lundi, juin 11, 2012

Le mois dernier, l'homme, en une poussée romantique, a décidé de me faire passer une soirée surprise en ville...

Une initiative qui n'est pas vraiment dans ses habitudes masculines et qui m'a laissé quelque peu perplexe!

N'ayant pas l'habitude d'autant lâcher prise, j'ai joué le jeu et l'ai suivi avec moults questions à l'appui.

On a donc joué aux devinettes tout au long du chemin. Premier arrêt au Cochon Dingue. Cela donne le ton de la soirée. Douce et amoureuse...

Une fois par année, j'ai envie de moules frites. Depuis quelques jours, l'idée revient régulièrement sur le tapis.

Tout de suite je fais le lien entre l'endroit et l'idée lancée. Il n'y a pas tant d'endroits à Québec où se taper un moule frites! Il a choisi celui sur le boulevard René Lévesque (non loin de Cartier) et j'en suis contente, c'est mon préféré...

L'endroit est tout à fait propice à un moment intime. L’atmosphère est celle d'un bistro parisien. Elle change les idées de brousse.  Mais ce qui m'est le plus romantique est certainement la pensée derrière tout cela. Il s'est demandé ce qui me ferait plaisir et il a matérialisé l'envie. Voilà comment le romantisme devient moule frites!

Bref, on savoure ce moment de couple autant que les moules qui finissent dans notre bouche et donnent lieu à quelques blagues salaces. J’apprécie l'ambiance non bruyante. Le service est sympa. Le dessert est cochon à souhait. Tout est parfait.

Mais la suite de la soirée commence à sérieusement m'intriguer. Qu'est-ce qu'il a bien pu mijoter? Impossible de lui tirer les vers du nez! On reprend l'auto en direction du centre-ville, nous voilà sur la rue St-Jean. Il s'arrête devant le Fou Bar. Je suis perplexe...

N'étant pas très portée sur la boisson, l'envie d'un bar ne m'excite pas particulièrement. Je grimace. Mes moules-frites se baladent en mon estomac. Il insiste en souriant. Au milieu de la place, un petit groupe de musique. Une jolie fille. Une ambiance chaleureuse. Un sourcil froncé, je m'assois à une table libre. Il passe un bras autour de mes épaules.

Il faut avouer que ces moments seuls sont rares. Ces moments là où l'on est couple plutôt que parents.

La musique commence et là je craque. J'aime le jazz. J'aime toutes sortes de jazz, le Fusion, le Groove, le Funky, le Ragtime, le New Orleans, le Jazz Gitan, la Bossa Nova, le Soul Jazz, l'Acid Jazz, le Trip hop jazz, le Nu Jazz, etc. Mais j'ai aussi un gros faible pour le vieux jazz, celui des années 20...

Et ce soir là, c'est une soirée jazz "antique" avec le quatuor Tea for 20's. Quatre collaborateurs de longue date qui offrent un répertoire typique des années 20, avec des arrangements à trois voix, guitare, piano, contrebasse et percussions. C'est l’époque des Années folles du charleston.

Accompagnée de musiciens expérimentés, la voie envoûtante de Lily Thibodeau a tôt fait de ramener le romantisme au gout de l'heure. Je suis aussi charmée qu'impressionnée par l'organisation de cette soirée. Attaque romantique!

Portée par les mélodies d'un siècle passé, je me laisse glisser dans l'instant présent. Je fredonne. Il me sourit. Mon coeur bat la chamade. Dans le mille Émile!

Évidement je ne résiste pas à croquer la chanteuse de mon iPad (au grand désespoir de l'homme). Mais là encore il me sourit en disant:

- Ouais, c'est une déformation professionnelle... Tu es incorrigible!!!
- Allez, elle est trop bonne, je prends juste trois photos et deux vidéos. Pis justement je dois tester une app vidéo! J'te jure que j'ai fini...

Il soupire. Je lui souris. Il me pardonne. Nos émotions se conjuguent. Main dans la main. Il me regarde avec des yeux doux. Je fonds. Je sais qu'il ne trippe pas autant jazz que moi. Douze ans de mariage et toujours cette flamme qui nous unit. Parfois elle vacille mais jamais elle ne s'éteint.

Pendant que nos coeurs battent à l'unisson, Lily Thibodeau chante son Tea for Two. La nuit est douce et je me sens soudainement ultra choyée. Mais toute bonne chose a une fin. On rentre bien avant minuit. À temps pour récupérer l'enfant et secrètement j'espère qu'il recommencera bientôt.

Une mention spéciale à Lily Thibodeau qui, de sa voix veloutée a enrobé de charme cette soirée pas comme les autres. Une chanteuse locale à découvrir. Définitivement ma découverte musicale locale du mois...




Un soir en ville...

mercredi, juin 06, 2012



L’été arrive enfin en nos latitudes nordiques. On peut commencer à sérieusement penser jupe et plage. Yes! Le vert des arbres appelle les chaudes soirées étoilées. Le bleu de l'eau se fond avec celui du ciel. La vie est belle.

En notre été familial pas de voyage particulier à l'horizon. L’été est si court en notre bulle de nature qu’il serait dommage de le manquer. Même s'il prend des accents citadins, il vaut certainement la peine d'être vécu en entier! 

On transformera donc la maison en "auberge de lac" avec les différentes visites d'amis prévues au calendrier estival. Histoire de mieux partager ce coin de lac privilégié... 

Présentement le village en bord de lac s’anime avec les chalets d’été qui, petit à petit, ré-ouvrent leurs portes et fenêtres. La nature profite de ces moments de pure zénitude avant l’invasion citadine. Nous aussi.

D"ici la fin du mois, l"invasion estivale viendra bousculer nos habitudes solitaires pour transformer ce coin de paradis en un coin prisé de villégiature...


Au lac, les journées sont douces. Les vacanciers d'été ont tous le sourire aux lèvres. Les enfants s’amusent à tout vent et la plage du village devient un lieu social de prédilection. 

Réservée aux habitants du village, la plage est gardée sous haute surveillance. N'y vient pas qui veut. Il faut montrer patte blanche pour y entrer. Même si j'en comprends le principe de fond, il me fait toujours plus ou moins grincer des dents.

Bref, l'été, la plage du village a des allures de Côte d'azur surpeuplée. Manque juste quelques palmiers et des chichis!

Le contraste avec le reste de l'année est frappant pour les locaux. La plage devient LA place du village. Là où les papotages en tout genre se conjuguent aux bruits des bateaux qui font des vagues.

Sans oublier les châteaux de sable, les cris des enfants qui s'éclaboussent et les regards langoureux des ados qui se prélassent...

Cette année, Miss Soleil ira au camp d'été. Une nouvelle étape d’enfance à franchir. Elle a désormais l’âge parfait pour les activités proposées. Elle ne rechigne même pas à l'idée!

Reste à choisir lequel. Celui qui se déroule en coin de plage ou celui qui met l’accent sur le nautique…

J’imagine qu’on finira par choisir celui qui est le plus pratique. Elle y ira donc au camp d'été le temps que je puisse travailler un peu sans qu’elle s’ennuie les heures à me voir pianoter sur mon clavier.

Je ne doute pas qu’elle s’y amusera comme une petite folle, qu’elle y retrouvera  des copines ou se fera de nouveaux amis. Et qu'elle reviendra toute excitée de ses nouvelles aventures...

L’été passera surement trop vite. Comme à son habitude. Alors on fpource notre mieux pour en profiter au possible. Pour se gaver de soleil et de plein air. Pour oublier qu’après l’été passe l’automne et revient l’hiver…

Coté Kinder et cinéma d’enfance...

Il y a de ces chansons qui deviennent vers d’oreille le temps d’une écoute. Et c’est certainement le cas de la chanson du film Madagascar…

« I like to move it move it » amuse beaucoup ma Miss Soleil mais c'est définitivement un vers pour mes oreilles. Juste l'écrire me l'incruste dans la tête! Aille. 

Cette semaine, le troisième épisode de la célèbre série animée, produite par Dreamworks, sort sur grands écrans...

Cette fois-ci les personnages se retrouvent à Monte Carlo pour une nouvelle aventure européenne. Façon cirque! De quoi amuser les enfants...

Aussi, à cette occasion, Kinder® Canada offre aux familles abonnées à leur page Facebook la possibilité de gagner l'une des 120 passes familiales Cineplex® pour aller voir le film. Chaque passe comprend 2 entrées pour adulte et 2 entrées pour enfant avec pop-corn et breuvages inclus!

Pour en savoir plus et participer, il suffit d’aller faire un tour par là….

Nota Bene: Ce billet s'inscrit dans le programme MamanKinder avec lequel je suis affiliée. Les opinions exprimées ici bas n’engagent que ma pomme des bois.

En coin de lac...

mardi, juin 05, 2012


Avec l'évolution numérique et le Web, la photographie se transforme. Elle se démocratise mais elle reste un art. Tout le monde peut s'improviser photographe mais est-ce que tout le monde peut être photographe?

Les appareils photos sont faciles à utiliser. On peut prendre des milliers de photos sans jamais dépenser l'argent d'une pellicule d'antan. Faire toutes sortes d'essais et d'erreurs, d'expériences en tout genre. Toutes sortes de filtres numériques sont à notre disposition.

Les chambres noires ne sont plus réservées aux initiés. De nos jours, chacun peut transformer son ordinateur en chambre noire...

Un zeste de vécu et quelques liens...

J'ai commencé à ressentir une forte attraction pour la photo alors que je jouais encore aux poupées.

À l'époque je subtilisais l'appareil de la maison et je faisais des photoshoots avec mes poupées. Jusqu'à ce qu'un adulte fasse développer la pellicule et que je passe un mauvais quart d'heure...

À vingt ans, j'étais toujours accro à la photo et j'expérimentais en chambre noire. J'en ai aimé le mystère pas mal plus que les produits chimiques! À 30 ans et des poussières, j'ai vu naître la photographie numérique. Je l'ai tout de suite adoptée.

Elle a révolutionné cette passion des images qui m'habitait le sang. Je me suis mise à pratiquer avec passion. J'ai installé ma chambre noire en mon ordinateur. Photoshop est devenu un ami.

Puis les choses ont continué d'évoluer et maintenant c'est sur le Web que j'aime travailler mes photos. Ces jours-ci, j'adopte PicMonkey lorsque vient le temps de traiter mes photos prises avec un appareil photo conventionnel...

Le reste du temps, je m'amuse à l'ipadographie via Instagram. Une façon barbare de prendre des photos. En utilisant un iPad 2 avec une caméra de bien mauvaise qualité. D'un autre coté, l'engin force à la créativité. Et puis il y a les centaines d'applications photos à explorer...

Dans la foulée, je réalise combien je ne sors plus de photos sur papier. Je me promets de mieux faire. Garder une trace concrète de toutes ces photos que je prends au fil du temps qui me vieillit.

Mais plutôt que sortir de simples photos, je prends la peine de créer des livres d'images. C'est comme un rêve d'enfant. Ou pourquoi pas faire de mes photos des aimants? Prochaine étape, le canevas...

Les possibilités sont de plus en plus vastes. Mais encore faut-il ressentir cet appel de la photographie qui fait vibrer les sens. Un appel à la créativité, au plaisir d'immortaliser, à l'envie de caser mille mots en une image...

Sans oublier qu'il y a la prochaine génération à couver. Une génération aussi habituée à se faire prendre en photo qu'à en prendre...


Et vous, en votre coin de Web, comment vivez-vous la photographie numérique en 2012?

Photographie maison...

En coin de table:

- Papa, l'autre jour, je jouais avec ... et elle m'a dit quelque chose de bizarre.
- Ah oui, répond le père, elle t'a dit quoi?
- Elle a dit qu'elle aimerait que ses parents se séparent pour que son père s'en aille et qu'elle reste juste avec sa mère. C'est bizarre hein?
- Mais pourquoi elle t'a dit ça?
- Ben je sais pas mais j'ai trouvé ça très bizarre. Moi je voudrais jamais que tu t'en ailles. Moi j't'adore!!!


Au fond de ma peau silencieuse, une petite fille sourit. Je comprends ma puce. Mon homme est un père comme j'aurais aimé en avoir. Ce n'est sûrement pas un hasard. Présent, aimant, charmant, il n'est pas parfait mais il fait certainement de son mieux. Et son mieux vaut le détour...

Au fil du temps, j'observe cet amour qui les lie avec curiosité et affection. L'amour que cet enfant ressent pour son père est un amour qui m'échappe complètement. En mon enfance, cette émotion n'existait pas. Je n'avais ni père aimant, ni père à aimer. Je ne connaissais que le vide de l'absence.

Mais on ne manque pas ce que l'on a jamais connu. Et étrangement, en mon enfance, être sans père ne m'a pas vraiment manqué. Je trouvais qu'avoir un parent c'était déjà compliqué. Je n'osais imaginer comment cela ne devait pas être simple d'en avoir deux!

Je regardais d'un oeil intrigué mes amies qui avaient un père aimant tout en sachant bien que cela n'était pas mon destin. Et je me réconfortais en écoutant celles dont le père n'était pas un cadeau!

J'étais habituée à ma condition et il ne servait à rien de s’apitoyer sur mon sort. Au final, je m'en foutais un peu.
Jusqu’au jour où j'ai pensé à avoir un enfant. Et c'est là où j'ai réalisé qu'avoir un enfant sans père n'était définitivement pas sur mon agenda.

Ce jour là j'ai réalisé que je voulais connaitre la dynamique de deux parents qui élèvent un enfant ensemble. Ce jour là quelque chose s'est réveillé en mon sang.

Si, petite, avoir un père ne m'a pas vraiment manqué, avec l'âge j'en ai compris la carence invisible. Tout comme je comprends aujourd'hui combien le fait que ma fille ait un père impliqué en sa vie me cicatrise de l'intérieur...

Paternitude...

« Un père n’est jamais expert : quand on est père, c’est pour la vie. »
Vincent Roca 

« Les pères doivent toujours donner pour être heureux. Donner toujours, c'est ce qui fait qu'on est père. »
Honoré de Balzac 

« Il est plus facile pour un père d’avoir un fils que pour un enfant d’avoir un bon père. »
Jean XXIII

...

mercredi, mai 30, 2012

Frissons

Dans la forêt, le souffle d'une tempête lointaine. La brume étouffe le lac silencieux.

Une nuit fraîche tombe sur les arbres qui frissonnent leurs feuilles nouvelles... 

Dans les grandes villes québécoises, la rumeur du peuple a des airs de casseroles. Gronde la révolte. L'urbanité frissonne sous l'exaltation de sa jeunesse.

 À Montréal, l'orage inonde les rues qui résonnent des cris du peuple.

 Sur la toile circulent les images des inondations qui détournent l'attention de l'atmosphère survoltée.

 Elle regarde l'actualité se dérouler sous ses doigts habitués à trouver l'information en temps réel...

À Miami, un cannibal attaque. Drogue ou virus? Les zombies rodent et les esprits s'enflamment. Elle frissonne.

 L'humanité vibre d'un drôle de sons que détectent les capteurs des vaisseaux extraterrestres cachés derrière Jupiter.

La nuit tombe sur la petite maison de pierre cachée dans la forêt et l'obscurité se gorge du bruit des feuilles qui bruissent sous le vent...

Huit mois plus tard 

1ère option: Le climat social continue son petit chemin révolutionnaire jusqu'à ce que la menace zombie le rende obsolète. Le Canada essaie de fermer ses frontières. C'est la guerre. Jésus n'est pas revenu sur Terre mais le diable s'éclate. Les extra-terrestres finissent par se manifester et s'en mêler. Sauver la Terre est leur objectif. Quant à l'humanité c'est mal barré!

2ième option: Le climat social s'apaise et les choses changent pour le mieux. La menace zombie est éradiquée à la source. Partout sur Terre l'humanité trouve les moyens d'évoluer et de grandir. L'espoir d'un monde meilleur renaît. Les extra-terrestres cachés derrière Jupiter sont satisfaits des progrès de l'humanité et continuent d’attendre qu'elle soit assez mûre pour les rencontrer et échanger...

En réalité 

Qu'il est bon de sentir la fiction reprendre ses droits en mon imagination. Signe de guérison intérieure. Maudit virus grignoteur de nerf facial! Sentir bourdonner les sens qui font vibrer les entrailles. Un an et demi après le choc de ma paralysie faciale, l'impression subtile de recommencer à vivre.

Continuer la bataille pour retrouver la forme. En chemin, retrouver des forces intérieures.Retrouver l'énergie de regarder autour de soi et d'observer un monde en turbulences.

Enfin l'humanité n'est-elle pas turbulente depuis la nuit des temps? Peut-être que dans le fond, il n'y a rien de bien nouveau sous les Tropiques célestes...

Comme dans un roman (de science-fiction)

lundi, mai 28, 2012


Petite, en France, je me souviens encore de ces diners de famille qui viraient en bataille dès que la conversation tournait autour de la politique. 

Gauche, droite. Cela parlait, cela parlait et cela s’engueulait…

Petite fille de 7 ans, je n’y comprenais rien. Comment des adultes supposément sensés pouvaient ainsi perdre les pédales pour une question de droite ou de gauche? 

Cela dépassait mes compréhensions autant que cela m’énervait.

À l’époque, déjà, sans m’en rendre compte, je rêvais de conversations pacifiques et profondes. Je rêvais de fins de dîners où tout le monde sortirait de table avec le sourire d’un bon dessert et du bon moment passé ensemble. 

Pas à ces au-revoir amers remplis de malaises, avec de la colère plein les yeux, et une gueule de cent pieds de long. Bonjour l'ambiance! Toute petite, la politique m'a rebutée pour l'effet qu'elle avait sur les adultes...

En ce temps là, en ma petite caboche révoltée, politique rimait avec non-harmonie. Je ne voulais rien savoir de la politique…

En grandissant, même si j’ai bien fini par comprendre le principe de droite et de gauche, je m’en suis toujours tenue éloignée. J’aimais la liberté avant tout et je voulais d'abord étudier le genre humain. Histoire de mieux comprendre cette race qui était mienne...

En vieillissant, j’ai décidé que l’équilibre était un mode de vie pertinent. Ni la droite ni la gauche ne sont jamais arrivés à me toucher. Le milieu, il est où le milieu? Gauche, droite. Noir, blanc. Et les zones grises alors?

Aussi j’ai décidé que je serais apolitique. Après tout, il y a bien des athées qui se respectent et que l’on respecte. Si je crois en certaines spiritualités mais pas en aucune politique, alors être apolitique me semble logique…

Des racines et des ailes

J’ai immigré au Québec, à Montréal, à l’âge de 14 ans.  En pleine adolescence. Ah! Que je t’ai aimée Montréal... 

Puis à mesure que j’ai pris racines en ces latitudes nordiques, à mesure que mon affection pour ce pays d’adoption a grandi, j’ai voulu connaitre le Québec. J’ai alors réalisé que le Québec, c’était bien plus que Montréal. Je suis partie.

Coté études,  j’ai décroché, j’ai voyagé, j’ai inspiré de grosses bouffées de liberté. J'ai suivi des chemins hors des sentiers battus. Je me suis mariée, j’ai réfléchi, j’ai raccroché. 

Je me suis ainsi retrouvée à l’université Laval de Québec. En couple. Lui dans un pavillon et moi dans un autre. Rendu là, je comprenais si bien le Québec que les touristes français ne me reconnaissaient plus. Ce qui avait le don d'interloquer mes amis québécois...

Rendu là, même si je resterai une minorité auditive à vie, je suis chez moi au Québec. Intégrée. En mon cœur, je suis québécoise. Avec des racines françaises certes, mais si bien implantée en ce terreau fertile qu’est le Québec que la France n'est plus qu'un souvenir lointain. Un souvenir d'enfance...

Avec le temps (un quart de siècle), je suis devenue québécoise en mon cœur sinon en mon sang. Vivant en un coin de brousse entre lac et forêt. Non loin de cette capitale nationale qui n’est pas sans me faire penser au village d’irréductibles gaulois…

En montréalaise que j’étais j’ai appris à aimer et à apprécier la ville de Québec. Et j’aime le Québec en son entier, ses grands espaces, sa nature sauvage, ses gens, son accent et son Histoire. 

Hybride, je suis devenue. Avec ma langue comme patrie. Comment ne pas tomber en amour avec ce bastion francophone qui m’a adopté et accepté en son sein? J'aime le Québec mais je n’aime toujours pas la politique…

À mes sens, une société éduquée est une société riche. Valorisons-nous la richesse intellectuelle à sa juste valeur? C'est une question qui me revient souvent en tête...

Étudier ne veut pas dire devenir riche pour tous mais étudier c'est s'endetter pour tous...

Mon homme n’est jamais vraiment sorti de l’université Laval. Après son Bacc, il a trouvé une job respectable sur le campus. Il s’y plait bien. Il n’a pas un salaire à tomber par terre mais il aime ce qu’il fait, il aime son environnement de travail, il s’y épanouit.

Pendant ce temps son artiste de femme, pigiste de son état, continue sa bohème intellectuelle. Écrire, piger, materner. Pas de quoi enthousiasmer ma banquière! Mais de quoi nourrir mes neurones...

En tant que couple, nous avons commencé notre vie « adulte » avec 30 000 dollars de dettes. 30 000 dollars de dettes et rien d’autre dans nos poches qu’un diplôme universitaire chacun.

Un diplôme qui ne nous rendra jamais riche. Mais une réelle dette à rembourser. 300$ par mois pendant des années et des années et des années. Ceci est une réalité qui semble peu comprise de ceux qui ne la vivent pas. Et je ne parlerai pas des taxes et impôts! Un tout autre sujet...

Alors revenons à nos moutons:  le prix de l’université. Prenons l'exemple d'un étudiant de classe moyenne qui travaille pendant ses études et qui s'endette tout à la fois.

Un étudiant normal qui vit en appartement et qui n'a pas des parents richissimes derrière lui. Un étudiant qui mange des pâtes (et parfois du pain sec). Un étudiant qui étudie et qui travaille pour arriver à boucler ses fins de mois. Un étudiant qui ne part pas dans le Sud quand vient Spring Break...

Car quoi qu'en disent les mauvaises langues, ces étudiants là font aussi la norme...

Pensons à ceux là, en un futur imparfait, ceux là qui devront payer quoi? 300$ par étudiant (le double d'aujourd'hui)  de remboursement mensuel pour avoir obtenu un simple bacc? Mettez les en couple. Ils n'auront pas de quoi s'en plaindre n'est-ce pas? Après tout, quand on a l'amour, on peut vivre d'eau fraîche...

Parce-que, vraiment, y'a pas de quoi se plaindre de commencer sa vie avec un tel handicap financier n'est-ce pas? Pas de quoi en faire un scandale...

Ouais... et bien moi, si je me mets dans les chaussures de ces étudiants futuristes et bien je les plains! Marcher dans leurs chaussures me fait mal. Et c'est sans parler des multiples exemples de diplômés américains qui croulent sous les dettes d'études jusqu'à s'étouffer...

L’idée de devoir vivre ma vie actuelle et de devoir rembourser le double de ce que l’on rembourse déjà pour avoir eu le privilège d’étudier me semble si exagéré que cela me révolte…

L’option d’un salaire à 35 000$ - 40 000$ - ou même 55 000$ par année pour une matière étudiée. Le tout avec un remboursement annuel de plus de 500$ (en couple) me semble si aberrant que la peau me hérisse et voilà que je suis rouge!

Qu’on ne vienne alors pas me parler de politique mais de réalité! Car c’est pour cette réalité là que se battent les étudiants en ce printemps d’érable qui fait les manchettes…

Parlez-moi de bon sens et d'ouverture d'esprit....

Ceci sans oublier de se rappeler que sortir de l'université avec un bagage intellectuel ne veut pas obligatoirement dire avoir un emploi qui apporte la richesse sur un plateau d'argent. Étudier, cela veut parfois juste dire obtenir un emploi où l'on peut se nourrir les neurones...

Coté techno: Les manifs dans mon salon...

Sous peu en ce petit coin de Web : Miss Soleil et nos casseroles…



Voir rouge...

Ah! Que les feuilles ont verdit! Avec le printemps, le Québec se réveille dans un drôle d'état. Un état qui m'hypnotise et m'emporte les idées...

Alors que je dois rénover ce coin de Web. Histoire de lui fêter ses neuf ans d'existence. Alors que j'ai des textes bloquesques qui s'empoussierent, je suis entraînée dans ce courant qui bouscule le Québec...

Aussi avant de me dépoussiérer les idées légères, je vais laisser libre l'inspiration. Ne pas l'encadrer juste la laisser couler. Histoire de ne pas laisser déborder...

Dans la forêt qui s'habille...

vendredi, mai 11, 2012

Après des semaines de grisaille et de pluie où l'on a pu compter sur les doigts d'une main les jours ensoleillés, enfin la météo se fait optimiste...

Il était temps. Car la monotonie du ciel commençait à sacrément me peser sur le système. Un peu plus et je me sentais prête à hululer à la lune!

Cette fin de semaine c'est la fête des mères. Généreuse, la météo prévoit du soleil pour l'occasion. 

Et en cette occasion particulière ma tête oscille entre mon rôle de mère et ma condition de fille.

Ma condition de fille m'est douloureuse et difficile. Est-ce que mon salut se situe dans ma condition de mère?  Je sais que la douleur de l'une motive l'ambition de l'autre. Ces sensations s'entremêlent en mon cœur de femme. Mes émotions s'y noient.

Ne pas revivre ce que l'on a déjà vécu. Apprendre du passé pour construire un meilleur avenir.  

Je ressens beaucoup de  gratitude pour cette petite fille qui est mienne. L'esprit vif, en bonne santé, elle grandit en beauté. Je sais que c'est une chance. J'en suis reconnaissante. Cette émotion est enrobée de tendresse. Et cette tendresse s'enracine dans l'amour inconditionnel.

Tandis que je veille sur ses jours, je sens peser sur mes épaules le poids de ma responsabilité maternelle. Un poids qui m'est tombé dessus à partir du moment où je l'ai sentie frétiller en mon ventre.

Parfois je me demande si la sensation aurait été la même avec un fils. Sûrement. Elle aurait été différente mais pareille. Car tous les parents de la Terre ne sont-ils pas logés à la même enseigne?

Mais ce n'est surement pas un hasard si mon enfant unique est une fille. C'est l'une de ces leçons qu'aime donner la vie. Si je suis bonne élève, j'aurais peut-être la chance de réussir là où ma mère a échoué. Réussir à construire une relation mère-fille harmonieuse.

Cette année, la fête des mères fait jaillir en moi l'envie de célébrer mon enfant. Car c'est elle qui fait de moi une mère. Avec elle, je puise quotidiennement en cet instinct maternel qui me rend sensible à tous les enfants. 

Mais c'est sa maman à elle que je suis. Grâce à elle j'affronte les souffrances de mon passé pour essayer de les dépasser, pour ne pas lui léguer.

Et de là je me pose la question à savoir ce que je peux lui léguer. Vaste question. L'héritage émotionnel (et/ou spirituel) fait partie intégrante de cette responsabilité que je ressens envers elle.

J'espère arriver à lui transmettre ces valeurs qui me tiennent à cœur. J'espère arriver à lui léguer l'envie d'améliorer le monde. Car n'est-ce pas ainsi que l'humanité s'améliore, de générations en générations?

Et pendant que ces pensées m'agitent les entrailles, je regarde aller le mouvement présent des étudiants avec empathie. Cette nouvelle génération qui ose lever la voix pour affirmer ses convictions. Cette nouvelle génération qui fait front.

Je ne les regarde pas comme des enfants gâtés mais plutôt comme des jeunes qui se battent pour un monde meilleur. Je les trouve beaux...


Cuisine de tripes maternelles...

mardi, mai 01, 2012

Avec l'entrée de Miss Soleil dans l'âge de la raison, je me pose plein de questions. Encore et toujours. Dans tous les sens. Le cœur battant, je me tortille quelques neurones.

Je réalise ainsi que la parentitude est comme une pelle avec laquelle on peut se creuser l'intérieur.

Et puis, tant qu'on y est, pourquoi ne pas faire de la spéléologie interne? Histoire de se dépasser un coup. Après tout être parent n'est-ce-pas aussi passer par dessus soi?

Armée d'une lampe frontale partir en exploration existentielle. Descendre des gouffres. Ramper dans des couloirs obscurs. Apercevoir quelques chauve-souris. Nager dans des rivières limpides. S'émerveiller devant quelques stalagmites. À moins que cela ne soit des stalactites?

Et enfin, après maints efforts, découvrir ces grottes mystérieuses remplies de trésors insoupçonnés...

Abstractions parentales...

Les jours filent. Défilent. Avril monotone. Morose grisaille. Temps de m...

Grisaille, grêle, neige et froid mordant font le quotidien d'avril. Le soleil se fait fugace. Il agace.

Dieu merci voici mai qui se pointe le nez! Joli mois de mai? À quand les feuilles sur les branches nues des arbres?

Au fil des saisons, je tisse ce quotidien qui est mien. Les années passent et la vie continue...

Petit à petit la maison reprend vie. Une finition par ci, une finition par là, un coup de peinture. Pièce par pièce, avec conviction et détermination, on remet à neuf le passé. Investir dans l'avenir.

Piges, mamamitude et douleurs chroniques font le rythme des semaines. Inutile de parler des douleurs faciales. Invisibles de l'extérieur, elles n'existent que de l'intérieur. À chacun ses fardeaux d'existences.

Trouver l'équilibre nordique sous un ciel bougon. Se geler les fesses. Attendre l'été. Prendre son mal en patience. Avancer. Penser. Exister.

Regarder les manifestations étudiantes du coin de l'écran. Soutenir en silence. Du coin de ma brousse espérer que les étudiants arrivent à changer le monde. Partager un lien ou deux. Penser à ces prêts bourses qui nous grugent les finances et grommeler.

Croire que l'éducation enrichit un pays et penser qu'il serait juste que tous puissent en profiter. Les riches comme les pauvres. Croire en la culture et le savoir. Détester la politique et le pouvoir de l'argent et ses turpitudes.

Trop souvent l'argent pourrit l'humanité. Et que dire de la politique? De ses dérives. Et que dire des gaspillages en tout genre? L'argent, gaspillé par la mauvaise gestion des universités, est rarement mentionné dans les débats sur le sujet...

Rêver d'un monde ou le troc serait roi et où le savoir et la culture seraient valorisés à leur juste valeur. Utopies et fantasmes intellos.

La misère financière est une chose et la pauvreté mentale en est une autre. Si l'on parle souvent de l'une, on mentionne beaucoup moins l'autre. Pourtant la misère intellectuelle fait des ravages et me révolte souvent.

Bref, arrive le jour où Miss Soleil me demande ce que je regarde sur l'écran. Je regarde le lipdud des étudiants qui manifestent contre la hausse.

La Miss s'approche. Elle reconnait la chanson "Le bruit des bottes". Elle veut savoir ce qui se passe. Je lui explique le principe.

Son visage se durcit. Elle veut comprendre. On en discute...

Elle réalise que la vie coûte bien des sous. J'en profite pour lui expliquer que l'on met de l'argent de coté depuis sa naissance pour qu'elle puisse aller à l'université.

En effet, si l'on économise pas pour nos vieux jours, on le fait pour son avenir à elle. Je lui explique que les étudiants se battent aussi pour elle.

Avec cette conversation, elle réalise que l'école est longue et coûteuse. D'ailleurs du haut de ses 6 ans et demi, elle réalise de plus en plus de choses. Je la vois entrer dans l'âge de la raison. J'ajuste mon rôle maternel à cette nouvelle équation d'enfance.

Ses goûts sont de plus en plus prononcés. Ses réflexions sont de plus en plus approfondies. Je mets un point d’honneur à les écouter et les comprendre. À les considérer.

Je sais qu'un jour l'apprentissage sera commun. J'apprendrai d'elle autant qu'elle aura appris de moi.

Selon les livres, 7 ans est l'âge de la raison. Le moment crucial où l'enfant entre dans la "grande enfance".

Avec cette étape l'autonomie s'affirme et l'enfant approfondit ses raisonnements. Il n'est plus la continuation de ses parents, il s'individualise.

Libertés et angoisses vont souvent de pair. L'enfant tire ses propres conclusions sur le monde qui l'entoure. Il commence ce long chemin qui mène vers l’âge adulte. Un chemin périlleux autant pour l'enfant que pour les parents...


Joli mois de mai et âge de raison...

jeudi, avril 19, 2012

De la difficulté de revenir...

Revenue au lac depuis deux semaines, je peine à reprendre le fil de ces mots que je cultive en ce coin de Toile.

Revenue avec le printemps encore timide, je m'étire en sa compagnie...

C'est que lorsque l'on vit de l'extraordinaire durant un certain temps l'ordinaire retrouvé est d'un coup bien fade.

En 8000 kilomètres, l'aventurière en mon sang a repris les brides pour profiter au maximum de ce voyage américain. Même la pirate a repris vie au bout de la US1!

La nomade est revenue à la vie. De retour en son quotidien, elle a de la difficulté à lâcher prise...

Partir est facile, revenir l'est moins. Cette pige si cool a transformé le travail en plaisir. Délicieuse sensation. Un voyage où la conciliation travail famille était à son meilleur. Un voyage où les palmiers étaient de la fête.

En quelques jours, l'homme s'est adapté au rythme effréné du voyage. Il a vite réalisé la frontière entre le voyage de presse et les vacances. Il a accepté le rythme que cela impose. Et il a si bien fait cela que je le ramènerais avec moi sans aucune hésitation!

Miss Soleil a juste eu besoin de profiter. Stimulée, fatiguée, dépaysée, la puce a vécu l'aventure avec joie. Il faut dire que c'est une petite roadie hors pair qui se plaint à peine des longues heures de route qui nous font parcourir la Floride.

Au cœur du voyage, elle s'exclame: " Maman, on fait tellement de choses que j'ai plus le temps de penser à faire pipi!".

Je souris. Mission maternelle accomplie.

En voyage, l'on vit des moments d'exceptions. Ces moments soudent la famille que nous construisons, année après année...

Ces moments cimentent les failles causées par les différents obstacles de la vie. Routines, ennuis de santé, soucis en tout genre..

En fait, ce voyage fut si merveilleux que revenir est douloureux...

D'autant plus que la Miss a attrapé une gastro deux jours après avoir repris l'école. Bon retour à la maison les parents!

En rentrant, je reprends mes piges technos tout en continuant d'écrire sur le voyage.

Mon corps est revenu mais ma tête, pas tout à fait. Je me replonge dans ces milliers de photos et je range soigneusement les souvenirs en mon sang.

J'en profite pour apprécier les bienfaits de l'aventure en ma peau. Je prends le temps de digérer toutes ces sensations, de les insérer en mon âme et conscience.

J'adore prendre la route. Avaler les kilomètres et voir défiler les paysages. Absorber l'inconnu qui nous emmène là où nous porte l'aventure...

Mon fantasme ultime serait de prendre la route pour 3 à 6 mois, traverser l'Amérique de long en large et d'écrire au fil des rencontres, des inspirations, des réalisations.

Je n'ai pas le pied marin mais j'ai définitivement l'âme d'une roadie!

I'm a beatnick at heart! Loving the wide open spaces and the poetry that comes from the road...

Heureusement que le printemps fait son œuvre de renaissance pour m'aider à revenir. Il aide à conjurer cette nostalgie qui m'évade. L'appel de la route reste ancré dans mes idées. À quand la prochaine aventure?

Mais avant de penser à repartir, il me faut habiter de nouveau le quotidien. Mon quotidien. Celui qui fait pousser toutes ces graines que l'on a planté en notre terreau nordique. Graines de couple, graines parentales, graines d'enfance, graines d'amitié, etc.

Entre deux sapins, quelques bourgeons et un lac calé, la vie reprend son cours. Et je reprends la plume...

De la difficulté de revenir...