dimanche, août 01, 2004

Sunday Sand

Une brume de chaleur enveloppe les collines à l’horizon. Petits vents pour rythmer le grand lac, petites vagues qui se cassent sur le sable chaud. Le soleil joue avec de gros nuages cotonneux qui parcourent les cieux. C’est dimanche à la plage....

L'homme lit et je traduis. Les voiles glissent en silence, petites touches de couleur qui flottent dans le paysage. L’eau et le ciel se conjuguent et s’harmonisent de lueurs en nuances. Bleu d’encre qui prend des airs de Méditerranée. Toute à la beauté de cette journée, je commence à rêver tropical sur le sable.

Rêver de cocotiers et de palmiers courbés sous le poids des années passées au paradis. Sable fin, corail lointain et mes rêves se teintent de turquoise. Mémoire d’eau salée, je me laisse glisser dans le vent, je m’étire et me détend, un rayon de soleil vient me dorer les idées, je ferme les yeux et savoure...

Underwater Love

Bruissements de feuilles vertes sur fond de ciel bleu. Odeurs marines et reflets d’arbres fiers dans l’eau claire. Nous entrons dans l’eau fraîche...

Rires et caresses, légère comme une plume, je me colle à son corps ferme, cela dégénère rapidement. Nous nous exilons loin de la foule et du bruit. Deux corps seuls dans une immensité d’azur, ainsi commence notre chanson...

Je le guide, coquine, ma douceur féminine absorbe sa virilité réveillée. Il va, il va et il vient entre mes reins. Je le retiens d’une main. Il soupire de délice. Ma paume sur sa fesse, je me plonge en son âme. Baisers mouillés et caresses d’eau. Des vagues de plaisir m’emportent, je bois une tasse de lac. Il me ramène à la surface. Il m’empale sans un mot. Je me mords une lèvre pour ne pas laisser paraître mes sensations. Un nageur passe non loin, nous flottons innocemment...

Désirs sous marins qui se consomment dans le silence du temps. Je n’ai plus pieds, je m’accroche à son corps qui me prend doucement. Je glisse amoureusement le long de mon homme qui tangue avec les courants. Algues et Goélands. Une libellule curieuse se promène et nous observe, virevoltante, autour de notre amour qui se consume avec remous et sans bruits..


Morning winds..

Hier Blogspot s’est fait la malle. This morning Hotmail is still down but my man is up! My goal of the day, m’attaquer à une autre traduction estivale

Un thé chai dans ma tasse, l'homme chantonne dans le salon. C’est la rentrée dans 28 jours ! Aiaiaiaialllllle ! I don’t want to let the summer go! Gentle cries in the morning winds, i don’t really want to go back yet. Plus qu’un an à tirer, presque pro mais pas encore, le fil de la vie qui se déroule dans le temps qui nous avale...

C’est pas le temps de retourner sur le campus complètement rouillée, à moitié suffira amplement! Mais ce matin, j’suis trop heureuse, j’ai retrouvé ma feuille perdue, cachée au milieu de ce sacré Robert ! Une bonne surprise au pays des mots qui s'égarent...

vendredi, juillet 30, 2004

Paillettes d'eau

Des paillettes plein les yeux, je regarde le lac qui scintille de mille reflets d'argent. Il m'en jette plein la vue. Je capitule avec délice, trop sensible à ses charmes, je courbe l'échine pour mieux le saluer, avant de le pénétrer, tout doucement...


Stereo-log (Barbare et Marshmallow)...

Mono, j’hais ce mot! Mono-mind. Mono-Thinking, i hate the mono notion! Je parcours Robert, entre autres définitions, dont celle monographique, je trouve enfin celle qui m’énerve ainsi qu'une petite perle posée au détour de la même page…

Mon(O) – Élément du gr. monos, « seul » unique...
Monoïdéisme : de mono et idée. État d'un esprit occupé de façon quasi exclusive par une seule idée ( Idée fixe). Adj: monoïdéique.

Je n’aime pas les boites de vie qui s'écoutent en mono. Ces boites mentales dans lesquelles s’enferment tant de gens, de quelques sortes elle soient, aussi cools qu’elles soient, je me sauve de ces prisons invisibles avec toute la force de mon esprit. On s’associe à un groupe, on en prend sa forme, on se moule à ses idées et puis l’on devient mono-mindé !!! Pauvre âme collectée par la masse vorace. Monochromé, l’on perd une partie de son humanité, un morceau de soi, pour devenir un bon mouton au milieu de ce troupeau d’existence particulier. L’on croit alors que l’on connaît la seule vérité au monde, la seule bonne façon d’exister, tout cela me fait doucement m’éclater. Tant de mono dans cette vie que je rêverais d’écouter tous les jours en stéréo.

Si tout n’était que blanc ou noir, l’on s’en serait rendu compte depuis le temps que les Hommes cogitent sur la Terre. Mono, my ass ! Si l’humain vient en tant de formats, en tant de couleurs différentes, s’il est petit, rond ou con. S’il est surprenant, désespérant ou passionnant, il n’en reste pas moins qu’il n’est jamais mono-humain. Il se décline sous tant de nuances qu’il colore les planètes de ses excès et de ses pitreries. La planète n’est pas uniforme, elle tourne en de multiples dimensions, comme disait les vieux de mon enfance : « Ah ! Mais y’en faut pour tous les goûts, ma fille ! ». La tolérance est la clé du système stéréo...

Pourtant, ce « mono-thinking » semble faire partie de nos gènes. Il se répète si souvent, toujours de façons différentes, toujours dans une boite fermée qui périme. Nous sommes donc tous différents et tous les mêmes en cette humanité qui s’étend parfois comme un arc-en-ciel merveilleux et d'autres fois comme une vision d'enfer terrestre. Je n’ai jamais bien aimé être mise en boite. De plus, mes années sur le Plateau m’auront définitivement « dé-mon(o)-isé ». Plus de mono possible en mon cerveau. J’alterne mes genres au gré de mes humeurs, je collectionne les paradoxes en riant dans ma bulle de vie en mode « stereosensible ». Solitaire dans l’âme, je n’accroche que peu au phénomène de troupeau, j’aime trop faire cavalier seul au soleil. Mouton noir par désespoir. Je regarde de loin ces milliers de troupeaux qui s’attroupent par groupes d'âges ou d'idées, parfois j’en accompagne un parce-qu’il le faut bien, pour survivre en cet univers trop souvent monotone. La vie hors troupeau est toujours un peu plus ardue, qui a dit que la facilité menait à la félicité ?

Une larme excentrique, une touche goth, un souffle hippie, un cheveu sorcière, un doigt nonne, une goutte intello, une pensée grunge, un zeste de sagesse, un grain de folie, rose bonbon sur les bords, dévorée de l’intérieur, freedom freak, naturellement coquine, sexuellement victorienne, une once provocatrice, un brin exhibitionniste, un rien rebelle, domestiquée par Amour, fantasme d'Histoire, un tout sauvage qui socialise à l’air du temps, pour se divertir du présent. Multi facettes, multi nuances, multi angles, multi croyances, je vis ma vie en multiplex.

Je m’éloigne consciemment des noirceurs humaines, je les regarde se gaver au loin pour ne point en oublier leur existence et leurs dangers qui excitent ma curiosité. Je me tourne vers les solstices ancestraux à la recherche de la Lumière, je rejette ces ombres qui m’encombrent. Ces ombres de l’esprit qui flottent dans le silence des idées inavouées de tout cerveau humain actif, ces ombres qu’il faut combattre pour mieux vivre, pour ne pas se faire bouffer. Il m’arrive de perdre des batailles. Je me fais déchiquetée par le néant, écrabouillée par le mauvais, je fais la morte. Je sens la mort. Je lui fait un pied de nez mental et jamais je n’arrête la guerre. Plus tenace que Bush et sa passion guerrière, je me bats chaque jour avec ces ombres qui aimeraient tant m’emmener en leur autre troupeau, qui attend toujours, quelque part dans les parages. Blessée, réparée, balafrée, rapiécée, traumatisée, je me relève avec hargne, je fustige et me durcis la couenne, je continue le combat dans le silence de ce que je suis en cette vie multicolore qui me défile sur le corps...

Drôle d’oiseau sans plumes ni augures, je laisse s’envoler des mots qui s’échappent dans l’inconnu de ces yeux qui les regardent, les jugent, les critiquent, les perçoivent selon leurs propres différences. Rendu là, c’est hors de mon contrôle, c’est l’aventure des mots qui commence. Ils sont adoptés ou rejetés, appréciés ou détestés, je n’y puis plus grand-chose. Ce n’est plus vraiment mon problème, s’en préoccuper, c’est se casser la tête au virtuel. Je préfère savourer la solitude de ma bulle, sur le sable. Me construire au soleil, enrobée de nature et de liberté. Flotter comme une goutte perdue dans l’eau « multi-bleutée » du lac qui s'étend paisiblement à mes pieds...

jeudi, juillet 29, 2004

Singe de ville...

La singerie de juillet chez Martine et Blork, porte ce mois ci sur nos premières impressions de Montréal (en particulier). Montréal?!? Pourquoi Pas? Allez, je plonge dans mon bac à souvenirs...

C’était en novembre 87, j’avais 14 ans. J’avais déjà pas mal voyagé sans jamais resté bien longtemps ailleurs, (Europe-Russie-Etats-Unis). J’étais fine prête à quitter mon jura  profond pour la grande ville américaine. J’avais retrouver la marche, je ne faisais plus pitié dans la rue en clopinant misérablement, mon accident et son handicap étaient enfin derrière moi et devant moi, à l’infini s’étendait Montréal...

Nous sommes arrivées à Mirabel un soir glauque de novembre.De Mirabelle à Montréal, l'espace dans le noir. Nous débarquâmes au Ramada du Centre ville, ma mère et moi, avec nos deux valises. Trouver un appartement, reprendre l’école, tout était à reconstruire. Nous avions troqué la petite maison au milieu de champs pour la fièvre urbaine du centre ville. Je me rappelle de la première nuit comme dans un rêve. Nager dans une bulle d'idées floues, l’adrénaline qui pompe le coeur, trop de sensations et d'émotions différentes à assimiler, laisser glisser le temps. En une semaine, nous avions emmenagé dans un appartement au 21iéme étage, coin Guy et Maisonneuve. La fenêtre de ma chambre s’ouvrait sur un vide vertigineux et une floppée de lumières avaient remplacé les étoiles, lucioles de l’éphémère, la ville vibrait à mes pieds. Tout était nouveau, presque magique, surnaturel sur tant de points subtils...

J’allais avoir 15 ans, j’étais invincible. La ville me semblait être une immense film, un immense terrain de jeu où découvrir la vie, comprendre l’univers, tout était possible à mes yeux d'adolescente ébahie...

J’ai repris l’école sur Queen Mary. École française, gérée par la France, nid à poules rempli d’œufs en or flottant dans un luxe insouciant. Petite France à l’étranger, petit  ghetto d'idées...

C'est de là que j'ai découvert le Café Campus, depuis transformé en Second-Cup non fumeur ( autre ironie de la vie qui s'éclate). Ah! Les mardis-rétros du Campus à 16 ans, lorsque l'on peut rentrer sans se faire carter et s'oublier avec des copains en se foutant de tout et de rien. Montréal était si belle dans ce temps là. J'étais toute jeune, si fraîche. Je prenais le bus du Centre Ville à l’Oratoire, (la 51, je crois en me farfouillant la cervelle), ou le métro Guy-Snowdon suivant le froid en vigueur. Ma réalité était irréelle. Le béton enrobait mon quotidien sauf lorsque je me perdais les dimanches au Tam-Tam de la Montagne. Montréal était la reine de mes nuits. J'étais émerveillée dés que j'ouvrais les yeux. J'aimais Montreal, ses gens, ses couleurs, sa diversité qui venait me chercher les trippes. Que d'aventures urbaines en ma mémoire. Je la contemplais, jour aprés jour, avec délice et curiosité...

J’avais l’impression que jamais je ne pourrais en connaître tous les recoins, elle me semblait s'étendre à l'infini. La comprendre et capter son essence me semblait une tâche incroyable. Je la savourais chaque jour, au détour d’un trottoir, au détour d’un nuage, j’étais en amour avec elle mais je ne m’en rendais pas vraiment compte.  Je voguais dans une espèce de bulle étrange où dés que je sortais de l’école, de la maison, j’entendais toutes sortes de langues inconnues, dont ce français, qui sonnait si étrangement à mes oreilles, que je n’y comprenais quasiment rien. Je regardais les gens, bouche bée, essayant de capter ce français d’ailleurs et mon cerveau rageait de ne pas arriver à y voir clair. C’était encore l’anglais que je comprenais le mieux dans ce temps là...

Je nageais en toute liberté dans l’aquarium urbain, je m’amusais comme une petite folle, bien droite sur mes deux jambes qui fonctionnaient et obéissaient enfin à mes moindres désirs. La nuit, j’écoutais battre le pouls de la ville, un crayon à la main, je formais des phrases et m’efforçais de capter cet étrange environnement qui était mien. j'étais bien. Et puis la vie passa, je grandis, je vieillis, mon amour pour la ville tourna au vinaigre de framboise, mes premières impressions si heureuses se firent avaler par la vie gloutonne qui grignote son petit monde. Et je partis en courant me réfugier parmi les arbres. Mais ça, c’est bien d'autres singeries de vie, sans rapports avec celle-ci...

Maudit Jupiter!

Matin grognon. Pas envie de faire les choses que j’ai à faire, et là je pourrais élaborer à l’infini mais Etolane ceinture ma tête et affirme son pouvoir! Ok, t’es chez toi ma belle, je viendrais pas répandre là mes grognements. Tiens je vais plutôt aller voir mon horoscope...

29 juillet 2004 ~ Votre horoscope personnalisé: Jupiter est en conflit avec votre Venus natale : La conjoncture actuelle des planètes vous apportera quelques désagréments affectifs ainsi qu'un peu de morosité passagère, peut-être dûs à une déception amoureuse. Vous vous sentirez nostalgique.

Ben voilà, ben voilà c’est faute à Jupiter!!! Cela ne m’étonne guère!!! C’est cela, je me sens nostalgique même si mon couple va bien. L’homme a la grippe, j'avoue c'est "poche", le diabète  se rebelle, l'homme doit aussi avoir un conflit dans ses étoiles....

mercredi, juillet 28, 2004

Pouvoir des mots...

En parcourant cette entrevue sur papier virtuel, la première réponse de C. Delaume s’accroche à mes idées virtuellement égarées. Elle se tatoue en mes pensées libres, elle s'associe à mes goûts. Je la savoure en silence et la dépose doucement dans mon panier de mots fait d'osier invisible...

Flu : Pourquoi écris-tu, et pour qui ?

Chloe Delaume : L'écriture comme la lecture font partie des rares activités qui me paraissent concrètes et auxquelles j'accorde de l'intérêt. Ecrire est probablement le seul moyen que j'ai trouvé pour agir sur quelque chose, de manière ludique : toucher physiquement à la langue, la manier voire la manipuler. Je n'écris pas pour quelqu'un, la question de la réception du texte ne se pose pas pendant la phase d'écriture.

Après les monstres nocturnes, les tourtereaux de minuit...

Hier soir, Miss Kay et Guillou ont pénétré ma bulle de lac entre les arbres. Après dîner, quoi de mieux pour se détendre, qu’un petit bain sous les étoiles? Un peu d’amour sous la lune embrumée, les tourtereaux en visite s’ébattent dans la nuit.

L’homme fait ses longueurs, ma main se digitalise subtilement dans le noir. L’eau est toute douce. Guillou se transforme en grelot tandis que l’on rigole un peu de le voir si frileux. Calme obscur et rires nocturnes, juste un autre soir d’été quelque part sur la Terre qui regarde la lune...

Hé Miss Didine, c’est quand que tu viens avec ton homme plonger dans le noir? Passes-tu encore par ce jardin de mots perdu au milieu de nulle part? Hier Miss Ebb au bout du fil, petite voix douce et timide, mystère du web et de la vie, le voile virtuel se déchire sous mes yeux qui s’écarquillent. Alors les amis, bientôt prêts pour un p’tit saut dans ma bulle d’eau?

mardi, juillet 27, 2004

Moments d'eau...

Mouvements d'os, étirements et remue-méninges. Ménage en attente. De la visite en soirée. Tergiversations d'eau mentale, le temps se pose. Flou papillon. Vaguelettes de l'esprit dans les marées de mes pensées: plus que toutes possessions matérielles, les richesses de l'âme m'impressionnent tant elles sont rares dans ce monde moderne qui s'arme d'artifices futiles et qui me saoule d'images surréelles tout en me faisant croire que l'on a déjà marché sur la lune...

Monstres nocturnes...

Pour la première fois depuis des années, j’ai rêvé de monstres cette nuit. Alors que je devais sans cesse errer dans des espèces de catacombes morbides, pour à chaque fois affronter la même créature, étrangement humaine, pour toujours me sauver saine et sauve. Je me réveille, ce matin, légèrement interloquée devant la puissance de ce drôle de songe. Sans trop savoir pourquoi ni comment, une petite idée, toute neuve, se faufile dans mes pensées. Elle se donne à moi dés que j’ouvre un œil, elle s’accroche à ma peau et malgré toutes les autres suppositions qui suivent, elle affirme : « J’étais la première, c’est moi qui aie raison! ». Je sais pas trop...

Après avoir lu « l’herbe du diable », je ne peux m’empêcher de concrétiser des idées vagues qui me flottaient auparavant dans la tête. Si la Datura et le Peyotl possèdent en leur entité des créatures invisibles, pourquoi n’en serait-il pas de même avec tant d’autres choses sur Terre? C'est le principe du "manitou", je m'en rends compte. Ce matin, une drôle de perception d’avoir vu le diabète en pleine face. Idée absurde, abstraite, retardée, je ne sais pas trop...

Impression forte et claire. Je comprends que ce sont là, des idées un peu "shamaniques" sur les bords. Étrangement je me suis réveillée, la première fois de ce rêve, avec le lever de Juan pour une autre hyper nocturne. C’est la première fois que je me réveille dans ses moments là.

D’habitude, c’est au matin qu’il me parle, en soupirant, des hypos ou hypers que la nuit lui a donné. À chaque fois, je frissonne. Je connais bien ces histoires de diabétiques que l’on retrouve comateux au matin, n’ayant pu se réveiller à temps pour régler cette maladie qui les bouffe de l’intérieur. Terreur floue de devoir un jour connaître la saveur d'un coma matinal, je pense toujours dans ses moments là, au Glucagon dans le frigo et oui je sais reconnaître une hypo d’une hyper, et oui,  je sais tester l’homme! Rien que d'y penser trop fort, j'ai le coeur qui palpite. Pourtant d'habitude, jamais je ne me réveille...

Mais cette nuit, c’était différent, cette nuit le monstre s’est montré la face. Juan a encore percuté un p’tit record de sucre et sur le coup, je n’ai pas vraiment fait de rapport, trop occupée que j’étais à me demander comment j’allais détruire l’horreur qui m’emportait dans un « loop » rêveur dès que je faisais un tour de "Rem"...

Je me suis rendormie avec lui, j’ai continué mon rêve, il  m’a d’ailleurs retrouvé sur l’asphalte de cette vieille station à essence désertique. Je voulais lui montrer la bête (Forme floue, de nature humaine, visqueuse et degeu, dotée d'intelligence et de malice. Pas réellement concrète, pas comme nous, mais faite de textures étranges. Fumées liquides. Plus grande qu'un homme, une démarche un peu de Yeti. Communique primitivement par voie télépathique. Pas gentille pour un sou. Peu de puissance hors de son trou par exemple.) Il m'a suivi en me niaisant un peu. Descendre dans le trou, emprunter les tunnels, être attiré comme par un aimant dans ce monde souterrain, arrivés au bout, on ne niaise plus! Affronter la chose au fond de cet étrange monde perdu au milieu de nulle part...

Combats irréels dans le noir, frayeur et courage, aventure et frissons, la bête déteste le rouge, rêves lucides à l’attaque, je nous habille de rouge, elle hurle de douleur, ultime fuite devant l’incroyable. Trop d’idées qui se bousculent à la fois dans mon cerveau embrumé. Le petit jour est grisonnant, souvenirs nocturnes qui s’incrustent, il faut d’abord que je digère ma nuit...

lundi, juillet 26, 2004

En chantier...

Les forces des armées Unies Islamiques foncent sur Québec. Toute la petite ville est sur le pied de guerre. La nouvelle du conflit se répand comme une traînée de poudre sur tous les petits écrans de la province. Le monde est captivé par les événements des dernières heures. Comment a-t-on pu en arriver là?

Les caméras pointées sur Québec, filment en boucle les derniers préparatifs des habitants, la planète, hypnotisée par le conflit en direct sous ses yeux est toute ouie. La province retient son souffle. Les forces du général Busharat viennent de traverser Montréal en laissant derrière eux un paysage de terreur et désolation. La planète est sur les fesses! Comment a-t-on pu en arriver là?

La population montréalaise, si pacifique de nature, n’a pas pris au sérieux les menaces et l’ultimatum du chef des armées islamiques. Le gouvernement, trop lent à réagir, n’a pas eu le temps de mettre en garde la population, les conséquences sont catastrophiques.

Montréal est dévisagée, méconnaissable, ses rues jonchées de cadavres, ses beaux quartiers dévorés par le feu et ultime sacrilège, l’Oratoire St-Joseph a été détruit à coups de mortier sous l’objectif de quelques caméras présentes, travaillant toutes, pour les forces Islamistes...

À peine trois heures après que la fin de son Ultimatum n'ait pris fin, Busharat et son armée de fanatiques ont traversé le Vermont pour envahir le pays et monter directement sur Montreal. Les Montréalais, n’avaient pas cru en la force et la motivation de Busharat à les détruire. Insouciants devant le danger imminent, ils avaient continué de vaquer à leurs occupations habituelles. Depuis des années, Busharat considérait Montréal comme une cité perdue, une cité de vices et de débauche, une cité et une population à exterminer...

Havre de paix, pour les homosexuels réfugiés par milliers, depuis l’entrée en vigueur du nouveau régime islamique d’Amérique, la Nouvelle République Indépendante du Québec est, depuis des mois, dans le collimateur du général fou. Sa liberté, ses habitudes, et surtout son gouvernement féministe n’ont pas la côte pour ses voisins du sud. Même le Canada, séparé du Québec depuis plus de 80 ans, qui a toujours gardé d’excellents contacts avec le nouveau gouvernement québécois se retourne désormais contre ses anciens compatriotes. Le courant islamique qui a amené Busharat au pouvoir se faufile dans les hautes sphères anglophones qui régissent le Nouveau Canada.

Voici donc comment, en prés de douze heures, l’horreur a pu pénétrer les foyers du monde entier. Pour les québécoises, chaque image détruit davantage illusions et espoir. L’horreur sous les yeux, le Canada est resté immobile devant la destruction de la plus grande ville du Québec. Les troupes de Busharat, armées jusqu’au dents, avancent maintenant sur Québec qui se préparent à la plus grande bataille de son existence en ce début de mai 2120...