vendredi, octobre 31, 2008

Humeur du jour

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Après une matinée halloweenesque pour ma pomme en vadrouille urbaine, je reprends mes esprits solitaires. Docteur. Radios. Antibios. Brûlure d'azote liquide. Un cocktail matinal avec une petite saveur d'horreur. J'avale mes douleurs. J'erre dans quelques commerces pour préparer l'anniversaire de mon petit brin de fille. Je prends un thé dans un café Internet. Puis je file attraper mon homme. Ensuite l'on ira vite chercher ma petite blanche neige pour courailler les maisons ouvertes aux monstres en tout genre! Ce soir les citrouilles illumineront la nuit tandis les enfants récolteront assez de bonbons pour de multiples indigestions!!! Joyeuse Halloween aux petits comme aux grands...

Humeur du jour

jeudi, octobre 30, 2008

Neige précoce

Chez moi l’hiver est arrivé sans crier gare. Le coquin semble même avoir décidé de s’installer en nous faisant un pied de nez! Les enfants ont des sourires jusqu’au oreilles tandis que les adultes grommèlent. Ce matin, deuxième réveil blanc. Après avoir neigé toute la veille, une bonne dizaine de centimètres de neige lourde et collante recouvre le paysage en son entier! Juan regarde par la fenêtre :

- Mais dis, la neige là, elle reste-tu…..


Dans le jour qui se lève, il laisse flotter sa question en suspension. Je marmonne

- Yep, y’en a quand même beaucoup pour dire que ça va fondre en un ou deux jours, va falloir qu’il fasse sacrément soleil…


Ce matin, on se sent vraiment en plein hiver! Les prévisions parlent d’un réchauffement qui fera fondre les flocons. Espérons qu’elles ne se trompent pas! En cours de matinée une amie vient nous chercher avec ses petits. Du haut de ses deux ans et demi la plus vieille est aux anges. Voir la neige la ravit. Sa maman partage modérément ce joyeux sentiment. Elle n’en revient pas de voir la blancheur de mon quotidien. Elle qui habite en bas de ma montagne, à quelques vingt kilomètres d’ici, ne s’attendait pas à trouver tant d’hiver en arrivant chez moi. L'on soupire en choeur. Rassurée je suis de la voir en phase avec mes impressions mélancoliques. Elle me dit :

- Nan, mais j’en reviens pas! D’un coup, sur la route pouf la neige est apparu!!!

Dans le sens contraire, tandis que nous descendons la montagne, d’un coup la neige disparaît de ma vue. Je m’exclame :

- Mais c’est vrai y’a pas de neige chez toi! Dis, y’a même des feuilles aux arbres!!!

Cela fait plaisir de changer de climat en vingt minutes! Lorsque quelques heures plus tard, elle nous ramène en nos pénates. J’espère secrètement que la neige aura fondu. Niet! Mon rêve n’est point devenu réalité. L’hiver n’a point laissé la place à l’automne...

Si l’hiver s’y met dès maintenant, il risque d’être bien long une fois rendu en mai! Ce qui est difficile en notre hiver, ce n'est pas tant la rigueur des températures que la longueur de la chose. Ne voir que du blanc des mois durant, cela peut finir par être bien monotone (pour ne pas dire étouffant quand on dépasse les 5 mètres de précipitations!). Cela reste toujours joli mais bon... Ici il n’est pas rare d’avoir de la neige jusqu’à la mi mai. Certains disent que l'on habite un micro-climat. Que nous avons de la neige à profusion. C'est un fait certain. Mais quand elle démarre à la fin octobre, cela nous donne plus de six mois d’une même saison froide...

En milieu d’après midi, les sapins sont encore blancs comme des meringues. Même s’il en reste un peu moins qu’au réveil, le soleil se couchera ce soir sans avoir réussi à faire fondre le manteau de neige qui recouvre la forêt. Meilleure chance demain…

Neige précoce

mercredi, octobre 29, 2008

Expression au quotidien

En cette journée aux subtils airs de tempête, les flocons n'en finissent plus de blanchir le paysage dénudé. J'écoute des airs de jazz. Onctueuse atmosphère lunaire. Les branches des arbres ploient sous la neige qui s’y colle. Tout est blanc. Immaculé. Silencieux. Une bonne bordée d’octobre...

J’en profite pour choisir mon expression de la semaine. Au Québec l'on dit plutôt que l'on est cassé lorsque l'on est fauché. Dans tous les cas de figure ne pas avoir un sou en poche est la même chose pour tout le monde! C'est mon cas présent. Je vis trop souvent d'amour et d'eau fraîche. Je ne suis guère matérielle. Certains me l'ont reproché. Je n'en ai cure. J'ai de spirituelles ambitions. Je crois plus en l'amour qu'en l'argent. Je ne possède aucun investissement. Je n'ai pas d'épargnes personnelles. J'ai du savoir et de l'éducation. Je sais très bien qu'être pauvre dans un pays riche comme le nôtre n'a pas la même valeur qu'être pauvre au tiers monde! Insouciante devant la crise financière qui fait frissonner ceux qui ont de l’argent. Je me préoccupe davantage du sort de ce grand lac qui s’endort maintenant sous l’assaut brutal de la prochaine saison…

J’investis simplement dans le futur de ma fille. Avec l'aide de mon homme, je lui construis un cocon familial. Je veille à son épanouissement. Tous les mois, l'on dépose quelques petits sous dans un régime épargne pour ses études. Tous les jours, je travaille à son bien-être physique et moral. À cette tâche, Juan m'est d'un soutien inestimable. L'enfant grandit. Elle passe trois jours de la semaine en garderie. Je me rappelle certains droits individuels. Je concentre mes énergies. J'espère prochainement atteindre un roulement de piges qui me donnera quelques salaires. Ceci fera ma douce fortune (et allègera ce poids qui pèse sur ses épaules masculines). En attendant, je fignole mon curriculum vitae, je choisis mes rondes où le faire tourner. Je prépare des dossiers. Je macère des idées. Par dessus l'océan, je négocie les paiements de mes piges effectuées durant le mois dernier. Je m'habitue à ce nouvel équilibre sans elle. Ma toute petite fille qui aura bientôt trois ans et qui nous demande un jour sur deux : « C'est-tu ma "bonne fête" aujourd'hui? » avec les yeux plein d’espoir que l’on confirme le grand jour. Cela s’en vient ma fille, cela s’en vient…

J’en profite pour retrouver les chemins de mes inspirations. Dernièrement j’ai retravaillé un tout petit texte que j’ai déposé là-bas plutôt qu’ici. Je travaille à ces phrases qui archivent cette petite enfance que je dévore du bout de mon esprit. J'aiguise ma plume. Je pense à me recueillir en un nouveau manuscrit. J'ai quelques nouvelles à terminer. Je pense à ces idées de romans laissés en plan depuis trop longtemps. L'écriture n'enrichit guère le travailleur qui peine à son service. L'écriture nourrit l'invisible qui nous relie..

EXPRESSION via Expression.fr
« Fauché (comme les blés) »

SIGNIFICATION
Très pauvre, ruiné.

ORIGINE
"Fauché", à l'origine participe passé du verbe 'faucher', est une simple métaphore qui assimile l'état du portemonnaie de la personne totalement démunie à celui du champ complètement fauché (il n'en reste rien). Selon Gaston Esnault, elle date de 1877. Quant à son extension avec "comme les blés", elle serait apparue en 1899. Si cette comparaison coule de source (le destin d'un champ de blé est d'être fauché), il faut aussi y voir une certaine malice, puisqu'en argot, le "blé" désigne l'argent. Et si la métaphore parait évidente, on peut tout de même noter qu'au XVIIe siècle, à une époque où les gens se promenaient encore avec des espèces sonnantes et trébuchantes dans des bourses pendues à la ceinture, le voleur "fauchait" lorsqu'il coupait la bourse et l'emportait (pas les bourses !). On retrouve un lien avec deux des sens argotiques de "fauché" puisque celui à qui on a "fauché" (volé) sa bourse est sans le sou (il est donc fauché).

EXEMPLE
« Sur les épouvantables billets de banque, on voit le travailleur
éclatant de santé
dans un ravissant paysage d’été
et fauchant en chantant alertement les blés
mais on ne voit jamais
l’image simple et vraie
le travailleur en sueur et fauché comme les blés. »
Jacques Prévert - Paroles

Expression au quotidien

L’hiver s’enchaîne au présent.

Poids de saison

Ce matin, je me suis réveillée avec de la neige plein les yeux. Entre deux flocons dodus, l'atmosphère hivernale à souhait appelait Noël à plein vent...

L’hiver s’enchaîne au présent.

lundi, octobre 27, 2008

Chroniques de Shni,

Hantée par la bordelitude de mon bureau, Halloween me pousse le derrière des pensées. Je me secoue les idées. Je croise Shni au coin de la cuisine à ranger. Le minuscule génie du ménage me fait la moue. Je m’arrête et l’apostrophe :

- Quoi? Tu as quelque chose à me dire?

La bestiole cligne des yeux. Sa peau se nacre. Il penche la tête et étudie ma robe de plage en coton confortable.

- C’est ton nouveau pyjama?
- Mais de quoi je me mêle! T’es pas supposé me faire une remarque sur le bordel qui règne? Tu vas pas me faire la conversation non plus!

Il soupire bruyament. Un voile terne teinte sa peau surnaturelle.

- Tu es bien insolente ce soir. N’avais-tu point remarqué que cela fait plusieurs mois que je n’étais pas venu te rendre visite? Tu ne te demandes pas pourquoi je suis de retour?
- Non, je ne me pose pas de questions sur ton existence. Tu vas. Tu viens. Tu es. Depuis le temps que tu t'articules devant moi, je te connais. Je te considère même en mon subconscient imaginaire. Je t’accorde ta raison. Mais je sais bien que tu ne peux apparaître que lorsque ma roue domestique déraille. Tu es bien plus à ma merci que tu ne le penses…

Le petit être clignote de surprise tandis que je me désintéresse de son sort. Il virevolte quelques secondes au dessus de mon épaule avant de se désintégrer dans un courant d’air. Je m’assois à mon bureau débordé de trucs en pagaille. Un tube de mascara devenu propriété de Lily. Le bulletin municipal. Des dizaines de feuilles en liberté, notes éparses, gribouillis en tout genre. Un appareil photo renversé. Une bouteille de monoï. Des crayons de couleurs. Une paire de chaussettes taille fillette. Une carte de visite déchirée en un coin. Un bracelet. Une canette vide. Un élastique à cheveu. Mon portefeuille vide…

Chroniques de Shni,

vendredi, octobre 24, 2008

En reconstruction...

Après des années de blogue sur fond de lac. J'abandonne mon template vintage (fait avec amour par Juan) avec un petit serrement de cœur. Celui-ci fonctionnait de plus en plus mal. Il fallait agir ou dépérir! Je finis donc par prendre donc une grande respiration et... schpouf! J'ai appuyé sur le bouton qui efface l'ancien et laisse place au nouveau. Juan, de ses talents informaticiens, m'aidera à reconstruire une nouvelle forme de blogue. C'est donc maintenant le temps de rénover ces quartiers de Toile. À suivre dans les jours à venir...

En rénovation

En sa pureté je me fonds...

L'enfance s'épanouit au cœur de la vie...

My ray of light

Elle est le rayon d'enfance qui illumine mes émotions,
confronte mon cœur et fait grandir mon existence...

En sa pureté je me fonds

mercredi, octobre 22, 2008

Soupçons d'hiver

Huit heures du matin, mal réveillée, je regarde par la fenêtre. Le toit du voisin est si blanc que je m’exclame :

- Whoo, y’a eu du givre cette nuit pas à peu prés!!!
- Etol, c’est pas du givre, c’est de la neige!
- Noooonnn....

Estomaquée, j’y regarde de plus près. Mon regard accroche la cime du sapin devant ma maison. Celui-ci est tout blanc! Déjà? Non! Je peine à y croire et pourtant alors que cette réalisation se fraie un chemin dans mon quotidien, j'aperçois de minuscules flocons tomber du ciel d'ivoire. Il neige...

Soupçons d'hiver

mardi, octobre 21, 2008

Vidéo matinée

En passant par chez Patrick, j'accroche cette humeur vidéo (Une collaboration musicale entre Patrick Watson et le Cinematic Orchestra) qui reflète bien la saveur de ce jour de pluie. Grise Atmosphère. Larmes d'automne. En musique je fuis...


To build a home,
Vidéo dirigée par Judith Holzer et Rainer Kohlberger
en soumission pour le Radar Music Video Festival 2008.

Humeur Vidéo

lundi, octobre 20, 2008

Je te tiens, tu me tiens, par la peau des fesses....

Assises sur le sofa, nous papotons. M'zelle Soleil entremêle ses petites jambes dans les miennes. Le souffle de ses mots caresse ma joue. L'une contre l'autre, nos chaleurs communiquent. Je la chatouille. Elle en redemande. L'on se repose en malaxant la langue de chez nous. Je lui récite les jours de la semaine. Bien concentrée, elle les répète après moi. Je poursuis avec l'alphabet. Cela commence bien innocemment avant de dérailler:

- ... l, m, n, o, p , q....
- elle, aimné, o, p, q. Maman le q c'est les fesses!!!

J'éclate de rire tandis qu'elle glousse contre moi. La demoiselle n'en rate pas une. Je prends note qu'il faudrait vraiment que je cesse d'utiliser les expressions du genre "ça coute la peau du c..." qui la font s'esclaffer dans sa barbe de coquine...

Je te tiens, tu mes tiens, par la peau des fesses....

En vrac de lundi...

Vue d'automne

Après les blessures de chevilles consécutives, voilà que je découvre les grippes à répétition! L'une est à peine terminée qu'une autre enchaine mon corps au fond de mon lit. Il y a de ces jours que je fais fi de ce corps qui me trahit. Dire que l'année dernière grâce à ma discipline d'entrainement je n'étais pas tombée malade de la saison! Ma cheville prend du mieux et petit à petit, je peux reprendre le chemin du gym. Même si c'est une discipline de vie, même si c'est parfois ennuyant, mieux vaut avoir les muscles en feu que la forme à la dérive! Cet automne 2008 ne se sera vraiment pas passé sous le signe de la santé! Ma rentrée aura volé dans les éclats de ma douleur. Enfin, l'automne s'achève avec les feuilles mortes qui tapissent la forêt aux branches nues et les prévisions de neige qui se font entendre pendant les rapports météos....

Sur une note plus positive, j'ai, durant cet automne, vendu quelques photos de glace à une maison de disque allemande pour la confection d'un coffret Cd aux accents de jazz qui sortira sous une forme d'une compilation pour Noël. J'ai participé par écrit et en images à un dossier pour un magazine de photo qui sortira la semaine prochaine en France. Ce fut, en cette saison éclopée, une expérience stimulante à mes neurones agités! L'on m'a contacté pour me dire que l'on comptait m'introduire dans un futur dictionnaire d'auteurs québécois en littérature fantastique. Ce qui me fait penser qu'il serait bon que je reprenne certaines voies d'écriture en suspension. Il est question de quelques projets en gestation. Je macère aussi sur certains dossiers d'avenir avec l'espoir d'améliorer notre malheureuse situation financière. Mon curriculum de traductrice commence à prendre le large. Nous verrons d'ici quelques semaines ce qu'il ramassera en ses filets. Et voici une nouvelle semaine qui débute. Avant qu'elle ne m'avale, j'en profite pour partager mon expression de la semaine...

UnderwaterPommes de pin

EXPRESSION via Expressio.fr
« Faire fi de »

SIGNIFICATION
Dédaigner, mépriser.

ORIGINE
C'est depuis le XIIIe que l'onomatopée 'Fi !' exprime le dédain ou le mépris. En 1660, Jean Nicot, dans son "Thresor de la langue française" écrit que 'fi' s'utilise lorsque "le Français abhorre quelque chose" et il indique que le mot vient peut-être du latin 'fimus' qui désignait du fumier ou de la fiente, matière qui, il faut bien le reconnaître, suscite rarement l'enthousiasme, surtout lorsqu'un pigeon ou un goéland à qui on n'a pourtant rien fait vient en tartiner nos lunettes et vêtements suite à une injuste attaque en piqué. Ce dédain s'exprimait autrefois dans le proverbe : "fi de l'avarice, c'est un vilain vice" montrant la forme "fi de" suivie d'un nom, en usage avant notre locution, comme l'emploie Jean de la Fontaine dans "le rat des villes et le rat des champs" : "Fi du plaisir que la crainte peut corrompre !", ou bien Clément Marot : "Fi de l'honneur ! Vive la vie !".

EXEMPLE
« J'aime bien le romantisme, pour ma part : mais pas celui de cette espèce-là, qui vraiment fait un peu trop fi du bon sens. » Émile Henriot - Portraits de femmes

En vrac de lundi

vendredi, octobre 17, 2008

Chroniques d'enfance

- Maman, on va mettre des bonbons dans le gâteau et on va mettre de la farine... Ça va être bon, bon…. Miam...

Je suis d’accord pour la farine mais les bonbons dans le gâteau on va se calmer les ardeurs gourmandes! M’zelle Soleil m’aide à la préparation d’un gâteau au yaourt. C’est une belle activité de maman-fillette. Lorsque le mini bout s’exclame : « Ze n’aime ma maman qui fé un gâteau! » L’on se sent appréciée, en complète harmonie avec l’instant. Par contre lorsque la petite fille rugit : « Tu peux m’écouter quand ze parle!», l’on se sent pas mal plus sur le paquebot de la parentitude qui nous fera traverser les tempêtes des âges...

Nous voilà avec trois semaines de garderie dans les pattes. Trois fois par semaine depuis trois semaines. L’enfant s’adapte bien même si ce n'est pas toujours une partie de plaisir. Le papa n’est pas en phase avec la gardienne. Le papa semble parfois en arracher plus que l’enfant! C’est une transition ardue. La petite quant à elle ne veut plus être grande. Maintenant qu’on lui demande d’être autonome, l’enfant me fait des spasmes de régression. Elle aimerait remettre des couches comme les bébés, manger des petits pots de bébé et elle n’a plus tant envie d’aller à l’école! Mais surtout elle aimerait bien que je fasse un autre bébé. Elle m’en parle quasiment tous les jours. Elle est fascinée par les bébés. Le matin elle me dit :

- Tu vas me faire un bébé hein maman? Un bébé dans ton ventre? Moi quand z’étais bébé, z’étais dans ton ventre! Tu vas faire un bébé à 3 heures hein maman?

L’homme rigole et enchaîne :

- Oui, tu as bien compris ta fille, tu nous fais un bébé aujourd’hui même! Ce soir, on a un nouveau bébé!
- Oui papa oui, un nouveau bébé! Trois heures maman…

Mais bien-sûr mes amours, je vais enclencher la gestation accélérée et demain j’accouche! N’importe quoi! D'autant que vu comment je vois venir la chose, d’ici que je fasse un nouveau bébé, elle aura quatre ou cinq ans et ne voudra plus en entendre parler! Depuis qu’elle va à la garderie, elle semble développer le concept des princesses. Lorsque je lui explique le principe de la lettre au Père-Noël, elle me dit :

- Ze veux trois poupées, une jaune, une bleue, une verte et des zeux de princesses!!!

Je suis alors agenouillée devant elle, l’on discute les yeux dans les yeux, j’applique la technique recommandée pour les punitions d’enfants à un autre escient. Cette technique à la mode qui veut que lorsque l’on gronde l’enfant pour une quelconque bêtise, l’on doive absolument s’agenouiller, se mettre à sa hauteur pour ne pas l'écraser de notre force adulte. Se mettre à son niveau pour bien lui expliquer la conséquence de l’acte. Un jour comme un autre, j’ai eu l’idée subite d’essayer cette technique alors qu’il n’y avait pas de punition dans l'air, alors que tout baignait dans l’huile. J’ai alors découvert que c’était excellent pour communiquer sincèrement. L’enfant, en totale confiance, s’ouvre comme une fleur de lotus. L'on découvre alors toute la profondeur de son essence. Depuis, j’utilise régulièrement cette technique pour discuter avec mon petit brin de fille. Lorsqu’une discussion s’engage, je m’agenouille, je plante mon regard dans le sien et j’essaie de creuser nos voies de communication en de larges avenues. C’est dans l’une de ses discutions qu’elle m'a confié dernièrement l’une de ses peurs enfantines. Alors que je lui explique la magie du Père Noël et qu'elle me parle des cadeaux qui lui plairait:

- Alors il faudra que tu le dises au Père-Noël aussi si on le voit quand on va faire des courses….
- Mais, maman, z’ai peur de la babe de Papa Noël. Il a plein de babe, z’ai peur!!!

Voilà donc un petit mystère de résolu. L'année dernière, elle était incapable de détailler la peur que lui causait le Père Noël lorsque venait le temps de l'approcher. Je lui souris et lui explique que c'est gentil une barbe, c'est doux et cela fait pas mal...

Comme elle fêtera Halloween de jour avec « les petits amis de la garderie » cette année, je lui déniche une robe de Blanche-Neige qui la remplit de bonheur. Elle s’amuse à la porter à la maison, toute fière de sa robe de princesse d’Halloween. Un déguisement qui ne sera vraiment pas pratique pour faire le porte à porte gronchonne la mère poule en ma cervelle. C’est sur qu’une fois un pantalon et un manteau d’enfilés dessous la robe, la demoiselle risque de ressembler plus à épouvantail qu'à une princesse! Cela tombe peut-être bien puisque Halloween surfe une vague de frayeur en son cœur de fête. J'ai fait les paquets de bonbons pour les enfants du voisinage, il faut encore sculpter la citrouille qui attend son sort sur le perron et préparer l'une de ces tartes qui fait grimacer mon homme...

Costume Party


Ce matin, elle sait qu'elle ne va pas à la garderie. Elle est bienheureuse de profiter de sa maman à la maison. Elle saute dans tous les sens. Elle pétille de joie de vivre. Elle met la musique à fond, et sur un air "d'hip-hop-jazz", elle danse comme une puce survoltée tout en me tendant un truc rouge dans sa main: « La fête commence! Maman tu peux me gonfler le ballon?»

Chose qui m'intrigue, alors qu'à la maison elle ne dessine que des ronds, elle me ramène de là-bas des dessins bariolés de traits verticaux. D'autre part, l'évolution positive que je remarque de cette expérience de garderie, c’est qu'elle est désormais capable de jouer seule dans sa chambre. Petite note négative, je trouve qu'elle articule un schouïa moins bien même si elle parle toujours autant. Mais comme elle joue avec ses bébés si gentiment sans expressément demander mon attention, j'essaie de ne pas trop accorder d'importance au laxisme de ses articulations. Parfois même elle ferme la porte et me demande de ne pas entrer. La garderie lui fait travailler ses libertés tandis que j’ai de nouveau la liberté de travailler…

Chroniques d'enfance