samedi, novembre 28, 2009

Un samedi matin chez Paillard

En escapade gourmande...

Matinée sucrée

Samedi matin, nous sommes partis en escapade gourmande chez Paillard sur la rue St-Jean. Ayant eu vent virtuel qu'une dégustation de buches de Noël gratuite aurait lieu en matinée, j'ai tout de suite pensé que cela serait une bonne activité familiale.

Nous avons découvert ce café-boulangerie durant le festival d'été. Cela sentait le neuf avec un petit parfum d'Europe. Puis je suis tombée nez à nez avec le comptoir à macarons et mes papilles ont sauté de joie! Depuis je ne rate pas une occasion d'aller y faire un petit tour de gourmandise...

Alors que je savoure un thé Chai tout en picorant le petit déjeuner parisien de Juan, ma curiosité m'emporte et je pose à la dame qui me semble être la propriétaire quelques questions qui me picotent les idées. Très gentille, Rebecca répond à quelques-unes de mes interrogations avant de me présenter son mari Yves.

Celui-ci m'apprend alors être un "natif" de mon "lac". Âgé de soixante quinze ans, il se rappelle celui-ci à l'état nature sauvage. De cette belle époque dont parlent les vieux du village avec une larme au coeur. Cette époque bénie de nature sauvage juste avant que la civilisation ne l'ait apprivoisé (et que notre association essaie de le protéger ce qu'il en reste)!

Bref, j'en connais bien toute l'histoire. D'autant plus que ma voisine favorite Yolande, âgée de quatre vingt ans, m'a souvent raconté cette époque dorée où l'on ne pouvait se rendre qu'en chemin de fer au lac. Ou le lac ne possédait ni village, ni route, ni électricité. Ou les poissons étaient si nombreux que l'on pouvait les nourrir à la main. Ou l'eau était claire comme l'air. À cette époque, l'eau du lac était si pure qu'elle était exportée vers la ville sous la forme de blocs de glace. D'un coup, étrangement, en compagnie de ce vieux monsieur charmant, en cette ambiance américaine à saveur européenne où je croque dans une baguette beurée, j'ai l'impression d'être revenue au lac. De voir avec netteté cette époque sauvage où l'on devait sérieusement se soucier des ours et où l'on voyait des originaux se promener par ci par là.

Les souvenirs de Monsieur Simard sont si denses que j'y pénètre en sa compagnie. Il nous raconte ses excursions à pécher des petits poissons dans les ruisseaux de la forêt avec des cannes de jonc. Il nous explique que sa famille venait vivre là durant l'été et qu'elle possédait l'un des rares bateaux de l'époque. Son sage paternel n'autorisait d'ailleurs son utilisation qu'une fois par semaine pour une ballade dominicale! Le reste du temps, la barque était de rigueur et il se souvient encore de combien il avait dû ramer lorsque sa grand-mère prenait l'envie de tricoter au fil de l'eau...

Je souris. Je connais si intimement ce lac que je peux facilement imaginer cette époque disparue. Régulièrement lorsque les vacanciers sont partis mais que les beaux jours persitent, je peux encore percevoir cette formidable zénitude que décrivent ces gens qui ont vécu ici au début du siècle dernier. Cela fait si peu de temps que le lac s'est transformé en ce qu'il est aujourd'hui, qu'il reste encore de solides vibrations naturelles dans l'atmosphère limpide. Lorsque les vacanciers ont repris leur routine citadine, il subsiste ici une sorte de paix universelle...

Ce charmant monsieur nous fait voyager dans le passé. C'est aussi délicieux que mon petit déjeuner! Mais l'on en revient au présent et il m'explique alors qu'il n'est plus capable de revenir au lac. Que son exploitation humaine le peine assez pour qu'il refuse d'y venir reposer ses vieux jours. Qu'il préfère garder ses souvenirs intacts pour ne pas entacher leur pure beauté. Ce point me fait me demander si je ressentirai la même sensation à 70 ans? Si revenir au lac me sera trop douloureux pour que je puisse l'envisager. Si celui-ci aura tant changé que j'aurai peine à le reconnaitre. Si c'est le cas, alors cela sera vraiment bien triste pour nos enfants...

...

Pendant ce temps, M'zelle Soleil croque de bon cœur dans une tartine croustillante de baguette dorée. Le propriétaire charmant retourne vaquer à ses obligations et nous en profitons pour déguster les fameuses buches de Noël. Exquises. Même si je ne suis pas vendue aux buches de Noël, j'ai succombé à celles-ci. J'ai particulièrement aimé "La paillard", une buche "crème légère au caramel à la vanille avec des morceaux de poire infusées et un biscuit Joconde aux amande". M'zelle Soleil, par exemple, a englouti "L'équinoxe" tout chocolat en trois coups de langue! D'ailleurs, la demoiselle s'est chocolatée le bec en beauté tout au long de cette matinée passée chez Paillard...

En discutant de nouveau avec Rebecca Simard, je comprends mieux l'idée qui se cache derrière ce café-boulangerie. Restaurateurs à la retraite, son mari n'aimait guère l'idée de ne rien faire. Depuis toujours, il désirait ouvrir à Québec une sorte de café qui combinerait l'Europe et l'Amérique en une ambiance contemporaine...

Et en effet, chez Paillard rien n'est laissé au hasard. L'on s'applique à raffiner l'endroit jusque dans ses moindres détails. L'ambiance est branchée mais ultra conviviale. Les produits proposés sont tous excellents. En quelques mois seulement, Paillard est certainement devenu l'un des endroits tendances sur la rue St-Jean...

Et puisque l'on est ici, même si je me suis gavée en avance de délicieuses buches de Noël, je ne peux repartir sans ma dose de macarons! J'apprends d'ailleurs que le pâtissier à fait un stage chez Pierre Hermé à Paris l'année dernière (l'un des gourous de Marie-Julie Gagnon, une véritable experte en passion macaron). Et il vrai que les macarons de chez Paillard sont si bons que l'on n'y résiste point!

Alors que l'on s'apprête à partir, un boulanger installé en chemin, fait gouter ses dernières prouesses afin d'en récolter l'avis du public. Juan homme salive sur sa fougasse salée, heureusement qu'il n'y en a pas à vendre car l'homme n'y résisterai pas! Enfin, on part déjà avec des macarons, une baguette et une miche, je ne suis pas sure d'avoir besoin d'une fougasse en plus! L'on sort alors marcher dans le Vieux-Québec afin de dépenser les quelques calories que l'on aura récolté avec toutes ces gourmandises que l'on a mangé ou que l'on mangera...

7 commentaires:

  1. Anonyme10:59 AM

    Les photos me disent quelque chose... Je crois que j'ai fait découvrir à quelqu'un ce que c'était qu'un macaron, dans cette boutique :)

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  2. C'est ouvert depuis quelques mois seulement, le printemps dernier, il me semble... Peut-être que le vidéo peut aider tes souvenirs! ;)

    PS: J'ai raté cependant mon insertion musicale car il y a un petit grichgrich qui me tanne l'oreille, pendant le transfert sur le web, il y aura eu un petit bug... :-(

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  3. Miam ça d'l'air tellement bon...

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  4. Du m'a fait saliver, avec ton reportage! Et justement, encore mieux pour la fugace...

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  5. La Belle, oui, c'est délicieux, si tu passes par QC, tu ne seras pas déçue d'y faire un tour...

    Julie70, il faut dire que c'était plein de gourmandises! ;)

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  6. Anonyme12:01 AM

    mmmm des macarons... j'adore.

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  7. moi aussi, c'est mon péché! :D

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