jeudi, décembre 14, 2017

Le jour d'après....


Même s'il avait déjà neigé quelques centimètres en nos contrées polaires, la tempête de cette semaine aura ajouté environ 38 centimètres à la couverture blanche qui recouvre notre paysage.

L'hiver est bel est bien arrivé. Plus moyen d'y échapper! À moins de filer ailleurs en avion, ou de rouler longtemps sur les routes qui mènent vers le Sud.

En mon état de santé compliqué ce n'est pas une bonne nouvelle.

En les tortures de mon corps, l'hiver est une galère de plus à supporter. Pour ne pas capituler devant l'obstacle, je me force à en apprécier la beauté. Pour mieux en supporter la rigueur. Et je rêve de palmiers et d'humidité torride.

La période des fêtes approche. Avec sa charge émotionnelle à gérer et ses angoisses financières à négocier. Pour chasser les peurs, il faut cultiver la foi dit la sagesse ancestrale.

Alors je cultive. Je plante et je récolte. Je me tourne les idées vers le côté spirituel de Noël. Le côté joyeux qui illumine l'obscurité. N'est-ce pas avant tout un temps où s'expriment les bonnes intentions? Où l'humanité prend une pause pour s'aimer? Ou tout du moins s'apprécier...


Miss Soleil,  après une méchante bronchite reprend l'école avec entrain cette semaine. Tandis que l'homme commence une ronde d'antibios pour une sinusite récalcitrante.

Avec tout début d'hiver, le party des bactéries. Le mois dernier aura été coriace en notre maison. C'est en se serrant les coudes que l'on affronte l'adversité. Et qu'on  la surmonte. Alors on se serre les coudes avec volonté.

Une fois la tempête passée, je trouve la force d'aller faire un tour à la mini maison. L'homme me déneige un chemin dans la poudrerie.



Il fait plus de -15 dehors. Le froid pique la peau et brûle le bout des doigts. Pourtant, à l'intérieur, il fait presque doux. Mes doigts reprennent vie. Il suffirait d'une mini chaufferette pour s' y sentir à l'aise.

Je profite de ma mini escapade en cette mini maison pour remettre un peu d'ordre et dépoussiérer un coup. La neige absorbe tous les sons. Le silence y est royal. Je compte bien revenir y méditer...


mardi, décembre 12, 2017

Mois après mois, l'année s'achève..


Convalescence multiples en un même corps, infection saisonnière d'enfance, rééducation de mère et changement de saison avalent ces semaines qui nous effacent.

Être femme sans utérus

Après deux bons mois de convalescence post hystérectomie, je vois venir la fin de cette épreuve. Mon utérus criminel n'est plus. Mais comme, il me reste un ovaire solitaire. Celui-ci empêche la ménopause de s' enclencher prématurément. Ouf!

Depuis plusieurs mois, j'avale sur un lourd médicament qui évite que s'écoulent mes meurtrières menstruations. Mes hormones n'étaient plus libres de leur sort. Avec l'ablation de l'utérus, je peux enfin arrêter d'avaler cette pilule. Et je sens les cycles hormonaux revenir.

Étrange sensation féminine que de se dire, en se palpant un sein gonflé, "Oh oh,  mes règles s'en viennent!", avant de se rappeler qu'elles ne reviendront plus jamais. Étranges émotions...

La sensation de mutilation des premières semaines commence à s'estomper, les hormones aident. Persiste cette tristesse immuable de comprendre que mon utérus avait perdu le nord. En deux ans, mon corps m'a fait la guerre de bien des façons. Et j'ai gagné bien des batailles...

Mon corps est criblé de cicatrices, certaines sont visibles à l'oeil nu alors que plusieurs sont invisibles. Arrivera-t-il à me laisser vivre en 2018?


À la guerre de ma chair

Depuis deux ans, je n'arrête pas de me battre pour rester en vie. À commencer par cette tumeur de bras fulgurante (qui s'est mise à nécroser à vitesse grand V).

Si je ne m'étais pas battue comme une lionne pour en faire respecter l'atypique condition, j'aurais certainement fini avec un bras en moins. Manchot la mère. Et du bras droit en plus!

Un genou pété, là au milieu, histoire de bien pimenter ma vie? Ensuite mon utérus s'est mis de la partie adverse. Il m'a fait traverser de rudes émotions et douleurs. Puis mon gynéco m'a expliqué que celui là avait maintenant la mission de me tuer. WTF? Rendu là, plus le choix de s'en débarrasser.

Et comme si cela ne suffisait pas, la physio en qui j'avais totale confiance, revient d'une formation avec l'idée d'en expérimenter les pratiques en mon dos. La pire idée de sa vie, et de la mienne...

Elle qui traitait ces neuropathies, qui me coupent le visage en deux depuis 7 ans, elle en qui j'avais entière confiance, deux séances auront suffit à faire tomber le château de cartes qui me servait de dos. J'ai failli y laisser ma peau au passage. Et j'y ai gagné une méchante convexité dorsale.

Entre 12 et 15 ans, j'ai eu un grave accident. J'ai été paraplégique plusieurs mois durant avant de réapprendre à marcher. Un pas à la fois. Un accident qui m'a laissée des séquelles et des fragilités physiques à vie. La physio en a fait rejaillir tout le malheur. Elle a ouvert grand la porte à la mort, venue veiller à mon chevet d'avril à juillet.

Alors que s'achève cette autre année qui ne m'aura pas tuée, je ressens de subtils traumatismes de ces épreuves de santé, traversées ou en cours. Sans parler des aspects sociaux, financiers ou amicaux du tout!

La convalescence d'hystérectomie se termine. La rééducation de mon dos, remis presque droit, commence. À la guerre comme à la guerre...

Il me faudra compter encore au moins six mois, avec de multiples efforts et douleurs, avant que je ne puisse espérer en récolter les fruits, et me réaliser.



Efforts, disciplines et rééducations 

Alors que je retrouve quelques forces vitales, je reprends le fil de ce blogue. Mon objectif étant d'écrire un minimum de trois billets par semaine. Plus si l'inspiration le décide. Mais idéalement pas moins.

En les mois prochains, je compte insérer cette discipline d'écriture en mon processus de rééducation. Retrouver un rythme de travail via une discipline bloguesque peut se révéler utile.

Tout comme je reprends le Pilates et le yoga (de façon si mollo que cela me fait aussi travailler patiences et frustrations) afin de tonifier mes muscles, je reprend un rythme de blogue pour me tonifier quelques neurones.

Me voilà donc repartie pour un autre tour. Au programme, comme d'hab, émotions, réflections, actions? Tranches de vie et d'humanité partagées. Sans autre prétention que le plaisir de la plume libre.