mercredi, décembre 13, 2006

Matinées maigres...

Maigres matinées ...

Elle bougonne. Il ronchonne. Elle baille. Il marmonne. Elle grogne. Il rechigne. Elle s'étire. Dans la pièce adjacente, les appels se transforment vite en cris. Dans la chaleur du grand lit tout n'est pas rose. Elle le pousse. Il râle. Elle geint. Il est passé six heures. Le jour se lève à peine. Bébé, en pleine forme, exige son premier service…

Chaque matin de la semaine, entre 6heures et sa demie, le réveil bambin active les parents bougons, peu habitués à une telle régularité. Les yeux dans le beurre de « peanut » l’homme fort se lève le premier. La femme grincheuse laisse monter le jour en écoutant chahuter ses amours dans la cuisine. Certains matins sont plus doux que d’autres mais tous sont rudes. Elle finit par poser un pied par terre, le bébé, frais comme un pinson, gazouille et trottine d’une pièce à l’autre. L’homme s’habille, bientôt prêt à partir. Elle lui dit :

- Même le matin on est fatigué! Me semble qu’on est toujours fatigué!

Philosophe, il lui répond :

- Mais c’est pas ce que disent tous les parents?
- Hein?
- Ben oui, le manque de sommeil, la fatigue de fond, tous les parents s'en plaignent…
- Mouais, j’avais pas compris ça moi avant!

Il rigole et l’embrasse. Évidemment s’ils étaient des parents raisonnables, ils se coucheraient avec les poules. Mais au lieu de cela, ils veillent au creux de la nuit (histoire de profiter un peu l'un de l'autre) même s’ils se couchent toujours avant minuit! Ceci sans compter le sport de chambre!!! Du coup, si les soirées sont paisibles, les petits matins sont pénibles.

Elle qui n’a jamais aimé les matins subit cette douce torture en appréciant les sourires de l’enfant chérie qui la sauve des caprices de ses mauvaises humeurs. Il ne reste alors que ces relents de fatigue qui embrument l’esprit et le souvenir de plus en plus lointain des matinées grasses d'antan...

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