds me fait légèrement frissonner. La mère en ma pomme croque la femme libérée.

- Maman, quand z'aurai 5 ans, ze pourrai avoir des tatoos comme toi hein?

Pour la Miss, cinq ans représente le futur, avoir cinq ans c'est être grande, être libre...

- Non, dix huit ans ma puce...
- Ah oui, quand z'aurai cri huit ans, z'aurai des tatoos! Là, ze veux le ptit coeur, le gros coeur, lui et lui aussi!
- Pas plus que trois à la fois ma Liloo...
- Maman!!!

Mini tronche et fermeté maternelle tandis que je découpe la feuille de dessins à transférer. Je dépose le gros coeur à l'endroit demandé.

- Za fait pas mal hein maman, z'a fait zuste mal quand z'a fait zzzzzzzzziiizzzziiiii...

Je souris tout en enlevant la pellicule protectrice qui dévoile un joli coeur sur un petit peton...

- Oh K'il é bô! s'exclame l'enfant comblée.

Et c'est vrai que je la trouve bien belle ma fille, belle comme la pure lumière qui irradie son coeur enfantin, belle comme l'innocence qui l'éclaire toute entière...

En cette autre semaine qui s'efface perceptiblement, l'idée qui revint le plus souvent se résume surtout à cette phrase-ci:

- Maman, maman, regarde, j'acrape des flocons quand ze mets ma langue au ciel...

Attrapper les flocons sur le bout de la langue...

Pssst: À suivre, un lien vidéo marrant qui illustre bien nos quotidiens enneigés...

En bref et en large

jeudi, décembre 11, 2008

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées, Quand sous les lourds flocons des neigeuses années L'ennui fruit de la morne incuriosité, Prend les proportions de l'immortalité.
Charles Baudelaire

Le temps c'est comme un flocon de neige, pendant qu'on se demande ce que l'on va faire avec, il fond.
Anonyme

La neige possède ce secret de rendre au coeur en un souffle la joie naïve que les années lui ont impitoyablement arrachée.
Antonine Maillet

citations

mardi, décembre 09, 2008

Blogueries et compagnie...

Bon et bien voilà après moult années de blogue, mon premier vrai troll! Ma foi pas le plus méchant de la gang (de cela j'en suis toujours reconnaissante) puisque ses commentaires possèdent une certaine dose surréaliste (voir billet précédent) qui ne font que polluer l'atmosphère sans vraiment l'envenimer.

N'empêche au bout d'une douzaine que j'efface, je commence à perdre légèrement patience. Je n'ai jamais eu besoin de modérer les commentaires de ce petit coin virtuel, vais-je devoir commencer?

Ceci me fait penser qu'en bientôt six ans de blogue, j'ai toujours eu des visiteurs respectueux, des esprits bienveillants qui ont enrichit mon jardin de mots de leur essence humaine. Aussi à vous qui venez lire mes mots éparpillés, je vous remercie chaleureusement de votre passage et de vos signes de vie.

À ceux qui arrivent ici par hasard, je veux croire que si vous n'avez rien à y faire de bon, alors vous fermerez rapidement cette fenêtre pour irez voir ailleurs ce qui s'y passe...

À ceux qui viennent souvent, lecteurs fantômes que je ne perçois que du bout de mes statistiques, j'aimerais croire que vous appréciez l'endroit pour y revenir régulièrement. Votre silence ne me gène pas, en soi la lecture est passive. L'interactivité n'est en fait qu'un aspect de ces nouvelles virtualités. Je sais que les mots, une fois partagés, n'appartiennent plus à l'auteur. Une fois écrit puis lu, le texte public devient propriété du lecteur. Celui-ci se l'approprie du regard et l'interprète selon ses propres termes.

Je me sers aussi de cet outil un peu comme d'un "gym mental". J'y trouve une discipline. J'y fais toutes sortes d'exercices. À moins de comparer l'endroit à une cuisine où je popote mes sauces. À moins que cela ne soit une sorte de vitrine où j'expose certaines choses. À moins que cela soit une fenêtre où mes amis et famille peuvent venir prendre le pouls de mes jours. Le blogue est comme une anguille, il glisse entre les doigts. Le blogue est multifonctions, multi-services. C'est, à mes yeux, ce qui fait son charme. En six années de blogosphère, j'ai surfé quelques vagues de popularité et j'en ai vu passer des modes et des tendances. Tout comme j'ai vu passer maints lecteurs, plusieurs ont commenté pendant des semaines, parfois des mois même des années, avant de disparaitre dans le néant virtuel. Au début, l'on s'attache davantage et l'on ressent un petit serrement de coeur lorsque l'autre s'efface. Et puis l'on s'y fait et l'on comprend que cela fait tout simplement partie du jeu. S'enthousiasmer puis se lasser est tellement humain. Il ne faut point s'en offenser.

Avec le temps, l'on devient plus philosophe et je me demande si l'on apprend pas à cultiver une certaine indifférence. Pourtant c'est toujours plaisant de voir apparaitre un esprit connu ou inconnu en cet espace invisible, un esprit au loin qui prend le temps de pianoter quelques mots de clavier partagés. Et puis il y a ceux qui sont là depuis des lustres, certains vont et viennent, d'autres prennent l'habitude de s'installer les idées en mon banc de commentaires, ceux là peuvent devenir des amis invisibles, ceux là font partie de ma famille bloguesque.

Tout comme je suis de nature fidèle, j'ai l'impression que ce qui me touche le plus sont ceux qui font preuve d'une certaine fidélité, ceux qui s'inscrivent dans le temps en ma compagnie virtuelle. Ceux-ci rentrent littéralement dans mon coeur et même s'ils finissent par s'évanouir, je continue de les garder précieusement en mes sentiments. Le blogue est un drôle d'animal. C'est un concept moderne que l'on apprivoise graduellement. J'apprécie le coté bistro qui permet de rencontrer l'autre, de faire connaissance et parfois de franchir la barrière virtuelle pour se découvrir au réel.

Je réalise aussi que je ne commente plus beaucoup non plus. À mes débuts de blogosphère, dans l'adolescence de la chose, en cet univers étrange où l'on se découvre, une certaine effervescence a lieu et l'on trouve plein de choses à dire. Et puis avec le temps l'on blase un peu, l'on mûrit. Même si je fais mes tours réguliers de blogosphère, je me fais moi-même de plus en plus fantomatique, je parcours sous couvert les humeurs blogosphèriques et je ne laisse plus beaucoup trace de vie. J'en ramasse pourtant des cailloux que je transporte par ici. Peut-être aussi que je vieillis, comme chaque année, le premier janvier prochain me donnera une année de plus, 36 ans...

Avec le temps, j'ai appris à prendre ma "vie virtuelle" avec un grain de sel. J'ai commencé ce blogue avec mes trente ans. En mon idéal, je le nourrirai jusqu'à mes quarante. Peut-être aurais-je l'occasion de voir naitre un autre petit être d'ici là. Avec le temps, je me sens en contrôle de cet espace particulier, cet endroit que je maitrise de mes phrases et images. J'envole mes mots selon mes normes, selon mes règles intérieures, selon la vie qui "m'évolue"...

Mon défi personnel: Une décennie de blogue (presque un siècle d'existence virtuelle). Si les chats vivent sept ans en une année humaine, une année de blogue en vaut bien dix à l'échelle quotidienne. D'après ce que j'en sais la durée moyenne d'un blogue personnel (qui tient la route) est d'environ deux-trois ans. Il y en a une ribambelle qui ne tiennent pas six mois et il y a cette espèce qui est mienne, une espèce virtuelle qui se fait un cocon de Toile et n'en déloge plus...

Trollée