jeudi, octobre 12, 2006

Fabuler pour le plaisir. Visualiser le meilleur d'un monde. Inspirée d'une idée de Christie qui consiste à se souvenir du futur en un court texte tout en illustrant sa rêverie d'une image.
Doucement, je laisse glisser ma plume vers mes royaumes intimes. Mais vous qui lisez ce fanstasme de vie futuriste, votre 2040 imaginaire, à quoi ressemble-t-il ???

En 2040...

Le printemps réveille la nature qui resplendit de lumière limpide. Le lac a retrouvé son état sauvage. L’air pur fouette nos joues roses. Quelques voiles se dessinent à l’horizon. Dans le soleil couchant ma fille, désormais femme, revient à la source de son origine. Silencieuse, je l’observe de loin, le cœur rempli de fierté. Elle repartira demain en mission pour la nouvelle station spatiale. Comme à l’habitude, je garderai ce chien qui lui rappelle tant Chanelle.

Je frôle la main de Juan à mes cotés et je me plonge dans son regard plissé de rides, il me sourit. Sa tignasse poivre et sel m’émeut sans que je ne
sache trop pourquoi. Au bord du grand lac, mon fils, devenu homme, joue avec ses propres enfants. Le temps se conjugue à mes souvenirs qui s’effacent dans les reflets de l’eau douce. Miroir de mes instants passés. Je passe une main dans ce qu’il me reste de ces boucles folles, teintées d’acajou, qui m'entourent le visage. Je sens son bras m’entourer de tendresse. Sereine. Je me fonds dans le tableau de ma vie.

En 2040...

mercredi, octobre 11, 2006

L'expression choisie de la semaine a plusieurs dérives peu élégantes, il faut dire qu'elle n'est guère charmante. Mais c'est une expression que l'on retrouve à toutes sortes de sauces, une incontournable du genre...

EXPRESSION

« S'en battre l'oeil / S'en tamponner le coquillard »

SIGNIFICATION
S'en moquer complètement (de quelqu'un ou quelque chose)

ORIGINE
Si une personne vous dit "mon oeil !" pour vous faire comprendre qu'elle ne croit pas un traître mot des billevesées que vous venez de lui proférer, c'est qu'elle est quelque peu vulgaire, puisque ce n'est qu'une manière politiquement correcte de vous dire "mon cul !". Parce que si l'oeil est la plupart du temps cet indispensable organe de la vision qui, outre le regard, représente métaphoriquement la connaissance ou la conscience morale, il se trouve que c'est aussi beaucoup plus trivialement et en argot, le trou de balle. Et croyez-moi, en affirmant cela, je ne me mets pas le doigt dans l'oeil. Hélas oui ! Même si Jean de La Fontaine a utilisé cette expression, il faut bien admettre que, depuis le XVIIe siècle, elle cache quelque chose de vulgaire. S'en battre l'oeil ou se taper régulièrement le derrière sur son siège, serait donc une manière de montrer qu'on se moque complètement d'une chose ou d'une personne.

Quant à se tamponner le coquillard, si elle est plus récente (XIXe siècle), elle a la même signification, le 'coquillard' étant un dérivé des sens vulgaires de la 'coquille' qui, au XVIe siècle désignait le pénis, mais qui, au moment de l'apparition de cette expression, était le sexe féminin. Et tamponner désigne le choc, comme dans un accident de voitures. Alors qu'une femme se batte le derrière ou se tamponne le sexe sur son siège, le résultat est bien le même.

COMPLEMENTS
Comme certains ont autrefois prétendu que s'en battre l'oeil, c'était réellement se frapper l'oeil (l'organe qui permet de lire de telles balivernes), d'autres pleins d'imagination et de moquerie se sont empressés d'étoffer l'expression en lui rajoutant un objet quelconque facilitant le 'battage' de l'oeil comme "avec une patte de lapin", "avec un tibia de langouste", "avec une queue de mammouth" ou même "avec une patte de coléoptère panée". Il est vrai que, dans la conversation, "je m'en bats l'oeil avec une patte de coléoptère panée", ça vous classe tout de suite quelqu'un. Dans la seconde forme de l'expression, le coquillard a tendance a disparaître, puisque maintenant on dit facilement : "Il peut penser ce qu'il veut, je m'en tamponne !".

S'en battre...

mardi, octobre 10, 2006

Survol de réel

Sur plusieurs jours gris, l’automne monotone effile ses jours voilés. La pluie intermittente alourdit les feuilles colorées que les coups de vents font tomber, une douce mélancolie de saison flotte entre deux averses.

Je materne mon petit Soleil sur pattes. Si mon p’tit bout fait des un ou deux petits pas toute seule peut-on considérer qu’elle marche ? Lorsqu’elle n’y pense pas, qu’elle est occupée avec quelque chose dans les mains, alors elle fait des petits pas toute seule comme une grande ! Elle parle aux animaux, elle possède deux sortes de "parlure" une pour le chien ou une autre pour le chat. Lorsqu’elle leur raconte sa vie, le chat la regarde de ses gros yeux ahuris: "Heu c’est du lard ou du cochon ton truc ?" Elle lui rigole au nez et continue son discours aux sonorités aiguës tandis qu’il lui tourne le dos pour essayer de se rendormir. Le chien se défile et se trouve un petit coin où se faire oublier.

Dans mon salon, une p’tite puce qui se trémousse sur des airs de hip-hop. L’on n’écoute que trés peu de musique enfantine toutes les deux. En fait, elle écoute plutôt les musiques qui se déroulent selon mes humeurs du jour. Elle s'imprègne de toute une panoplie de saveurs musicales. Parfois je me demande si je ne suis pas une mère indigne à ne pas vouloir ainsi plier mes oreilles mais plutôt exercer les siennes ?

Dites donc c’est quoi la job d’un bambin ? Ben foutre le bordel voyons!

Je la regarde se mettre debout, capte son regard et lui dit :

- Tu sautes ?

Il n’en faut pas moins pour qu’elle sautille sur ses petites pattes, en équilibre précaire, super fière ! Elle me fait craquer le cœur ! M’zelle Soleil rêve de grimper, les hauteurs l’attirent elle s’accroche à tout ce qu’elle peut trouver. Elle lève les pieds, essaie de s’agripper, c'est un défi permanent. Je suis présentement en train de me faire pousser des yeux dans le dos pour la suivre du regard lorsqu’elle file comme l’éclair pour aller examiner l’un des quatre coins de la maison. Elle a encore la marche hésitante mais gambade librement à quatre pattes. De plus en plus autonome, aventurière, téméraire, elle se construit avec le temps qui passe, bientôt une année d’existence…

Enfin la saison se dévoile et le soleil apporte en son sein l’été indien ! Les journées sont magnifiques de nature en fête. Les couleurs des arbres enchantent, subliment, elles vibrent de milliers de sensations fugaces dignes de cet unique paradis automnal.

Micah et Jibé débarque en notre auberge. Notre auberge n’a qu’un seul thème: rétro. Une suite modeste nommée Loft Vintage et une petite chambre avec un lit simple imaginée par Petite Clo. Le tout avec cable sur Tv rétro, toilettes et salle de Gym ! Plutôt confortable dans son style, sous nos pieds, le Loft Vintage accueille un ami d’adolescence de Juan et l’un des amis d’université dudit copain. Micah, témoin de l’homme à notre premier mariage à Besançon, il y a six ans de cela. Jibé, jeune homme en année plus ou moins sabbatique au Canada. Juan et Micah retrouvent leurs marques masculines, un petit groupe se forme. L’auberge familiale est en plein éveil.

Tadoussac-Octobre

Bébé Soleil passe quelques jours chez sa Mère-Grand en ville et l’on file dans l’horizon du grand St-Laurent. Une petite fuite dans la douceur de Tadoussac, une impression de voyage qui enivre les idées et le corps. Pour la première fois depuis presque vingt ans que je suis ici, enfin l’occasion de découvrir les baleines. L’occasion de voguer quelques instants sur le grand fleuve majestueux, solennel, authentique. Le St-Laurent dans toute sa splendeur, nature à l’état pur, le rêve limpide…

Reflets-de-St-Laurent

Apercevoir quelques baleines, sentir son corps s’arquer en leur direction, envie de communier avec la pureté qui se dégage de cet moment précis. Cette dernière année a exacerbé mes sensibilités, je le constate une fois de plus lorsque mon regard s’embue d’émotions à la vision de ces étonnantes créatures. L’air du large s’engouffre dans mes poumons. Je me perds dans la toute puissance du présent. Savourer. Simplement. Dans l’émotion de l’instant, j’oublie cette humanité qui m’entoure, j’oublie le troupeau de touristes qui me colle, j’oublie la menace humaine et je me fonds dans cette beauté naturelle qui m’absorbe toute entière. Des taches blanches de bélugas dans le Fjord et le voyage s'achéve avec une gaufre au sirop d'érable à la terrasse du café la Bohème. Sous la lune rousse qui se mire dans le St-Laurent, l'on reprend la route...

Le lendemain c’est direction Wendake avec bébé. Une petite visite du site historique des Hurons, la tribu amérindienne urbaine de Québec. Les Hurons qui, depuis trois cent ans, évoluent au rythme de la ville qui les englobe. Comme toujours cette même tristesse qui m’emporte devant ce passé décimé. Mélancolie teintée de cette douce sérénité intérieure qui surgit à chaque fois que je me plonge dans les entrailles de ces peuples natifs de ce continent qui me voit vivre. Je trouve sur le site historique une liane de sauge tressée que je m'empresse de rapporter. Bouffées de sacré...

Avec Micah, nous goûtons tous les deux pour la première fois à un burger au Caribou, je lui demande :

- Tu trouves pas ça super goutu?
- Ouais, c’est pas mal fort comme viande ! On sent bien le gibier…
- Indeed, mais c’est la forêt qui m’étonne le plus.
- Hein ? Tu sens la forêt dans la viande ?
- Ben oui, pas toi ?!?
- Heu, non moi, je sens pas la forêt…

Ballade-d'automneLe-retour-de-Pierre

Entre sourires, réminiscences, rigolades et reconnaissances, les jours s’effacent. Les années ont passé, la vie a évolué mais l’amitié reste intacte. L’on rentre se coucher en notre cocon de maison. Ce matin, Juan reprend le chemin du bureau et les invités partent faire un tour de Lac St-Jean avant de revenir en fin de semaine pour d’autres moments intimes. Je reprends ma routine maternelle.

Je regarde par ma fenêtre la rousseur du paysage. L’automne sera bientôt passé, les feuilles sont presque toutes tombées et malgré quelques rayons de soleil timides, la fraîcheur n’en finit pas de s’installer. Rien qu’une nouvelle semaine qui commence entre lac et forêt….

Feuille-d'eau

Survol de réel

Il est doux de pleurer, il est doux de sourire Au souvenir des maux qu'on pourrait oublier.
Alfred de Musset

La vieillesse embellit tout : elle a l'effet du soleil couchant dans les beaux arbres d'octobre.
Maurice Chapelan

La vie d'artiste est un bagne secret.
Muriel Cerf

Octobre

De retour en ondes...

Après quelques tracas de santé, de la visite d’Outre-mer, une p’tite virée à Tadoussac, quelques baleines, un zeste amérindien, le congé de l’Action de Grâce et une tonne d’images, je retrouve ma routine maison-bébé-forêt. Aujourd’hui Lily-Soleil a 11 mois et mademoiselle marche. Voilà, c’est officiel, nous avons un bébé marcheur en notre maisonnée!

Petit-bout-de-filleLily-So

En fait, depuis deux-trois semaines, elle commençait déjà à faire des petits deux-trois pas hésitants à la fois, je n’étais pas sure que l’on pouvait vraiment parler de marche en soi. Maintenant elle peut faire une petite dizaine de pas entre deux endroits, toujours un peu hésitante mais avec chaque jour un peu plus de confiance. Je pense donc que l'on peut se prononcer en faveur de la confirmation du passage de cette étape cruciale qui s'inclue dans cette évolution constante de fillette en devenir…

En attendant ces siestes de Bébé bavard qui donnent quelques souffles de liberté à mes mots, une pensée d'un autre temps à partager :

calumet

De retour,,,

mercredi, octobre 04, 2006

Mon coup de coeur musical du jour
Dédicacé à tous ceux qui viennent des petits patelins...


Kamini- Marly-Gomont

Marly-Gomont

mardi, octobre 03, 2006

Le roi des papas, c’est mon homme !

Ce matin, j'écoute et j'explore le royaume musical de ce Roi ici. Il a l’air drôle, parait qu'il fait un tabac. Auprès des petits ou bien des grands?!? Nom d'une pipe! Mais qui connaît ce Vincent Malone ???

My creation

Une nuit typique de parents éveillés par de mystérieuses vagues de douleurs bambines. L’Enfant Soleil s’agite dans son sommeil, se réveille. Flots de larmes qui s'imprégnent des noirceurs de minuit. La mère a beau tout essayé de faire, impossible de calmer le rejeton en pleurs. Elle appelle le père à l’aide. Il sort péniblement de sa torpeur nocturne pour embrayer en mode paternel.

Sa magie prend le relais du probléme. L'homme sécurise l'enfant au creux de la nuit sombre, il réconforte les angoisses, il assoupit les maux. Je l’observe, sans bouger, mi-sourire, mi-inquiète. Ah ! Qu’il est beau mon amour dans la pénombre de la lune! Mais qu'est-ce qui perturbe autant mon petit bout de chou? J’espère qu’elle n’a rien de grave, dents, ventre, cauchemars? Ça lance, ça gargouille, ça gratouille ?!?!?

La petite se lamente sur l'épaule solide de son père, elle lui parle en son langage secret, il lui répond avec des souffles de tendresse. En douceur, elle se calme. Il la dépose entre nous. Sous nos draps, couvée de chaleur, elle se colle à nos cœurs. Subrepticement, le sommeil nous emporte vers un autre jour…

Tendresse-paternelle-IIPater-filiation

Le roi des papas c’est mon homme !

L'expression choisie de la semaine s'envole d'ici via cet aérodrome virtuel...

EXPRESSION
« L'échapper belle »

SIGNIFICATION
Echapper de peu à un danger.

ORIGINE
Lorsque, la-haut dans les pâturages montagnards, une belle brebis s'éloigne loin du troupeau, l'échappée bêle. Et lorsque le berger la retrouve juste avant que le loup ne la croque, elle l'échappe belle, elle qui aurait pu devenir l'écharpée belle (quoique nettement moins belle après qu'avant)[1]. Je pars de l'hypothèse que le sens du verbe 'échapper' n'échappe à personne et que chacun se demande en quoi le 'belle' ici présent permet d'aboutir à la signification indiquée.

Si la forme actuelle de l'expression date du XVIIe siècle, au XVe on disait "qui belle l'eschappa", 'belle' ayant ici la signification de 'bien' avec un sous-entendu de soulagement dû à la proximité du danger évité de justesse. Les différents sens anciens de 'beau' ou 'belle' (comme dans un "beau matin" ou "au beau milieu" où, cette fois, ils voulaient dire 'opportun' ou "qui convient parfaitement") se sont perdus depuis longtemps, mais les locutions sont restées.

[1] A ceux qui souhaiteraient avoir une idée de la vraie vie des brebis dans les montagnes, je ne peux que chaudement recommander la lecture de la série du "Génie des alpages" de F'murr.

L'échapper belle



Fin-de-jour

J’aime dévorer un livre. Je n’ai jamais eu l’habitude de grignoter mes lectures, ni de grappiller des pages entre deux courants de liberté assoiffée d'intellect! Et pourtant c’est ce que je me résous à faire par la force des choses, par la force de ce courant maternel qui engloutit ma réalité et la recrache liquéfiée, changée, transformée…

Une réalité toute pareille mais si différente! La logique mathématique des équations de l’Être Parent m’échappe. Il n'a de raison que le coeur, ses solutions résultent du calcul de millions d'émotions. Pouf, il m'entourne! Paf, il m'écrase! De toute façon, cela commençait bien mal avec 1+1=3 ! L’Être reste intact mais le quotidien parental entraine une distorsion du réel. Un "réel mutiplié" qui le pousse en d’étranges valses d’existences.

Deuxième jour seule (depuis des lustres), l’Enfant Soleil est de garde chez sa Mère-Grand. J’essaie de trouver un rythme intérieur qui me permettrait de retravailler à l'échelle de la "vie active", être plus lucrative, trouver quelques moyens de renflouer un peu notre misérable compte en banque.

Pour cela, il font accepter les fatigues d’une santé qui chancèle depuis bientôt une année. Accepter de vivre avec ce « put… » de corps que je resculpte à coups d’efforts infernaux quatre soirs par semaine dans une bulle de musique et de sueur, entourée de machines tortionnaires. Accepter de lâcher prise, de confier cet enfant béni, petit être vivant jailli de mes entrailles, nourri du nectar produit par ces seins hébétés qui pleurnichent désormais sur leur sort et boudent dans leur coin.

Ensuite il faut retrouver des repères adultes, remettre en marche des notions ensevelies sous la tonne des mois passés, se secouer les puces qui agitent les neurones. Je suis une travailleuse autonome, , nomade, amovible, sans "Bureau", sans horaires fixes, sans chaînes visibles à l’œil nu, sans collègues, sans Boss…

Juste ma pomme des bois, une discipline personelle, une cervelle et des contrats, des articles, des pages, des feuilles, des dictionnaires, une toile de Web, des images, et des « scribouillages personnels ». Ma carrière professionnelle n'est concrète que par ce terme qui la définit. C'est une entitée libre, elle vogue sur l’air du temps qui la porte. Elle ne s’accroche qu’à très peu de normes, juste assez pour subsister. Elle est abstraite, sauvage, solitaire…

Même si elle est difficile à apprivoiser, elle me convient parfaitement, à la mesure de mes aspirations internes. Elle est le reflet de certaines ambitions qui se conjuguent en son sein. Présentement, elle est un peu en hiatus, déboussolée par le cours des mois derniers. Après avoir effleurée le fond des abysses, elle remonte à la surface à mesure que l'Enfant Soleil apprend à maîtriser, prudemment, ses premiers petits pas. Tout doucement, elle reprend pied avec cette nouvelle réalité qui est désormais sienne…

Lac-d'automne-II

Gnak-gnak

lundi, octobre 02, 2006

Saveurs d'Automne

Octobre en chemin,
Une douce saison tire à sa fin...

Saveurs d'automne

Saveurs d'automne

dimanche, octobre 01, 2006

Traductions libres : Via le blogue d'Anousheh Ansari

Voici mon premier essai de traduction libre depuis des mois. J’ai choisi de traduire un extrait du dernier billet d’Anousheh depuis la station spatiale pour débuter cette nouvelle série. Je veux essayer de traduire chaque semaine, des morceaux de son expérience spatiale. L’idée est de commencer par la fin pour remonter doucement à la source. Cette courte traduction ( environ 400 mots) m’a fait énormément de bien. Tout d’abord j’apprécie énormément ce qui se dégage des mots de cette femme remarquable. Ensuite, son coté Trekkie appelle le mien et son expérience hors du commun stimule mon imaginaire. Elle décrit ce qu’elle a vécu là-haut à la perfection. Cela semble si intense que je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression de ne gratter que la surface des émotions qu’elle partage en direct sur son carnet spatial.

Quand on y pense 20 millions de dollars pour 10 jours dans l’espace c’est relativement raisonnable. Tout en sachant que cet argent sert à la cause spatiale, je ne trouve pas cela futile du tout. Quand on pense aux dépenses inconsidérées des Paris Hilton de ce monde ou à tout l’argent que l’on met dans la guerre et les armes en tout genre, ces petits 20 millions là, c’est presque du pipi de chat. Et lorsque l’on lit toutes ses impressions qu’elle raméne de ce voyage extraterrestre, l’argent dépensé prend bien peu de place dans l’équation de cette richesse intérieure qu’elle a acquise durant cette expérience. Si j’avais du courage à revendre et de l’argent par dessus la tête, ce serait aussi un voyage qu’il me plairait de faire. Voir la Terre de l’espace et ressentir toutes ces choses incroyables…
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"Bonjour Monde

J’écris mon dernier billet en orbite. C’est une sensation aigre-douce…

Nous venons de terminer notre dernier souper en orbite. Nous avons mangé quelques tomates fraîches que nous avions apportées avec nous sur le Soyuz et que nous gardions pour une occasion spéciale ainsi que du poisson fumé et les autres aliments que nous avons l’habitude de manger dans l’espace. Jeff Williams, le mécanicien de bord sur mon vol de retour a accueilli l’équipage de l’Expédition 14 et il leur a souhaité une bonne expédition.

Misha Tyurin nous a ensuite fait un magnifique discours. J’ai pensé qu’il avait lu mon blogue tellement ses sentiments reflétaient ce que j’avais pu écrire. Il a parlé du fait que nous étions tous des gens de différents pays, de différents horizons sociaux, de différentes cultures et qu’en étant ici ensemble, en vivant et en travaillant côte à côte, nous avions pu nouer d’étonnants liens. Il a poursuivi : « Un jour le rôle de la station spatiale s'achèvera, elle se désatellisera et brûlera dans l’atmosphère mais les souvenirs de ce voyage et notre amitié survivront à tout cela… »

Sting, en musique de fond, chantait « How fragile we are ». Ensuite Misha nous a dit qu’il avait une surprise pour moi. Il m’a donné son insigne personnel, le badge des astronautes, son porte-nom et le petit ourson nommé Misha qui était accroché à l’intérieur de notre capsule durant le décollage. Vous l’avez probablement vu dans le vidéo de décollage. Il m’a dit que l’ourson était le capteur de G zéro pour le voyage.

Son discours et ses cadeaux m’ont tellement touché que je n’ai pu retenir mes larmes. Durant toute la journée j’avais essayé de les contenir, d’agir comme si tout allait bien, même si à l’intérieur de moi je sentais que j’étais en train de perdre quelque chose de spécial. Il est vrai que nous avons établi ici des liens qui seront difficile à couper. Durant ces dix derniers jours, j’ai mis ma vie entre les mains de Misha et de LA, ils ont été merveilleux, ils ont pris soin de moi comme si j’étais leur propre sœur. Ils m’ont rendu ce voyage si exceptionnel que je suis certaine de ne jamais pouvoir les oublier.

C’est dur d’écrire ce soir. Mes émotions sont fortes et il y a des millions de pensées qui tournent dans ma tête. À chaque instant, ces larmes que j’ai essayées de ne pas verser remontent à la surface et je dois les ravaler pour ne pas perdre le fil de mes pensées. Je n’étais pas si émotionnelle le jour de mon départ de la Terre. Je pense que j’ai plus de facilité à gérer ce qui commence plutôt que ce qui s’achève… (...)"

Traductions libres : Via le blogue d'Anousheh Ansari

vendredi, septembre 29, 2006

Traduire pour le plaisir

Dipped-in-FallHumeurs-de-lac

J’ai un petit projet qui me tient à cœur : Reprendre mes traductions libres (comme avec Faiza, Nawar et Riverbend) histoire de remettre la main à la pâte ! Tout en espérant que ma santé finisse par se lasser de m’en faire voir de toutes les couleurs, je pense reprendre du turbin de traduction durant l’hiver. Nos épinards en banque auraient bien besoin d’un peu de beurre pour mieux se digérer à chaque fin de mois...

Avant de reprendre du service, je dois m’arranger pour avoir une ou deux journées libres par semaine car traduire professionnellement avec un petit bout de chou accrochée à mes jupes, cela ne fait pas bon ménage avec le pain sur la planche. Mais avant tout autre chose, avant de me replonger dans le domaine, je dois refaire mes armes. Je dois aiguiser mes crayons, dépoussiérer mes dictionnaires. J’ai un grand besoin de me mouiller la plume en toute liberté. Le besoin de dérouiller mes neurones encrassés, de donner un coup de pouce à mon squelette intellectuel.

J’ai donc choisi d'y tremper quelques orteils en reprenant mon concept de traductions libres. Ces traductions sauvages auxquelles je m’exerçais durant les étés ludiques de mes années d’études. Traduire librement la femme de mon choix afin de lui offrir une vitrine francophone, tel est mon plaisir. Faire passer un message humain d’une langue à l’autre, c’est ce qui me plait le plus en traduction, ensuite mettre du pain sur la table familiale, c'est pas mal non plus!

Je dois retrouver une discipline intérieure, avant de reprendre des contrats de l’extérieur. Chaque semaine, je vais donc esssayer de remettre un petit peu la main à la pâte, de pétrir la matière avec des petits traductions de mon choix. Avant de me prostituer la cervelle pour le compte du Dieu Argent, j’ai besoin de retrouver ce plaisir personnel qui est le carburant de ce travail officiel…

Pour commencer j’ai trouvé mon inspiration dans le blogue d’une exploratrice de l’espace : Anousheh Ansari. Même si elle est revenue sur Terre, c'est avec elle que je vais m'envoyer en l'air! Ses billets sont pas mal longs plus de 1000 mots (ce qui est une petite journée de travail tranquille). Comme le but est quand même de traduire pour mettre du beurre dans les épinards de la maison, je ne vais pas non plus me taper des journées de turbin juste pour la joie de me décroûter le cerveau ! Je suis donc en train de choisir des extraits d'impressions spatiales à traduire de 300 à 500 mots à la fois.

Et juste là, je sens une douce pression me serrer l’estomac. Je me plante devant le texte, je bloque un peu, je rumine. Subtils frissons de la confiance en soi délabrée par des mois pénibles de santé misérable. Rien ne vaut l’action, je me botte le popotin et mon prochain billet sera le message de ses mots ou ne sera point !!! Allez, je prends mon courage à dix doigts et je plonge...

Traductions libres