lundi, mars 22, 2010

Sans queue ni tête...

Sans queue ni tête...

Dans l'ancien temps, l'on fantasmait sur une société moderne (et technologique) où les robots et les ordinateurs nous plongeraient dans une société de loisirs. Peut-être il y a-t-il une partie de vrai dans ce futur que l'on apprivoise au jour le jour. Nous avons surement plus de loisirs que nos ancêtres! Cependant, il me semble aussi que les nouvelles technologies accélèrent la vie! La révolution numérique connecte la planète en de multiples réalités virtuelles et rétrécit le temps.

Lorsque j'étais petite, ma mère-grand me racontait le quotidien de son enfance. C'était déjà un autre monde! Et à chaque fois que mon arrière grand-mère ouvrait la bouche, j'avais l'impression de regarder s'ouvrir un livre d'histoire! L'année de sa naissance (1898) avait le don de m'emballer l'imagination enfantine. Dans ce temps là, sans trop savoir pourquoi, les lavoirs déserts des villages me fascinaient. Car il fut un temps où toutes les femmes des villages de France et de Navarre se rencontraient en un lavoir pour laver leur linge et discuter des choses de la vie. Le lavoir était un réseau social qui n'avait plus lieu d'être en 1980. Pourtant, lorsque j'étais petite, à chaque fois que je croisais un lavoir abandonné sur mon chemin, j'essayais d'imaginer ce qu'il avait pu être lorsqu'il vibrait d'hormones féminines en pleine action ménagère...

Je suis, aujourd'hui, une femme nord-américaine du deuxième millénaire. Et dieu merci, c'est une machine qui lave mon linge! Une autre machine le sèche mais je dois malheureusement toujours le plier. Pas de robot domestique pour effectuer cette tâche ingrate! Une tâche que j'excrète particulièrement mais à laquelle je m'attelle chaque semaine. Seule.

Je cybertravaille. Pour ce faire, je pénètre une dimension futuriste à la hauteur de mes rêves d'enfance. Je navigue le Web de mille et une façons. J'ai souvent deux navigateurs qui sont ouverts en même temps et qui s'ouvrent eux-mêmes sur des dizaines de fenêtres virtuelles. Parfois j'ai l'impression que l'arbre des possibles que m'offre le Web est comme le haricot géant de l'histoire de Jacques! Tant et si bien que certains jours, il me semble qu'il serait pratique d'avoir deux cervelles plutôt qu'une! Il y a tant d'informations, tant de savoir, tant de contenus divers qui nourrissent le Web! Il y a tant d'humanité qui se décline en multiples pensées qu'il est facile d'entrer en état de webriété!

Durant la fin de semaine (surtout s'il fait beau dehors), nous prenons des distances réfléchies avec l'ordinateur. Celui-ci (mon poste de travail galactique au coeur de la maison) reste cependant ouvert et accessible. Au repos. Toujours utile quoi que l'on en dise! Aussi, lorsque Juan explique à M'zelle Soleil le principe de la danse de claquettes. Il lui montre un vidéo sur YouTube pour illustrer son sujet de discussion. Elle ouvre grand ses yeux et absorbe l'information comme une éponge. Juan me dit alors:

- Quand même c'est fou de nos jours comment tu as accès à plein de connaissances! T'as juste à penser à quelque chose et tu le trouves en ligne! C'est presque magique...

J'opine du chef. Ouais, c'est comme le haricot de Jacques! Magique. Du coin de l'oeil, j'observe M'zelle Soleil qui navigue sur YouTube avec une déconcertante aisance. Ma fille est définitivement une native numérique. Je la guide en cette révolution futuriste au fur et à mesure qu'elle grandit. Coté ordinateur, elle joue peu. Elle préfère jouer avec ses poupées et je l'encourage dans cette direction réelle. Sur la Toile, elle regarde souvent des vidéos. Je lui donne peu de liberté devant le clavier. Mais, à quatre ans, elle a pleinement conscience de l'existence d'Internet. Je me demande souvent à quoi ressembleras la société moderne de ses trente ans...

Ceci me fait penser à une autre anecdote techno-enfantine: M'zelle Soleil revient de la garderie avec un nouveau concept en tête: "Le ipotossshhhh". Sur le coup, j'ai du mal à comprendre le truc et puis, en discutant avec elle, je réalise la chose. Je manque de tomber sur les fesses! En effet, son jeu du moment consiste à se faire croire que son téléphone cellulaire en plastique rose est en fait un "Ipod Touch"! Comme je ne possède pas de téléphone intelligent, je suis un peu éberluée. En creusant le sujet, j'apprends que c'est un jeu qu'elle a appris à la garderie! Il fallait s'en douter. Les garderies sont des nids de natifs numériques...

3 commentaires:

  1. Anonyme10:07 PM

    C’est cyberbeau que de lire votre vécu avec M'zelle Soleil. Hélène (ma Douce), se demande aussi à propos de ses 30 ans... mais nous avons cyberconfiance à son futur numérique.

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  2. Merci Michel, cela me touche. Oui, je pense qu'il est important d'avoir confiance en notre futur numérique car de toutes façons c'est dans cette direction que l'on va... ;)

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  3. J'adore l'anecdote de l'I-Pod ;)))

    Tu sais, t'aimes pas plier le linge mais moi j'aimais bien.

    Réjouis-toi d'être en Amérique du Nord parce que par ici: bonjour le repassage et ça me tue encore :(

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