lundi, mars 08, 2004

Uchronie matinale

Ce matin, je me suis réveillée tôt. Trop tôt, l’homme a ronflé une fois de trop, trop fort. Énervée, j’ai fait fuir le sommeil. Une drôle d’histoire d’Aline dans la tête, je me suis levée pour l’écrire mais elle ne voulut plus sortir! Alors, dépitée je me suis dit que j’allais regarder le soleil se lever...

J’ai regardé par ma fenêtre pour y trouver des gens sur mon gazon. Des gens!?! Du gazon!?! J’ai fermé les yeux. Je les ai ouvert. J’ai pris peur. Des gens sur mon gazon?!? J’ai voulu hurler mais les sons restaient coincés derrière mes lèvres closes. Une demi-douzaine de personnes étrangères regardait fixement la maison. Le soleil se levait à l’horizon et l’hiver avait disparu de ma vision! Au loin poussaient des tournesols...

Je voulus bouger, me rendant soudainement compte de ma nudité, mais j’étais collée sur place! Mon cœur se mit à battre si fort que je crus un instant qu’il allait exploser! Ça y est! Je meurs! Je réussis à prononcer une sorte de « coouuaaaakkk » qui n’alarma personne dans la maison. Les chats dormaient paisiblement, la lumière du jour se prononçait et je distinguais davantage ces gens devant ma fenêtre...

Je crus devenir folle, mon cerveau tournait sur lui-même comme un loup enragé, je sentais fondre ma cervelle. Quand tout à coup, apparut un petit génie tout vert! Il flotta jusqu’à mes oreilles, me chuchota quelque chose que je ne compris pas avant de se poser sur mon nez! Je loucha pour mieux le voir. Il sourit et ses minuscules yeux, aussi vert que sa peau, pétillèrent de gentillesse. J’entendis une petite voix parler dans ma tête :

- Allo. Allo? Etol, tu me reçois? Etol? Je ne pense pas connaître ta langue, alors j’utilise l’onde télépathique de base, tu devrais m’entendre! Allo?

Je frémis, prise d’une soudaine nausée, je grimace, je prends une grande bouffée d’air. Le petit génie vert flotte au dessus de ma tête... Aaat..aaatch...aatchoum, j’éternue tandis que ma paralysie temporaire semble se dissiper lentement. Je réponds timidement en pensées...

- Oui... allo?
- Bon!

Il revient se poser sur mon nez. Cela me chatouille et me gratouille mais ce n’est pas si désagréable...

- Écoute, tu ne dois pas avoir peur, mais tu devrais peut-être aller t’habiller...
- Mais? Mais? Qui sont ces gens? Où est passé l’hiver???
- Je vais tout t’expliquer, tiens regarde tu as laissé ton peignoir sur le sofa...

J’enfile le tissu fin, je jette un œil par la fenêtre, j’y retrouve ces personnes attroupées sur mon gazon. Ces gens qui me regardent fixement, l’œil vide, sans faire un mouvement...

- Bon, toi, tu me dis quoi là? Je suis folle. Hein c’est ça? Je viens de péter une coche et tout ça, c’est le résultat de mon cerveau mutilé...

Je m’assois sur le sofa, découragée, peureuse, contrariée. Le petit être vert se repose sur mon nez...

- Dis, tu pourrais aller ailleurs que sur ma face? Je pense en silence...

Il flotte jusqu'à ma cuisse et s’assoit sur mon genou.

- C’est mieux?
- Oui merci! Mon nez n’est pas un perchoir que je sache!
- Mais je suis tout petit, je voulais être sur que tu me voies...
- Ça c’est vrai, tu es à peine plus gros qu’un papillon...
- C’est que je n’ai pas l’habitude prendre forme, mes forces ont beaucoup diminué...

Je fais une grimace d’incompréhension. J’écoute la petite voix parler dans ma tête en faisant bien attention de ne pas regarder par les fenêtres. Je me concentre dans la contemplation du tissu sur ma peau.

- Je suis un génie en voie d’extinction. Je ne peux exister que par la croyance humaine. Vois-tu chère Etolane, de nos jours, il y a si peu de gens pour croire en nous, que nous rapetissons jusqu'à nous effacer dans le néant....
- Oh! C’est triste... Mais pourquoi je te vois? Pourquoi tu me parles? C’est qui ces gens?
- Tu me vois parce-que tu crois. Je te parle parce-que j’aime que tu crois en l’invisible et que tu m’as un peu inquiété tout à l’heure en regardant par ta fenêtre. J’ai cru que tu allais faire une crise de cœur, alors je me suis dit que c’était la moindre des choses que de venir t’aider...
- Ah! Heu, Merci... Je pense que cela va mieux maintenant, je retrouve mes esprits. Enfin s’il m’en reste!!!

Le soleil pointe à l’horizon, je perçois du vert dans les arbres. Toujours sur mon gazon, ces gens qui me regardent et me perturbent!

- Mais cela ne me dit pas qui sont ces gens?
- Oh! Eux! C’est juste quelques redondances! Tu n’as rien à craindre. Tu as franchi le seuil interdit, cela a causé quelques perturbations, mais tout devrait bientôt rentrer dans l’ordre. Regarde, déjà ils s’effacent un peu...

Je les regarde à nouveau pour constater qu’en effet ils paraissent moins concrets! Une étrange brume les entoure maintenant...

- Des redondances? J’ai même pas franchi de seuil interdit! Je me suis juste levée un peu trop tôt! Pis des redondances de quoi d’abord? Des redondances de gens!?!
- Oui des redondances visibles de lecteurs et de personnages!
- Hein?!?!?!
- Tu as franchi le seuil de la fiction et des réalités. Tu n’es plus dans ton monde, mais dans une réalité parallèle où l’humain a appris quelques notions de télépathie qu’il a ensuite mélangé à l’informatique, la technologie et la biologie...
- Hein!?!? Ouais, en d’autres mots j’ai viré folle quoi!
- Non, tu as franchi un seuil interdit. À ton réveil ta réalité s’est transformée à la mesure de ce monde différent mais presque pareil que le tien. Celui où tu résides habituellement n’est pas loin mais pas là! D’ailleurs tu dois aller te recoucher, je vais essayer de te renvoyer chez toi...
- Hein!?!
- Bon tu en reviens!!! Etolane et Juan sont en voyage. Tu as de la chance, je n’aurais pas voulu voir ta tête en découvrant dans ton lit, une autre toi!
- En voyage? Une autre moi?!?
- Ils sont partis dans le sud pour les vacances, disons que cette dimension est un peu plus riche que la tienne! Mais c’est presque pareil, tu vois c’est la même maison...
- Heu!?!
- Bon allez, il faut que tu te recouches avant que qu’il ne fasse trop jour. Cela devrait marcher, je suis super fort sur ce genre de corrections!
- Ah! Cela me rassure!!! Ok, je vais t’écouter...

J’avale péniblement ma salive et me force à prendre le chemin de la chambre tandis que flotte à mes cotés le petit être vert. Je remarque au passage des détails que je ne reconnais pas. Je respire profondément et me glisse entre les draps frais...

J’entends chanter une étrange mélopée et je sens Morphée venir me chercher. Je me laisse glisser, je commence à rêver...

Vie (vue) d'ailleurs...

~


Bientôt la St-Patrick, mon esprit vagabonde. Un jour j’irai en Irlande. J’irai voir des châteaux. Toucher du bout des doigts les vieilles pierres, absorber un peu de leur histoire, enrichir ma mémoire. Visiter les ruines d'un passé oublié...

Je partirai à la recherche d’une elfe. En quête de légendes, j'écouterai le drôle d’accent des gens de là-bas et j'apprendrai de nouveaux mots. Un jour...

En attendant, je me gave des photos de Kitof. Je passe un peu sur les visages inconnus pour contempler ces paysages d’ailleurs. Je regarde par ces petites fenêtres un autre monde, un monde qui me fait rêver d’étranges réalités...

Je regarde et je vole...
Go raibh maith agat.

dimanche, mars 07, 2004

Réflexions...

Ces derniers jours, la neige s’est transformée en pluie, qui s’est transformée en glace. Pour recouvrir d’une fine pellicule tout le paysage, qui scintille maintenant de pleins feux, sous le soleil qui grimpe tranquillement dans le ciel d'azur. C’est une ambiance magique, presque féerique, une atmosphère de conte de fée...

J’aime le calme matinal de l’homme endormi. Le silence figé du jour qui se lève. Dans ces instants là, j’aimerais être ermite et rester à jamais enfermée dans ma bulle...

Rester dans ma bulle des jours entiers et enfin pouvoir écrire à ma guise, sans voir personne, avec le minimum de communication humaine requise pour subsister. C’est une utopie chronique qui me hante et m’emporte l’âme dans la forêt...

Suis-je trop sensible à la laideur humaine? Je ne parle pas ici d’apparence physique, mais de laideur sous forme de sentiments et d’émotions destructives. La jalousie, la méchanceté, le mensonge, la haine sont ces laideurs humaines qui me révulsent...

Elles font malheureusement partie intégrante de notre humanité et dés qu’on la côtoie de prés, il faut faire avec! Cela me donne bien souvent envie de me transformer en ermite loin de toute cette bêtise. Le sentiment indistinct que cela pollue l’esprit à trop grosse dose. Loin de là va s’en dire que je suis parfaite, au contraire, je peux être aussi laide j’imagine que n’importe quel humain. J’ai des colères et trois haines individuelles...

Je suis parfois prompte à la jalousie, surtout si je suis malheureuse mais c’est un sentiment contrôlable que je raisonne facilement. Disons que j’ai déjà eu l’occasion d’en faire les frais. Il n’y a rien de mieux qu’être jalousé pour ne pas avoir envie de tomber dans ces cycles du coeur « poutrus » (comme dirait l’homme)...

Avec mon age qui avance, je connais assez bien mes défauts pour les travailler régulièrement. J’ai plus de mal avec mes qualités, plus de difficultés à les cerner, à les attraper pour les épanouir, c’est un jeu de cache-cache quotidien...

L’amour de la nature et l’Amour tout court, sont ma nourriture de survie à la laideur humaine. Lorsque je suis saturée d’humanité, lorsque je ne veux plus faire partie de cette gang d’imbéciles, je me tourne vers la Nature, je serre un arbre, je caresse une feuille, je regarde le ciel. Je me sens alors moins seule dans mes tourments. La Nature me régénère et me permet de continuer mon chemin en cette humanité qui parfois me pèse...

Comme ce matin avec cet échange entre un autre blogueur et ma pomme. Celui-ci n’aime pas Vol de mots, et il en est tout à fait libre. Mais il lia dernièrement mon blog au sien en prenant soin de barbariser l’orthographe. Je suis assez sensible avec l’orthographe, merci! Cela me fit évidement frémir, je lui écris poliment un mail afin de connaître les raisons de ce lien incongru....

Il me répondit ce matin aussi poliment, ce que j’apprécie beaucoup en m’exposant franchement ses faits. Je dois avouer être restée bouche bée par le PS : « PS : j'avais retiré par pure méchanceté la référence à ton site à de adresse http://membres.lycos.fr/connecticut/frblog/ je te laisse le soin de la remettre » Devant une telle attitude, je reste clouée! Je pense que la méchanceté pure m’échappe...

Devant cet échange virtuel, Etolane est restée sur le c... ! Elle s’est exclamée en mes pensées :

- Alors c’est de cela que tu me parles sans jamais rien dire lorsque tu reviens du réel et que t’es pas de bonne humeur!!!
- Oui, c’est cela que je te cache, les noirceurs, les angoisses et les laideurs de la vie...
- Mais pourquoi?
- Parce-que tu es un être de nature et de gentillesse. Tu dois regarder le positif des choses, des gens, du monde qui t'entoure... Tu dois répandre leur beauté, pas leur laideur! C’est déjà assez souvent laid comme cela au réel, et je t’épargnerais mes expériences en terre patrie. Tu es la québécoise en moi. Tu es le fruit de cette adoption géographique. Tu as accès au monde, à plein de connaissances, tu sais que l’humanité souffre dans pleins d’endroits, cela te peine et c’est bien. Tu sais, tu n’as pas besoin d’être totalement humaine...

Insistons sur le développement de l'amour, la gentillesse, la compréhension, la paix. Le reste nous sera offert.
Mère Teresa

La gentillesse est le langage qu'un sourd peut entendre et qu'un aveugle peut voir.
Mark Twain

Agis avec gentillesse, mais n'attends pas de la reconnaissance.
Confucius

Au paradis des glaces...

Journée magnifique où le soleil dans un ciel sans nuages éclaira un monde de givre et de reflets étonnants. Promenade sur le lac glacé, désert de neige et de glace...

Des images féeriques, du silence sans un souffle de vent, une lumière divine, un instant de sacré...

Tous les arbres argentés semblaient sortir tout droit d’un monde imaginaire. Jeu de transparences et étincelles de soleil. En suivant les pistes des motoneiges, nous nous sommes retrouvés en plein milieu du lac. La surface givrée reflétait la lumière comme un miroir géant...

Seuls sur la glace, nous nous extasions de la beauté de cette journée toute douce. Plus de pellicules dans l’appareil photo mais des dizaines de photos dans nos têtes....

Respirer de l’air aussi pur que le ciel, laisser derrière nous, la trace de nos pas dans la neige dorée du soleil couchant...

Vol de couple...

Hier, avec Juan, nous avons joué avec la chaleur. Étant peu habillée, j’étais d'humeur frileuse. Juan en pull l’était moins! Ainsi commence le jeu niais du chauffage, l’un monte et l’autre baisse 15 minutes plus tard...

Les heures passent et l’homme qui monopolise la machine s’exclame :
- Bon ben t’as remis le chauffage à fond les turbines!

Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire tandis qu’il continue :
- Eh oui ça y est! Je commence à avoir les paupières gonflées, le bout des doigts ankylosés...

C’est plus fort que moi, je le trouve si drôle que je rigole toujours tandis qu'il expose les effets du chauffage sur son corps. Il se lève pour baisser et me regarde en souriant, le regard plein d’amour pour la coquine que je suis. Je fonds, encore et toujours...
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Ce matin, l’homme se lève, la gueule enfarinée de sommeil, il sort de la chambre en grommellant. Je lui dis mine de rien...

- Tu sais, il est à peine 9 heures...

Il passe devant moi, prend sa pique, avant de se diriger sur le trône. Je l’entends dire au loin.
- Est-ce que ça voulait dire, va te recoucher et me fais pas ch....
- Heu, oui, un peu...
- Ah! Ok, il rétorque du fond de la salle de bain, ben j’aime mieux la première version finalement!
- Je t’ai réveillé?


Il revient, nu comme un ver, boit un verre d’eau et reprend le chemin de la chambre.
- Non, c’est juste que j’étais encore trop haut!

Il ferme la porte et j’entends grincer le lit tandis qu’il parle encore :
- Oh! j’ai encore rêvé que je fumais! J’étais pris par les remords et tout! Oh! pis j’ai aussi rêvé à la programmation...

Je souris doucement. Le silence se fait et cinq minutes plus tard, l’homme qui s’est couché tard se rendort en ronflant. C’est vrai qu’il a arrêté de fumer depuis presque deux mois (Deux mois et deux jours! Me signale-t-il une fois réveillé!). Après son angine carabinée, il a décidé de ne plus toucher à la cigarette, et tient son bout avec succès. Du coup, je suis moi aussi en train de revoir mes dépendances... Du Diet Coke, je me mets au thé... Plus de bulles, mais une meilleure santé!


David, Elizabeth

samedi, mars 06, 2004


Dans le Sable ~ David Graux

Houssein aux Foufounes..J'ai eu trop de fun à lire ce petit texte, toute seule, derrière mon écran. J’imagine que si j’y retournais, je penserais aussi que ce n’est plus de mon age!!! Souvenirs, souvenirs...

Chez Yan, le plafond coule avec le printemps au loin... Il n’est pas seul. Chez nous aussi, le plafond goutte à goutte appelait la conscience de l’homme en grève d’hiver. Il chuchotait entre deux lames de plafond : « Pèl’tte mon toit. Toi! Pellette mon toit, maudit toi!!! » L’homme finit par l’entendre. Il alla donc déneiger le toit comme un grand en grognant....

Via Blablablog, Un appel à la vie sur le Web. Petrouchka fait passer le message: Un besoin urgent de plaquettes (petites cellules produites par la moelle osseuse) pour l'un de ses amis...

Forme de blog.

Je pense que je ne suis plus capable de mon fond. Je suis tannée, toujours la même chose depuis que j’ai commencé ce blog. Je suis tellement niaiseuse avec mon template, c’est à pleurer de rire! Ok, et puis j’ai pas le goût de passer des heures à tout refaire et en plus, je n’ai aucune inspiration à savoir comment le changer!

J’ai l’impression que si je transforme tout, je vais me sentir un peu perdue! Je sais, j’suis ben niaiseuse sur le sujet! Je me fatigue toute seule, si bien que je ne fais rien et laisse passer les semaines à grincer des dents toujours un peu plus à toujours voir la même forme! Ou alors c’est l’idée du printemps à venir qui m’aiguise...

Je suis nulle en « feuille de style » et Css trucmuche, je me débrouille avec Html mais mes notions s’arrêtent là. Après je patauge en pleine mare d’incompréhension! Juan est trop occupé pour y mettre son nez, mais je pense que je vais finir par lui montrer mon désarroi grandissant...

Histoire de m’habituer à d’autres couleurs, j’ai essayé de voir avec lui et lui si l’inspiration venait... Mais niet! Nada! D’la « schnoutte »! Je reste coincée sur cette même forme : jaune, beige, rouge, orange, clair, vagues de liens...

J’aime bien mes vagues de liens, j’aime bien l’idée d’avoir des petits annuaires remplis de pistes virtuelles à suivre. Avec le Baby-blog j’expérimente davantage le concept et je récolte des places, des bouts d'humains, au fil de mes ballades blogosphèriques. C’est mon coté collectionneuse qui s’enthousiaste...

J’envie Marie de Better-Things qui change de lay-out si souvent. C’est l’fun d’être jeune et dynamique. P’t’être que je deviens trop vieille pour tout cela! Mais tout le monde à un moment donné change son lay-out me semble!?! J’avoue que certains ne changent rien depuis des mois que je les regarde. Je me demande s’ils en ressentent le besoin...

Y’aurais-tu quelqu’un avec des idées sur le sujet à partager avec ma pomme? To change or not to change? Tout mettre à terre et recommencer à neuf? Ou alors continuer de même en attendant une étincelle d’inspiration? Hummm...

vendredi, mars 05, 2004

Full Moon Shivers...
Tropical Moods...


Un fond de jazz sur le silence gris du temps qui passe. Atmosphère toujours aussi laiteuse, nous voguons dans les limbes des saisons qui s’égarent sous notre frénésie humaine...

J’attends le soleil et mes oreilles se gavent de mots d’ailleurs. L’homme n’est pas friand des mantras mais supporte bien Ravi et mes envies furtives de Bossa Nova...

Je passe par chez Sophil de l'eau, je me régale le regard de soleil et de couleurs. Je me prends à rêver de Portugal et d’horizons bleutés. Je regarde la petite tête blonde qui sourit et je laisse voguer mon imagination. Je n’avais jamais pensé au Portugal comme destination voyage, mais la blogosphère magique m’aura donné de nouvelles idées...

Cela dit, présentement mon fantasme ultime en cette période morne serait de m’asseoir en tailleur sur une plage de sable fin. Quelque part sur une île tropicale, me plonger l'âme dans un océan turquoise et me laisser brûler de soleil...

jeudi, mars 04, 2004

Jeu des 7 mots...

Je m’amuse avec la langue à l’occasion de la Francofête. Envie de français et de légèreté. Envie de surréalisme. Envie de jouer avec les mots sans y réfléchir, juste jongler au vent pour le plaisir...

Je déride mes mots avec Robert. Suivant le principe bien connu d’écrire un petit texte à partir de mots divers. J’innove le mien, comme ça, pour rien... 7 mots pêchés au hasard, 7 mots volés à Robert qui se laisse gentiment faire...

1. Barbacane : (ar. ou persan) Au Moyen Âge, ouvrage avancé, percé de meurtrières. Ouverture verticale et étroite dans le mur d’une terrasse pour l’écoulement des eaux
2. Baobab : Arbre d’Afrique tropicale à tronc énorme et fruit charnu comestible
3. Coulpe : Péché. Loc. Battre sa coulpe : témoigner don repentir, s’avouer coupable (Faire son mea-culpa)
4. Francophobe : Hostile à la France et aux français.
5. Gnome : Petit génie laid et difforme qui, selon le Talmud et les kabbalistes, habite à l’intérieur de la terre dont il garde les trésors.
6. Ondoyer : Remuer, se mouvoir en s’élevant et s’abaissant alternativement. Baptiser par ondoiement : Ondoyer un nouveau né.
7. Schlitte : mot vosgien. Traîneau qui sert dans certaines régions montagneuses et boisées à descendre dans les vallées le bois abattu sur les hauteurs.

L'on se lance à l'eau du n'importe quoi avec élan tandis que glissent les mots sur la peau des songes...

Dans la forteresse maudite, l’homme emprisonné regarde au travers des barbacanes usées par le temps. Il étudie les allées et venues des gnomes en pleine frénésie. Il regarde passer les corps dénudés des hommes blancs avec indifférence. Il a pris l’habitude de voir les horribles gnomes dépecer ces corps inanimés avant de les entasser sur leurs schlittes ensanglantées...

L’homme à la peau d’ébène ne sait plus depuis combien de temps il est enfermé dans cette cellule humide. Il ne sait pas pourquoi on le garde en vie, pourquoi on le nourrit. Plus que tout, il désire quitter cet endroit infernal. Il se couche sur sa paillasse. Il ferme les yeux et libère son esprit pour l’envoyer aux pays des baobabs géants. Il les imagine ondoyer sur un ciel d’azur. Il sent la chaleur du soleil sur sa peau moite. Il sourit un court instant avant de rouvrir les yeux et de se retrouver face à la muraille crasseuse de sa geôle...

Il entend des pas et le grincement d'une clé dans la minuscule serrure toute rouillée. Un gnome entre avec un sac de vivres. C’est toujours le même, un être si laid qu’il lui a fallu plusieurs visites avant de pouvoir le regarder sans retenir une grimace écoeurée. Le gnome se nomme Tétrard et il n’ouvre la bouche que pour lui poser une seule et même question : "Est-ce en ce jour que tu battras ta coulpe"???

Généralement l’homme à la peau d’ébène ne répond rien. Il ne comprend rien à cette question saugrenue. À chaque fois qu'il essaie de demander plus d'explications, les gnomes le saignent sans pitié, alors il se tait maintenant et baisse la tête. Mais aujourd’hui, il décide soudainement de changer de tactique et répond: «Oui, c’est aujourd’hui que je bats ma couple!».

Le gnome écarquille les yeux de surprise, ce qui a pour effet de le rendre encore plus affreux. Il émet un grognement indistinct et disparaît rapidement derrière la porte qu’il cadenasse avec fracas. L’homme ouvre le sac de toile et croque avec appétit dans le pain moisi et les pommes brunes. À peine a-t-il fini de manger que Tétrard revient accompagné de sept autres gnomes armés de lances finement aiguisées.

- Suis-nous! Le roi est prêt à te voir...

L’homme entouré de gnomes descend l’étroit escalier en spirale, ils traversent un couloir décoré de crânes humains avant d’arriver à une vaste salle où siége le roi des gnomes francophobes.

- Toi, tu as été capturé par deux imbéciles, quelle est la langue dont tu te sers.
- Je parle français...
- Qui sont tes ancêtres?
- Des guerriers d’Afrique...
- Pourquoi parles-tu français. Es-tu français?
- Les français ont envahi mon pays et nous ont forcés à parler leur langue, mais je ne fais pas partie des leurs. Je fais partie des miens, les africains...

Le roi gnome grimace, gigote sur son trône immonde. Il se gratte une pustule et soupire bruyamment.

- C’est bon, tu es libre, mes sujets ont commis une méprise. Mes gardes te reconduiront aux frontières de notre territoire. Tu devras retrouver ton chemin seul. Cherche Goom, il te guidera loin de là...

L’homme sent la pointe d'une lance lui titiller les fesses. Il comprend que c’est le temps de s’esquiver en douceur. Il suit d’un pas obéissant les gardes armés. Il sort de la forteresse accompagné de son escorte. Il traverse la cour puante où s’entassent des dizaines de corps blancs comme neige. Puis ils s’engagent sur ce chemin de terre qui semble se perdre dans la forêt sombre. Les gnomes ricanent, l’homme sent une perle de sueur couler sur son front. Au fur et à mesure qu’ils progressent l’atmosphère se rafraîchit...

Les gnomes avancent en silence, l’un deux sursautant parfois lorsqu’un bruit insolite résonne dans les bois impénétrables. Ils marchent longtemps sur ce chemin de terre. À la nuit tombée, ils campent au bord d’un petit ruisseau. L’homme inquiet mais silencieux s’endort avec le petit matin pour se réveiller en pleine journée, seul. Les gnomes ont disparu, ils lui ont laissé une vieille sacoche de cuir percée. L’homme à la peau d’ébène l’ouvre pour y découvrir une carte enroulée sur elle-même et le tracé d’une route à suivre...


Lost World ~ John Alexander


Les journées rallongent, bouffée d’espoir dans les limbes du temps. Pris entre l’hiver et le printemps les jours moroses filent le quotidien...

À force de pleurer le froid, les glaçons bien installés depuis des semaines à mes fenêtres, ont enfin disparu de ma vue...

Parfois un rayon de soleil vient redorer les paysages endormis. Les oiseaux piaillent, le ciel s’éclaircit. La vie renaît doucement des glaces tandis que bourgeonne le lilas ...

Lueurs d’ocre sur tapis blanc, coucher de soleil et solitude tranquille. Laisser filer le temps. Laisser reposer la fatigue et couler les soucis...