jeudi, août 31, 2006

Blue-Lake

Royale, Chanelle se pâme sur le sable. Elle se fond dans le paysage, connectée avec son environnement, elle jubile. Le museau dans le vent, les oreilles alertes, l’œil aux aguets, elle veille...

L’ambiance vierge de la plage déserte me nourrit de l'intérieur. Le tempo régulier des vagues qui se cassent sur le sable m’hypnotise l'âme. Caresses abstraites. J’offre mon visage à l’atmosphère sauvage. Celle-ci aspire mes fatigues, absorbe mes lassitudes et transforme le rythme de mes sens en une douce mélopée terrestre. Renaître. Libre. Entière. Femme. Entre ciel et lac, sereine, je me dissous l’être…

Transparente

Dernier jour du mois d’août ! Snif, sniff..

Il paraît que c’est le jour des blogues aujourd’hui. Comme Belle-Maman promène bébé, que je me sens un peu perdue. C'est pas toujours facile de partager son bébé adoré, enfin, c'est pour la bonne cause! Je vais profiter de ce temps de calme pour me plier à la chose (nope, Shni, c'est même pas la peine d'y penser, j'irai pas plier mon linge!!!). Un schti truc de blogobulle histoire d’oublier que demain commence septembre. Ainsi pour entrer dans la danse, il faut recommander cinq blogues, voici donc ma sélection du jour :

- Carte postale de Polynésie, parce-que ce coin de Toile me fait rêver en couleurs, parce-que Dorothée est cool, que la petite Luna est à croquer et que dans mes fantasmes les plus fous, c’est ainsi que j’aurai voulu vivre et élever ma fille, entre palmiers, soleil exotique et mer turquoise…
- Du coté de chez Christie, parce-que sa vie sans elle me pogne et qu'elle me rappelle de drôles de souvenirs. Elle est tellement différente de ma pomme et même temps un peu pareille, parce-que dans le fond on est un peu toutes les mêmes…
- Les banlieusardises de Martine, parce-que si j’étais parfaite, je serais comme elle! Enfin surtout dans mes rêves (mais si, si, l'homme de mon coeur me trouve parfaite malgré moi!), et puis en plus elle est super sympathique, peut-être un jour je la croiserai en vrai…
- Sweet Mama Candy, parce-que ce fut l’une de mes premières lectrices, parce-qu'elle est devenue l'une de mes premières copines dans l'infernale « blogocour » et que si jamais j’arrivais à remettre les pieds en France, j’adorerai papoter (et tripper) en direct avec elle…
- Moukmouk, parce-qu’il n’est pas comme les autres et que cela fait du bien, parce-que sa sensibilité me touche et aussi parce-que je suis trop nulle et que je n'arrive jamais à répondre à ses doux courriels! Du coup, il ne m’écrit plus et je le comprends, pas fine de moi! Pourtant, il est de ces hommes qui me plaisent…

BlogDay2006

Danse de blogues

mercredi, août 30, 2006

L'expression de la semaine dévoilée selon Expressio...

Même si cette signification est intéressante, ce n'est pas exactement le ressenti que j'ai de cette expression qui m'évoque une solitude plus poétique que rigide. Une sorte de solitude romantique qui protège l'âme en peine. J'aime bien la perception de Vigny qui transpose bien mon idée personnelle du concept, j'aime l'idée de ciseler ses pensées en un lieu reposé...

EXPRESSION
« Tour d'ivoire »

SIGNIFICATION
Position indépendante et solitaire de celui qui refuse de s'engager, de se compromettre.

ORIGINE
À l'origine l'expression vient du Cantiques des Cantiques où "collum tuum sicut turris eburnea" voulait dire "ton cou, comme une tour d'ivoire" et comparait le long cou blanc d'une femme à une tour faite d'ivoire (*). Mais c'est Charles-Augustin Sainte-Beuve qui, en 1830 dans Les Consolations, en a complètement détourné le sens alors que, dans un poème, il parlait d'Alfred de Vigny : « (...) et Vigny, plus secret, comme en sa tour d'ivoire, avant midi, rentrait. » Mais pourquoi cette image, vous demandez-vous ? Eh bien je m'en vais tout vous révéler ! La tour c'est l'endroit en hauteur où, comme Soeur Anne, on n'ivoirien venir. Mais pour le poète, c'est le lieu surélevé où il peut s'isoler du monde, au calme, loin de l'agitation des masses qu'il méprise, afin d'y ciseler tranquillement des vers, de manière aussi fine et minutieuse que l'artiste qui travaille l'ivoire. Avec la tour d'un côté et le travail de l'ivoire de l'autre, vous tenez votre tour d'ivoire.

(*) Pour le plaisir des dames ici présentes, ce cantique disait aussi : « ton sein est une coupe arrondie, où le vin parfumé ne manque pas; ton corps est un tas de froment, entouré de lis; tes deux seins sont comme deux faons, comme les jumeaux d'une gazelle... ».

Tour d'ivoire

Le retour de la belle-famille

Mes beaux-parents, arrivés de leur hexagone natal, seront à la maison pour le mois à venir. Juan est content de les retrouver, son bonheur fait le mien. Bébé Soleil est choyé à la moelle. Les efforts que je fais pour partager mon espace de vie sont récompensés par les sourires de mes deux amours. Reste plus qu’à me trouver une pseudo routine là au milieu…

Bien rangé sur le coin de mon bureau Shni le petit génie du ménage applaudit. Je perçois ses pensées joyeuses. Je l'ignore un peu. Grâce à mon ami Keisuke, j'ai découvert Limewire, j'explore ses profondeurs à la recherche de bon Dub. Shni s'avance plus près de mon clavier. À ses cotés apparaît un étrange petit être, aussi inconnu que bizarre, celui-ci me jette un regard sans âme. D'une texture holographique, il n'est pas plus grand qu'une allumette, il souffle quelque chose à l'oreille de mon tout petit génie si attentionné. Shni opine du chef et sourit. Je les interpelle:

- Hé Shni! C'est qui ton ami? Il se présente pas?
- Ah lui! C'est pas un ami, c'est juste un souffle virtuel! Il ne parle pas facilement aux humains, il est trop fluide, son genre n'est pas assez bien composé...

Intriguée, je fronce des sourcils, pas vraiment sure de le suivre.

- Un souffle virtuel?
- Oui, c'est une nouvelle créature issue du Web. Ils n'existent que depuis quelques fractions de secondes, ceci si l'on sait que notre race est née il y a plusieurs milliers d'années...
- Heu...
- Par les temps qui courent, ils sont de plus en plus présents dans les maisons, en fait, ils naissent de la machine. Alors imagine comment cela féconde!!! Nos supérieurs ne savent pas trop quoi en faire. Ils n'ont pas encore de divisions précises alors quand ils nous trouvent, ils nous collent un peu. Je les comprends, nous qui sommes si sages! Ce qui va de soi bien sûr, vu notre importance au sein des ménages depuis presque la nuit des temps...
- Ah! En tout cas, c'est pas la modestie qui vous étouffe vous autres immortels!!! Mais ils font quoi dans la vie ces nouveaux souffles virtuels?
- Pour l'instant, la direction des phénomènes « supra-naturels » n'est pas encore certaine de leurs fonctions exactes, leur cas est à l'étude...
- Aah! Et il t'a dit quoi à l'oreille y'a deux minutes?
- Oh! Il est content car il croit que la venue de tes beaux-parents va peut-être t'aider à trouver le temps de répondre à tes courriels!!!
- Mais dis donc, c'est un petit comique celui là!

Je me penche vers la petite chose, je l'observe attentivement. La créature est timide. Elle n'est pas nette, son physique n'est pas aussi concret comme celui de Shni, son corps est presque transparent, elle s'étiole sous mon regard perçant. On dirait un hologramme mal programmé. Elle semble avoir du mal à tenir une composition réelle. Elle me regarde d'un drôle d'air. Je prends une grande respiration et la souffle dans le néant. Shni éclate d'un petit rire cristallin et s'évapore gentiment.

Dehors, les oiseaux chantent dans le jour qui s’ensoleille. Les nuits plus fraîches appellent l’automne qui colore la cime des arbres. Petit soupir contrit. Il semble y avoir encore de belles journées en réserve. Ne pas penser à l’hiver. Ouvrir grand les fenêtres, laisser courir l’Air…

Le retour de la belle-famille

lundi, août 28, 2006

Bébé Soleil

P'tit-bout-IVP'tit-bout

Les matins sont parfois bien rouillés par les temps qui courent. Depuis plus de neuf mois se lever de bonne heure (aux alentours de 6 heures 30) pour s’occuper de bébé en pleine forme. Ouf! Y'a des jours où, au lever du jour, l'éveil me file entre les doigts. Ce matin, 8hres 15 chez le pédiatre pour les vaccins de Lily-Soleil et sa visite médicale de routine.

9 kilos 5 pour 74 centimètres. Un bon morceau de fille bien proportionné qui se situe dans le 95ième percentile. À part quelques champignons sur les fesses, la demoiselle pète la santé et la bonne humeur. La pédiatre s’informe :

- Elle fait bravo ?
- Oh oui, depuis longtemps…
- Elle tourne la tête quand vous l’appelez ?
- Oui, elle dit papa et maman quand ça la tente et tout un charabia qu'on ne comprend pas…
- Elle rampe ?
- Oui, et elle se tient debout toute seule depuis presque un mois, elle est rendue pas mal bonne. Son nouveau truc est de jouer avec un jouet dans les mains, bien droite sur ses deux pieds.
- Elle se tient debout toute seule ? Ah c'est bien ! Elle marchera bientôt alors. Elle sourit toujours autant, elle n'est vraiment pas sauvage! Elle est très curieuse…
- Ben, oui j’ai entendu dire qu’elle devrait être à un âge qui la rendrait timide, ça a pas trop l'air d'être son cas ! Elle fait aussi bye-bye et coucou. elle est pas mal vive. Ma mère dit qu’elle est en avance mais comme on n’a pas de référence, je sais pas trop si c’est pas une vision de grand-mère gaga ou une réalité objective…

La pédiatre rit et répond :

- Ah oui ! Des grands-mères gagas, j’en connais beaucoup mais cette fois-ci je pense qu’elle a raison ! Elle est vraiment très éveillée pour son âge, vous pourrez lui dire qu’elle est pas si gaga que cela, je confirme…


S’en suit une série de questions qui mettent en évidence la précocité de la petite. Les nouveaux parents ne sont pas peu fiers de leur progéniture souriante qui charme de son regard bleuté tous les esprits qu’elle rencontre ! Tout un petit phénomène!

Magie de petit être en constante évolution. Pour la mettre au monde, j’y ai laissé quelques bouts de ma peau (que je récupère au fil des mois qui s'effacent) mais pas une seule seconde je ne regrette les difficultés de ce parcours houleux. Au quotidien, j'ai décidé de lui donner beaucoup de ma vie, elle me le rend le rend au centuple. Sensations de bonheur insoupçonnable. Ce bébé surprise est un véritable petit rayon de soleil qui me réchauffe le cœur d’une manière telle que je n’aurais pu l'imaginer avant de la vivre au jour le jour…

GrandirMa-puce
À-quatre-pattes

Bébé Soleil

samedi, août 26, 2006

Nouvelles félines

Hier nuit, contre toute attente, Nougatine a réapparu, sans ses petits. Bien contente de la revoir saine et sauve, je n'en revenais pas! Je l’empêche de ressortir. Elle passe la nuit avec nous mais dès le matin revenu, elle essaie de ressortir par tous les moyens possibles. Je sors avec elle dans l’idée de la suivre en espérant qu’elle me mène aux chatons. Je n’y comprends rien. Qu’a-t-elle fait de ses petits?

Je la suis dans la forêt avec la nette impression qu’elle se fout un peu de moi. En effet une heure plus tard, elle ne fait rien de plus que de miauler par-ci par-là, de grimper aux arbres et de courir comme une folle entre les souches d’arbres morts. Je capitule. Elle me suit lorsque je la rappelle. Nous rentrons à la maison. Une fois dedans, elle ne veut plus que sortir. En désespoir de cause, j’ouvre la porte et elle me file sous le nez à la vitesse de l’éclair. Me voilà bien avancée!!!

Je n’y comprends rien. Elle vient de se faire opérer pour ne plus avoir de bébé, elle a encore ses points. A-t-elle abandonné ses petits dans la forêt en véritable mère indigne? A-t-elle eu peur de quelque chose et elle les a caché quelque part en véritable mère couveuse? C’est qu’elle n’a rien voulu me dire!!! Elle est très à l’aise dans la forêt. C’est pour cela que j’étais très étonnée qu’elle ait pu se faire manger en plein jour! Je crois que Praliné s’est fait manger. Le bruit que nous avons entendu aux alentours de minuit, la nuit de sa disparition était un cri de mort. Le Grand Duc qui a été vu à plusieurs reprises pourrait être le responsable, ou le renard. Praliné ne reviendra pas, de cela j’en suis certaine.

Durant une semaine Nougatine l’a attendu sur le balcon. Aurait-elle su quelque chose qui l’aurait traumatisé? Rendu là, la psychologie féline m’échappe. Le comportement de cette chatte me dépasse! Après avoir perdu onze chats en trois été, j’en suis arrivée à un certain défaitisme. J’ai été si contente de la revoir, elle a ronronné durant des heures, elle semblait contente de nous revoir. Mais aujourd’hui, il m’était impossible de brimer cette pulsion qu’elle avait d’y retourner, et puis est-ce que je peux prendre la chance de laisser périr les chatons dans le bois s’il y a une possibilité qu’elle en ramène au moins un? Me voilà bien embêtée! Je n’ai pu l’emprisonner à l’intérieur.

Je me disais bien que ce voisin que je soupçonne ne pouvait pas être si fou pour venir les piéger ici. Même si l’on est qu’à une centaine de mètre plus loin du chalet, l’on ne se voit plus et durant ma recherche active des derniers jours, je sais que mes chats ne s’aventurent plus de ce coté là de la rue. La forêt est trop tentante. Maintenant il ne reste plus qu’à attendre. Croiser les doigts pour qu’elle revienne. Me creuser un peu plus profondément la cervelle pour arriver à cerner cette situation féline…

Update: Bébé et Juan siestent. Il est 13hres, alors que je répondais aux commentaires du billet ci dessous, j'entends un bruit, je tourne la tête et vois les petits chatons tous "crados" grignoter des croquettes! Je suis sur les fesses! La machine a avalé ma longue réponse aux commentaires. Je m'en excuse, je ne sais pas si j'aurais le courage de la réécrire. Les commentaires semblent avoir de petits problémes! Le soulagement que je ressens de voir ces petits bêtes en vie est merveilleux! Pour une fois la tragédie n'aura pas eu lieu! Nougatine aura donc eu peur de quelque chose et sera aller les chader dans le bois! Elle m'hallucine et me dépasse...

Nouvelles félines

Méditations de blogue

Les propos de Monarque dans les derniers commentaires m’ont fait méditer sur le fond de ce blogue. Un blogue que je connais et maitrise du bout de mes doigts qui effleurent ce clavier. Monarque est cet inconnu qui est un résident estival de mon petit village de bord de lac. Il a reconnu le village par mes photos sur Flickr. Ainsi a démarré une drôle de conversation virtuelle. L’une des multiples facettes que génère l'étrange blogosphère .

Depuis que ce nouveau média a fait son apparition, des millions de blogues ont vu le jour rien que dans la francophonie. D’après ce que j’en sais peu dépassent leur première année. Ceux qui se spécialisent dans un domaine précis peuvent devenir extrêmement populaires avec un trafic qui dépasse la raison. Et puis il y a cette majorité de blogues, reflets de personnes qui brillent dans la constellation blogosphèrique, je crois faire partie de cette catégorie.

Dans cette catégorie se situent les journaux intimes qui n’ont d'ailleurs plus rien d’intime. Je n’écris pas ici un journal intime. J’écris, tout simplement. Le blogue est un outil dangereux. Il est de feu. Il peut illuminer ou brûler l'esprit novice. Il peut faire briller ou fondre l’essence de son auteur lové dans une douce invisibilité. Plusieurs s’y sont fait prendre, il y a ceux qui perdent leur travail ou leurs amis à cause de leur blogue. Ceux qui prennent la grosse tête et ne se sentent plus pisser. Ceux qui exposent toute leur vie sans aucune arrière-pensée. Ceux qui se cachent et qui craignent que leurs proches ne les découvrent, ceux qui n’en ont rien à foutre. En bref, c’est une joyeuse pagaille.

Mon carnet n’a d’intime que la forme puisque j’ai totalement conscience de son coté public. Ce coin virtuel est une sorte de brouillon d’artiste. C’est une cuisine ouverte sur l’extérieur. Je ne m’en cache pas même si je désire garder un certain anonymat. Des gens que je connais de près ou de loin y ont accès sans que cela ne me perturbe. J’assume. Et les inconnus qui parfois deviennent connus sont toujours les bienvenus tant qu’ils ne m’agressent pas. Ce qui je dois avouer fut très rarement le cas en bientôt quatre ans d’existence virtuelle. C’est aussi très pratique pour donner des nouvelles à la famille et aux amis que l’on ne voit pas souvent. Ma grossesse l'a un peu emporté mais je reprends les rennes en mains en même temps que ma santé revient. Ce blogue remplit donc plusieurs fonctions. Sans compter qu’il se réverbère dans la blogosphère infernale ou magique selon ses humeurs.

J’aime l’idée de partage qui se dégage de ce concept bloguesque. J’aime la discipline requise. Lorsque j’étais enfant j’aimais l’idée d’écrire pour les générations futures. J’aurai voulu écrire des centaines d’anecdotes pour que mes arrières-petits enfants puissent découvrir mon époque, tout comme j’aurais aimé lire la vie de mes ancêtres. Le blogue explore cet angle ci du journal intime, le reste n’est que jeu dans une cour de mots, d’envies, de goûts et d’idées.

Ceci n’est pas ma vie privée, ce sont juste des morceaux de mon histoire, des passions partagées, des brouillons de fictions que je lance aux quatre vents. Je veux reprendre le fil de mes traductions libres pour me dérouiller le cerveau. D'ici quelques semaines, je désire reprendre cette routine de fictions éparses, routine qui me manque, j’ai un ogre qui me hante et des dizaines de contes qui me démangent.

Méditations de blogue

vendredi, août 25, 2006

Chroniques de Shni.

Je l’aperçois du coin de l’œil. Petite bestiole qui s’assoit sur le coin de mon écran. Shni, le petit génie m’observe d’un air mécontent. Je fais semblant de ne pas le voir. Ses petites ailes virevoltent, tout en silence, il pose à coté de mon clavier. Ses minuscules yeux me transpercent l'esprit, il tourne quelques secondes en rond et m’apostrophe :

- Hé Etolane! Etolane…

Je grommèle quelques sons de compréhensions incompréhensibles. Il ne se laisse pas intimider pour autant.

- Etolane, je sais que tu es fatiguée et tristounette…
- Mmmm…
- Mais ça commence à être un peu le bordel…
- Mmmm hummmm…
- Je ne voudrais pas trop t’importuner mais si tu laisses faire, cela va dégénérer et tu vas pester encore plus fort!
- Hum, mais tu vois, j’ai un texte sur la « parentitude » en brouillon depuis 3 jours, je voudrais le fignoler un coup avant que la petite ne se réveille! Pis en plus, je me demande si je devrais pas plutôt faire une sieste, je suis vannée. Si je ferme les yeux, je tombe! Ou mieux aller dehors, buller sur la pelouse, il fait si beau…

Shni ne me répond pas, il me regarde avec empathie et pouf! Il s’efface de ma vue! Je soupire intérieurement et je disparais à mon tour….

Chroniques hors dimension

HDR-Summer-Sunset

Zenitude

...

Hier matin, je décide d’aller faire un tour en ville. L’on part avec Juan de bon matin. Le soleil brille, la journée s'annonce belle. Nougatine et ses trois petits veulent sortir. Sachant que nous rentrerons à la nuit tombée, je la laisse sortir pour qu'ils puissent s’amuser dehors. Chanelle, qui doit bientôt atteindre la décennie, décide de rester couchée dans le salon. Je lui montre la porte, elle lève à peine le museau « Bon, ben ma vieille, tu veux pas lever, reste couchée pour la journée! ».

Je dépose Juan à son bureau sur le campus et j’emmène Lily-Soleil chez sa grand-mère. J’y retrouve ma petite sœur de Clo. En papotant de choses et d’autres, elle mentionne que l’on est le 24 août! Son anniversaire est dans trois jours, quatorze ans pour sa pomme, c’est que cela devient une femme cette petite bête là! Le 25 est le jour de sa rentrée en classe, elle débute sa troisième, vu qu’elle fréquente un établissement « français de France » au cœur de Québec. Le 24 août. L’on se souvient de ce même jour en 2002 où Juan se cassa le coup sous nos yeux en sautant dans le lac. Il nous fit une belle frayeur ce jour là. L’on décide d’aller magasiner pour son anniversaire. Il est bientôt midi, l’on retrouve Juan pour aller manger avec lui. En l'attrapant en bas de sa tour, je lui demande :

- Sais-tu quel jour nous sommes aujourd’hui…
- Heu, le 25?
- Non le 24! Le 24 août…


Il n’en faut pas plus pour que lui aussi se souvienne de ce jour qui marqua nos vies insouciantes. Je suis tellement heureuse qu’il en ait réchappé sans grandes séquelles. Depuis des tonnes d’eau ont coulé sous les ponts! Lily-Soleil est né de notre amour et la vie continue avec ses hauts et ses bas, toute à son habitude…

L’après-midi avec Clo est bien agréable. Cela faisait longtemps que l’on avait pas passé des heures toutes les deux! Le soir arrive, l’on rejoint Juan. Nous allons chercher bébé et reprenons le chemin de la maison…

Nous arrivons à la maison peu après que la nuit ne soit tombée. La petite s’est endormie dans son siège durant le trajet. Juan la sort avec précautions pour aller la déposer délicatement dans son lit. Je sors de l’auto pour me retrouver nez à nez avec Margaux, le gros chien pataud de ma voisine Eve.

- Et bien Margaux qu’est-ce que tu fais là???

Elle me regarde droit dans les yeux, ce qui n’est guère dans ses habitudes. Je la pousse un peu pour me diriger vers la maison. Je cherche les chats des yeux, personne. Étrange, habituellement ils ne sont jamais bien loin! Il y en a toujours au moins un pour squatter le sofa qui trône sur le balcon! Un mauvais pressentiment m’assaille. J’appelle Nougatine dans la nuit fraîche. Pas de réponse. Pas un chaton affamé désireux de rentrer se bourrer la panse! Juan sort de la chambre du bébé. Il appelle avec moi, il ouvre une boite de bouffe. Toujours rien. Juste Margaux qui nous examine d’un air peu commun. Je ne peux pas croire que les quatre chats aient disparus. Tous à la fois en une fois! Une heure se passe. N’y tenant plus, je décide d’aller voir Yolande. Vieille dame pimpante, amie de tous les animaux, qui vit de l’autre coté de la rue. Il est à peine neuf heures et je sais qu’elle ne couche que très rarement avant onze heures. Sur la pas de sa porte, son mari me dit qu’elle est de l’autre coté, chez son amie dont je n’arrive jamais à comprendre le nom. Madame Rachtagnawon? Il fait nuit noire, Margaux me suit en silence.

Je traverse la rue pour me diriger un peu plus loin. La madame en question réside pour l’été dans un tout petit chalet. Une très grosse madame dans une petite cabane perdue à l’orée de la forêt. Elle m’a intriguée plusieurs années alors que je la voyais, de loin, se reposer sur sa minuscule galerie lorsque je me baladais par là. Depuis que nous avons déménagé, elle s’est prise d’affection pour nous. Elle m’a invitée chez elle, j’ai compris qu’elles étaient copines avec Yolande et que cette dernière s’occupait de lui apporter ses plats à chaque jour. Je me dirige vers sa petite cabane, Margaux sur les talons. Je manque de trébucher plusieurs fois sur son terrain où je n’y vois rien. Finalement mes yeux s’habituent à l’obscurité et me voilà sur le pas de sa porte. Je frappe…

Étonnée, Yolande m’ouvre la porte avec un sourire. L’autre vieille dame dont j’oublie le nom est toute contente de me voir, elle me demande de s’asseoir sur son lit. Comme à chaque fois que je pénètre cette petite cabane, je suis charmée par l’ambiance chaleureuse qui s’en dégage. Cela respire les années passées, une histoire, un passé, c’est une ambiance un peu anachronique. Je repense à ma grand-mère qui serait bien fière de savoir que je rends visite aux vieux du village.

C’est grâce à ma Mère-Grand que j'ai appris le respect des ainés. C'est elle qui m’a fait découvrir leur richesse intérieure. Lorsque j’étais enfant et que je vivais chez elle dans un tout petit village du « bas-Jura », elle m’emmenait souvent rendre des visites de politesses aux anciens. Toujours, ils m’offraient un biscuit ou des bonbons. Je m’asseyais sagement dans mon coin, je les écoutais papoter d’une oreille discrète, j’examinais les recoins de leur intérieur. Il y régnait cette même ambiance, quelque peu anachronique, une atmosphère de passé qui imprégnait les vieilles pierres de leur maison. C’était tout aussi chaleureux…

Bref, Yolande et Blanche (je la baptiserai Blanche pour les besoins de l’histoire) me regardent avec de grands yeux comblés. Je vois bien que je pimente la soirée. Je demande à Yolande si elle a vu mes chats aujourd’hui et lui explique la situation. IL n’en faut pas plus pour qu’elle prenne à cœur le problème. Les animaux sont sa passion, il y a une petite dizaine de chats qui vivent chez elle, elle nourrit tout ce qui erre sur quatre pattes, elle se donne entièrement à la cause. C’est ma Brigitte Bardot locale! Blanche me couve des yeux. Elle me demande :

- Veux-tu un Tia Maria ou un rhum?

Je n’ai pas l’habitude de boire mais je ne veux pas refuser un petit verre en leur compagnie. Moyenne d’âge 78 ans, elles apaisent ce vide de ma grand-mère, ce vide d’ancêtres. L’on ne vit plus avec les vieux en notre société moderne, et souvent je trouve que c’est bien dommage, l’on y perd en leçons d’humanité! Blanche se lève difficilement, je la sens guillerette. Avec peine mais bonheur elle nous prépare deux verres,. L’on s’assoit à la table. Yolande est branchée sur le cas des chats. Elle n’en décrochera pas. Elle me dit être venue sur mon parking dans l’après-midi voir ce qui se tramait chez Tony. Le fameux Tony, un autre voisin estival, tous en couleur squi mériterait un autre paragraphe pour lui seul! Mais non! Elle n’a pas vu mes animaux! Elle s’en est un peu étonnée tout en se disant qu’ils devaient être à l’intérieur. Le mystère s’épaissit…

Une petite heure plus tard, j’ai fini mon verre et me sens un peu pompette! Blanche va se coucher, je l’embrasse et elle me souffle un regard empli de tendresse. Je sors avec Yolande. Elle rentre chez elle chercher sa lampe de poche pour examiner les environs de la forêt. Je retourne chez moi pour constater qu’il n’y a pas de chat mais que Juan est aux prises avec un bébé hurlant, un bébé qui a mal à se petites fesses toutes rouges. La situation est cependant sous contrôle paternel. je vois Yolande sur la rue. Je ne veux pas la laisser s’aventurer seule dans le noir. Je souris lorsque je l’entends appeler Nougatine dans la nuit sans lune.

Je la rejoins sous les étoiles. L’on va examiner les recoins de mon terrain, ce petit havre de paix qui repose mes émotions lorsque souffle le vent dans ses feuilles, rien ne bouge. L'un de ses énormes chats nous suit. Yolande me prend la main pour ne pas trébucher. Elle ne me la lâchera pas de notre quête. Nous arpentons les lieux, pas un chat! Nous nous enfonçons sur le chemin qui conduit vers le bois. Pas un chat! Yolande s’inquiète mais garde espoir. Je sais en cœur que le mauvais sort s’est une fois de plus acharné sur mes chats. La situation est anormale, s’ils ne sont pas là, c’est qu’ils ne sont plus, à force, je commence à comprendre pas mal vite le truc! Un défaitisme intense m'atteint. Mon cœur se serre. La petite main ridée de Yolande serre la mienne. Il est presque onze heures.

Je rentre chez moi. Lily- Soleil s’est endormie dans notre lit. Juan est sceptique devant cette disparition de masse. N’est-ce pas ironique en ce jour qui fête les quatre ans depuis ce moment fatal où il failli y laisser sinon sa peau, son corps…

Je me remue les émotions. Depuis plusieurs semaines, Lily-Soleil a engagé la conversation avec les chats. Elle a un "Whaaahaa" pour les appeller. Nous la suprenions parfois en pleine conversation avec les chatons. Ils faisaient partie de ses jeux. La voir grandir entourée de souceur féline réjouissait mon coeur de maman en herbe.

Yolande a aperçu un grand duc, étrange oiseau de nuit. Il parait que trois loups rôdent dans les environs. Ça mange les chats un loup? Quatre à la fois? Il parait qu'un renard habite le coin, ça mange les chats un renard? Les ours. C'est carnivore un ours? Les puits artésiens? Un psychopathe humain qui a une rage contre tous félins? Mais où sont donc passés tous mes chats?

Je sais relativiser cette peine qui m'écorche de l'intérieur. Je n’ai pas perdu mon mari, ma fille est en sécurité, elle a juste les fesses en feu, ce qui à son âge n’est pas bien grave. Mais pourquoi donc est-ce mes chats n’en finissent plus de me glisser entre les doigts? De se faufiler dans mon cœur pour n'y laisser qu'une trace distincte de leur passage sur la Terre. Une trace qui se range dans ma mémoire, s’évade du présent pour rejoindre le passé. Je suis tannée et ecoeurée! Je ne peux vivre sans chats! J'ai besoin de félin pour vivre bien. Depuis ma plus tendre enfance, une douce essence féline coule en mes veines, ainsi va mon sang! En deux semaines, voilà pas que deux adultes et trois petits ne sont plus. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, je n’ai plus un seul chat dans ma vie…

Histoires...

mardi, août 22, 2006

La semaine dernière j'ai raté mon rendez-vous avec une expression choisie, mais bon on va quand même pas en .... une pendule!!!

EXPRESSION
« Ne pas nous en chier une pendule »

SIGNIFICATION

Ne pas nous embêter, nous agacer, nous bassiner à force de se lamenter, seriner, ressasser toujours les mêmes inconvénients, déconvenues ou torts subis.

ORIGINE

Moderne, car apparue au milieu du XXe siècle, cette expression est probablement l'amalgame de deux autres dans l'intention d'en aggraver le côté grossier et vulgaire."Faire chier" dont la signification ne devrait échapper à personne.

"En faire une pendule" qui mélange l'action qui dure (le temps mesuré par la pendule) et le côté très répétitif du balancier de la pendule qui va, qui vient, qui va, qui vient...

.... une pendule

Romance...

Juste derrière ma petite maison de galets se cache un havre de paix. Je m'y réfugie parfois. J’y trouve un zeste de romantisme, un soupçon de sérénité et une roche magique. J'y coule des minutes tranquilles.

Délicate, la lumière se glisse sous la canopée des arbres, séduite, je m’enivre de sensations boisées. Silencieuse, le visage tourné vers le ciel, je rêvasse aux quatre vents…

Mon arrière cour

Romance boisée