mardi, mars 23, 2004

Volé par Post-Synchro...

Jim

La première fois que cela m'arriva, c'était avec François. J'étais encore une petite fille. J'aimais son histoire et sa voix...

Cela se passait non loin d'une longue allée mystérieuse qui m'attirait inexorablement. Une longue allée avec au bout une grosse maison abandonnée et puis sur la porte une petite pancarte, où était écrit " À louer "…

C'était des enfantillages, mais c'était si doux, si bon…

Les années passèrent avec quelques insignifiants pour divertir mes yeux fermés, rien de transcendant, plusieurs insipides, qui avaient surtout pour eux une belle gueule…

Enfin, avec l'année de ma majorité Jim se profila à l'horizon de mes maux. Il captura mon âme sans que je ne me révolte. Il m'emporta l'être en des endroits inconnus qui me firent frémir de plaisir. Il me fit explorer mon imaginaire de voyages en extases. À maintes reprises il me retrouva dans cette petite clairière isolée et fleurie. Il a avait, dans cette clairière irréelle, un patchwork qui invitait nos corps à la détente. L'effet qu'il avait sur moi était magique, nos conversations étaient psychédéliques et mes rêves s'emplissaient de lui…

Il me poursuivait partout, il m'enrobait de sa présence dans les endroits les plus étranges, il hantait chaque recoin de ma conscience. Cela dura deux ou trois ans et puis un jour je fus tannée de mon adoration béate. Pour la première fois, j'ignorais son génie. Je mis de côté ses mots, sa voix…

Je voulus bien regarder ses défauts de plus près et me persuader par la force des choses qu'il n'était pas parfait, loin, très loin de là…

En plus il était mort! Alors que pouvait-on bien faire, dans sa vie, d'un fantôme? Je lui dis au revoir dans ce petit coin du Père-Lachaise qui le protége et je l'éloignais doucement de ma vie…

Depuis que c'est fini, lorsque je le retrouve au détour d'une chanson, mon cœur bat encore un petit peu trop fort mais je me contrôle. Je souris à son souvenir et je passe à autre chose, sans remords, avec juste une pointe de nostalgie qui passe...

Il n'y a plus personne pour hanter mes oreilles depuis que je l'ai quitté. Son aura est encore trop forte en moi. D'autres insignifiants de passage ont comblé le vide de son absence, pourtant jamais personne ne pourra remplacer Jim dans l'histoire de mon être ...

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