lundi, août 30, 2004

Mon p'tit vice...

Un p'tit lien trouvé chez Lorenza qui m'emporte les yeux au paradis et me fait doucement fantasmer... Talonnette, des chaussures, des chaussures, rien que des chaussures et j'en veux encore, bottes, sandales, escarpins, espadrilles "and co", mon cas est grave et je ne désire pas me soigner! Je suis affreuse! J'en veux encore, encore et toujours plus...

Les singeries de Martine…

Un challenge à tout coup! Ce mois-ci, il est question de musique, je lis le petit résumé et laisse flotter mes idées…


En "char", mon singe coure souvent après sa queue…

Il est parfois de ces chansons qui reflètent parfaitement l’état qui me traverse l'esprit. Elles changent généralement avec l’air du temps et la seule constance à ce processus et ce « loop mental » dans lequel elles m’entraînent. C’est dans ces instants là, dans ces moments où je deviens boucle de sons et écoute des heures durant les mêmes trois minutes musicales.

Cela m’arrive plus ou moins souvent, parfois je résiste et d’autre fois je succombe avec délice à cette douce folie passagère. J’enjambe le parapet de la raison et me laisse couler dans mes émotions internes et lointaines. Au fond, c’est trop bon, c’est un peu comme lâcher prise avec cette perception de la réalité qui nous emprisonne! Parfois je tombe dans un loop à cause d’une sensation que je ressens, au présent, en écoutant la chanson, ou d’un souvenir qu’elle fait rejaillir avec force et éclat en mon cerveau. Parfois c’est juste une question d’atmosphère ou de paroles égarées, et des fois, c’est tout cela mélangé en une seule et simple humeur…

Comme nous habitons à quelques dizaines de kilomètres de Québec, c’est souvent lorsque je suis seule en voiture que je tombe le plus profondément en ces étranges gouffres de sons. Ce fut d'ailleurs le cas aujourd’hui, pour multiples raisons sans aucune en particulier, en partant ce matin à l’université, je suis restée bloquée sur "Please call 911" de Wyclef et Mary J. Incapable d’en décrocher, j’ai ainsi écouté la même « toune », aller et retour (1 heure en tout) sans m’en défaire. Le beat, la mood, tout était parfaitement à sa place. Avec cette chanson là, chaque morceau de moi était placé au bon endroit, en équilibre, sur le fil de cette journée. Je l’avais dans la tête, je l’avais dans le cœur. J’en avais besoin physiquement et je ne pouvais écouter autre chose sans m’hérisser les oreilles. Mon intérieur (en son entier) s'accordait à cette chanson en particulier et mes lèvres chuchotaient les paroles dégustées par mes pensées "loopées". Ce matin, cette « toune » me rassurait tout en me soutenant subtilement le moral par cette journée grise et pluvieuse de rentrée scolaire. Alors, sans trop y penser, une fois encore, j’ai capitulé et me suis gavée de ce drôle de petit bonheur musical (mental).

Et aprés tous ces mots éparpillés, la tentation musicale remonte, je crains de retomber une autre fois dans cette boucle ambiante. Je pense que je vais aller m'absorber un autre p'tit Remix... "Someone please call 911.... Tell them I just been shot down ... Feel my body gettin' cold... So cold... Sometimes I feel like I'm a prisoner... I think I'm trapped here for a while... And every breath I fight to take... Is as hard as these four walls I wanna break... I told the cops you wasn't here tonight... Messin' around with me is gonna get you life... Oh yeah, oh yeah..."

Pousse d’automne



Sur la plage oubliée,
dans la lueur dorée d’un été mouillé,
en un lit de sable, entre nature et asphalte,
un bébé érable se fane en beauté…

Lundi pluie, rentrée éclairée…


Jour de rentrée, voilà que recommence la foire aux manèges. Ce matin, j’ai embarqué pour une petite promenade en train fantôme autour de mon Bacc presque achevé. Trois heures à se vider les entrailles pour expliquer avec quel bois l’on se chauffe, pourquoi et comment. Ouvrir son âme pour y dévoiler son essence, exposer ses tripes et dégouliner de mots sur le bureau de la conseillère, processus pénible mais productif. Pour la première fois en trois ans dans ce programme, un peu de service, il était temps! Depuis mon entrée sur le campus, je me suis épanouie et j'ai énormément appris dans le para-scolaire, principalement le socio-culturel, mais trop souvent, en ce qui concerne mon propre programme, le tout me fit penser à une prison. Brrrr, que de frissons...

Il faut dire que j’ai eu quelques frictions avec un directeur en titre, il semble que nous nous hérissons le poil mutuellement. Un autre directeur trouve cela très drôle citant la mémoire génétique et les différences primaires entre les Anglais et les Français. Étant d’origine française de France, et l’autre d’origine anglaise d’Angleterre, il semble trouver cela des plus marrants! Mais j’ai toujours bien aimé les Anglais d'Angleterre à la base! De plus, j'adore Londres! Pourtant celui-là, je ne suis pas capable. J’suis sure que c’est le genre à trucider les chats de son voisin si cela l’arrange! Je m’en fous pas mal de son « anglaititude », c’est plutôt son attitude hautaine, apparemment attrapée à la Sorbonne, qui me sort par les trous de nez. Messieurs n’a pas conscience des cas particuliers. La vie est faite (semble-t-il) à son moule et je me fends bien la gueule devant ses théories sans fonds, en ce si beau pays qui nous héberge et me protège du mieux qu'il le peut. C'est plus fort que moi, c'est viscéral, son hypocrisie ambiante m'agresse violemment! Merci Canada, merci Québec de m’avoir adopté en ce double pays où il m'est permis d'exister à ma guise. Il est vrai, Dieu sait, que je peux être particulière mais cela ne semble pas vraiment exceptionnel en ces nouvelles contrées! Ce que je trouve des plus bizarres, c’est à quel point mes particularités s’effacent dans le paysage québécois et font taches dans la normalité de l’ancien continent. Cela n’en finira jamais de m’étonner…

Enfin, aujourd’hui, je suis tombée sur quelqu’un de sensé, avec qui parler intelligemment, de ces questions qui me turlupine dans la finition de mon programme. C’est cet autre directeur, celui qui me trouve des plus comiques, qui m’a aiguillonnée vers cette gente dame, chargée des stages et conseillère d’orientation par défaut (pour les cas comme moi, qui se rebellent contre « l’Anglo francosisé » au pouvoir et refuse d'aller demander conseil à son altesse). Vive les barbarismes de début de semaine! Cela me fit un grand bien de pouvoir un peu discuter réellement de ce qui m’attendra, l’été prochain, lorsque j’aurais terminé et empoché le fameux diplôme chèrement gagné de ma personne (et de mon portefeuille). Un peu de soutien, pour changer, ce n'est pas de refus! Vu le peu de cours qu’il me reste à suivre, je me trouvai dans une sorte d’impasse pour mes choix de cours. Je sais ce que je ne veux pas faire (de la traduction scientifique) et je dois batailler pour faire les choses que j’ai envie de faire! En gros je fais la même chose que des millions d'existences sur cette petite planète bleue. Mon cas est loin d’être sévère...

Et puis là, ça y est, c'est fait! Si le jour est gris, ma tête l'est moins. Je suis contente! J’ai bouclé mon horaire pour la prochaine session, avec ce cours de sociologie fortement suggéré ce matin, qui semble des plus intéressants! Après m’avoir analysé subtilement durant deux bonnes heures, la bonne dame me proposa de combler mon trou problématique en prennant ceci dans le cadre de mes options: Question spéciale de sociologie iV! Comment résister au résumé dudit cours: "MÉDIAS ET SOCIÉTÉ" propose une approche sociologique des sciences de l'information et de la communication, mais plus particulièrement des médias électroniques (télévision) et des nouveaux médias (Internet). Ce cours présent présentera d'abord les travaux de sociologues éminents (Bourdieu, Boudon) sur les médias, pour ensuite décrire les principales théories sociologiques sur la communication de masse. Des phénomènes comme les émissions scientifiques, la télé-réalité et la communication advocative seront étudiés.

D’après la bonne dame, ceci semble tout à fait refléter ma personnalité, et cela complétera à merveille le cours de trad. informatique et localisation auquel je suis déjà inscrite. Je suis toute renversée! Je retourne, pas mal soulagée, voir le directeur en charge pour faire valider ce cours tombé du ciel. Celui-ci s’étonne presque de la bonne vue de la dame à mon sujet! Me connaissant assez pour trouver ce cours tout à fait pertinent à ma démarche universitaire! Du coup, j’ai raté la première séance qui se tenait ce matin, mais ma prochaine session est claire comme de l’eau de roche. Il ne reste plus qu’à bien travailler pour en finir avec ce Bacc, le plus vite possible, et pouvoir enfin penser à faire des bébés!!! Tout doucement, se dessine une lueur au bout du tunnel, je l'observe avec espoir. Encore quelques petits tours de manéges scolaires et je pourrais peut-être enfin chanter en toute liberté...

dimanche, août 29, 2004

Un samedi aprés-midi à Blueberry Beach...


Depuis bientôt quatre ans que nous habitons en bordure de ce lac perdu entre les collines, jamais nous n'avions mis les pieds à Blueberry Beach! Maintes fois, nous avions entendu les mêmes légendes rurales. Blueberry Beach, la place mythique du "tripotage" local! Chaque vieux, moins vieux et plus jeune (possédant un bateau ou un canot) a son histoire coquine à raconter. Et tous les récits des fameux exploits passés à Blueberry Beach finissent toujours par la même rengaine: "En tout cas, quand tu vas à Bleuberry Beach, touche surtout pas aux bleuets!". Clin d'oeil de circonstance et éclat taquin qui pétille au fond des regards. Si l'on élabore davantage sur le sujet débarquent joyeusement les histoires des gars qui, pendant les soirs d'été, aprés quelques bières englouties au coin du feu, finissent toujours par se soulager la vessie sur les centaines de pieds de bleuets qui donnent à ce bout de sable son nom. C'est pourquoi personne n'ose jamais goûter les jolis bleuets de Blueberry Beach! Mais par contre, tout le monde veut bien aller se frotter à ce petit bout de sable qui a la particularité de n'être accessible que par voie maritime. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous n'avions pas encore eu l'occasion d'y faire un tour. J'ai toujours quelque regrets les chaudes nuits d'été où je me dis que j'irais avec joie sur cette plage que je perçois au loin, ouais, j'irais bien là-bas expérimenter une petite séance de tripotage sous les étoiles avec mon étalon légitime...

Mais Blueberry Beach, c'est avant tout une plage naturelle d'une centaine de mètres, entourée de brousse et prise d'assaut par les bateaux chaque fin de semaine ensoleillée. Hier comme tant d'autres, je n'ai pas résisté à la tentation d'aller y faire un p'tit tour (moi "itou"). Invités à faire un tour de "ponton" par un couple de connaissances, la journée était si belle, il faisait si chaud et si humide! J'ai fondu comme une crème glacée au soleil. Sans mauvaise conscience, je suis allée voguer, enthousiaste, sur les flots scintillants du lac en beauté.

Je pense avoir devellopé un petit faible pour les "pontons". Qui l'eut cru? La première fois que j'en ai vu un (sur un lac des Laurentides dont j'ai oublié le nom), j'étais toute jeune, toute dégoulinante d'adolescence, je pense bien en avoir ri pendant des jours et des jours. La forme et la chose en soi me semblait si grotesque que j'étais pliée en deux dès que j'en voyais un se trimballer comme un gros escargot sur l'eau! Ce petit manége de moi-même dura des années, puis la roue tourna et je vieillis comme il va de soi. À l'aube de ma trentaine, j'eus l'occasion de faire quelques balades qui me charmèrent. Le coté pépère du truc est trop comique et puis c'est suposé moins polluer qu'un hors-bord, alors bon! Il y a de la place pour se faire bronzer, grignoter, se prélasser un cocktail à la main, bref cela reste un petit vice d'été auquel je ne puis résister! Les voiliers filent dans le vent, les jeunes font les fous devant les filles qui gloussent. Les maisons qui bordent le lac défilent sous mon regard gourmand. Je souris aux gré des vents qui me fouettent le visage. Délices et folies d'été au Québec...


Arrive la plage tant discutée à l'horizon, en ce samedi aprés-midi paradisiaque, il y a foule! Du coup, c'est plus un parking de bateaux qu'une plage isolée, je suis malgré tout toute heureuse de poser enfin pied en cet endroit légendaire. En quelques secondes, je repère les bleuets, évidement je n'ose pas les toucher, je me contente d'attraper quelques images au beau temps. Je ne peux m'empêcher de regarder avec curiosité cet endroit bien peuplé, l'eau est bonne et c'est profond tout prés du rivage, des panneaux tous neufs indiquent que c'est désormais un terrain privé et mon voisin de croisière m'explique la situation d'un ton piteux: "Tu sais c'est la dernière année publique pour Blueberry Beach! Un promoteur a investi 3 millions de dollars dans la place, il va exploiter la plage, d'ici quelques années, tout aura changé! Tu vois, cela commence toujours de même. La première année, ils préviennent les gens qui ont pris l'habitude de venir ici avec des mises en garde que c'est devenu un terrain privé. La deuxiéme année, il y aura quelques belles contraventions, histoire de faire passer le message et petit à petit les gens perdront leurs habitudes!" Ainsi d'aprés lui, d'ici cinq ans plus personne ne sera autorisé à venir folâtrer librement (comme c'est le cas depuis des millénaires) en ce petit coin de lac bleuté. Les plaisirs volés de Blueberry Beach, c'est presque terminé...

Je regarde tristement les pancartes blanches, étincelantes sous le soleil brûlant, je ne daigne pas les photographier, c'est trop déprimant. Adieu autre once de liberté tant savourée. Je n'aurais pas eu le temps de te goûter. Avec toi, c'est un autre morceau de nature qui va se faire domestiquer par la main de l'homme et le pouvoir de l'argent. Je soupire et me retourne pour profiter du paysage encombré de bateaux. Débarque un nouveau bateau juste devant moi, l'homme à la barre me semble familier, la jeune fille qui l'accompagne attire mon attention. Souriante, elle passe à coté de moi, une lumière se fait dans ma tête, je l'interpelle: "Catherine ???". Elle se retourne, surprise, je me présente et avec un grand cri, elle saute de joie et me donne un énorme "hug'! J'en reste toute "émotionnée". C'est une petite élève, (devenue aussi grande que ma pomme) que j'ai eu en tutorat, il y a de cela quelques années. Je l'ai à peine reconnue tant elle a changé! Entre 10 et 14 ans, les enfants s'effacent pour laisser place à de jeunes adultes, c'est toujours surprenant à constater. Aussi espiègle que dans mon souvenir, elle me déballe quelques secrets en trois secondes et demie, me chante deux chanson et l'on finit la conversation avec une jasette de chiffons et cotillons! Elle repart avec son père en bateau. Je reste toute étonnée, pour la deuxiéme fois dans ma journée, je rencontre un ancien éléve devenu grand. Cela ne me rajeunit guère tout cela!


Déjà, en attendant le ponton, sur le quai, au bout de la plage municipale, je croisai Francis devenu bien grand et sa bande. Francis devenu si grand que j'en suis presque traumatisée lorsque je le regarde de prés! Où est donc passé le petit garçon si attachant qui avait tant de mal avec ses conjugaisons? C'est désormais un bien grand garçon, presque un homme, entouré d'amis, avec toujours sa casquette vissée sur la tête. Il me dit "Bonjour" timidement lorsque je le croise quelque part. S'il savait comme il m'émeut dans ces moments là! Souvent je le vois sur le quai, qui semble être le rendez-vous de prédilection des ados de passage, j'en connais quelques-uns. Je leur souris et hoche la tête. Je ferme ma bulle et mine de rien, je me prends à les écouter sur le coin de mon banc qui flotte, l'air pensive, le regard perdu dans les nuages, je disparais. Je me souviens d'une autre époque, d'une autre moi, c'est étrange et plaisant à la fois. Discrétement, je les croque en photos, cela m'amuse. Je les aime bien ces gamins qui me rapellent ô combien le cours de la vie est un long chemin à parcourir ("par monts et par vaux"), semé d'embuches, de joies et de peines, de découvertes et d'incompréhensions, de plaisirs, de pleurs, de déceptions, de passions et de rigolades amicales...

La maison de Serena (part II)

Un soir comme tant d'autres, alors qu'elle arrosait tranquillement ses plantes assoifées par une chaude journée, se pointe un minuscule génie qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Aussi vert que les larges feuilles des tournesols dans la lumière dorée, il se pose calmenent sur la balustrade devant elle. Faisant mine de ne pas le voir, elle l'observe de coté, en silence, elle se détourne pour remplir son arrosoir en chantonnant. Voilà des semaines, presque des mois, qu'elle n'a pas reçu de visite "interdimensionnelle". Malgré le temps passé, elle réalise à quel point elle s'est habituée à ces drôles de rencontres. Celles-ci n'altérent plus sa réalité. Elle reprend son arrosage en souriant. Le petit "guguse" vert s'approche, s'installe délicatement sur son épaule et lui souffle à l'oreille:

- Il y a de ces maux qui ne se voient qu'avec des mots. Il y a de ces cancers invisibles qui dévorent les âmes sensibles. Ceux-ci sont impossibles à diagnostiquer selon vos méthodes humaines. Ils se reflètent en lettres ou en gestes. Ils se propagent, silencieux, au gré des douleurs que l'on se cache. Ils détruisent peu à peu la personne qui se vide de son essence intime. Les humains de ta race sont particuliérement à risque. Beaucoup sont atteints sans même le savoir. Lorsque le mal finit par se déclarer de manière concrète, c'est déjà bien tard pour entreprendre la voie de la guérison..

Elle vide le restant de son arrosoir mauve sur un plant de sauge avant de répliquer:

- T'es bien gentil, mais tu vois, là je faisais juste arroser tranquillement mes plantes! Pourquoi tu me racontes tout cela???
- Si je me permet d'attirer ton attention sur ce sujet, c'est par simple gentillesse de bon voisinnage. Tu sais, il est possible de traiter les maux parfois juste avec des mots, avant qu'ils ne touchent le corps visible et contaminent chaque aspect de la vie. Penses-y! C'est tout! je ne te dérangerai pas plus longtemps. Merci de ton écoute...

Il se transporte à coté de la sauge mouillée. Elle se rapproche de l'étrange créature toute verte, fronce un sourcil et répond :

- Bien! J'ai pas compris grand chose à ton discours mais je te promets de transmettre ces informations au pays de mon inconscient, bourré de magiciens, de mirages et de petits miracles. Si jamais je finis par y comprendre quelque chose, je t'en serais gré et me souviendrais de toi avec bienveillance....
- Merci petite humaine, à bientôt peut-être...

Il s'efface dans le néant. Elle se retourne, attrape son arrosoir vide, fait quelques pas et ouvre le robinet en maugréant : "Petite, petite! Il est quand même culotté celui-là! Il était à peine plus gros qu'un haricot et il ne s'est même pas nommé!". Elle écrase d'une mouvement vif un moustique prêt à piquer. Elle se penche, en soupirant doucement, toute à sa tâche de rassasier les couleurs et merveilles de la Terre autour d'elle.


Sleeping Fairy ~ D. Williford

vendredi, août 27, 2004

Bonne fête petit soleil de mon coeur...

Aujourd'hui Petite Clo a 12 ans. J'avais 20 ans la première fois que je posai les yeux sur ce petit bébé qui m'observait de ses grands yeux bleux. C'était le début de découvertes sur la fraternité de sang. Je ne savais pas encore à quel point ce petit bout d'humain allait m'agrandir le coeur pour s'y faire cette place que désormais je chérie...

Petite révolte de machines domestiques...

Hier fut une journée où les machines n'en finissèrent pas de nous faire tourner en bourriques. Tout commença par l'ordinateur au petit matin. Celui-ci avait perdu mystérieusement son systéme d'exploitation durant la nuit, au matin, il n'en restait plus rien! Panique à la casba. L'homme prend les choses en main mais les calamités s'acharnent sur nos têtes en cette "pas" drôle de journée. Tandis que l'ordi ne supporte plus les disquettes, il git à terre comme une pauvre loque. Je suffoque un peu. Juan le prend sous son bras et l'emmène faire un p'tit tour de docteur.

Nous en profitons pour porter l'auto se faire examiner car elle aussi n'est pas en grande forme! C'est plus grave qu'il n'y paraissait, la journée n'en finit pas de nous mitrailler d'ennuis. Nous rentrons quelques heures plus tard avec une voiture de courtoisie, laissant notre Titine au garage pour de plus amples opérations sur sa carcasse! De retour à la maison avec la machine informatique, qui accepte enfin les disquettes, l'homme se met en plan de sauver la journée. Alors que je désespère et craint le pire il me dit : "Ma chérie, il faut s'accrocher à l'infime chance que tout est là, préservé..." Je fais mon possible pour m'accrocher à cette idée mais préfére quand même aller me coucher (tout en croisant les doigts)!

Avant que ne sonne minuit, l'homme parvient à reinstaller notre système d'exploitation et découvre que nos données perso sont intactes! Intense soulagement! Merci Seigneur! Nous n'avons perdu que les programmes, les bookmarks et tous ces petits trucs qui font que l'ordi nous ressemble. Le voilà un peu vierge sur les bords maintenant, il faut tout recommencer mais ce n'est pas si grave puisque l'on a rien perdu de nos travaux et photos. Une journée qui a bien mal commencé finit avec calme mais que d'émotions à traverser! Un peu plus et je virai chèvre!!! J'ai perdu mon Word, et mes logiciels de photos dans la débandade, l'intérieur de l'ordi me fait un peu penser à un terrain vague. L'homme et ma pomme avons encore bien du boulot pour remettre la bête au courant de nos préférences...

Je crois que ce qui m'énerve le plus là au milieu c'est de constater à quel point nos vies sont dépendantes des maudites machines! Perdons-nous le naturel de la vie à s'attacher ainsi à des mécaniques pour supporter nos jours? Je sais trés bien que je serais trés malheureuse sans électricité, sans ce jus étrange qui donne vie à tout ce qui entoure mon existence, du congélateur à la douche chaude en passant par la télé et le four (qui ne marche pas présentement mais bon!). Je suis si habituée aux machines et à l'électricité que je crois bien me trouver un peu trop perdue lorsque cela se dérègle. Aussi sauvage que je puisse être, je n'en reste pas moins bien dressée sur ces plans là!

Et puis la sécurité du papier commence à singulièrement me manquer. Avant, il n'y avait que le feu pour détruire les documents importants à nos coeurs et cerveaux. De nos jours, il suffit d'un virus ou d'une panne quelqueconque pour que tout parte en vrille, pour que le coeur palpite et que les émotions s'emballent...

mercredi, août 25, 2004

Nous ressemblons tous à des eaux courantes... Nos années se poussent comme des flots : ils ne cessent de s'écouler.
Bossuet

Vous dites des choses, vous avez mal et vous pensez que vous pouvez en mourir, et quelques années plus tard ce n'est plus qu'un souvenir.
J.M.G. Le Clézio

Des choses arrivent qui sont comme des questions. Une minute se passe, ou bien des années, puis la vie répond.
Alessandro Baricco

mardi, août 24, 2004

Recul estival


Durant ces derniers jours d’été où le soleil daigne enfin se montrer, je prends un peu de recul avec l’ordi, je vis ma vie sans y penser. Comme dit le dicton, je recule pour mieux sauter ! Avant de replonger dans les réalités hivernales, je me détends l'être. Bientôt les enfants reprendront le chemin de mes soirées, et l’université avalera ma vie pour une dernière année. Alors, durant ces quelques jours de transition, je me laisse flotter dans les dernières saveurs de cet été 2004. Je ne rate aucun coucher de soleil (que je bombarde impunément comme souvenirs pour les dures journées glacées)...

L’homme a fini son stage et reste à la maison jusqu'à la rentrée, cependant comme il a un contrat à terminer, je n’ai guère accès à l’ordinateur présentement. La priorité informatique est masculine. Ce n’est pas si grave, cela me fait plaisir de profiter un peu de mon homme au fil des heures qui effacent cet été pourri. Été de pluie et de gris, été d’exception dans les déceptions. On croit s’attendre à une chose et l’on en découvre plein d’autres sauf celles que l’on attendait, ce qui dans mon cas se résumait principalement à soleil brûlant, chaleur étouffante et délices félins pour délier ma plume!

Enfin, heureusement que j'ai découvert Hubertus pour me délier les os (à défaut de mes mots)! Je suis presque prête pour le Yoga, encore quelques efforts et j'en serais là. Drôle de vie qui s'amuse de mon existence retirée. Ainsi, avec ces derniers jours d’août qui s’étirent, je suis incapable de rester bien longtemps devant l’écran lorsque le soleil brille sur ma terrasse en fleurs. Il fera froid bien assez tôt et il sera bien assez temps de me perdre la pomme dans l’ordi «avale-heures» lorsque les journées seront si courtes qu’on les verra à peine passer. Je m’amuse à prendre des centaines de photos, afin de pouvoir les consulter lorsque ma terrasse sera recouverte d’un épais manteau de neige. Histoire de me souvenir en images que l’été existe ici aussi. Je fais le deuil de mes minous dans mes silences qui s’allongent dès que j’y pense.

Hypérion et Obsidien s'accordent à mes émotions. J’ai toutes sortes d’idées que je laisse fondre au soleil, simplement parce-que je le peux, simplement parce-que cela me plait présentement de laisser errer mes mots dans le tumulte de mes ruisseaux personnels. Laissez cogiter. Laisser macérer les ingrédients de l’esprit. Chercher toujours cet inexplicable équilibre des mots et de soi. J’ai des envies de ragoûts bien réchauffés. Je cuisine intérieurement, j’expérimente le silence, j'absorbe des gouttes de vie dans les tornades de mes pensées et je m'efface une autre fois...

dimanche, août 22, 2004

Paisible dimanche


Le soleil brille, les abeilles butinent, l’homme est à la maison et nous profitons des derniers relents de l’été qui se passe. La famille d’outre-mer donne de ses nouvelles par téléphone en ce jour du Seigneur. L’air frais qui descend du Nord se fait déjà ressentir subtilement, je frissonne entre les orteils. Mes tournesols s’ouvrent avec les feuilles qui, jour après jour, se colorent à mon grand désespoir.

Pas grosse virtualité pour ma pomme. J’ai d’ailleurs été rappelée grâce à un mail sympa de Chantal, que Maurice Chevalier serait l’instigateur de cette expression que je chérie en ce petit jardin de lettres. Ma datura s’épanouit et fait des fruits. Je lis « La chamane blanche » et bombarde mon quotidien de ma main digitale...


jeudi, août 19, 2004

Flottaisons...

Je viens d’absorber avec délice ce merveilleux documentaire de jacques Godbout sur Anne Herbert. Je reste touchée en plein coeur, émue, bouleversée par cette grande dame qui s'affiche devant mes yeux collés aux images qui défilent. Depuis longtemps je voulais découvrir un peu plus de cette femme qui vécut si prés de mes arbres chéris. Je ne la connaissais pas vraiment avant d’atterrir en ce lieu de nulle part, sinon de nom, comme beaucoup.

Quelques mois après m’être installée en cette bulle de lac, j’ai découvert que vos racines puisaient ici votre force. J’ai commencé à vouloir en apprendre davantage. J’ai lu quelques volumes de votre œuvre, pas assez, je le sais, après l’université, je me reprendrais, promis...

Depuis que je vis en ces lieux, je pense souvent à vous, de façon abstraite, étrange, j’aimerais être assez sorcière pour apprendre de votre essence. Je vis des étés non loin des vôtres. Vous aviez la rivière et j’ai le lac, tout est interconnecté comme le monde de nos jours. Quelques kilomètres de nature nous séparent, qu’est-ce que le temps au pays des mots? Un facteur sans importance qui se prosterne devant les grandeurs de la Terre.

Votre père disait qu’il fallait faire attention à l’écriture débutante car c’était la plus fragile. Le moindre reproche pouvait éteindre une petite flamme vacillante. Il disait qu’il fallait au contraire aider cette petite flamme à s’épanouir. Ces mots résonnent cruellement à mes pensées. Combien de fois dans mon entourage proche n’a-t-on pas essayé d’éteindre cette flamme qui me fait vivre, cette flamme sans laquelle je mourrais, puisque d’un coup la vie perdrait tout son sens et qu’il ne me resterait plus rien pour me chauffer l’âme, qui obligatoirement, quitterait mon corps pour s’envoler en d’autres dimensions plus agréables...

Cette flamme qui brûle ou apaise, démange ou dérange, je ne pourrais vivre sans elle, je n’ai pas souvenir de cette existence sans elle. Vous, qui ne vous êtes jamais mariée, qui n’avez jamais eu d’enfants, vous qui avez vécu si seule avec vos mots, je vous admire tant à vous voir ainsi immortalisé sur mon petit écran. J’ai le désir fou de faire partie de vous. Je me retrouve en vous, vous m’attirez instinctivement, je voudrais me lover en cette émotion surnaturelle. Mon cerveau s’enroule autour de cette drôle d’idée, en cette seconde je réalise, que j’aurais aimé que vous soyez ma mère. Vous, qui n’avez jamais enfanté, auriez vous réussi à m’aimer? Qu’auriez vous fait avec cette flamme qui m’habite, l’auriez attisé? M’auriez-vous aidé à ne pas sombrer dans ces multiples gouffres qui jonchent le parcours des mots vivants. Ces mots qui flottent avec le sang qui fait pomper le cœur et la vie qui s’écoule plus ou moins tranquillement. Vous, qui avez aussi connu cette débâcle du corps qui enrage pour finalement mourir si vieille. Vous, qui aviez les mêmes idées que moi sur la mort, je souris affectueusement tandis qu’une chaleur me parcoure l’être tout entier. Mon cerveau fait des tours et mes idées s’emballent, je vous regarde encore un instant...

« Ne pas se contenter de la réalité telle qu’elle est! » Anne Hébert