samedi, mai 13, 2006

Caprice de bébé ou sommeil angélique?

Sleeping-Lily

Entre laisser ou pas bébé s’endormir seule en pleurant, j'ai tranché! Pour l'instant, je préfère la bercer doucement pour la voir s’assoupir en souriant (même si elle pleurniche toujours un peu avant de sourire). Lily-Soleil lutte régulièrement contre le sommeil. À part lorsqu’elle tombe de fatigue, il est rare qu’elle se laisse aller paisiblement dans le bras de Morphée (et elle n'y reste jamais bien longtemps la journée!).

Si je peux lui offrir la douceur de ma peau et puiser dans le puits de ma tendresse pour l'enrober d’affection pourquoi la priverais-je? Pour la mater, lui apprendre la vie, pour avoir plus de temps? Présentement, je préfére essayer d'éliminer les tensions de cette petite femme en devenir. D'après Zénon qui a eu la bonté de faire la carte de son ciel à sa naissance, c'est une enfant sensible. Elle sera donc facilement touchée par les turpitudes humaines. Je le ressens déjà en son être. Même si elle n'est pas pleureuse et que je ne lui en donne guère l'occasion. Viendra assez vite le temps des pleurs et des colères...

Plus j'y réfléchis et plus je suis d’avis que la vie se chargera bien de lui apprendre ce qui est dur, ce qui fait mal. De mon coté je veux la lui rendre belle dans la mesure de mes possibles. Viendra-bien assez le vite le temps où il faudra poser toutes ces limites et concepts qui forment l’équilibre des jours : Le respect, la politesse, la gentillesse, la compassion, la générosité, etc…

Caprices de bébé ou sommeil angélique?

Fishing-Dudes

Gwenaëlle a posté un billet qui a exacerbé mes neurones. Moins je tire de lait de mes seins fatigués et plus ma cervelle reprend du service. Mes neurones partent dans des "trips". Sur ce coup là, après avoir cogitée sur le sujet, je me rends compte que j’aime bien la complexité de la blogosphère, elle me motive même si des fois elle m'agace. J'apprécie le partage qui s'en dégage...

Lorsque je suis tombée dedans, il y a plus de 3 ans, je me souviens avoir ressenti une certaine impression de voyeurisme. Comme une suite aux émissions de télé réalités. Depuis cette sensation s’est dissipée dans l’habitude et l'expérience mais ce matin alors que je me vois disserter sur les beautés et la magie du virtuel, une petite voix chuchote : « Et le voyeurisme bordel? » (la tendresse aussi mais c'est un autre trip!). Mais n’est-ce pas là le trait distinct de ce nouveau millénaire?

Je m’en fous, je vis bien avec mon coté exhibitionniste. J’exhibe ce dont j’ai envie et souvent je tais ce qui me déprime. C’est un parti que j’ai pris il y a bien longtemps de cela. Chacun son style! Il y a assez de choses déprimantes sur la Terre, je ne tiens pas à en rajouter. Comme tout le monde je vis mes douleurs et mes déprimes mais je ne désire pas les approfondir en phrases distinctes. Je veux me tourner vers le meilleur des jours et faire un pied de nez au pire. Il y a assez de soucis ainsi et je m'en fais assez dans mon coin! ce qui ne veut pas dire que parfois je me laisse aller à quelques coups de gueule...

Ce qui compte pour moi c'est de garder une ouverture (curiosité) d'esprit et de coeur. De ne pas juger inutilement autrui et de laisser vivre mon prochain comme bon lui semble (tant qu'il ne m'agresse pas dans ma maison)...

Parfois lorsque la souffrance est trop grande comme ce fut le cas avec mes déboires de grosseses ou avec le décès de ma Mère-Grand, elle rejaillit entre mes lignes, c'est un fait. Après tout je ne suis qu’humaine…

Imparfaite

vendredi, mai 12, 2006

Des mots et de la Blogobulle...

L'écriture n’est pas une bestiole facile à apprivoiser. Elle est la reine de la jungle littéraire. Une jungle régit par de multiples lois invisibles, une jungle qui prend un malin plaisir à croquer les aspirations et les ambitions de la faune humaine qui y réside.

Maitriser et apprivoiser la bête en question est un travail de longue haleine qui se vit sur plusieurs années. En ce coin-ci sont nés des brouillons de Toile qui ont ensuite eu la chance de grandir sur des pages lustrées. Une fois sur papier, c’est l'histoire d'une gloire illusoire, une gloire qui se limite aux nombres d’impressions, plutôt faibles sur le versant québécois de cette jungle aux accents francophones. L’écriture ne fait pas souvent manger l’être qui s’y prête, au mieux elle nourrit les passions…

Retro-Cam

Le virtuel est illusoire, plus l’on blogue longtemps et plus l’on réalise que c’est un peu comme des vents que l'on ressent sans jamais les toucher du bout des doigts. Ça va, ça vient, ça s’en va, ça revient, c’est comme un flirt perpétuel qui n'aboutit jamais vraiment à grand chose (sauf exceptions faites)!

C'est du concentré d'éphémère. Un jour populaire, le lendemain poussière! En trois ans de blogosphère, je me sens pas mal mémére. J’en ai vu passer des âmes et des envies. J’en ai vu passer des modes et des tendances.

La Blogubulle, je la vois grossir, s’épanouir, se disloquer, régner, briller. Mondialement effervescente de petits bouts d’existences (d'esprits) qui se divulgent par écrans interposés. Explosera-t-elle sous la pression ?

Coté passagers, c’est encore une autre histoire, ça s’attache, ça disparaît, ça te retrouve et parfois cela reste. Cela se transforme en amitiés virtuelles, cela occasionne des rencontres réelles…

Il y a aussi les passifs, les silencieux, tous ces regards anonymes (dont on ne sait rien, j'ai conscience que cela fait partie du jeu et puis avouons le, cela pimente l'expérience) qui grignotent ces morceaux d’humanité que l’on souffle au vent. Et il y a le temps qui passe, la vie qui évolue et les mots qui perdurent envers et contre tous…

Blogobulle

Douceur intime

Sa peau de satin, son regard pénétrant, son innocence. D'un souffle je caresse sa pureté de bébé. Du bout des lèvres je fredonne un air de Wyclef. Elle me sourit tendrement. Elle plonge son intelligence dans la mienne. Tout mon être vibre de bonheur. Indescriptibles sensations maternelles qui font oublier que le reste du monde existe...

Douceur intime

jeudi, mai 11, 2006

Mystère de Toile

Il est revenu! Il était là hier. Un inconnu d’Île de France qui décortique ce carnet de moi avec une patience qui me trouble les sens. Je ne savais même pas que j’avais autant de pages à parcourir, il en a lu plus de 300! Qui est celui qui se "shoote" mes mots en continu depuis deux jours?

D’habitude, je n’accorde pas grande importance à mes statistiques, je trouve que c’est un peu du vent. Mais là, cela devient ouragan…

Update: He's back today, will he (or she) give me a sign of life? Or will he just eat me alive??? Still wondering...

Mystère de Toile

Cogitations éparses

Dégats-de-motsSablier

Je désire être une mère à la hauteur de son bout de chou. Mais je ne veux pas juste être une mère. Je veux aussi laisser la femme s’épanouir (s'accomplir). Désirer, être désirable, être femme. Après tout cela m’a bien pris 25 ans de vie pour devenir femme, je ne peux pas tout foutre en l'air pour une poupée d’Amour aussi jolie soit-elle…

Est-ce que l'on devient plus femme en étant mère? Pas sûr, puisqu'il y a des femmes qui ne sont jamais mère et des mères qui s'oublient femme! Par contre pousser la vie hors de sa chair est une expérience intensément féminine qui bouleverse toutes les idées reçues. Il faudra un jour que je revienne là-dessus. Je me retrouve un peu perdue, à tanger entre ces deux concepts. Pour l’instant la femme s’est évanouie, je la sens parfois qui chuchote à mon oreille distraite. La mère en devenir prend toute la place. Elle m’aspire. On ne naît pas parent en même temps que l’enfant qui vient au monde. C’est un processus qui s’apprend et se déchiffre au fil du temps. C'est un peu du chacun pour soi. Pas de recette magique, juste l’exploration d’un nouvel état qui se consomme à trois.

Entre préservation et don de soi. Pour être une bonne mère, je dois aussi retrouver la femme en moi, de cela j’en suis certaine. La femme est dans la tête (et le corps), la mère est dans le cœur. Aligner toutes les facettes de l’être en une seule équation. À la recherche d’un équilibre fragile entre la femme et la mère…

Je sors des limbes pour flotter dans d’étranges néants jusqu’à apercevoir une piste où je pourrais faire atterrir ma carlingue rouillée par la traversée de mes dernières tempêtes.

Cogitations éparses

mercredi, mai 10, 2006

Adam et Ève

Elle empoigne ses attributs à pleine main. Il n'y a pas assez de ses cinq doigts pour tout tenir.

- Je vais bientôt penser à m’inscrire pour la muscu maintenant que ça va mieux.

Lui se brosse les dents, guilleret, en costume d’Adam.

- Justement je t’ai gardé le pamphlet, il est sur le frigo.
- Oui, j’ai vu. Merci.


Elle le regarde les mains pleines et s'exclame:

- Il faut que je sauve mes seins!

Il se retourne, une étincelle coquine dans le regard.

- Tes Saints et tous les apôtres?
-????!!!!!!!!!!!?????

Hahah , c’est qu’il a de l’humour le bougre!

Adam et Ève

Je fais dix choses à la fois. Je trouve trois secondes pour archiver en mon jardin d'invisible l'une de mes expressions préférées. J'aime fleurir ma langue d'expressions abracadabrantes. Désormais c'est décidé, à chaque semaine, son expression! (Via Expressio).

EXPRESSION
« Trois (quatre) pelés et un tondu »

SIGNIFICATION
Dans une assemblée ou une réunion, très peu de monde, et que des personnes peu considérées, inintéressantes.

ORIGINE
Cette expression contient deux informations sur lesquelles il faut se pencher : le nombre de personnes est très réduit et ces personnes sont sans intérêt.Pour ce qui est du nombre, la compréhension est facile : trois plus un font quatre, ce qui est très peu pour un endroit ou une réunion où on s'attend à trouver du monde. Mais pourquoi ce dédain pour les pelés et le tondu ?

Avant d'avancer dans l'explication, il est bon de savoir que Rabelais, au XVIe siècle, utilisait "trois teigneux et un pelé" et que, si notre expression est apparue à la fin du XVIIIe, on utilisait aussi avant "trois tondus et un pelé", donc toujours des gens mal considérés. En ancien français, un pelé est, dans un sens métaphorique péjoratif, un avare, une canaille, un miséreux, c'est-à-dire quelqu'un de peu fréquentable.

A ces sens, il faut aussi ajouter plus tard celui qui est pelé parce qu'atteint de 'pelade', affection du cuir chevelu faisant craindre aux autres, à tort, un risque de contamination. Quant au tondu, s'il l'était, c'est parce qu'il avait la teigne, dermatose parasitaire du cuir chevelu (d'où les 'teigneux' de Rabelais).

Nous avons donc affaire ici à des gens qui étaient considérés comme malsains ou malpropres et ce sont eux qui ont été choisis autrefois pour, dans notre expression, désigner des personnes sans intérêt, à éviter. Mais l'histoire ne dit pas pourquoi ce sont ceux-là et pas d'autres comme les pestiférés, les cholériques ou, plus simplement, les pouilleux ou autres 'morpionneux' qui ont été retenus.

Expression de la semaine

6 mois

Our Sun Shines (Lily-Soleil-6-months)

Un bébé souriant qui ne pleure pas souvent. Tous ceux qui la rencontre la trouve bien calme. Elle réserve ses énergies pour sa mère attentive. C’est un petit clown qui me fait rire même lorsque j’ai le cœur gros. Cherubin tombé du ciel, ma Lily magique, mon petit Soleil d’Amour…

Six mois! Elle sait boire seule, s’asseoir comme une grande. Elle se tourne d’un coté et de l’autre en se tortillant comme un petit asticot. Elle saute comme une athlète dans son Jolly-Jumper. Elle sait tirer assez fort pour décrocher les jouets accrochés à son transat et crier de bonheur devant son exploit. Elle aime les chatouilles. Elle rit aux éclats surtout lorsque je joue de la langue avec le mot BOOM! Allez comprendre…

Hier, premier après midi de plage, sieste de la damoiselle sur le sable tiède. Je lui offre la nature et l’espace avec conviction. Mon bébé d’hiver qui découvre l’extérieur les yeux grands ouverts. Elle tire la langue pour attraper les vents, attrape ses pieds, tend la main pour tâter les grains de sable doux. Elle plonge son regard atlantique dans cet horizon qui est notre maison.

Aujourd’hui, elle a mangé pour la première fois, quelques cuillérées de céréales de riz. C’est un nouveau pas qu’elle a franchi avec curiosité. Prête depuis des semaines qu’elle nous voit manger mais de part ses risques d’allergies, il valait mieux attendre 6 mois avant d’inclure du solide à son alimentation. Je suis inflexible sur le sujet, je sais, je fais un peu comme dans les livres, mais c’est peut-être parce-que j’aime les livres! Je me renseigne sur toutes sortes de choses, je lis tous ce que je trouve sur ce qui me préoccupe et ensuite je peux agir en toute connaissance de cause.

Son eczéma de nourrisson est contenu par une crème à faible dose de cortisone, deux trois plaques d’impedigo ont demandé une autre crème aux antibios. Ses cheveux poussent à vitesse d’escargot. Depuis sa naissance, j’ai pris des milliers de photos, celles que j’archive sur Flickr ne sont qu’un maigre reflet de tout ce que j’ai dans mes dossiers! Je me passionne. Tant et si bien que mon disque dur est plein! J’ai besoin de ces images pour baliser ma mémoire de ces souvenirs précieux que je ne veux pas oublier. Déjà que j’ai pas mal raté ses premiers mois dû à ma santé chancelante, je veux tout enregistrer, ne rien laisser passer. Cela va si vite…

Six mois m’avaient dit les docteurs pour retrouver le contrôle de ma chair. Grossesse compliquée. Post-partum d’enfer à donner des cauchemars aux plus braves. Ce corps que je ne reconnais plus, qui ne m'obéit plus. Marcher et faire des abdos, retrouver ma souplesse d’antan, je travaille à ma forme pour le bien de mes formes.

Six mois. C’est le temps que je m'étais donner pour fournir ce lait frais tiré de mes mamelles "désérotisées". En processus de sevrage, vivement encouragé par Juan, qui désire que je pense à mon bien-être. Je rechigne à laisser partir la machine même si la voir en peinture me donne des boutons. Trayeuse pour production industrielle, j’ai été son esclave des mois durant, j’ai sorti en grimaçant des litres de nectar pour mon bébé qui se lèche les babines. J’ai du mal à lâcher prise, j’aime l’idée de la nourrir, assez pour m’oublier. Juan me rappelle à l’ordre, doucement je tire moins, je produis moins, je reprends possession de ma chair, j'y laisse des gouttes de coeur…

Dans un peu plus d’un mois, la nouvelle maison, le déménagement. Bébé Soleil aura sa chambre, juste pour elle. En attendant que Juan passe aux travers des rénovations de l’étage du bas où seront situées les chambres, il transformera une pièce d’escalier en chambre de bébé. Nous dormirons dans mon futur bureau. Deux pièces côte à côte pour séparer nos sommeils en douceur.

Six mois d’existence et toutes ces choses que j’aurais aimé raconter à ma Mère-Grand lorsque je lui aurais présenté mon bébé charmant. Mais nous ne prendrons pas l’avion pour le vieux continent. Nous resterons dans les bois pour les six prochains mois au moins, jusqu’au prochain palmier qui lui offrira l’océan.

6 mois

mardi, mai 09, 2006

Autre jour

HDR Mosaic

Un grand soleil qui déferle derrière mes fenêtres, les oiseaux gazouillent. Un petit Soleil dans ma maison. Des mots qui me cherchent de grand matin. Je résiste à l’attraction de la sieste où se plonge bébé pour me poser un instant devant l’ordi. La paix du village, la plage déserte, l’horizon sauvage. Le rythme du lac qui reprend. Lily-Soleil semble bien s’adapter à mon rythme de brousse. Les ravages de mon infection post-partum se dissipent dans les lueurs du printemps. Je reviens à la vie. Je commence ma remise en forme. Un autre six mois de dur labeur et je devrais pouvoir me reconnaître la peau…

Je vois mes amis continuer leur vie comme avant, vaquer à leurs ambitions. Cela me trouble. Décalée je suis. Je me demande si lorsque je vais revenir à la vie « adulte » (active), je pourrais la reprendre là où je l’ai laissée? Je vois Juan obtenir son diplôme et commencer sa carrière professionnelle. D’un autre coté, le bonheur d’être enfin maman et d’explorer cette facette humaine m’encourage à bien vivre dans cette bulle qui s’est formée autour de mes jours.

Son regard me transperce, il vient fouiller les tréfonds de mon âme, il m'emporte ailleurs. Que sont les activités sociales en comparaison ? Que sont mes ambitions professionnelles par rapport à sa réalité? Apprendre à se connaître, la découvrir en même temps qu’elle découvre le monde. Être fière de la voir s’asseoir, de la voir grandir, s'épanouir, de comprendre ses besoins, savoir ses envies, être récompensée par ses sourires et sa confiance. Absorber l’expérience maternelle en profondeur. En savourer tous les instants.

Baby-Girl on the moveP'tite-Puce

Autre jour

lundi, mai 08, 2006

Insécurité paternelle

- Quand même, c’est dur d’être père!
- Pourquoi?
- Je sens que vais l’aimer tellement, c’est terrible!
- Hein?
- Oui, je l'aime déjà full, je le sens, je crois que je vais tellement l'aimer! Ça va être horrible!
- Ben pourquoi?
- Je sais pas, j’peux être con, c’est dur d’être aimée par un con!
- Oh! Là, tu pousses! Moi ça va, je survis…
- Oui, mais toi, tu m’as choisi, pas elle!

Retour une heure en arrière. Bébé hurle dans son lit. Ce soir, Papa a décidé de donner une leçon. Interdiction de la prendre. On y va à la Française, on l'a fait plier comme un jonc sous notre bonne volonté. Bien sûr mon chéri! Si elle tient de moi, cela va surement bien aller...

La même routine qui s'installe jour après jour alors que nous atteignons ces six mois de parents en herbe. Bain, bouffe, histoires, chansons, paroles douces, coucher entre 7:30 et 8hres, nuit de sommeil paisible. Réveil entre 6:30 et sept heures. Rebouffe, jeu, câlins, sieste, blabalablabla...

Donc, récapitulons la routine de soir : Juan aux commandes. Glou-glou, avale la bouffe. Câlineries. Sommeil angélique jusqu'au lendemain matin où l'on se réveille tous frais comme des roses! Enfin, on se réveille...

Juan ne voit Bébé que deux-trois heures les jours de travail. Il s'arrange donc pour être chaque soir à la maison, à temps, pour commencer la fameuse routine. Lui, qui a tant de difficulté avec les heures, est on ne peut plus ponctuel avec sa fille. Ce soir, tout va comme sur des roulettes. Le bain se passe bien, l'asticot se tortille de bonheur. Cela sourit, cela chantonne, cela rigole. Tout roule jusqu’au moment où je vois Juan sortir de la chambre, ô combien plus vite qu’à son habitude.

- Tu l’as droppée (plantée là) dans son lit? Elle dormait pas?!?
- Ben, oui, je veux qu’elle apprenne à s'endormir toute seule comme on en a parlé.
- Ah! Okay…

Pas un son depuis cinq minutes, aurait-il si facilement gagné la partie? Ahah! Un petit cri se fait bientôt entendre. Un petit cri qui a le potentiel de se transformer en demande expresse.

- Hum, je suis pas sure qu’elle est d’accord avec ton plan!
- J’y vais…

Il disparaît dans la chambre. Je vaque à mes occupations. Dix minutes passent et cela geint de l’autre coté du mur. Cela pleurniche, cela s'agite. Au bout de quinze minutes, j’entre dans la pénombre. Il me rabroue.

- Ah! Elle s’endormait, tu viens de la réveiller!!!

L’asticot en question, se tortille vivement dans son lit sous l’œil vigilant de son père, accroupi devant son berceau de toile. Sceptique, je demande :

- On peut toujours pas la prendre?
- Non, il faut qu’elle apprenne…
- Heu, okay.

Je reviens vers la lumière de la salle de vie pendant que tourne le petit manège de la chambre. Un autre quart d’heure s’efface entre geignements et plaintes d’un poupon qui s’énerve. Lorsque je sens monter la tension, je m’implique. Je retourne dans la chambre au dixième hurlement strident, cri de guerre qui s'est transformé crescendo en hurlement puissant depuis les premiers cris d’il y une demi-heure.

- Là, je crois qu’il faut la prendre avant que cela ne dégénère comme l’autre fois qu'on a essayé ta technique...

Il me jette un coup d'œil colérique, se lève et sort de la pièce en frappant la porte derrière lui. Je respire profondément. J’entre zen, sous les cris stridents de Lily-Soleil qui me vrille les oreilles, dans l’arène. Je prends dans mes bras la petite boule de nerfs hurlante. Je cajole la petite chose qui me déchire les oreilles. Je ne peux m’empêcher de me demander en la voyant devenir toute rouge : « Hum, j’espère qu’elle n’est pas malade! Pauvre bébé, pour crier comme ça, c’est sur elle a mal quelque part! Si elle ne se calme pas d’ici dix minutes, c’est qu’elle est malade, elle a pris froid! Elle a mal aux dents? Non, non, je ne suis pas angoissée. Non, elle n'est pas chaude, juste frustrée... »

Alors que je lui susurre des paroles réconfortantes et que mille questions se bousculent dans ma tête de linotte, elle se calme. Elle se love contre mon sein et je sens le sommeil qui la cherche. Je la câline dix autres minutes. Elle s'assoupit comme un ange. Je la dépose délicatement dans son lit. Elle tend la main vers son nounours, se tourne vers lui et s’endort dans le temps de le dire. Je respire. Soulagée, je caresse avec douceur sa petite tête. Je sors de la chambre aussi silencieuse qu’un sioux. Juan ouvre la porte avec la nourriture des chats dans les mains. Il guette le bruit, la bataille. Je lui explique qu’elle dort. Il respire.

- Tu as été trop dur avec elle.
- Je sais, je l’ai senti, je voulais pas plier, c’était un trip d’orgueil.
- Elle est encore toute petite. On a le temps de la discipliner.
- Je veux pas qu’elle devienne comme moi.
- Mais elle est de toi, elle sera obligatoirement un peu comme toi.
- Oui, ça me fait peur. Je crois que je l’ai blessée ce soir.

Il m’émeut
. Il me touche dans sa recherche de l’être meilleur. Dans ses remises en questions qui le propulsent vers des zones de compréhensions si savoureuses à mon mental étonné. Il remplit de pépites le coffre de mes attentes, sans être parfait, il posséde cette grandeur intérieure qui me charme. Irrésistible. Souvent je me dis en mon fort intérieur: « Ouais quand même, pour un gars, il est pas si con…»

Insécurité paternelle

Coup de coeur sous-marin



Depuis quelques semaines, je me balade pas mal sur Flickr. Je collectionne les favoris. Je me lobotomise les sentiments à coups d’images, mon cerveau voyage, cogite, étudie. Du coup, j’ai trouvé le secret de cet effet qui depuis des lustres m’évade. Le RDH mais ceci est le sujet d’un tout autre billet…

Je me balade de lianes en lianes digitales. Je m’arrête sur des sets (albums virtuels) qui m'offrent d'inaccessible instants. À la chasse aux meilleurs moments figés. Parfois je découvre des bijoux qui m'élèvent l’âme, jouissance mentale…

« Sous la mer », Le Set de Flickr qui m’a envolée, mon préféré d’entre tous. De merveilleuses sirénes d’eau douce qui viennent m’offrir des coquillages d’idées. Beautés nées de l’art photograhique. Alberich mathews est le génie des cette fantaisie. Il a pris tous ses clichés magnifiques, de nuit, dans une piscine teintée de noir. Les reflets sont naturels, subtils, jeux de lumière et d’illusions qui entraînent l’imagination. À savourer sans restrictions

Coup de coeur sous-marin